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jeudi, avril 25, 2013

Message de mobilisation pour le 10 Mai…





8 Mai, 14 Juillet, 11 Novembre, autant de dates distribuées par le calendrier à des citoyens peu soucieux  de faits historiques, qui consommeront ces jours comme temps de repos visé par le Code du travail.

 Un exemple… demandez à une personne la signification de la fête du 14 Juillet, et elle vous répondra sans hésitation…La prise de la Bastille, c’est faux.

 Si en ce 14 Juillet 1789, le peuple de Paris en colère contre Louis XVI, et la monarchie, prit d’assaut cette forteresse censée retenir prisonniers les victimes des lettres de cachet, elle était vide et le Gouverneur de Launay, présent paya de sa personne, avec sa tête au bout d’une pique, déambulant dans les rues de Paris.

Un an après le 14 Juillet 1790 se tiendra au Champs de Mars ( Paris) la grande réunion baptisée…Fête de la Fédération, sous la présidence de l’Evêque d’Autun, monsieur de Talleyrand, futur ministre des affaires étrangère de l’Empereur Napoléon, diplomate hors du commun.

Et donc chaque année c’est bien ce 14 Juillet 1790 devenue fête nationale par une loi 6 Juillet 1880, dont je vous fais grâce des débats houleux qui ont précédé ce vote, qui est commémoré.

Chacun donc à sa vision de l’Histoire, en la manipulant souvent à son profit, or j’ai toujours considéré que cette date du 14 Juillet 1790 marquait la naissance de la Bourgeoisie triomphante, placée à droite de l’échiquier politique.

Mais dans une société fortement marquée par cette forme de monaco-républicaine avérée, ce dysfonctionnement historique passe inaperçu voir même toléré, dès lors que de nos jours, il est difficile de faire le distinguo entre une gauche, supposée humaniste et solidaire, face à une droite qualifiée autoritaire et individualiste, car ce sont les valeurs de la République, et le comportement républicain qui sont partis malgré les discours trompeurs, remplacés par la lâcheté,  l’hypocrisie et la malhonnêteté intellectuelle.

Et le 10 Mai dans tout ça, une date qui devrait avoir la même signification symbolique politique et historique que celles évoquées ci-dessus.

Contrairement à ce que pourraient supposer certains, ce n’est pas une date de commémoration de fin de la Traite négrière transatlantique et l’Esclavage, mais un jour de mémoire et de souvenir imposé par la loi à tous les citoyens de ce pays pour rappeler les heures sombres de leur Histoire, caractérisée par une exploitation de l’homme par l’homme, une déportation massive durant plus de 350 ans de millions d’Africains vers un destin de malheur et d’humiliation, par le travail forcé pour la richesse des autres.

Et cette loi du 10 Mai 2001 n’est pas exemptée de critiques dès lors qu’elle ne désigne pas d’une façon formelle les Nations ayant eu recours à ces pratiques, à savoir par lettre alphabétique.. L’Espagne, la France, la Hollande  le Grande Bretagne, le Portugal...

Imaginez une Cour d’Assises condamnant un prévenu à perpétuité, sans aveu, sans cadavre, sans mobile et sans l’arme du crime…  

Et donc à Lyon, nous placeront cette date à la hauteur de sa dimension historique par/

  Un rassemblement avec  lecture de textes

   Une retraite au flambeau  suivant un circuit autorisé par arrêté préfectoral

   Une soirée culturelle à la Mairie de Lyon 3 è

Le principe d’une messe a été abandonné en raison d’impératifs horaires

Enfin les communautés caribéennes et africaines n’ont ni la culture ni les moyens pour inonder les écrans de cinéma de  télévision de leur douloureuse Histoire, transformant ces drames en fonds de commerce, mais où est l’éthique dans tout ça

Ils savent se souvenir autrement…

Bonne journée 
  
Léonce
          

mercredi, avril 24, 2013

Commémoration de l’esclavage 10 mai 2013


Il est temps de se prendre en charge et de se rassembler !

  

par Claude Ribbe

La loi Taubira, votée en 2001, a permis de fixer une date : le 10 mai, journée de commémoration de l’esclavage. En France hexagonale et aussi en Corse où moururent plusieurs centaines de patriotes déportés en 1802 par Bonaparte, l’homme glorieux qui a remis l’outre-mer en esclavage.
 
Cette loi, pourtant symbolique, est ouvertement contestée depuis 12 ans par une frange de racistes de tous bords qui demandent régulièrement l’abrogation des lois « mémorielles ».  Surtout de celle qui concerne les Afro-descendants .
 
