samedi, novembre 12, 2011

Carte des mines d'or de Kush





La première carte dans l'histoire de l'humanité datant de 1100 av. J.c. la topographie et la cartographie sont nées avec cette carte. La méthode des itinéraires et la méthode de projection d'un relief sur un plan y sont employées pour la première fois.

/Map of Kush Gold mine, first map 1100 BC


Le temple de la lune à Yeha



Le temple de la lune à Yeha est la plus vieille structure encore debout d'Éthiopie. Il date du VIIIe siècle av.J-C et il est construit sans mortier. The moon temple, Yeha, Ethiopia. Temple of the 8th century BC.

Wild Men and Moors



Une partie d'une tapisserie allemande du 14e siècle montrant un château attaqué qui est habité par un roi et une reine de type africain et défendu par des personnes également de type africain. (titre: Wild Men and Moors <-> Hommes sauvages et les Maures, Museum of Fine Arts, Boston/14th century german tapestry)

black man in central asia 15th century

black man in central asia 15th century
 

Les Sumr (palestiniens noirs)


La plupart des palestiniens noirs sont désignés par leurs compatriotes non-noirs par le mot "abed" (qui signifie littéralement « esclave »). Ce terme est évidemment péjoratif, stigmatisant et réducteur car les Sumr ne sont pas tous descendants d'esclaves. La majorité des Palestiniens noirs évitent le terme  abed, et se désignent plutôt par le terme "sumr" (qui signifie "peau noire" dans le langage palestinien). Les palestiniens n'ayant pas d'origines africaines se désignent comme blancs, mais uniquement pour se différencier des Palestiniens noirs d'origine Africaine.

La particularité des Sumr est que la majorité d'entre eux ne s'identifient pas à des Africains car ils ne connaissent pas leurs origines exactes. 

Pour les Sumr, la fierté nationale qui accompagne une forte identité palestinienne implique le rejet de leur identité africaine. De plus, l'Afrique noire qui est vue par les Palestiniens à la télévision, est perçue comme une région vaste et lointaine, rongée par la famine et l'extrême pauvreté. Le peu d'information écrite sur la migration la plus récente des Sumr dont les origines sont connues indique qu'ils sont venus à Jérusalem comme pèlerins ou travailleurs pendant le mandat 
britannique sur la Palestine (1917-1948). Ils sont venus surtout du  Sénégal, du Tchad, du Nigeria et du Soudan. 

Certains d'entres eux sont arrivés comme membres de « l'Armée du Salut », dont le but était de libérer les régions dominées par les Israëliens. Leur contribution à la résistance contre Israël est largement reconnue par le reste de la population. Après la défaite de cette armée, et sa retraite en Egypte, quelques uns d'entres eux sont rentrés dans leur pays d'origine, alors que d'autres ont préféré rester en Palestine. Leurs descendants directs forment une partie de la communauté des Sumr. 

La majorité des Sumr eux sont des descendants d'esclaves ramenés dans la region à l'époque du régime ottoman voire bien avant. 

La politique esclavagiste de l'époque avait un système social et politique à trois étages. Les sheikhs des bédouin originel de la région de Samran.
 

Les hamran, des familles à l'origine felaheen " fermiers 
paysans" qui avaient besoin de protection et/ou de terres des familles Samran. Les abeds, esclaves noirs étaient à la base de la structure sociopolitique et n'avaient pas les mêmes droits et le même statut que les personnes libres. Certains enfants noirs, esclaves étaient éduqués avec les autres enfants libres de la famille. Lorsque les enfants avaient grandi, leur maîtres arrangeaient leur mariage. Les Sumr ne pouvaient pas épouser des Blancs, même si ceux-ci étaient aussi esclaves. Comme il y avait peu de noirs, les mariages signifiaient souvent pour la fille qu'elle devait quitter la maison de la famille de son maître. Le début de l'ère britannique en Palestine sonnait la fin de l'esclavage, les sumr encore esclaves pouvaient choisir de tenter leur chance et devenir libres, ou alors rester attachés à la famille du maître qui leur arrangeait alors un mariage. 

Dans la société palestinienne actuelle, une grande partie des Sumr vivent dans la précarité et sont socialement désavantagés par rapport aux autres palestiniens (rares sont les Sumr ayant eu l'opportunité de se hisser au rang de leader en Palestine). L'histoire de ce peuple est également en perdition car la plupart des jeunes ne connaissent rien ou peu de leur histoire par manque d'information et manque de volonté des aînés à vouloir la transmettre.

Les Négritos








Les Négritos sont une population noire de petite taille vivant en Asie du sud-est. Ces populations sont regroupées en trois zones
géographiques: les Philippines, les îles Andaman et la péninsule malaisienne
(partagée entre la Malaisie,
la Thaïlande, l'Indonésie et la Birmanie).

Les Négritos sont supposés être les descendants directs des premiers humains modernes arrivés dans cette région d'Asie, il y a 50 000 à 70
000 ans. « Négritos » est la forme abrégée de l'espagnol Negro qui signifie "petit noir". Ce sont les premiers visiteurs espagnols aux Philippines qui ont appelé ainsi ces populations, pensant qu'elles venaient
d'Afrique en raison de leur morphologie.

