Benjamin Franklin est né le 17 janvier 1706 à Boston dans la Colonie de la baie du Massachusetts.
Ce physicien, écrivain et diplomate est l’un des personnages les plus illustres de l’histoire américaine.
Il prend rapidement position contre l’esclavage et affranchit ses propres esclaves en 1772.
Il devient, en 1787, Président de la Société Pennsylvanienne pour l’Abolition, soutenue par les Quakers, groupe protestant très progressiste. Les Quakers sont les premiers Européens à interdire à leurs membres de posséder des esclaves. Ils sont très actifs dans la lutte contre la traite et l’esclavage, en Angleterre comme aux Etats-Unis.
Benjamin Franklin s’enthousiasme à Londres pour l’instruction des “noirs”, et converse longuement en France avec Condorcet.
Il renoncera cependant à présenter une pétition pour l’abolition, craignant la réaction des Etats esclavagistes du Sud.
Il meurt à Philadelphie le 17 avril 1790, à l’âge de 84 ans.
L'histoire et la sociologie de la caraïbe, des antilles et du monde noir. Naviguons dans le passé de la Martinique, de la Guadeloupe, de la Guyane, de la Réunion et de l'Afrique
samedi, avril 24, 2010
James Forten – 1766-1842 (Etats-Unis)
Afro-américain né libre, James Forten invente dès l’âge de 14 ans un type de voile qu’il trouve approprié pour de plus grandes vitesses de manœuvres et de maintien des bateaux.
Devenu homme d’affaires, sa découverte lui permet de faire fortune, qu’il utilise alors pour servir la cause abolitionniste.
Devenu homme d’affaires, sa découverte lui permet de faire fortune, qu’il utilise alors pour servir la cause abolitionniste.
Benjamin Sigismond Frossard - 1754-1830 (France)
Né en Suisse en 1754, Benjamin Sigismond Frossard s’installe à Lyon en 1877. Intellectuel engagé, il est très impliqué dans les réseaux de sociabilité de la ville, ce qui va le conduire à un engagement politique important.
Son engagement le plus marqué et le plus constant est en faveur de la cause abolitionniste. Un voyage en Angleterre en 1784-1785 l’amène à nouer des relations avec les principales figures du mouvement abolitionniste anglais dont Thomas Clarkson et Granville Sharp.
Frossard participe à la fondation de la Société des Amis des Noirs, association française créée en 1788 dont le but ultime est l’abolition de l’esclavage.
Grâce à cette association, Frossard entretient des relations avec les sociétés abolitionnistes à travers le monde. Elle fait campagne dans la presse pour l’abolition de l’esclavage et travaille à sensibiliser les Français à cette question.
Les campagnes ont un impact : 49 cahiers de doléances sur 600 mentionnent, dans leurs revendications, l’abolition de l’esclavage.
Apparus au XVème siècle, les cahiers de doléances recensent les revendications et les plaintes émises au niveau local par chaque ordre de la société (clergé, noblesse et tiers état) lorsque le Roi décide de faire appel aux Etats Généraux.
Son engagement le plus marqué et le plus constant est en faveur de la cause abolitionniste. Un voyage en Angleterre en 1784-1785 l’amène à nouer des relations avec les principales figures du mouvement abolitionniste anglais dont Thomas Clarkson et Granville Sharp.
Frossard participe à la fondation de la Société des Amis des Noirs, association française créée en 1788 dont le but ultime est l’abolition de l’esclavage.
Grâce à cette association, Frossard entretient des relations avec les sociétés abolitionnistes à travers le monde. Elle fait campagne dans la presse pour l’abolition de l’esclavage et travaille à sensibiliser les Français à cette question.
Les campagnes ont un impact : 49 cahiers de doléances sur 600 mentionnent, dans leurs revendications, l’abolition de l’esclavage.
Apparus au XVème siècle, les cahiers de doléances recensent les revendications et les plaintes émises au niveau local par chaque ordre de la société (clergé, noblesse et tiers état) lorsque le Roi décide de faire appel aux Etats Généraux.
Furcy – 19ème siècle (La Réunion)
En 1817, le jeune Furcy découvre que sa mère avait été affranchie avant son décès et décide de recourir à la justice pour faire valoir sa liberté, une liberté dont jouit sa sœur Constance qui a été affranchie.
Il entreprend cette démarche alors qu’il est à la tête de la maison du négociant et propriétaire d’esclaves Joseph Lory, qui lui fait confiance.
Débouté en première instance, il fait appel et se pourvoit finalement en cassation.
L’affaire fait grand bruit à Saint-Denis car elle pourrait ouvrir la brèche à la libération de 15.000 esclaves.
Après vingt-trois années de lutte judiciaire, il remporte enfin la victoire et devient un homme libre.
Il entreprend cette démarche alors qu’il est à la tête de la maison du négociant et propriétaire d’esclaves Joseph Lory, qui lui fait confiance.
Débouté en première instance, il fait appel et se pourvoit finalement en cassation.
L’affaire fait grand bruit à Saint-Denis car elle pourrait ouvrir la brèche à la libération de 15.000 esclaves.
Après vingt-trois années de lutte judiciaire, il remporte enfin la victoire et devient un homme libre.
William Lloyd Garrison - 1805-1879 (Etats-Unis)
Enfant, William Loyd Garrison commence très tôt à travailler, afin de financer ses études, et entreprend lui-même son éducation. Très vite il se lie à la cause abolitionniste, combat qu’il mènera corps et âme durant toute sa vie.
Président de L’American Anti Slavery Society de 1843 à 1865, Garrison défend ardemment l’égalité des droits pour les “noirs”, dénonçant fermement l’immoralité du commerce d’êtres humains.
Il lance en 1831 à Boston le premier numéro du journal “The Liberator”, dans lequel il réclame la liberté des “noirs” et déclare : « je ne tergiverserai pas — je n’excuserai pas — je ne reculerai pas d’un seul pouce — ET JE SERAI ENTENDU ».
En 1854, suite à l’échec de la libération de son ami Anthony Burns, renvoyé en esclavage, Garrison brûle, devant près de 3.000 personnes qui l’acclament, une copie de la Constitution américaine à Framingham dans l’Etat du Massachusetts, en déclarant à la foule qu’elle « est un pacte avec la mort et un accord avec l’enfer ».
Il parvient en 1855 à convaincre l’Etat du Massachusetts d’ouvrir les écoles publiques aux jeunes “noirs”. Désapprouvant au départ la politique d’Abraham Lincoln (qui deviendra le premier président républicain de l’histoire des Etats-Unis), il se rallie progressivement à la cause du candidat républicain et lui apporte son soutien.