Une division sciemment organisée depuis 2006
 
D’autres, plus subtils, s’attachent à minimiser la portée pratique de la loi Taubira en tentant de faire de la journée du 10 mai l’anniversaire de l’octroi de la liberté par les bourreaux à leurs victimes.
 
Ceux-là, tous les 10 mai depuis 2006, organisent la division en multipliant de prétendues actions commémoratives en région parisienne pour que les Afro-descendants apparaissent divisés, insignifiants, en un mot dominés.
 
Mais les descendants d’esclaves n’ont pas à dire merci. La liberté ne s’octroie pas. Elle est le propre de l’humanité.
 
Les esclaves n’ont jamais été libérés par la République française. La République française  n’a fait que prendre acte de leur résistance qui n’a jamais cessé.
 
La logique de l’esclavage était d’aboutir à une mort rapide de l’esclave et à son remplacement. Tout survivant était, du fait même de son existence, un résistant.
 
Les descendants d’esclaves en sont la preuve vivante. Ils doivent être fiers de leurs ancêtres.
 
Tous les 10 mai le même scénario : la parole confisquée aux associations.
 
La forme de la commémoration est bien souvent consternante : des politiques non-descendants d’esclaves disposant d’une parole «officielle» systématiquement confisquée aux descendants d’esclaves auxquels le système de représentation ne permet pas de se faire entendre dans les assemblées, ni dans les médias, sauf allégeance à un système dont le racisme est caricatural.
 
Un système où le nègre, pour inspirer confiance, doit être le plus incompétent, le plus bête, le plus négatif possible à l’égard de ses frères et sœurs. La France ne s’est jamais débarrassée de ses vieilles lunes paternalistes et coloniales.
 
Les descendants d’esclaves ne peuvent être représentés que par leurs associations, lesquelles sont ouvertement méprisées des politiques de tous bords qui n’y voient que des instruments électoraux.
 
On aura tout enduré : jusqu’aux descendants d’esclavagistes se faisant passer pour des descendants d’esclaves et tentant, sans qualification, mais par la seule autorité du népotisme, de faire de la mémoire de l’esclavage un monopole rémunérateur.
Des descendants d’esclavagistes poussant à la politique du pire qui consiste à agiter, sans débat préalable dans le cadre des institutions, le spectre des réparations afin de discréditer à jamais dans l’opinion l’aspiration des Français descendants d’esclaves à un minimum de respect.
 
Les Africains, pourtant victimes, désignés comme coupables.
 
La commémoration de l’esclavage négrophobe, reconnu en 2001 crime contre l’humanité, ne peut s’accorder avec le révisionnisme qui rejette la faute sur les Africains et désigne une infime poignée de collaborateurs comme les responsables d’un crime pourtant organisé depuis l’Europe et  l’Amérique coloniale.
 
La commémoration de l’esclavage négrophobe ne peut être l’occasion de stigmatiser telle ou telle religion, en particulier l’Islam. Si l’Islam a pratiqué l’esclavage, cela ne s’est jamais produit d’une manière qui puisse être comparée aux pratiques racistes et déshumanisantes organisées de manière génocidaire par les autres religions monothéistes à partir du XVe siècle.
 
La commémoration de l’esclavage négrophobe ne peut être l‘occasion de banaliser l’esclavage transatlantique en comparant ce crime déshumanisant et raciste perpétré à grande échelle par l’Europe et  l’Amérique avec des formes de servitude antiques, médiévales ou contemporaines qui, tout en étant atroces et condamnables, n’ont rien à voir.
 
La prétendue « concurrence des mémoires » invoquée par les racistes.
 
La commémoration de l’esclavage négrophobe n’a pas à susciter la crainte des représentants des victimes d’autres crimes contre l’humanité. Tout crime contre l’humanité est unique. Et aucun crime n’est plus unique qu’un autre, tout simplement parce que l’humanité est une et indivisible.
 
En mai 2012, les descendants d’esclaves, dont les suffrages n’appartiennent à personne, ont librement et massivement voté, non pas pour un homme ou un parti, mais pour le changement.
 
La persistance de l’idéologie de la race dans la constitution de la République.
 
Le symbole le plus évident de ce changement, qui ne coûte rien à l’État et ne peut léser que les racistes,  est la suppression du mot de «race» de l’article 1 de la constitution de la République française. Cette suppression, annoncée dans le cadre de la campagne électorale du candidat socialiste, devait être portée devant le Parlement dès le lendemain de l’élection.
 
Un an plus tard, on peut espérer que le Président de la République n’a pas oublié ses promesses vis-à-vis des descendants d’esclaves.
 
 
Le général Dumas toujours discriminé plus de deux siècles après sa mort.
 