De taille similaire avec les Pygmées, les Négritos font partie des peuples les plus petits et les moins nombreux et restent les moins connus de la planète
(leur culture, langue, coutumes restent un mystère pour le reste du monde). Malgré leur apparence similaire avec les Pygmées (noire, cheveux crépus, petite taille), les analyses génétiques des Négritos faites par les rares biologistes à avoir
réussi à les approcher, démontre une parenté très lointaine entre les Pygmées et eux qui implique la migration de différentes ethnies d'origine africaine
vers l'Asie à cette période.

Les Négritos sont subdivisés en
plusieurs tribus :

Les Sentinele (Indonésie:
entre 50 et 200 individus) considérés comme le peuple le plus isolé du monde, refusant obstinément tout contact avec l'homme moderne.

Les Jarawas (enfants Jarawas en image ci-dessus) (îles Andaman: environ 800 aujourd'hui, 8000 avant
la colonisation britannique). Leurs plus proches cousins sont les Bochimans du
désert du Kalahari (Afrique du Sud-Ouest) : Ce seraient donc les descendants directs des premiers peuples à avoir quitté l'Afrique. Ils sont hostiles à la
modernité et vivent dans un isolement précaire car ils sont menacés par des compagnies forestières.

Les Grands Andamanais (environ 40 aujourd'hui, contre 5000 avant la colonisation). C'est le plus petit peuple (en nombre) au monde. Il est en grande dépendance vis à vis du gouvernement indien pour sa survie.

Les Onges (environ100 aujourd'hui, contre 400 au début du 20ème siècle soit une baisse de 85% de
la population en un siècle). Ils sont eux aussi très dépendants du gouvernement.
 

John Hawkins



John Hawkins became the first Englishman to carry a cargo of 300 black slaves to the new world.
His voyage netted such a profit that Queen Elizabeth, who initially chastised Hawkins that his slave trading voyage was 'detestable and would call down vengeance from heaven upon the undertakers,' invested quite heavily in Hawkins' subsequent slaving expeditions and provided two of his six ships.
Names of the ships Queen Elizabeth added to the Hawkins' flotilla were 'Jesus' and the 'Grace of God"

jeudi, novembre 10, 2011

Esclavage : Nantes a son mémorial

Le 1er décembre 2011, la ville de Nantes inaugure le Mémorial de l’abolition de l’esclavage. Celui-ci est construit sur l’un des sites historiques de la ville qui vit partir près de 1 700 expéditions négrières.
Au-delà du rappel historique, le Mémorial de l’abolition de l’esclavage se veut un trait d’union entre le passé de Nantes, premier port nég rier de France au 18è siècle, et la lutte actuelle contre la traite des êtres humains. Comme le souligne, Jean-Marc Ayrault, Député-maire de Nantes, « La lutte pour la liberté et la dignité de tout être humain est une cause fondamentale qui engage notre idée de société ».
Le Mémorial remplit plusieurs fonctions :
Une évocation métaphorique
Il ne s’agit pas d’un musée ni d’un centre de recherche mais, comme le définissent les concepteurs du Mémorial, l’architecte Julian Bonder et l’artiste Krzysztof Wodiczko, « d’une évocation métaphorique » pour se souvenir, et, surtout, « pour mettre en garde pour l’avenir »
Un hommage aux millions de victimes de la traite et de l’esclavage d’hier et d’aujourd’hui.
En 2010, l’ONU a lancé un plan d’action mondial de lutte contre la traite des êtres humains. On comptait cette année-là 27 millions de personnes dans le monde considérées comme des esclaves (selon la définition de la Société des Nations : « état ou condition d’un individu sur lequel s’exercent les attributs du droit de la propriété ou certains d’entre eux »
Quelques chiffres :
- 11 millions de captifs ont été déportés de l’Afrique vers les Amériques et les îles de l’Atlantique, entre le milieu du 15è et la fin du 19è siècle.
- 1,6 million d’hommes et de femmes ont péri durant la traversée
- 55 millions de victimes du commerce de l’esclavage en quatre siècles.
« L’inscription permet le dépassement puisque l’esclavage est irréparable et le ressentiment une impasse » (Aimé Césaire)
« L’esclave de l’esclavage est celui qui ne veut pas savoir » (Edouard GLISSANT, Mémoire des Esclavages)
Un rappel historique
Organisations et financement d’expéditions, achat d’esclaves, production de marchandises destinées au commerce sur les côtes africaines : toutes les nations européennes furent complices de l’esclavage. La France arrive au 3è rang des pays organisateurs après l’Angleterre et le Portugal avec 4 220 expéditions négrières entre le 17e et le 19e siècle. Nantes fut la capitale négrière en France : elle organisa 43% des expéditions françaises et ses navires déportèrent environ 450 000 captifs.
Un signal pour aujourd’hui
L’esclavage demeure un sujet d’actualité au 21è siècle : asservissement pour dettes, mariage ou travail forcés, prostitution... ils sont 200 millions, aujourd’hui à en être victimes dans le monde entier. En France, domestiques ou ouvriers dans des ateliers clandestins, plusieurs dizaines de milliers de personnes sont en situation d’esclavage, selon le Comité Contre l’Esclavage Moderne.
Un parcours sur les traces du long combat pour les Droits de l’Homme De la haute Antiquité jusqu’à la Révolution, l’esclavage ne fait pas débat. Seules les voix d’une poignée de religieux en rupture de bancs avec l’église, de quelques philosophes et de certains économistes le jugeant contre-productif, s’élèvent contre le commerce d’êtres humains. En 1794, cependant, l’esclavage est aboli... avant d’être rétabli, en 1802, par Napoléon. Le 27 avril 1848, 50 ans après la déclaration des Droits de l’homme et du citoyen, l’esclavage sera définitivement aboli en France. Cliquez ici pour la visite virtuelle du Mémorial de l’abolition de l’esclavage.