En décembre 1865, après l’abolition de l’esclavage aux Etats-Unis, il publie le dernier numéro du “Libérateur” en déclarant sa mission d’abolitionniste terminée.
Président de L’American Anti Slavery Society de 1843 à 1865, Garrison défend ardemment l’égalité des droits pour les “noirs”, dénonçant fermement l’immoralité du commerce d’êtres humains.
Il lance en 1831 à Boston le premier numéro du journal “The Liberator”, dans lequel il réclame la liberté des “noirs” et déclare : « je ne tergiverserai pas — je n’excuserai pas — je ne reculerai pas d’un seul pouce — ET JE SERAI ENTENDU ».
En 1854, suite à l’échec de la libération de son ami Anthony Burns, renvoyé en esclavage, Garrison brûle, devant près de 3.000 personnes qui l’acclament, une copie de la Constitution américaine à Framingham dans l’Etat du Massachusetts, en déclarant à la foule qu’elle « est un pacte avec la mort et un accord avec l’enfer ».
Il parvient en 1855 à convaincre l’Etat du Massachusetts d’ouvrir les écoles publiques aux jeunes “noirs”. Désapprouvant au départ la politique d’Abraham Lincoln (qui deviendra le premier président républicain de l’histoire des Etats-Unis), il se rallie progressivement à la cause du candidat républicain et lui apporte son soutien.
En décembre 1865, après l’abolition de l’esclavage aux Etats-Unis, il publie le dernier numéro du “Libérateur” en déclarant sa mission d’abolitionniste terminée.
Marie Gouze, dite Marie-Olympe de Gouges - 1748-1793 (France)

Marie Gouze, dite Marie-Olympe de Gouges.
Femme de lettres devenue femme politique, Marie-Olympe de Gouges a beaucoup écrit sur les droits civils et politiques des femmes et sur l’abolition de l’esclavage.
Sa pièce de théâtre “L’Esclavage des Noirs” (1792) la rend célèbre. Inscrite au répertoire de la Comédie-Française en 1785, sous le titre de “Zamore et Mirza”, cette pièce veut attirer l’opinion publique sur le sort des esclaves des colonies. Cependant, à la suite de la première représentation, la pièce anti-esclavagiste est retirée du répertoire de la Comédie, qu’elle ne réintègrera qu’à la Révolution française.
Malgré les pressions, les harcèlements et même les menaces des défenseurs de l’esclavage colonial à l’encontre d’Olympe de Gouges, cette combattante, soutenue par le Club des Amis des Noirs, reste très active.
En 1788, ses “Réflexions sur les hommes nègres” lui ouvre la porte de la Société des Amis des Noirs, dont elle devient membre.
En 1790, elle composera une nouvelle pièce de théâtre, sur la même thématique que “L’esclavage des noirs”, intitulée “Le Marché des Noirs”.
Alexandre Gatine - 1805-1864 (France)
Alexandre Gatine, avocat de profession, est employé aux Affaires des colonies en 1831. Il publie alors une brochure intitulée : “Pétition à la Chambre des députés relative au droit dénié aux esclaves de se pourvoir en cassation”.
En 1844, Gatine s’illustre dans l’affaire “Virginie” où il défend une affranchie guadeloupéenne réclamant la liberté de ses enfants selon l’article 47 du Code Noir.
En 1848, Schoelcher le charge de préparer les projets des décrets relatifs à l’abolition de l’esclavage. Le gouvernement provisoire adopte ses décrets le 27 avril et le désigne comme commissaire général de la Guadeloupe, chargé d’appliquer, sur le terrain, le décret d’abolition.
En 1864, quelques mois avant sa mort, Gatine évoquera dans un poème intitulé “Souvenirs d’un abolitionniste” la révolution de 1848, l’abolition de l’esclavage et son arrivée en Guadeloupe.
« Le ciel enfin sourit aux martyrs sans couronnes
Un orage soudain éclata sur les trônes.
Le peuple nous prêta sa puissance d’un jour,
Seule œuvre de ce temps féconde et sans retour
L’esclavage n’est plus qu’un immonde fantôme
Ecrasé par la foudre : et le serf s’est fait homme !
Hosanna sur la terre. Hosanna dans le ciel !
Dieu bénit notre loi, décret providentiel,
Soyons ses messagers, conduits par ses étoiles,
Portant la liberté dans les plis de nos voiles,
Ainsi l’esprit divin "reposant sur les eaux"
Illumina le monde au sortir du chaos ».
Alexandre Gatine
En 1844, Gatine s’illustre dans l’affaire “Virginie” où il défend une affranchie guadeloupéenne réclamant la liberté de ses enfants selon l’article 47 du Code Noir.
En 1848, Schoelcher le charge de préparer les projets des décrets relatifs à l’abolition de l’esclavage. Le gouvernement provisoire adopte ses décrets le 27 avril et le désigne comme commissaire général de la Guadeloupe, chargé d’appliquer, sur le terrain, le décret d’abolition.
En 1864, quelques mois avant sa mort, Gatine évoquera dans un poème intitulé “Souvenirs d’un abolitionniste” la révolution de 1848, l’abolition de l’esclavage et son arrivée en Guadeloupe.
« Le ciel enfin sourit aux martyrs sans couronnes
Un orage soudain éclata sur les trônes.
Le peuple nous prêta sa puissance d’un jour,
Seule œuvre de ce temps féconde et sans retour
L’esclavage n’est plus qu’un immonde fantôme
Ecrasé par la foudre : et le serf s’est fait homme !
Hosanna sur la terre. Hosanna dans le ciel !
Dieu bénit notre loi, décret providentiel,
Soyons ses messagers, conduits par ses étoiles,
Portant la liberté dans les plis de nos voiles,
Ainsi l’esprit divin "reposant sur les eaux"
Illumina le monde au sortir du chaos ».
Alexandre Gatine
Thomas Garrett - 1789-1871 (Etats-Unis)
Issu d’une famille d’abolitionnistes, Thomas Garret est un véritable leader dans The Underground Railroad (Chemin de fer clandestin).
Très actif, il aide des milliers d’esclaves à fuir leur servitude en les conduisant des Etats esclavagistes du Sud vers les Etats du Nord ou vers le Canada, grâce à un réseau de sentiers secrets, de cachettes et de maisons d’accueil.
Très actif, il aide des milliers d’esclaves à fuir leur servitude en les conduisant des Etats esclavagistes du Sud vers les Etats du Nord ou vers le Canada, grâce à un réseau de sentiers secrets, de cachettes et de maisons d’accueil.