Outre Atlantique, l’histoire du général Dumas est ouvertement évoquée dans le dernier film de Tarantino et vaut un prix Pulitzer à un biographe. À Paris, c’est toujours un refus de Légion d’honneur pour délit de gueule. D’aucuns vont jusqu’à tenter de le dissocier de la mémoire de l’esclavage.
 
En réponse à ces injustices, rassemblement unitaire et populaire à 18 heures le 10 mai 2013 place du général-Catroux Paris 17e métro Malesherbes.
 
Dans ces conditions, on ne peut que s’écrier : non au révisionnisme, non au racisme, non aux tentatives de récupération de la mémoire de l’esclavage !
 
Ne craignons pas d’être considérés comme «incontrôlables» par les esprits qui se déclarent négrophiles parce qu’au fond d’eux-mêmes ils ne supportent les descendants d’esclaves qu’enchaînes dans leurs têtes.
 
La date du 10 mai appelle à se rassembler et à se prendre enfin en charge.
Toutes celles et tous ceux qui se sentent concernés, au lieu de se diviser, doivent converger vers un rassemblement populaire  autour d’un symbole non pas octroyé, mais obtenu de haute lutte à l’issue d’un combat opiniâtre.
 
En ce sens, les chaînes brisées de la place du général-Catroux sont le pôle d‘attraction incontournable pour toute cérémonie populaire rendant hommage aux esclaves et à leurs descendants.
 
Elles permettent, à travers un héros toujours discriminé malgré les promesses de changement - le général Dumas - de réunir des Français de toutes couleurs, de toutes croyances et de toutes opinions autour d’un héros républicain né esclave et encore victime  des séquelles de l’esclavage.
 
Car si la République, sous des prétextes fallacieux, refuse la Légion d’honneur à un héros de la trempe du général Dumas - qui est honoré outre Atlantique - on peut imaginer le mépris qu’elle peut avoir pour tous les anonymes discriminés.

C’est pourquoi toutes les associations, quelles que soient leurs divergences, doivent relayer cet appel pour que leur présence,

place du général-Catroux à Paris 17e, métro Malesherbes, ligne 3, le 10 mai 2013 à 18 heures,  

témoigne de la résistance à la négrophobie, au racisme et au mépris.

jeudi, mai 10, 2012

Discours du 10 mai 2011 à Sainte Geneviève des bois



Monsieur le Maire,
Messieurs et mesdames les conseillers municipaux,
Messieurs et mesdames les présidents
Chers amis,

Nous voici réuni ce 10 mai 2011  autour de ce mémorial du souvenir de Sainte Geneviève des bois, en ce jour particulier nous honorons la mémoire de deux illustres personnages, ils n’ont rien de commun, si ce n’est qu’ils sont nés esclaves, l’un plus que l’autre, mais c’est la condition de servilité qui a préludé  à leur naissance et c’est cette mémoire qui nous rassemble.

Toutefois, avant de parler des  personnages pour lesquels une plaque à leur nom sera apposée sur la stèle, revenons  un instant à la loi Taubira.

Ce 10 mai 2011,  fera 10 ans que l’assemblée nationale a adopté cette loi  qui dans on article 1er dit : « La République française reconnaît que la traite négrière transatlantique ainsi que la traite dans l'océan Indien d'une part, et l'esclavage d'autre part, perpétrés à partir du xve siècle, aux Amériques et aux Caraïbes, dans l'océan Indien et en Europe contre les populations africaines, amérindiennes, malgaches et indiennes constituent un crime contre l'humanité. »

Cette loi  qualifiée  mémorielle avait été votée à l’unanimité, tous les députés l’ont voté, mais depuis son entrée en vigueur elle n’a eu cesse d’être décriée, dénoncée et aujourd’hui elle est menacée : « le 2 mars 2011, le chroniqueur Erick ZEMOUR, condamné avec sursis, le 18 février, à 2000 euros d’amende pour provocation à la discrimination raciale, reçoit une ovation des députés de l’UMP réunis à l’assemblée nationale lorsqu’il propose de supprimer les lois mémorielles ainsi que les subventions aux associations anti-racistes.
Le lendemain, 3 mars 2011, c’est au tour de Christian VANESTE, député UMP du Nord, de déclarer sur le site « le nouvel observateur.com », que : « la loi Taubira est une honte pour notre pays, une honte pour la liberté d'expression dans notre pays. Il faut la supprimer tout de suite. C'est une loi anti-française ».
Ces personnes considèrent que toute date de commémoration de l’esclavage, que ce soit celle de l’abolition (10 mai) ou celle en mémoire des victimes (23 mai) doit être supprimée. »

Face à ces attaques, les afro-descendants et les personnes de bonne volonté se mobilisent pour la sauver.