L’espoir brisé d’une Martinique égalitaire

Retour sur l’insurrection du monde rural qui rassembla en 1870 ouvriers et petits planteurs noirs dans le prolongement de la Commune de Paris et qui fut violemment réprimée.
L’insurrection de Martinique, 1870-1871, de Gilbert Pago.Éditions Syllepse, 2011, 154 pages, 9 euros. La Martinique a-t-elle connu sa Commune en septembre 1870 ? Surgie sur les décombres du ­second Empire, réprimée dans le sang des exécutions sommaires et par une justice de caste qui condamna à mort ou au bagne, la révolte martiniquaise portait aussi les espoirs d’une population rêvant de bien-être et d’égalité. Mais là s’arrête la comparaison. Car le livre de Gilbert Pago s’attache justement à replacer cet événement dans le contexte d’un monde colonial antillais « qui n’était plus esclavagiste mais n’en restait pas moins violent, ségrégationniste et inhumain ».
Si, sur fond de débâcle militaire en métro­pole, l’étincelle de la révolte est fournie par la condamnation abusive d’un entrepreneur noir et les provocations d’un béké monarchiste, le feu couvait depuis longtemps sous la cendre des promesses anéanties de 1848. Les paysans noirs sont passés du statut d’esclave à celui de travailleur forcé et subissent les humiliations d’une élite blanche. Ce sont ces ruraux qui composaient le gros de la troupe insur­gée. La petite bourgeoisie de couleur et les mulâtres, bien que confinés dans des rôles de citoyens de seconde zone, ne se rallièrent pas au mouvement, préférant jouer la carte de l’assimilation.
L’analyse des minutes des procès nous renseigne autant sur le profil et les motivations des insurgés que sur l’incroyable mépris des békés, dont certains se vantaient d’être « toujours vierges », c’est-à-dire de n’avoir pas encore eu à serrer la main d’un ancien esclave ou à trinquer avec lui ! La place des femmes est elle aussi parfaitement bien illustrée par l’auteur, qui s’attarde sur Lumina Sophie, véritable « pétroleuse martiniquaise », à la fois incendiaire d’habitations et meneuse charismatique. Le sort que la justice lui fit, à elle comme à la plupart de ses compagnes, est d’ailleurs emblématique des valeurs d’une société où le machisme le disputait au racisme : elle sera punie moins pour son rôle dans l’insurrection que pour avoir refusé de se conformer aux codes moraux en vigueur, à l’image « de douceur, de soumission et de réserve » qui sied alors aux femmes.
Pour spontanée qu’elle fût, cette ­révolte n’était en outre pas dénuée de contenu social et politique. Son attachement naïf à la République du 4 septembre l’éloignait certes de toute visée indépendantiste, mais s’assortissait d’un mot d’ordre de partage des terres qui souda les ardeurs des ­petits planteurs et des ouvriers agricoles. Il fallait en finir avec l’arrogance des békés et les empêcher « de jouir plus longtemps ». La dénonciation de la pwofitasyon en 2009 témoigne donc du chemin parcouru comme de celui qui reste à parcourir…
Sébastien Jahan

mercredi, novembre 09, 2011

Diaspora : un village d'irréductibles Africains en Colombie

Ils venaient de Guinée-Bissau, du Congo, du Sénégal ou du Nigeria. Esclaves en fuite, ils créèrent en 1603 au coeur de la forêt amazonienne le village de Palenque de San Basilio en Colombie. Quatre siècles plus tard, leurs descendants n'ont rien renié de leurs origines.

Dans la touffeur d’un après-midi tropical, les pieds des enfants martèlent le sol poussiéreux jonché de cailloux. Leurs mouvements saccadés marquent le rythme inépuisable du tambour. Ils ont à peine 10 ans et, comme de bons petits soldats, connaissent déjà leurs chorégraphies sur le bout des… orteils. À Palenque de San Basilio, la danse est un combat. Une lutte quotidienne pour la survie d’une culture qui a bien failli disparaître : celle des anciens esclaves africains de Colombie.

Dans tout le pays, Palenque de San Basilio est considéré comme un village d’irréductibles, symbole de résistance et de liberté. Au pied des montagnes, à une heure de la côte caraïbe, ce village de 3 500 habitants fondé en 1603 par trente-sept esclaves occupe une place à part dans le cœur, l’histoire et les revendications des Africains-Colombiens. Originaires de Guinée-Bissau, du Congo, duSénégal ou du Nigeria, ces pionniers ont fondé le premier palenque (village fortifié habité par des esclaves en fuite) de l’histoire latino-américaine.


