samedi, avril 24, 2010

Alexandre Gatine - 1805-1864 (France)

Alexandre Gatine, avocat de profession, est employé aux Affaires des colonies en 1831. Il publie alors une brochure intitulée : “Pétition à la Chambre des députés relative au droit dénié aux esclaves de se pourvoir en cassation”.
En 1844, Gatine s’illustre dans l’affaire “Virginie” où il défend une affranchie guadeloupéenne réclamant la liberté de ses enfants selon l’article 47 du Code Noir.
En 1848, Schoelcher le charge de préparer les projets des décrets relatifs à l’abolition de l’esclavage. Le gouvernement provisoire adopte ses décrets le 27 avril et le désigne comme commissaire général de la Guadeloupe, chargé d’appliquer, sur le terrain, le décret d’abolition.
En 1864, quelques mois avant sa mort, Gatine évoquera dans un poème intitulé “Souvenirs d’un abolitionniste” la révolution de 1848, l’abolition de l’esclavage et son arrivée en Guadeloupe.

« Le ciel enfin sourit aux martyrs sans couronnes
Un orage soudain éclata sur les trônes.
Le peuple nous prêta sa puissance d’un jour,
Seule œuvre de ce temps féconde et sans retour
L’esclavage n’est plus qu’un immonde fantôme
Ecrasé par la foudre : et le serf s’est fait homme !
Hosanna sur la terre. Hosanna dans le ciel !
Dieu bénit notre loi, décret providentiel,
Soyons ses messagers, conduits par ses étoiles,
Portant la liberté dans les plis de nos voiles,
Ainsi l’esprit divin "reposant sur les eaux"
Illumina le monde au sortir du chaos
».
Alexandre Gatine

Thomas Garrett - 1789-1871 (Etats-Unis)

Issu d’une famille d’abolitionnistes, Thomas Garret est un véritable leader dans The Underground Railroad (Chemin de fer clandestin).

Très actif, il aide des milliers d’esclaves à fuir leur servitude en les conduisant des Etats esclavagistes du Sud vers les Etats du Nord ou vers le Canada, grâce à un réseau de sentiers secrets, de cachettes et de maisons d’accueil.

Sarah Grimke - 1792-1873 (États-Unis)


Sarah Grimke - 1792-1873

Avec sa sœur Angelina, Sarah Grimke est parmi les premières femmes américaines à avoir lutté publiquement contre l’esclavage.
Fille d’un planteur de Caroline du Sud, elle est marquée par la condition des esclaves et particulièrement par les sévices subis par les femmes.
Imprégnée par le renouveau évangélique, elle quitte, avec sa sœur, le Sud et se rend à Philadelphie pour rejoindre une communauté Quaker au sein de laquelle elles rencontrent des abolitionnistes militants.
Dès 1836, elles commence une tournée des groupes abolitionnistes féminins en Nouvelle-Angleterre et à New York. Elles sont en butte aux critiques des Églises protestantes qui jugent leur conduite incompatible avec leur “rôle” de femmes.
Les sœurs Grimke militent leur vie durant pour l’émancipation des esclaves et des femmes.

Héva – 18ème siècle (La Réunion)

Compagne du chef marron Anchaing, Héva est la première femme réunionnaise dont on connaît la lutte pour la liberté et contre les humiliations de l’esclavage.

Louis Timagène Houat - 1809-1880 (La Réunion)

Mulâtre, Louis Timagène Houat est un acteur important de la vie politique et culturelle réunionnaise du XIXème siècle.
Accusé d’avoir fomenté avec des mulâtres et des esclaves un complot du côté de Saint-André, il est banni et condamné, en 1836, à être exilé sur le continent européen. Révolté, il se positionne alors clairement contre l’esclavage. Depuis Paris, son lieu d’exil où il fréquente les abolitionnistes parisiens, il publie son unique roman, le premier de la littérature réunionnaise, “Les Marrons” (1844). Il s’agit d’une histoire d’amour entre une jeune femme “blanche” et un marron. À travers ce roman, il critique fortement le système colonial et fait l’apologie de la liberté.
En 1849, son exil terminé, Louis Timagène Houat rentre dans l’île, où il se présente à des élections contre celui-là même qui l’avait banni. Déçu par les manipulations des votes et trucages des élections, il quitte définitivement l’île pour aller à Paris, où il étudiera la médecine.