Sarah Grimke - 1792-1873 (États-Unis)

Sarah Grimke - 1792-1873
Avec sa sœur Angelina, Sarah Grimke est parmi les premières femmes américaines à avoir lutté publiquement contre l’esclavage.
Fille d’un planteur de Caroline du Sud, elle est marquée par la condition des esclaves et particulièrement par les sévices subis par les femmes.
Imprégnée par le renouveau évangélique, elle quitte, avec sa sœur, le Sud et se rend à Philadelphie pour rejoindre une communauté Quaker au sein de laquelle elles rencontrent des abolitionnistes militants.
Dès 1836, elles commence une tournée des groupes abolitionnistes féminins en Nouvelle-Angleterre et à New York. Elles sont en butte aux critiques des Églises protestantes qui jugent leur conduite incompatible avec leur “rôle” de femmes.
Les sœurs Grimke militent leur vie durant pour l’émancipation des esclaves et des femmes.
Héva – 18ème siècle (La Réunion)
Compagne du chef marron Anchaing, Héva est la première femme réunionnaise dont on connaît la lutte pour la liberté et contre les humiliations de l’esclavage.
Louis Timagène Houat - 1809-1880 (La Réunion)
Mulâtre, Louis Timagène Houat est un acteur important de la vie politique et culturelle réunionnaise du XIXème siècle.
Accusé d’avoir fomenté avec des mulâtres et des esclaves un complot du côté de Saint-André, il est banni et condamné, en 1836, à être exilé sur le continent européen. Révolté, il se positionne alors clairement contre l’esclavage. Depuis Paris, son lieu d’exil où il fréquente les abolitionnistes parisiens, il publie son unique roman, le premier de la littérature réunionnaise, “Les Marrons” (1844). Il s’agit d’une histoire d’amour entre une jeune femme “blanche” et un marron. À travers ce roman, il critique fortement le système colonial et fait l’apologie de la liberté.
En 1849, son exil terminé, Louis Timagène Houat rentre dans l’île, où il se présente à des élections contre celui-là même qui l’avait banni. Déçu par les manipulations des votes et trucages des élections, il quitte définitivement l’île pour aller à Paris, où il étudiera la médecine.
Accusé d’avoir fomenté avec des mulâtres et des esclaves un complot du côté de Saint-André, il est banni et condamné, en 1836, à être exilé sur le continent européen. Révolté, il se positionne alors clairement contre l’esclavage. Depuis Paris, son lieu d’exil où il fréquente les abolitionnistes parisiens, il publie son unique roman, le premier de la littérature réunionnaise, “Les Marrons” (1844). Il s’agit d’une histoire d’amour entre une jeune femme “blanche” et un marron. À travers ce roman, il critique fortement le système colonial et fait l’apologie de la liberté.
En 1849, son exil terminé, Louis Timagène Houat rentre dans l’île, où il se présente à des élections contre celui-là même qui l’avait banni. Déçu par les manipulations des votes et trucages des élections, il quitte définitivement l’île pour aller à Paris, où il étudiera la médecine.
Harriet A. Jacobs - 1818-1897

Harriet Jacobs est née en 1813 en Caroline du Nord. Elle est la fille d’un homme libre, mais sa mère étant esclave, elle l’est aussi. Harriet Jacobs refusera toujours ce destin d’esclave, en commençant par apprendre à lire et à écrire.
Encore adolescente, elle devient mère de deux enfants dont le père est un jeune avocat “blanc”. Comme son maître menace de l’envoyer travailler dans une plantation, elle s’enfuit et se réfugie chez sa grand-mère, femme libre. Elle y reste sept ans, cachée dans une soupente, puis s’enfuit à New York où elle trouve du travail comme gouvernante. Recherchée par son maître, elle continue sa fuite, à Boston, puis en Angleterre, où elle milite au sein du mouvement des femmes abolitionnistes.
En 1852, l’American Colonization Society, dirigée par James Madison, la rachète et l’affranchit.
À partir de 1853, elle entreprend de raconter son histoire, dont certains extraits sont publiés dans les journaux. Un premier extrait paraît sous le titre “Lettre d’une fugitive” dans le “Tribune”, un journal New-yorkais.
En 1858, elle met le point final à son manuscrit. L’ouvrage, intitulé “Incidents in the Life of a Slave Girl”, (Incidents dans la vie d’une jeune esclave) est publié en 1861 à Boston, puis édité à Londres l’année suivante. Il connaît un grand succès. Harriet Jacobs met à profit sa célébrité pour aider les esclaves ; elle organise des écoles, des orphelinats, et des maisons de retraite.
Jean Kina 1755- ?
Jena Kina est né vers 1755 à Saint-Domingue. Esclave, il refuse cependant plusieurs fois sa liberté, avant de finalement l’accepter.
En 1792, il devient chef d’un bataillon de plus de 200 Libres de couleur, à la solde des planteurs de Saint-Domingue. Sous ses ordres, les hommes du bataillon écument les montagnes de l’île pour prendre en chasse les marrons. Ils remportent de nombreuses victoires, et leurs services sont très appréciés des colons.
En 1798, Kina est contraint de quitter Saint-Domingue, et c’est ainsi qu’il se retrouve, entre 1800 et 1801, à la Martinique. Dans cette île, il prend conscience des atrocités que subissent les esclaves, et décide alors de lutter pour la liberté.
Un membre du Conseil colonial de la Martinique raconte : « Il était parti de Fort Royal, dans la soirée du quatre octobre 1800, pour aller établir un camp sur le Morne Lemaître. Il avait passé, avec sa petite troupe, par la Case Navire et quelques habitations pour y faire des partisans. Il déclarait qu’il venait de la part de Dieu et du Roi, et il portait un drapeau sur lequel était écrit : “La Loi britannique”. Il était chargé, disait -il, de protéger ses frères, parce que les Colons étaient des bourreaux et des mangeurs de chair humaine ; qu’ils faisaient avorter les négresses à force de travail et qu’ils étaient décidés à vendre les nègres libres ».
En 1801, dans la région du Carbet, avec une vingtaine de compagnons de combat, Kina est à la tête d’un soulèvement, forçant ainsi le pouvoir colonial à la négociation. Ce qu’il souhaite : l’amnistie générale pour tous les esclaves. Mais l’esclavage ne sera aboli en Martinique qu’en 1848. On ne connaît pas la fin de sa vie.
En 1792, il devient chef d’un bataillon de plus de 200 Libres de couleur, à la solde des planteurs de Saint-Domingue. Sous ses ordres, les hommes du bataillon écument les montagnes de l’île pour prendre en chasse les marrons. Ils remportent de nombreuses victoires, et leurs services sont très appréciés des colons.