Héritage délaissé puis retrouvé

Pendant quatre siècles, les Palenqueros ont vécu coupés du monde. Une autarcie salvatrice, puisque leur héritage africain est aujourd’hui presque intact. Mélange d’espagnol, de portugais, d’allemand et de langues bantoues comme le kimbundu et le kikongo, la langue palenquera en est le meilleur témoignage.
Si, jusqu’au milieu du XXe siècle, le village a su se préserver du monde extérieur, la nécessité de nourrir leurs familles a par la suite poussé les Palenqueros à migrer vers les villes et villages alentour. Ils se sont alors heurtés au racisme et aux moqueries des Colombiens. Sur le seuil de sa maison au toit de palmes, dans son fauteuil à bascule, Concepción Hernández se souvient : « Ils se moquaient de notre façon de parler. Ils disaient que les nègres comme nous n’étaient même pas capables de travailler dans leurs champs. »

Humiliés, les émigrants cultivent alors un sentiment de honte et de rejet de leur propre culture. « Lorsqu’ils sont rentrés au village, les parents ont dit à leurs enfants qu’il ne fallait plus parler palenquero, mais espagnol », raconte Solbay Cáceres. Ironie de l’histoire, cette objurgation était énoncée en… palenquero. Brutalement, la langue maternelle a donc cédé la place à l’espagnol. Dans les années 1980, un tiers des habitants seulement, les plus anciens, s’obstinaient à la parler.

Depuis 2008, le village de Palenque de San Basilioest inscrtit par l'Unesco au patrimoine immatériel de l'humanité.

Pourtant, une discrète révolution va bientôt s’amorcer. Une poignée de villageois finissent par être admis dans les grandes universités colombiennes. Une élite intellectuelle et militante, influencée par le mouvement des droits civiques aux États-Unis, qui découvre l’anthropologie, la sociologie et surtout la linguistique. Les jeunes Palenqueros prennent conscience de la lente disparition de leur culture. Le renouveau de la langue sera leur premier cheval de bataille. Ils organisent une vaste opération de collecte d’informations, et un dictionnaire palenquero voit le jour. Dix ans plus tard, les premiers cours d’ethno-éducation se mettent en place. Avec une obsession : la sauvegarde de l’identité palenquera.

« Il faut préparer les jeunes qui vont quitter le village à ne pas devenir les ennemis de leur propre culture », explique Manuel. Dans l’école du village, on enseigne les traditions palenqueras, on fait appel aux témoignages des plus anciens, et, surtout, on apporte une autre vision de l’histoire colombienne : « Il faut parler de ce que les Noirs ont apporté à ce pays, soutient le Pr Rodrigo Miranda. Parler de Simón Bolívar ? Oui, bien sûr, mais aussi de Benkos Biohó [le fondateur de Palenque de San Basilio]. »

Sans appui extérieur, les villageois se mobilisent pour faire reconnaître l’authenticité de leur culture et déposent un dossier de candidature auprès de l’Unesco. En 2008, leurs efforts sont récompensés : Palenque de San Basilio est inscrit au patrimoine immatériel de l’humanité. Leur musique, leur danse et leur gastronomie font l’objet de programmes de préservation et de valorisation. Pour les Palenqueros, c’est une victoire à la fois culturelle et politique.

Un modèle pour les communautés 

Désormais fiers de leurs racines africaines, les Palenqueros n’entendent pas s’arrêter en si bon chemin et s’efforcent d’obtenir leur autonomie administrative et politique. Depuis 1993, la législation colombienne reconnaît des droits spécifiques aux communautés d’afro-descendants. En 2008, Palenque de San Basilio a déposé une demande auprès de l’État pour devenir propriétaire des 7 300 ha que compte le village, afin d’obtenir une autonomie équivalente à celle dont bénéficient les communautés indigènes. « Ils sont notre modèle. Nous sommes en contact permanent avec eux », révèle l’anthropologue Jesús Palomino.
Un modèle, Palenque de San Basilio l’est devenu pour l’ensemble des communautés afro du pays. « Avant notre combat, il n’y avait aucune politique publique pour les Africains-Colombiens, rappelle Palomino. Aujourd’hui, on aide les autres communautés, on partage avec eux notre savoir-faire en termes de préservation du patrimoine et on assure un soutien juridique. » Palenque de San Basilio continue donc de construire sa légende, au rythme des combats quotidiens. Comme une danse sans cesse recommencée. 
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Par Marie Bolinches et Antoine Simonneau, à Palenque

mercredi, novembre 02, 2011

Le 2 novembre 2011, à l'Aapravasi Ghat : le 177ème anniversaire de l'engagisme à Maurice.


1) Une célébration placée sous le signe du dialogue et de la diversité liée à l'engagisme

Ce matin, pas loin des quatorze marches que gravirent jadis les engagés en provenance des Indes, mais aussi d'autres terres, pour rejoindre leurs champs de cannes, l'état mauricien a choisi de célébrer avec faste et solennité le 177ème anniversaire de l'arrivée des engagés au pays mauricien.Si depuis 5 ans, les célébrations présentent danses, chants, tableaux théâtraux ponctués des discours des officiels, cette année semble souligner un fait : Maurice afiche sa volonté, en sus de son devoir de mémoire, de faire un travail de mémoire, apte à dépasser  certains écueils qui fragmentent son identité, en mettant en exergue la nécessité de la diversité de la nation mauricienne, dont la crête affirmée au plus haut niveau de l'état est le dialogue nécessaire entre les mémoires de l'esclavage et de l'engagisme.Les étapes menant à l'engagisme et Maurice ont été rappelées tour à tour par l'ambassadeur de l'Inde à Maurice, le Président de la République et le PM mauricien, depuis les régions de Calcutta, les fausses promesses, notamment, quand les recruteurs véreux promettaient au candidat et à la candidate au voyage, que dans ces terres lointaines, "qui soulève des pierres trouve de l'or". Puis, la peur du kala pani ou des eaux noires, l'embarquement sur des bateaux, les maladies et conditions de voyages souvent tragiques, la désillusion une fois débarqués, la résilience, le sacrifice pour faire de Maurice ce petit pays où il fait bon vivre, en dépit de ses faiblesses...