Harriet A. Jacobs - 1818-1897


Harriet Jacobs est née en 1813 en Caroline du Nord. Elle est la fille d’un homme libre, mais sa mère étant esclave, elle l’est aussi. Harriet Jacobs refusera toujours ce destin d’esclave, en commençant par apprendre à lire et à écrire.

Encore adolescente, elle devient mère de deux enfants dont le père est un jeune avocat “blanc”. Comme son maître menace de l’envoyer travailler dans une plantation, elle s’enfuit et se réfugie chez sa grand-mère, femme libre. Elle y reste sept ans, cachée dans une soupente, puis s’enfuit à New York où elle trouve du travail comme gouvernante. Recherchée par son maître, elle continue sa fuite, à Boston, puis en Angleterre, où elle milite au sein du mouvement des femmes abolitionnistes.

En 1852, l’American Colonization Society, dirigée par James Madison, la rachète et l’affranchit.
À partir de 1853, elle entreprend de raconter son histoire, dont certains extraits sont publiés dans les journaux. Un premier extrait paraît sous le titre “Lettre d’une fugitive” dans le “Tribune”, un journal New-yorkais.

En 1858, elle met le point final à son manuscrit. L’ouvrage, intitulé “Incidents in the Life of a Slave Girl”, (Incidents dans la vie d’une jeune esclave) est publié en 1861 à Boston, puis édité à Londres l’année suivante. Il connaît un grand succès. Harriet Jacobs met à profit sa célébrité pour aider les esclaves ; elle organise des écoles, des orphelinats, et des maisons de retraite.

Jean Kina 1755- ?

Jena Kina est né vers 1755 à Saint-Domingue. Esclave, il refuse cependant plusieurs fois sa liberté, avant de finalement l’accepter.

En 1792, il devient chef d’un bataillon de plus de 200 Libres de couleur, à la solde des planteurs de Saint-Domingue. Sous ses ordres, les hommes du bataillon écument les montagnes de l’île pour prendre en chasse les marrons. Ils remportent de nombreuses victoires, et leurs services sont très appréciés des colons.

En 1798, Kina est contraint de quitter Saint-Domingue, et c’est ainsi qu’il se retrouve, entre 1800 et 1801, à la Martinique. Dans cette île, il prend conscience des atrocités que subissent les esclaves, et décide alors de lutter pour la liberté.
Un membre du Conseil colonial de la Martinique raconte : « Il était parti de Fort Royal, dans la soirée du quatre octobre 1800, pour aller établir un camp sur le Morne Lemaître. Il avait passé, avec sa petite troupe, par la Case Navire et quelques habitations pour y faire des partisans. Il déclarait qu’il venait de la part de Dieu et du Roi, et il portait un drapeau sur lequel était écrit : “La Loi britannique”. Il était chargé, disait -il, de protéger ses frères, parce que les Colons étaient des bourreaux et des mangeurs de chair humaine ; qu’ils faisaient avorter les négresses à force de travail et qu’ils étaient décidés à vendre les nègres libres ».

En 1801, dans la région du Carbet, avec une vingtaine de compagnons de combat, Kina est à la tête d’un soulèvement, forçant ainsi le pouvoir colonial à la négociation. Ce qu’il souhaite : l’amnistie générale pour tous les esclaves. Mais l’esclavage ne sera aboli en Martinique qu’en 1848. On ne connaît pas la fin de sa vie.

Joseph Ignace - 1769-1802

Né en Guadeloupe, à Pointe-à-Pitre, en 1769, Joseph Ignace est charpentier de formation. Esclave, il décide de briser ses chaînes en devenant marron, en se retirant dans les bois.

En 1794, il entre dans l’armée coloniale et devient capitaine en 1801. Joseph Ignace s’oppose fermement au rétablissement de l’esclavage, décrété en 1802 par Napoléon Bonaparte.
Désireux d’appliquer à tout prix ce décret en Guadeloupe, le général Antoine Richepanse donne l’ordre, le 6 mai 1802, de rassembler tous les soldats près de Pointe-à-Pitre, dans la savane de Stiwenson.
Fort de ses convictions, Ignace refuse d’obéir et s’enfuit. Il se rend à Petit-Canal, où il s’embarque pour rejoindre le 8 mai, à Basse-Terre, la résistance mise en place par Louis Delgrès.