En 1798, Kina est contraint de quitter Saint-Domingue, et c’est ainsi qu’il se retrouve, entre 1800 et 1801, à la Martinique. Dans cette île, il prend conscience des atrocités que subissent les esclaves, et décide alors de lutter pour la liberté.
Un membre du Conseil colonial de la Martinique raconte : « Il était parti de Fort Royal, dans la soirée du quatre octobre 1800, pour aller établir un camp sur le Morne Lemaître. Il avait passé, avec sa petite troupe, par la Case Navire et quelques habitations pour y faire des partisans. Il déclarait qu’il venait de la part de Dieu et du Roi, et il portait un drapeau sur lequel était écrit : “La Loi britannique”. Il était chargé, disait -il, de protéger ses frères, parce que les Colons étaient des bourreaux et des mangeurs de chair humaine ; qu’ils faisaient avorter les négresses à force de travail et qu’ils étaient décidés à vendre les nègres libres ».
En 1801, dans la région du Carbet, avec une vingtaine de compagnons de combat, Kina est à la tête d’un soulèvement, forçant ainsi le pouvoir colonial à la négociation. Ce qu’il souhaite : l’amnistie générale pour tous les esclaves. Mais l’esclavage ne sera aboli en Martinique qu’en 1848. On ne connaît pas la fin de sa vie.
Joseph Ignace - 1769-1802
Né en Guadeloupe, à Pointe-à-Pitre, en 1769, Joseph Ignace est charpentier de formation. Esclave, il décide de briser ses chaînes en devenant marron, en se retirant dans les bois.
En 1794, il entre dans l’armée coloniale et devient capitaine en 1801. Joseph Ignace s’oppose fermement au rétablissement de l’esclavage, décrété en 1802 par Napoléon Bonaparte.
Désireux d’appliquer à tout prix ce décret en Guadeloupe, le général Antoine Richepanse donne l’ordre, le 6 mai 1802, de rassembler tous les soldats près de Pointe-à-Pitre, dans la savane de Stiwenson.
Fort de ses convictions, Ignace refuse d’obéir et s’enfuit. Il se rend à Petit-Canal, où il s’embarque pour rejoindre le 8 mai, à Basse-Terre, la résistance mise en place par Louis Delgrès.
Le 22 mai, les résistants décident d’évacuer le fort Saint-Charles et de se scinder en deux groupes, dont l’un est commandé par Ignace. Refusant d’être capturé vivant, Joseph Ignace se suicide trois jours plus tard, d’une balle tirée en pleine tête.
Delgrès et ses compagnons le suivront dans la mort.
vendredi, avril 23, 2010
"La reconnaissance des différences et des altérités"

L'un mourut à 94 ans, après une carrière littéraire et politique accomplie, l'autre se consuma à 36 ans, laissant une oeuvre brûlante et avortée. L'un magnifia sa Martinique natale, l'autre préféra se jeter dans les combats indépendantistes en Afrique. L'un eut des obsèques en forme de béatification en 2008, l'autre s'éteignit anonymement dans un hôpital en 1961. Même si leurs existences paraissent largement antithétiques, Aimé Césaire et Frantz Fanon furent les artisans d'un même combat anticolonialiste. Dans Aimé Césaire, Frantz Fanon, Portraits de décolonisés (Les Belles Lettres, "L'histoire de profil", 280 p., 27 €), Pierre Bouvier, professeur à l'université Paris X-Nanterre, jette des passerelles entre ces deux figures intellectuelles. Entretien.
Oubliés ou négligés pendant des décennies, Aimé Césaire et Frantz Fanon sont de nouveau lus et étudiés. Pourquoi ?
Césaire et Fanon nous disent beaucoup de choses sur ce qui s'est passé hier, à l'époque coloniale, et aussi sur ce qui se passe aujourd'hui, dans le contexte post-colonial tel qu'ils avaient commencé à le pressentir. Les valeurs du post-colonialisme, telles que portées par Césaire et Fanon, sont les valeurs de la reconnaissance des différences et des altérités.
Or, actuellement, vit en France la deuxième ou la troisième génération des personnes originaires du Maghreb ou de l'Afrique noire. Ces jeunes sont français mais leurs parents viennent d'ailleurs, avec des cultures, une religion différentes. Ils vivent dans des lieux où l'habitat est dégradé. Ils peinent à progresser dans le système scolaire. Ils recherchent des moyens pour vivre correctement dans une société à laquelle ils appartiennent objectivement et, en même temps, il y a incertitude identitaire.
Ce sont justement des sentiments qu'ont ressentis Aimé Césaire et Frantz Fanon. Césaire parle de la difficulté de la société antillaise à s'identifier. Cette population en grande partie descendante de l'esclavage, de la traite, est aussi, depuis 1848 et l'abolition, intégrée dans la nation française, avec ce dilemme de savoir si les Antillais sont des citoyens à part entière ou entièrement à part. Fanon, lui, a observé dans les années 1950 la solitude des immigrés algériens. Dans Peau noire, masques blancs, il dit leur difficulté à s'insérer dans un dispositif qui ne répond pas vraiment à leur identité.
L'identité. Les deux auteurs se seront posé cette question toute leur vie...
Césaire dit : "Nègre je suis, nègre je resterai." Il y a là un élément fondamental sur lequel il ne veut pas transiger. Il refusait cependant de considérer la négritude comme un enfermement. Lors d'un colloque à Miami, en 1987, il a expliqué comment cette notion était aussi une dénonciation du racisme.

Frantz Fanon, lui, serait un métis, au sens de l'identité : c'est un Noir martiniquais qui a vécu en Algérie et s'est impliqué dans les indépendances africaines. C'est un combiné de profils assez extraordinaires qui ont fait cet individu très complexe, absolument exceptionnel par sa densité existentielle et sociale. Mais, par des cheminements différents, ces deux hommes ont finalement tendu vers l'universel.
Fanon, combattant de la France libre puis partisan des indépendances, Césaire, chantre de la départementalisation puis auteur du Discours sur le colonialisme, ont eu des relations complexes avec leur pays. Quel rapport avec celles des jeunes des banlieues envers ce pays ?