L'ambassadeur de l'Inde a rappelé le concept de 'jahaji bhai' (frères de bateaux), cette fraternité née en face des duretés de la traversée océanique, ces liens ténus qui résistaient jusqu'au pays promis, au-delà des castes et des religions, unissant tamouls, hindous, musulmans, marathis... Et brahmanes comme harijans, car la mer et le système d'exploitation effacent les clivages traditionnels et fait prendre conscience aux engagés qu'ils sont bien sur le même bateau, au sens propre comme au sens figuré. Concept aujourd'hui perdu dans la culture divisive... Et il est bon que l'on cherche à réactiver cet esprit d'unité dans la diversité face à l'adversité...

2) Le jahaji bhai : prémisse d'un humanisme du Divers

Cela m'a rassuré de constater que cette notion de solidarité née de l'adversité a rassemblé les victimes au-delà des clivages de religion, de caste ou d'ethnie. Maurice, trop tôt plongée dans la globalisation a besoin d'arpenter à nouveau ce beau pan de sa mémoire historique.Celles et ceux qui connaissent la coolitude savent que j'ai développé ce concept en le reliant à la notion de l'ahimsa, du pardon, que Gandhi avait prôné dans sa philosophie de la non-violence. Je l'avais adapté aux victimes de l'engagisme, puis l'avais étendu aussi aux descendants de l'esclavage, eux-aussi frères du même bateau charpenté par un système inhumain qui réduisait hommes, femmes et enfants à des objets que l'on exploitait dans ce monde du 18ème siècle caractérisé par la spécialisation des productions sur une échelle internationale et nécessitant, après la main-d'oeuvre servile, celle des coolies. Avant le classement du Morne, j'écrivais dans ce sens, afin d'éviter au pays une concurrence victimaire entre descendants d'esclaves et de coolies (1). C'est aussi la recommandation que j'ai faite aux travaux préliminaires de la Commission Justice et Verité, qui rendra ses conclusions publiques dans peu de temps, de même qu'à l'Aapravasi Ghat, où j'ai mis en garde de ne pas enfermer l'engagisme dans un ressenti strictement hindou, même si les engagés de foi hindoue étaient majoritaires dans la Grande Expérience de l'engagisme.L'Unesco avait trouvé la coolitude apte à éviter cette concurrence victimaire en terre mauricienne, et cette réflexion dialogique, plurielle, ouverte fonde ses espoirs d'un humanisme du Divers à Maurice, prélude à l'élaboration d'une identité mauricienne et d'une réconciliation plus large entre esclavage et engagisme dans d'autres pays. Je peux dire aujourd'hui que cela a été bien entendu au sommet de l'état mauricien, comme le témoigne le discours visionnaire du PM mauricien.

(3) Navin Ramgoolam : "Les classements de l'Unesco, pas une mince affaire"

Le PM a en effet renchéri dans ce sens, dans un discours en créole, tranchant avec les autres interventions en anglais, souvent ponctuées de hindi et de bhojpuri. J'ai trouvé ce choix de langue hautement symbolique et judicieux.Tout en soulignant, que le Ghat est l'emblème de l'engagisme, Ramgoolam a rappelé le message gandhien aux descendants des engagés à Maurice, leur encourageant à s'émanciper par l'éducation et le combat politique. Chose faite, quand on sait que c'est le descendant du coolie Mohit Ramgoolam qui mena le pays à l'indépendance en 1968...Puis, dans une volonté d'indiquer une voie pour l'unité nationale de ce pays parfois décrié comme étant sectaire, le PM a rappelé que Maurice possède une "réussite exceptionnelle" puisque c'est le seul pays au monde à abriter un site pour la résistance à l'esclavage, le Morne, et un autre, pour la portée symbolique de l'engagisme, l'Aapravasi Ghat.L'idée n'est pas de les utiliser pour opposer, mais de relier, d'écouter, de composer avec ces deux mémoires pour écrire une seule Histoire pour la nation.Le PM a souligné avec insistance cette nécessité de dialogue entre esclavage et engagisme, citant mon travail dans son discours, rappelant que mon plaidoyer pour ce partage de mémoires (2) est un atout majeur pour l'île Maurice , et soutenant ma démarche pour la création de la route de l'engagé, que j'avais proposée au pays dans le passé.Message qui, cette fois, bien pesé par le chef de l'éxécutif mauricien, devrait s'imprimer dans les options à venir pour la construction d'un mauricianisme basé sur ces deux pages d'Histoire, prélude à un imaginaire pluriel. Ramgoolam a conclu en affirmant justement que "l'Aapravasi Ghat n'est pas qu'un patrimoine physique, matériel, mais aussi culturel, susceptible de mettre en relief la diversité de notre culture".Après avoir entendu le PM, j'ai constaté une grande convergence de vues, et appréhendé une vision pour l'île Maurice, qui peut faire école ailleurs. Cet acte de foi politique et culturel de nos deux sites classés au patrimoine de l'Humanité, réitéré par Navin Ramgoolam, cadre parfaitement, je le rappelle plus haut, et ce depuis des années, avec la volonté de l'Unesco à encourager cette culture du dialogue entre deux mémoires, afin de promouvoir une identité mauricienne basée sur ces deux pages douloureuses à dépasser par un travail de mémoire. Nous avons, dans cette étape à venir, une "autre réussite" à atteindre, et que l'Unesco appelle de tous ses voeux, dans sa statégie de promouvoir une culture de la paix dans le monde.C'est résolument dans ce chantier là que nous devons tous nous engager. Maurice a, avec le Ghat et le Morne, enfin ses repères physiques et symboliques pour panser ses plaies du passé. Elle doit s'investir dans ce dialogue riche entre engagisme et esclavage, perspective qui pourra donner une identité polylogique à ce pays qui a désormais des référents pour cette construction plus que jamais nécessaire et urgente, à la face des enjeux actuels, tant au niveau régional qu'international...Je fais le pari qu'ici se loge la matrice de cette île Maurice plurielle que d'aucuns pressentent encore confusément. Et que cette gestation symbolique est bien enclenchée sous la houlette du Premier Ministre mauricien.