Donc,  c’est un triste anniversaire. Il pourrait s’apparenter presque à un déni, d’histoire, un déni de mémoire, une insulte pour nos populations, celles dont les ancêtres ont été victimes de la traite et de l’esclavage.
 Pourtant la loi Taubira n’est pas contraignante, ce n’est pas une loi impérative,  dans son art 2 elle prévoit : «  Les programmes scolaires et les programmes de recherche en histoire et en sciences humaines accorderont à la traite négrière et à l'esclavage la place conséquente qu'ils méritent. La coopération qui permettra de mettre en articulation les archives écrites disponibles en Europe avec les sources orales et les connaissances archéologiques accumulées en Afrique, dans les Amériques, aux Caraïbes et dans tous les autres territoires ayant connu l'esclavage sera encouragée et favorisée. »
La loi ne donne pas de direction, ni de sens, pas d’orientation, la loi  demande que cette histoire soit enseignée, simplement  que l’on accorde à la traite négrière et l’esclavage la place qu’elle mérite…
L’article 3 c’est une intention  « Une requête en reconnaissance de la traite négrière transatlantique ainsi que de la traite dans l'océan Indien et de l'esclavage comme crime contre l'humanité sera introduite auprès du Conseil de l'Europe, des organisations internationales et de l'Organisation des Nations unies. Cette requête visera également la recherche d'une date commune au plan international pour commémorer l'abolition de la traite négrière et de l'esclavage, sans préjudice des dates commémoratives propres à chacun des départements d'outre-mer. »
Cette loi est peu de chose, elle ne prévoit pas de sanctions, n’est pas directive, alors pourquoi une telle hostilité vis-à-vis de la loi Taubira ?
Plusieurs facteurs à cela, une congruence  d’évènements   conduisent à la remise en cause des lois mémorielles :
Tout d’abord :
-          La mémoire est un enjeu économique ( car pouvant donner lieu à réparation, ce n’est pas le cas de la loi Taubira, rien n’est prévu à cet effet) ; 
-         un enjeu politique (car pouvant modifier les rapports de force et agglutiner des votes population envers…),
-         Un enjeu sociologique (  car la loi nomme et détermine des groupes sociaux, elle identifie une composante de la société) ;
-         un enjeu idéologique (vous êtes au fait de l’actualité, chacun constate que le climat européen n’est guère serein, les déceptions quant aux politiques menées génèrent un ras-bol des populations qui se traduisent par une montée généralisée des thèses de l’extrême droite…
Le contexte de grande déprime économique fait que les démocraties sont sous la menace  des forces du fascisme et de l’extrême droite et dans un tel contexte les idées racistes ressurgissent, elles sont assumées,  voire banalisées, à l’instar de ce qui s’est passé à la Fédération française de Football : trop de Noirs et d’Arabes, alors il faut discriminer, mais il ne faut pas que cela se sache, mais cela s’est su.
Toutefois, ces gens répondaient aux désidératas  de feu Georges Frêche et de Jean-Marie Le Pen : l’équipe de France est black, black, black.
Une argumentation fondée sur des préjugés raciaux, une discrimination fondée sur des critères  de couleur.
Mais ce qui est le plus triste, ce que nous croyons que ces gens qui se disent non-racistes ne sont effectivement pas racistes.
Comment la vérité pourrait-elle raciste, et eux ils énoncent des vérités : les Noirs forts et costauds, mais pas très intelligents. Les Arabes, des fanatiques, égorgeurs,  tous des voleurs. Les Juifs des manipulateurs, des menteurs et des escrocs.
Insidieusement, on renoue avec ces déterminismes raciaux,  qui  de tout temps ont conduit les hommes à s’affronter, à s’entretuer, à plonger le monde dans la terreur et la guerre.
Alors les lois mémorielles, elles doivent-être vues comme des phares éclairant la mer,  afin d’éviter les naufrages.
Et c’est pourquoi,  nous devons maintenir ces lois et faire perdurer dans les mémoires, le souvenir de ces grandes catastrophes humaines, de ces grands naufrages de l’humanité, afin de nous préserver de leur renouvellement et de leur répétition.
Chacun d’entre nous doit dire et faire pour que les drames ne se répètent pas.
Dire que quelle que soit la couleur de la peau et les origines, nous sommes tous des hommes, il n’y a pas des plus humains que d’autres.
Faire que le vivre ensemble soit possible et cela passe par une réalité effective des droits et la lutte contre les discriminations et les préjugés.
Merci de votre écoute.

Tony Mardaye