De par leurs brillantes études, Aimé Césaire et Frantz Fanon appartenaient aux élites françaises. Ils auraient pu figurer comme modèles républicains et, en même temps, ils ont subi le racisme, notamment Fanon quand il étudiait la médecine à Lyon. En cela, ils rejoignent un état d'esprit amour-haine qui existe aujourd'hui chez les personnes issues de l'immigration. D'où cette incertitude, cette hésitation, ces allers-retours qui rendent compréhensible une certaine violence. Il est d'ailleurs intéressant de constater que la violence des agriculteurs, par exemple, est admise par la société, intégrée dans l'espace public, alors que celle des jeunes de banlieue ne l'est pas. Il y a là présent un racisme latent : prégnance du fait qu'ils restent différents et donc prégnance perpétuelle de l'imaginaire colonial.
Des parallèles sont justement tentés entre le système colonial, tel que décrit par ces auteurs, et ce que vivent les gens dans les cités. Vous semblent-ils à propos ?
Ils sont un peu excessifs parce qu'il y a quand même des garde-fous, comme la présence du système scolaire ou des grandes institutions. Malgré les difficultés que rencontrent encore beaucoup de jeunes, un certain nombre cheminent peu à peu dans notre société. Ce n'est tout de même pas la situation coloniale avec des barrages très forts dans la promotion. Mais il y a un ressenti. Les stigmatisations dont sont victimes certains Français issus de l'immigration incitent à rappeler ce contexte antérieur. Quelque part, ils se remémorent la situation des colonies où la ville européenne et la ville indigène étaient séparées physiquement et symboliquement.
Propos recueillis par Benoît Hopquin
source
"Aimé Césaire", de Romuald Fonkoua
Tenter une biographie d'Aimé Césaire, c'est prendre le risque du naufrage. Le Martiniquais a superposé trop de vies pendant trop d'années. Poète, homme de théâtre, maire, député, voyageur, historien, il semble tantôt esprit suspendu, tantôt boule d'action. Comment se défaire de la gangue de vénération ou de détestation qui a entouré, les dernières années, le vieil homme ? Romuald Fonkoua a choisi l'humilité. Le rédacteur en chef de Présence africaine (revue cofondée par Aimé Césaire) dresse de Césaire un portrait à plat, ce qui ne veut pas dire plat. Il évoque l'esprit révolté mais n'élude pas son (bref) apparatchikisme stalinien. Il met en exergue le penseur universel, mais n'occulte pas totalement son clientélisme politique. Le livre fait forcément quelques impasses et a quelques prismes. Mais il restitue au final un portrait distancié et juste du "Nègre fondamental"
Aimé Césaire, de Romuald Fonkoua, Perrin, 384 p., 23 €.
Benoît Hopquin
source
Aimé Césaire, de Romuald Fonkoua, Perrin, 384 p., 23 €.
Benoît Hopquin
source
mardi, avril 20, 2010
Haïti: Sa Contribution à la Lutte pour la Liberté dans le Monde
Jean Sénat Fleury,
http://www.jeansenatfleury.com/
"Haïti berceau de la lutte pour la liberté."
À l'occasion de la journée internationale de commémoration des victimes de l'esclavage et de la traite transatlantique des esclaves, l'Assemblée générale de l'ONU dans un hommage unanime à la première république noire et aux innombrables victimes de la traite négrière a salué la contribution énorme d'Haïti à la lutte pour la liberté dans le monde.
Le fait que la double révolution haïtienne –émancipation et abolition de l'esclavage- selon le professeur Anthony Bogues de la "Brown University" ait posé la question de la liberté, a conféré à ce mouvement une portée mondiale. Aucune autre révolution de cette période, ni l'américaine ni la française n'a posé cette question. Il faut donc cesser de voir Haïti comme une nation marginalisée de l'Occident et commencer à réaliser la contribution "historique" qu'il a apportée à la liberté humaine, élément central de l'édification du monde moderne.
La traite des esclaves et l'esclavage reste l'un des chapitres les plus horribles, brutaux et douloureux, non seulement de l'histoire de l'Afrique, mais de l'ensemble de l'humanité. Aussi, le fait qu'Haïti a réalisé la première révolution anti-esclavagiste dans le monde en chassant les Français de St-Domingue, cette révolution a détourné le coup de l'histoire. En effet, la victoire des troupes indigènes sur les troupes françaises à Vertières, a déjoué le plan de Napoléon Bonaparte dans son ambition d'occuper toute l'Amérique. Cette défaite de l'armée française composée d'un corps expéditionnaire mené par son beau-frère Charles Leclerc a été un coup fatal à l'empire français qui dispose à l'époque de la plus puissante armée au monde.
Ne disposant pas de moyens militaires suffisants en Amérique après la débâcle de ses troupes à Saint-Domingue, Napoléon a dû abandonner ses projets de reconstruction de l'empire français au Nouveau Monde, et le 11 avril 1803, quatre mois après la défaite de Rochambeau à Vertières, le ministre français du trésor, le marquis de Barbé-Marbois, propose à Livingston la vente de la Louisiane. Le 30 avril 1803, le traité est signé à Paris par Robert Livingston, James Monroe, Barbé Marbois et Michaël Ryan Toussaint. La France officiellement cède la possession de la Louisiane aux Américains et enterre du même coup le projet de conquérir l'Amérique.
Haïti, dès lors, isolée sur la scène internationale par des puissances impérialistes et esclavagistes et menacée par un retour éventuel des Français, n'a qu'un choix : Aider les autres pays de la région à se défaire des jougs de la colonisation. Le 6 janvier 1806, lorsque Ferrand s'avisa de publier un arrêté qui "autorisait les habitants de l'Est et les troupes sous ses orders à capturer tous les Haïtiens qu'ils pourraient rencontrer pour être vendus comme esclaves dans les îles de l'archipel ; Dessalines prépara à la hâte une expédition. Le 5 février, il rentra dans l'Est, et le 7 mars il met le siège devant la capitale Santo-Domingo.
En février 1806, sur l'ordre de Dessalines, Magloire Ambroise a reçu Francisco de Miranda (leader Sud-Américain qui a combattu pour libérer l'Amérique Latine contre le régime espagnol) et donna des munitions à Miranda et des hommes en renforts pour combattre les Espagnols. Le mois suivant, le 12 Mars 1806, le pavillon vénézuélien fut créé dans le port de Jacmel.