(a) Khal Torabully, Port-Louis, île Maurice, 2 novembre 2011.

NOTES :

1) Voir : "Plus qu'une juxtaposition, il nous faut un itinéraire doublé d'une passerelle entre l'Aapravasi ghat et le Morne". http://www.potomitan.info/torabully/morne_unesco.php
(2) Lire : "10 mai 2006/2007 : un engagement pour les mémoires",http://www.potomitan.info/lafwans/10_mai2007.phpetÀ l’Aapravasi Ghat, l’île Maurice dialogue enfin avec l’Histoirehttp://www.potomitan.info/torabully/aapravasi3.php

dimanche, octobre 16, 2011

17 octobre 1806 -17 octobre 2011 : 205e anniversaire de l’assassinat du père fondateur de la patrie haïtienne - Qu’est-ce qu’il faut retenir?

Le 17 octobre de chaque année nous rappelle le triste souvenir de l'assassinat, en 1806, au Pont-Rouge, de Jean-Jacques Dessalines, l'Empereur Jacques 1er, le père fondateur de la patrie haïtienne.

Il est à souligner que le nom et la mémoire de notre libérateur ont été bannis des commémorations nationales et patriotiques par l'élite dirigeante et dominante d'Haïti pendant les quatre décennies qui ont suivi ce crime national.

De nos jours encore, les ennemis du Peuple Noir en général aussi bien que nos traîtres, nos soi-disant intellectuels esclavagisés, nos colonisés et nos écervelés s'acharnent avec passion à occulter et à falsifier le nom, la vie, la mémoire et l'œuvre du premier et du plus grand libérateur de tous les temps.

Ce 17 octobre 2011, alors que nous soulignons le 205e anniversaire de cette tragédie nationale, le moment est venu pour nous, les descendants des survivants de l'Holocauste des Noirs ( l'Esclavage des Noirs, celui qui a débuté au milieu du XVe siècle par les Européens ) de mettre en pratique les leçons que nous avons apprises de cette douloureuse expérience nationale et panafricaine. Expérience qui marquera à jamais la Grande Famille du Peuple Noir.

En effet, les causes et les enjeux socio-politico-économiques qui ont amené à l’assassinat du père fondateur de la patrie haïtienne sont encore à l’ordre du jour en 2011. Non seulement ceux-ci demeurent entiers, il serait aussi idéaliste d’entrevoir leur résolution dans le contexte actuel.

Dès lors on comprend pourquoi que nos ennemis traditionnels et nos traîtres s’adonnent avec passion à corrompre l’œuvre, la mémoire, l’héritage et le nom de ce héros exceptionnel. Le seul de son genre qu’ait connu l’humanité depuis son existence.

Quels sont les causes et les enjeux socio-politico-économiques qui ont amené à l’assassinat du père fondateur de la patrie haïtienne le 17 octobre 1806?

Notre histoire nous enseigne que la décision de Dessalines d'entreprendre une réforme agraire, peu de temps après la proclamation officielle de notre indépendance, le 1er janvier 1804, a été et demeure la principale cause de l'assassinat de l'Empereur.

En effet, notre libérateur voulait procéder à cette réforme agraire, à cette redistribution des terres, pour rendre justice à la grande majorité des Noirs, ceux-là mêmes qui ont consenti à tant de privations et de pertes en vies humaines afin de fonder le nouvel État libre, souverain et indépendant qu’ils tenaient si chèrement à léguer à leurs descendants.

Ainsi, Dessalines fera valoir la nécessité de procéder sans tarder à cet acte de justice sociale, que l’historique, la morale et l’éthique commandaient, selon le principe que tous ceux qui ont combattu pour la liberté de notre peuple, la souveraineté de notre nation et l'indépendance de notre pays devraient avoir le droit de jouir pleinement des privilèges relatifs à leur statut de citoyen Haïtien; tout en bénéficiant équitablement des biens et des richesses du nouveau pays qu'ils venaient de fonder.

Parmi les instigateurs des événements qui ont amené à l'assassinat du Père Fondateur de la Nation Haïtienne on retrouve:

1) Des blancs

Bien sûr, comme on pouvait s'y attendre, des blancs qui étaient restés dans le pays et qui y avaient trouvé l'hospitalité parmi nous. Des ennemis jurés de notre Peuple et de Dessalines.

En effet, aux yeux de ces rapaces, de ces anciens maîtres d’esclaves, l'Empereur incarnait à lui seul le choix et la volonté de tout un Peuple de Vivre Libre ou de Mourir, d'être Souverain et Indépendant ou de Mourir.