Aider à libérer des peuples de l'Amérique Latine
Pétion et Bolivar se rencontrèrent à Port-au-Prince. Aux Cayes, Bolivar reçoit des armes et des munitions ainsi qu'une importante somme d'argent pour reprendre la lutte en vue de libérer les pays de l'Amérique Latine. En promesse à cette offre, il promet d'abolir l'esclavage partout où il sort victorieux. Il commença par appliquer cette mesure sur lui-même. Il libéra les 1.500 esclaves qui travaillaient sur son vaste domaine de San Matheo, près de Caracas sans condition (Mars 1816). Mais quand il décréta la liberté générale, tous les propriétaires d'esclaves, y compris ses lieutenants, se dressèrent, mécontents, et l'abandonnèrent. Battu le 10 juillet 1816, Bolivar se réfugia à Jacmel. Il y resta 6 mois. De retour dans son pays avec le support moral et financier de Pétion, il remporta des victoires à Junin, à Ayacucho etc. et proclama l'indépendance de Venezuela, de la Colombie, de l'Équateur, du Pérou, de la Bolivie.
Conclusion
La participation de 6 soldats chasseurs volontaires venus de Saint-Domingue parmi lesquels Henry Christophe pour combattre à Savannah dans l'Est de Georgia pendant la guerre d'indépendance américaine (1776-1783) est un autre fait qui illustre que même avant son indépendance, le pays a toujours contribué à la lutte de l'émancipation des peuples dévoués à l'idéal de justice protestant contre l'inégalité et l'oppression de l'homme par l'homme. Ainsi, si la communauté internationale a décidé de supporter le projet de reconstruction d'Haïti après le tragique tremblement de terre du 12 janvier 2010, ce geste n'est qu'un remboursement fait à la première république noire pour sa contribution à la lutte pour la liberté dans le monde.
http://www.jeansenatfleury.com/
"Haïti berceau de la lutte pour la liberté."
À l'occasion de la journée internationale de commémoration des victimes de l'esclavage et de la traite transatlantique des esclaves, l'Assemblée générale de l'ONU dans un hommage unanime à la première république noire et aux innombrables victimes de la traite négrière a salué la contribution énorme d'Haïti à la lutte pour la liberté dans le monde.
Le fait que la double révolution haïtienne –émancipation et abolition de l'esclavage- selon le professeur Anthony Bogues de la "Brown University" ait posé la question de la liberté, a conféré à ce mouvement une portée mondiale. Aucune autre révolution de cette période, ni l'américaine ni la française n'a posé cette question. Il faut donc cesser de voir Haïti comme une nation marginalisée de l'Occident et commencer à réaliser la contribution "historique" qu'il a apportée à la liberté humaine, élément central de l'édification du monde moderne.
La traite des esclaves et l'esclavage reste l'un des chapitres les plus horribles, brutaux et douloureux, non seulement de l'histoire de l'Afrique, mais de l'ensemble de l'humanité. Aussi, le fait qu'Haïti a réalisé la première révolution anti-esclavagiste dans le monde en chassant les Français de St-Domingue, cette révolution a détourné le coup de l'histoire. En effet, la victoire des troupes indigènes sur les troupes françaises à Vertières, a déjoué le plan de Napoléon Bonaparte dans son ambition d'occuper toute l'Amérique. Cette défaite de l'armée française composée d'un corps expéditionnaire mené par son beau-frère Charles Leclerc a été un coup fatal à l'empire français qui dispose à l'époque de la plus puissante armée au monde.
Ne disposant pas de moyens militaires suffisants en Amérique après la débâcle de ses troupes à Saint-Domingue, Napoléon a dû abandonner ses projets de reconstruction de l'empire français au Nouveau Monde, et le 11 avril 1803, quatre mois après la défaite de Rochambeau à Vertières, le ministre français du trésor, le marquis de Barbé-Marbois, propose à Livingston la vente de la Louisiane. Le 30 avril 1803, le traité est signé à Paris par Robert Livingston, James Monroe, Barbé Marbois et Michaël Ryan Toussaint. La France officiellement cède la possession de la Louisiane aux Américains et enterre du même coup le projet de conquérir l'Amérique.
Haïti, dès lors, isolée sur la scène internationale par des puissances impérialistes et esclavagistes et menacée par un retour éventuel des Français, n'a qu'un choix : Aider les autres pays de la région à se défaire des jougs de la colonisation. Le 6 janvier 1806, lorsque Ferrand s'avisa de publier un arrêté qui "autorisait les habitants de l'Est et les troupes sous ses orders à capturer tous les Haïtiens qu'ils pourraient rencontrer pour être vendus comme esclaves dans les îles de l'archipel ; Dessalines prépara à la hâte une expédition. Le 5 février, il rentra dans l'Est, et le 7 mars il met le siège devant la capitale Santo-Domingo.
En février 1806, sur l'ordre de Dessalines, Magloire Ambroise a reçu Francisco de Miranda (leader Sud-Américain qui a combattu pour libérer l'Amérique Latine contre le régime espagnol) et donna des munitions à Miranda et des hommes en renforts pour combattre les Espagnols. Le mois suivant, le 12 Mars 1806, le pavillon vénézuélien fut créé dans le port de Jacmel.
Aider à libérer des peuples de l'Amérique Latine
Pétion et Bolivar se rencontrèrent à Port-au-Prince. Aux Cayes, Bolivar reçoit des armes et des munitions ainsi qu'une importante somme d'argent pour reprendre la lutte en vue de libérer les pays de l'Amérique Latine. En promesse à cette offre, il promet d'abolir l'esclavage partout où il sort victorieux. Il commença par appliquer cette mesure sur lui-même. Il libéra les 1.500 esclaves qui travaillaient sur son vaste domaine de San Matheo, près de Caracas sans condition (Mars 1816). Mais quand il décréta la liberté générale, tous les propriétaires d'esclaves, y compris ses lieutenants, se dressèrent, mécontents, et l'abandonnèrent. Battu le 10 juillet 1816, Bolivar se réfugia à Jacmel. Il y resta 6 mois. De retour dans son pays avec le support moral et financier de Pétion, il remporta des victoires à Junin, à Ayacucho etc. et proclama l'indépendance de Venezuela, de la Colombie, de l'Équateur, du Pérou, de la Bolivie.
Conclusion
La participation de 6 soldats chasseurs volontaires venus de Saint-Domingue parmi lesquels Henry Christophe pour combattre à Savannah dans l'Est de Georgia pendant la guerre d'indépendance américaine (1776-1783) est un autre fait qui illustre que même avant son indépendance, le pays a toujours contribué à la lutte de l'émancipation des peuples dévoués à l'idéal de justice protestant contre l'inégalité et l'oppression de l'homme par l'homme. Ainsi, si la communauté internationale a décidé de supporter le projet de reconstruction d'Haïti après le tragique tremblement de terre du 12 janvier 2010, ce geste n'est qu'un remboursement fait à la première république noire pour sa contribution à la lutte pour la liberté dans le monde.
dimanche, avril 18, 2010
En visite à la ‘Maison des esclaves’ : La Gouverneure du Canada au bord des larmes

Le Gouverneure du Canada était hier au bord des larmes. Gagnée par l’émotion suite à l’exposé du conservateur de la ‘Maison des esclaves’ de Gorée qu’il a visitée, Mme Michaëlle Jean a oublié un instant son titre de Première Dame du Canada pour partager son sentiment sur la traite négrière dont elle est issue.