D’ailleurs pour ces blancs-là, l'indépendance haïtienne n'était qu'une aventure éphémère. Elle était vouée à l'échec de par la nature et l'origine raciale de ses auteurs-architectes ( des Noirs qui étaient nés pour servir indéfiniment les blancs).

Donc, toujours selon ces monstres, qui avaient trouvé refuge sur la terre sacrée de nos aïeux, il leur fallait conserver, à tout prix, les biens, les propriétés et les privilèges qu'ils avaient hérités au cours des longues siècles de notre Holocauste, en attendant la recolinisation d'Haïti et le retour à l'Esclavage.

2) Certains des nôtres appelés péjorativement mulâtres


Ces mûlatres, produits des viols répétés des femmes Noires par les blancs maîtres d'esclaves, voulaient remplacer les blancs maîtres d'esclaves sous prétexte qu'ils étaient les héritiers légitimes des terres qui appartenaient à leurs pères blancs. Ces terres que les Noirs, leurs frères de sang, ont fructifiées, pendant des siècles, à la sueur de leur front et au prix de leur sang.

3) Certains de nos frères Noirs


Principalement des généraux qui étaient plus préoccupés par l’affermissement de leurs influences, de leurs pouvoirs personnels et de leurs privilèges qu’au renforcement du Nouvel État qu’ils venaient de fonder et au partage équitable des biens et des ressources du pays entre tous ceux qui ont combattu pour l’indépendance nationale.

Comme nous l’avons souligné ci-dessus, ces enjeux socio-politico-économiques sont encore d’actualité. Pour s’en convaincre, il suffit de se rappeler des points suivants :

1) Nos ennemis traditionnels sont encore parmi nous, et ils menacent et foulent constamment de leurs bottes ensanglantées notre liberté, notre souveraineté et notre indépendance.

Aujourd’hui c’est au sein de la force d’occupation de la MINUSTAH, des ONG , des représentants de l’Église catholique et des missions protestantes dites évangéliques, etc. qu’ils violent quotidiennement notre liberté, notre souveraineté et notre indépendance.

2)La petite minorité dite mulâtre contrôle les ressources et les richesses de notre pays. À ce groupe il faut ajouter leurs alliés Juifs, Arabes, Américains, Canadiens, Français, et autres Européens, etc.; des étrangers qui ont trouvé hospitalité et refuge chez nous, qui pillent nos richesses, qui nous exploitent, qui nous humilient et qui ne cherchent qu’à saboter notre souveraineté et notre indépendance.

Fervents adeptes d’un terrorisme intellectuel occultant et aliénant, ils traitent d’antisémites, de racistes, de noiristes, d’extrémistes, de fanatiques, de communistes tous ceux qui dénoncent leurs injustices, leurs exploitations, leur arrogance et leur mépris à l’égard de notre peuple.

3)Comme en 1806, nos traîtres sont encore aujourd’hui à l’affût de l’affermissement de leurs influences et de leurs pouvoirs personnels au mépris et aux dépends des intérêts supérieurs de notre nation.

Ainsi, on a vu entre 2003 et 2004, des hommes comme Evans Paul et Guy Philippe, pour ne citer que ceux-là, que certains qualifieraient de gens du peuple, en raison de leurs origines modestes, se liguer dans une alliance contre-nature avec André Apaid, un industriel qui fait sa richesse en exploitant des travailleurs Haïtiens, au sein du mouvement contre-nature gnbiste.

En tenant compte de ce qui précède, rappelons-nous en ce 17 octobre 2011, qu’il nous reste à poursuivre l’œuvre de Dessalines. C’est-à-dire reconquérir notre liberté, notre souveraineté et notre indépendance, en vue de permettre un partage équitable et juste des ressources et des richesses de notre pays entre tous les descendants de ceux qui nous ont légué cette patrie que nous aimons tous.

Répétons avec Dessalines, le père fondateur de la patrie haïtienne :

Indépendance ou la Mort!



Haiti Antipropagande

dimanche, octobre 02, 2011

The Coup of June 20, 1988



More than one observer predicted that the outcome of this divide and conquer policy towards the military might result in the ouster of President Manigat. Lt. Gen. Namphy was freed at approximately 4 p.m. on Sunday by an officer and other supporters, who then proceeded to seize the National Palace. At 1:20 a.m. Monday, June 20, 1988, Lt. General Namphy appeared on Haitian television wearing a steel helmet and carrying a machinegun and announced that the army had taken power.


210. The deposed President, Leslie Manigat, described his ouster to the Commission and stated that the State Residence where he lived was attacked with tanks and shot at it at 2:00 a.m. on Sunday, after Lt. Gen. Namphy's declaration on television, causing the destruction of the upper part of the State Residence. President Manigat surrendered in the presence of 20 people, among them his wife and parents and subsequently, was taken to an aviation camp where he was kept in custody until a military plane flew him to the Dominican Republic. Mr. Manigat testified to the Commission that:


(…) my house was attacked by guns and tanks. At 2:00 a.m. they shot at my house. Three officers - Col. Prosper Avril, Maj. Henri-Robert Augustin and Maj. Marc Charles - organized the take over as the presidential guard took Haiti's only armored tanks and freed Lt. Gen. Namphy from his house arrest and brought him to the National Palace.79


Mr. Manigat, stated that the crucial element in the success of the coup was possession of the armored tanks.

samedi, octobre 01, 2011

Un Musée Saramaca à Pikinslee pour préserver l'histoire des Marrons



PARAMARIBO – L'histoire du peuple Sa'macca doit être préservér; de manière tangible et à un endroit où les gens peuvent la visiter pour la connaitre. Un groupe de Sa'maccas a pris cette croyance à coeur récemment et ont lancé un musée dans le village Pikinslee.