‘Ce n’est pas facile de trouver les mots. C’est la deuxième fois que je suis, de si près, confrontée à cette histoire de celui-ci, en sol africain. Elle m’a été contée au Château d’El Mina, au Ghana, en 2006. Ce que je pourrais vous dire de façon très personnelle, c’est que cet océan, cette partie de l’Atlantique, m’a toujours angoissée. Pourtant, j’adore les côtes mais face à la mer d’ici, je ressens un profond malaise, je suis terriblement angoissée. Je crois que c’est quelque chose qui est logé dans la mémoire et qui revient. C’est quelque chose qui ressemble à un legs douloureux, à un legs ancestral et qu’on n’arrive pas à nommer. C’est comme si on entendait des voix, c’est comme si on sentait des présences, c’est comme si ça nous capturait’. C’est par ces mots, teintés d’émotion, que la très Honorable Gouverneure du Canada s’est adressée, hier, à la presse après avoir visité la Maison des esclaves, sise à l’île de Gorée.
C’est une dame presque au bord des larmes, parce que gagnée par l’émotion suite à l’exposé du conservateur de ce lieu mythique, qui a tenu à partager son sentiment sur la traite négrière dont elle se dit issue. ‘Je ne peux pas imaginer ce que ça a été, cette traversée mais quelque chose, dans ma mémoire, me dit ce que ça a été’, lâche-t-elle en soupirant. Pour Mme Michaëlle Jean, certes tout cela est difficile à imaginer, mais ce qui est très fort, c’est que la vie triomphe, c’est que nous sommes vivants mais aussi, ‘c’est que nous soyons revenus ici après 350 ans de cette traite abominable et pouvoir se rencontrer et d’être ensemble’. La Gouverneure générale voudrait que l’on sache que cette histoire n’est pas uniquement celle des peuples noirs. Selon elle, ‘c’est l’histoire de toute l’humanité, c’est un chapitre qui nous appartient et qui nous concerne toutes et tous, peu importe que nous soyons de descendance africaine ou européenne, d’esclaves ou de maîtres’.
Le plus important pour elle, c’est que ‘nous sommes ensemble’ pour mener un combat contre toutes les atteintes à la dignité humaine, contre tous les trafics humains, aujourd’hui encore, contre toutes formes d’esclavage, contre toutes les dépossessions de la liberté. Mais elle reste convaincue que, dispersés, les combattants de ces causes justes ne pourront réussir. Ce combat, c’est ensemble que devons le mener. ‘C’est ça la force, c’est ça la leçon qu’il nous faut tirer, c’est ce que ça m’inspire quand je suis dans ces lieux’, dira-t-elle émue.
Aguibou KANE
Renaître ou Ressusciter : le vrai combat de l’homme noir

La renaissance africaine ne doit certainement pas signifier faire ressusciter le continent comme s’il avait rendu l’âme au cours de son existence pénible : ce serait mal lire les événements, les faits historiques qui ont incontestablement parsemé d’embûches sa marche jusqu’ici. La renaissance africaine ne doit certainement pas signifier faire ressusciter le continent comme s’il avait rendu l’âme au cours de son existence pénible : ce serait mal lire les événements, les faits historiques qui ont incontestablement parsemé d’embûches sa marche jusqu’ici.
L’esclavage et la colonisation nous ont laissés intacts, vierges dans la foi et dans l’espoir d’une liberté prochaine, de la liberté éternelle. Le Nègre a, depuis ces moments sombres, vaincu la pusillanimité, la veulerie, la lâcheté et la peur de la mort biologique. Sa docilité relative dans l’acceptation de sa condition d’esclave ou de colonisé s’appuyait sur un credo solide et une espérance sans faille dans un jour prochain, un jour fait d’éclairci et de Liberté. Cet aïeul qui a accepté de plier sans jamais rompre, espérait tout juste une revanche et un rétablissement de sa splendeur, source de son difficile et long combat.
Je suis convaincu que la renaissance africaine dépasse de loin le symbolisme des commémorations ou les commémorations symboliques que l’on continue de nous servir depuis près d’un siècle. Elle est plus qu’un monument (fût-ce-t-il le plus haut du monde), plus qu’une date (faste et grandiose inauguration du fade édifice sur les Mamelles en ce samedi 03 mars 2010), plus que des résolutions creuses à l’Union africaine, plus que les rêveries fallacieuses et félonnes des usurpateurs de l’histoire du continent, plus que les pérégrinations intellectuelles au seul service du culte de la personnalité et du goût avancé du gigantisme pharaonique.
L’heure de la rupture a sonné : une heure de profonde et courageuse rétrospective, socle inaltérable au sursaut, au réveil, à une nouvelle conscience noire qui ouvrent enfin l’ère des perspectives, des visions justes et bien planifiées au seul service d’une Afrique émergente.
Cette nouvelle vision, ce nouveau souffre, cette enjambée, doivent s’articuler autour d’un puissant courant intellectuel et culturel qui «rend l’Afrique à l’Africain» ; je parle bien entendu de ce citoyen Africain qui n’a jamais été sujet de Sa Majesté ou petit-fils du Gaulois.
L’heure du décollage a sonné : il est temps de retirer la joue droite alors que l’autre a fini de recevoir un soufflet. L’Afrique réclame résolument sa place, une réelle reviviscence dans le concert des Nations
Pour ce, il y a lieu de rendre encore plus visibles la voix du continent et la voie nègre du développement.