En dehors d'une ville ou d'un village plus facile d'accès ... Pikin Slee se trouve à un voyage en bateau de Atjoni jusqu'à la partie supérieure du fleuve Suriname qui dure trois heures ; Atjoni se trouve elle même à trois à quatre heures de voiture vers le sud en partant de Paramaribo.
Aucune raison de s'inquiéter, disent les initiateurs du musée. "C'est un musée sur l'histoire du peuple Sa'macca; les gens vont venir le voir, parce que c'est une partie importante de notre Histoire des Noirs. Il n'y aucun autre musée pareil à celui-ci nulle part au monde", indique Berry Vrede, le porte-parole de la fondation Totomboti. Après presque un an de fonctionnement, le musée ouvre officiellement le samedi 15 Octobre.
Tribus de descendants d'Africains qui à l'époque coloniale ont choisi la liberté dans la forêt épaisse du Surinam plutôt que l'esclavage dans les plantations néerlandaises. Pendant des siècles, ils ont conservé leurs identités distinctives, se fondant sur leurs origines ouest-africaines et sur leur désir d'être isolés. Malgré tout, Mando et Edje Doekoe, des artistes sculpteurs sur bois de Pikinslee, ont estimé que leur culture était en train de s'effriter avec les développements des temps modernes qui affluent de plus en plus dans l'hinterland du Surinam.

"On peut constater de nombreux changements dans la façon dont notre peuple vit actuellement, sa façon de s'habiller, de manger, de chanter et même de construire leurs maisons. Beaucoup de choses sont différentes des traditions de notre bigi sma, nos personnes âgées. Nous avons senti que nous devions faire quelque chose avant que notre culture ne se perde totalement", indique Mando, alors que Edje écoute tranquillement, tout en approuvant avidement. "Nous devons préserver leurs choses, avant qu'elles ne soient perdues pour nous tous. Il ya des choses importantes qu'ils ont laissé derrière eux pour que nous les sachions. "




Totomboti est le nom Sa'macca pour le persistant pic-vert, probablement parce que la fondation travaille avec persistance pour atteindre ses objectifs, de la même manière que l'oiseau sait marteller le tronc d'arbre avec détermination pour attraper les savoureux insectes.

Mando et Edje, les sculpteurs sur bois aux dreadlocks, sont allés fouiner et ont collecté de objets des temps anciens pour les exposer dans le musée; ils ont trouvé des sculptures sur bois, des bancs, des tables et des encadrements de portes (buka paw), certains abandonné par des des gens qui ne connaisaient pas leur valeur ou qui semblaient s'en ficher.
"Nous sommes allés dans tous les villages pour voir ce que nous pouvions collecter. Nous avons même acheté des choses que les gens n'utilisaient plus. Pour nous il était important de montrer comment nos bigi sma vivaient dans le passé ", explique Mando.

Pikinslee a été choisie comme emplacement pour le musée, non seulement parce que Mando et Edje viennent de ce village, mais aussi parce que - avec près de 3000 habitants- il est l'un des plus grands villages Sa'macca au bord de la rivière.
"Il se trouve à une distance de Paramaribo, et oui, vous deveez traverser quelques sulas (rapides) sur votre route, mais si vous allez en amont du fleuve et que vous ne passez aucun sulas, vous n'avez pas vraiment été dans l'arrière-pays, n'est-ce-pas? ", dit Berry Vrede. Avec le juriste Eduards Justine, cet homme direct, paternel a assumé la tâche de représenter la fondation à Paramaribo. Aux Pays-Bas, un comité de pilotage Totomboti, a pu aider à trouver le financement pour démarrer le projet.
Vrede affirme que le musée est important au-delà des raisons évidentes de préservation de la culture. "L'histoire du peuple noir n'est nulle part ailleurs autant préservée qu'elle l'est ici, donc maintenant, en l'affichant pour que le monde la voit, nous espérons que le musée apportera de l'emploi à la population de Pikin Slee, et bien sûr l'éducation pour nos jeunes qui ont besoin de savoir comment notre peuple vivait", dit-il.

Le musée a déjà attiré l'attention internationale. Mando et Edje ont voyagé en Guyane française le week-end des 16 et 17 Septembre, pour assister à une conférence des curateurs de musées des Caraïbes. "Ils ont été invités à assister, ce que nous considérons comme une sorte de reconnaissance", affirme M. Vrede.


Il dit maintenant qu'il est temps que le "monde vienne voir le musée." La grande inauguration constituera probablement le clou de l'événement, avec un programme tornant autour de la cérémonie officielle le Samedi 15 Octobre, en plus de la projection d'un documentaire sur Pikin Slee le vendredi et un Sportsday le dimanche . "Nous voulons en faire un grand événement, pour montrer notre musée, mais aussi pour présenter les opportunités de vacances parmi nous", indique M Vrede.

Les voyagistes qui amènent des touristes au Pasensi (patience) Resort pas loin de là, savent déjà faire un arrêt au musée. Vrede est prompt à profiter de l'opportunité au jeu de mot que suggère le nom de l'hôtel : "Il faut de la pasensi pour atteindre ce musée, mais ça vaut la peine."
Traduit de l'Anglais par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com/