LA VOIX DU CONTINENT NOIR DANS LE MONDE NOUVEAU
Une voix au continent noir, c’est quand nous aurons droit à la parole. Mieux, que cette parole fasse un impact tangible à l’Onu et dans les grandes instances de décision du monde. C’est quand nous saurons dire non aux ingérences de toutes sortes : surtout au paternalisme du monde occidental qui sonne comme une nouvelle forme de colonialisme. C’est dire stop à l’immigration choisie qui nous dépeuple de notre élite intellectuelle et artistique comme jadis la Traite négrière l’avait faite avec nos bras les plus valeureux. C’est mettre un frein au déversement quotidien des déchets toxiques sur nos sols, à la détérioration de la couche d’ozone qui menace chaque jour un peu plus notre existence. C’est prendre la responsabilité de se soustraire au diktat du Fmi et de la Banque mondiale qui nous étranglent et nous étouffent sciemment. C’est faire bannir la discrimination raciale avec son lot de brimades, d’incompréhensions et de calomnies. C’est savoir faire front commun contre la détérioration des termes de l’échange dans le commerce mondial où la part de l’Afrique scotche à presque 1% malgré le poids de nos phénoménales ressources minières et halieutiques. C’est aussi savoir parler d’une seule et unique voix pour dire stop aux dérives égoïstes, monarchiques et totalitaires de nos décideurs actuels. C’est lutter efficacement contre la mal gouvernance, les détournements abusifs de deniers publics et contre la fuite des capitaux. C’est aussi arrêter le pillage systématique de nos ressources minières et halieutiques. C’est une Afrique sans rebelles (les rebelles des uns couvés et armés par les autres), sans pandémies et autres épidémies qui nous épouvantent le quotidien. C’est se battre contre l’avancée du désert et la déforestation sauvage (très souvent l’œuvre des compagnies de bois plus proches des chasseurs de primes). C’est encore un continent dépouillé à jamais du spectre des guerres tribales et ethniques qui rappellent cruellement le Moyen-Âge. C’est prendre résolument à cœur le cauchemar de l’érosion et de l’appauvrissement lancinant et progressif des sols cultivables. C’est vaincre pour toujours les inégalités sociales, l’analphabétisme, le manque de formation viable des ressources humaines, la famine cyclique et rotative et enfin le manque effrayant d’eau potable. Tous ces manquements au sillage d’une Afrique essoufflée, demandent des issues vigoureuses ; ils dépassent le folklore des commémorations, le symbolisme creux et abstrait des monuments érigés à l’occasion et l’appel usurpateur à une ethnomusicologie biaisée de sa substance originelle.
UNE VOIE AUTOCHTONE VERS L’EMERGENCE
Une voie africaine du développement ne constitue en rien une chimère : il suffit de nous approprier notre continent. En s’appuyant exclusivement sur nos valeurs séculaires, sur nos réalités quotidiennes et sur notre rythme de vie, la voie africaine du développement n’est ni extrapolation, ni psittacisme mais une réelle application de la pensée négro-africaine faite de partage et de solidarité et essentiellement tournée sur un authentique pari sur le génie de l’homme noir. Elle s’articulera naturellement sur nos aptitudes d’harmonie avec la nature ; en termes plus clairs sur les activités agricoles, halieutiques et forestières. Ces activités protégées de toutes sortes de bradage, permettront à moyen terme le décollage réel d’une industrialisation du continent.
La voie africaine du développement, c’est encore travailler à mieux corriger la balkanisation en donnant aux grands ensembles des contenus plus visibles, plus lisibles, plus vivants, plus viables. Bref, c’est faire le choix salutaire du renoncement aux frontières nationales pour l’Unité économique, monétaire et même politique du continent.
Comment un «scandale écologique» comme notre continent (tant ses richesses minières sont énormes) peut-il se permettre de vivre dans ce dénuement absurde ? La famine avait-elle sa place sur nos immenses terres sillonnées de toutes parts par des fleuves, lacs et autres glaciers ? Nos coquasses réserves naturelles, nos sites historiques authentiques et célestes nous ont-ils servi à attirer les retombées du tourisme mondial ? Qu’avons-nous fait du pétrole, du diamant, de l’or, de l’uranium, de la bauxite, des phosphates et autres mines du sous-sol continental ? De la réponse courageuse à ces questions naîtra une voie africaine du développement : une voie qui partira de nous mêmes pour arriver à nous. S’approprier le continent ne signifie en rien un renferment sur soi ; il permettra plutôt aux Africains que nous sommes de répondre convenablement à l’appel du village planétaire (globalisation et mondialisation) et à la civilisation du donner et du recevoir. Jusqu’ici, qu’avons-nous proposé aux autres hormis le fait de tendre la main ?
La renaissance africaine passera forcément par l’action pour relever ces défis ; des actions concertées, réfléchies, mûries et renouvelées qui nous confèreront sans aucun doute une place honorable sur l’échiquier de la géopolitique mondiale. Penser au symbolisme abstrait des monuments et des commémorations inutiles et dépensiers de nos maigres deniers publics dans ces moments solennels, c’est trahir la cause africaine, c’est réduire l’émergence du continent au stade de rêve inaccessible et de désir inassouvi. Et pourtant, elle est possible cette renaissance dont on parle. Il suffit de se battre jusqu’au dernier souffle contre ces pseudos intellectuels et hommes de culture en mal d’inspiration qui ont choisi de brader l’halo de l’Homme nègre, l’ancêtre de l’humanité pour l’avoir sacrifié à des privilèges au cénacle des paraplégiques de la cause africaine.
Africains d’ici et de la diaspora, battons-nous convenablement et à l’unisson pour !
Amadou FALL - Dexc/Ide de Guinguinéo - Un défenseur de la Nation de la République /
jeudi, avril 15, 2010
L’affaire de l’esclave Furcy

« Le 16 mars 2005, les archives concernant "L’affaire de l’esclave Furcy" étaient mises aux enchères, à l’hôtel Drouot. Elles relataient le plus long procès jamais intenté par un esclave à son maître, trente ans avant l’abolition de 1848. Cette centaine de documents – des lettres manuscrites, des comptes rendus d’audience, des plaidories – illustrait une période cruciale de l’Histoire.
Les archives révélaient un récit extraordinaire : celui de Furcy, un esclave âgé de trente et un ans, qui, un jour d’octobre 1817, dans l’île de la Réunion que l’on appelle alors île Bourbon, décida de se rendre au tribunal d’instance de Saint-Denis pour exiger sa liberté.
Après de multiples rebondissements, ce procès, qui a duré vingt-sept ans, a trouvé son dénouement le samedi 23 décembre 1843, à Paris. Malgré un dossier volumineux, et des années de procédures, on ne sait presque rien de Furcy, il n’a laissé aucune trace, ou si peu. J’ai éprouvé le désir – le désir fort, impérieux – de le retrouver et de le comprendre. De l’imaginer aussi. » Mohammed Aïssaoui.
Né en 1964 en Algérie, Mohamed Aissaoui, après des études de sciences politiques à Paris, est journaliste au Figaro depuis janvier 2001, spécialisé en littérature française et francophone au sein du supplément Le Figaro Littéraire. Il tient également une chronique littéraire sur Direct8. Il est notamment l’auteur d’une anthologie sur les écrivains et la ville d’Alger, Le Goût d’Alger (Mercure de France, 2006).
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