Le 22 mai, les résistants décident d’évacuer le fort Saint-Charles et de se scinder en deux groupes, dont l’un est commandé par Ignace. Refusant d’être capturé vivant, Joseph Ignace se suicide trois jours plus tard, d’une balle tirée en pleine tête.
Delgrès et ses compagnons le suivront dans la mort.

vendredi, avril 23, 2010

"La reconnaissance des différences et des altérités"



L'un mourut à 94 ans, après une carrière littéraire et politique accomplie, l'autre se consuma à 36 ans, laissant une oeuvre brûlante et avortée. L'un magnifia sa Martinique natale, l'autre préféra se jeter dans les combats indépendantistes en Afrique. L'un eut des obsèques en forme de béatification en 2008, l'autre s'éteignit anonymement dans un hôpital en 1961. Même si leurs existences paraissent largement antithétiques, Aimé Césaire et Frantz Fanon furent les artisans d'un même combat anticolonialiste. Dans Aimé Césaire, Frantz Fanon, Portraits de décolonisés (Les Belles Lettres, "L'histoire de profil", 280 p., 27 €), Pierre Bouvier, professeur à l'université Paris X-Nanterre, jette des passerelles entre ces deux figures intellectuelles. Entretien.

Oubliés ou négligés pendant des décennies, Aimé Césaire et Frantz Fanon sont de nouveau lus et étudiés. Pourquoi ?

Césaire et Fanon nous disent beaucoup de choses sur ce qui s'est passé hier, à l'époque coloniale, et aussi sur ce qui se passe aujourd'hui, dans le contexte post-colonial tel qu'ils avaient commencé à le pressentir. Les valeurs du post-colonialisme, telles que portées par Césaire et Fanon, sont les valeurs de la reconnaissance des différences et des altérités.

Or, actuellement, vit en France la deuxième ou la troisième génération des personnes originaires du Maghreb ou de l'Afrique noire. Ces jeunes sont français mais leurs parents viennent d'ailleurs, avec des cultures, une religion différentes. Ils vivent dans des lieux où l'habitat est dégradé. Ils peinent à progresser dans le système scolaire. Ils recherchent des moyens pour vivre correctement dans une société à laquelle ils appartiennent objectivement et, en même temps, il y a incertitude identitaire.

Ce sont justement des sentiments qu'ont ressentis Aimé Césaire et Frantz Fanon. Césaire parle de la difficulté de la société antillaise à s'identifier. Cette population en grande partie descendante de l'esclavage, de la traite, est aussi, depuis 1848 et l'abolition, intégrée dans la nation française, avec ce dilemme de savoir si les Antillais sont des citoyens à part entière ou entièrement à part. Fanon, lui, a observé dans les années 1950 la solitude des immigrés algériens. Dans Peau noire, masques blancs, il dit leur difficulté à s'insérer dans un dispositif qui ne répond pas vraiment à leur identité.

L'identité. Les deux auteurs se seront posé cette question toute leur vie...

Césaire dit : "Nègre je suis, nègre je resterai." Il y a là un élément fondamental sur lequel il ne veut pas transiger. Il refusait cependant de considérer la négritude comme un enfermement. Lors d'un colloque à Miami, en 1987, il a expliqué comment cette notion était aussi une dénonciation du racisme.

Frantz Fanon, lui, serait un métis, au sens de l'identité : c'est un Noir martiniquais qui a vécu en Algérie et s'est impliqué dans les indépendances africaines. C'est un combiné de profils assez extraordinaires qui ont fait cet individu très complexe, absolument exceptionnel par sa densité existentielle et sociale. Mais, par des cheminements différents, ces deux hommes ont finalement tendu vers l'universel.

Fanon, combattant de la France libre puis partisan des indépendances, Césaire, chantre de la départementalisation puis auteur du Discours sur le colonialisme, ont eu des relations complexes avec leur pays. Quel rapport avec celles des jeunes des banlieues envers ce pays ?

De par leurs brillantes études, Aimé Césaire et Frantz Fanon appartenaient aux élites françaises. Ils auraient pu figurer comme modèles républicains et, en même temps, ils ont subi le racisme, notamment Fanon quand il étudiait la médecine à Lyon. En cela, ils rejoignent un état d'esprit amour-haine qui existe aujourd'hui chez les personnes issues de l'immigration. D'où cette incertitude, cette hésitation, ces allers-retours qui rendent compréhensible une certaine violence. Il est d'ailleurs intéressant de constater que la violence des agriculteurs, par exemple, est admise par la société, intégrée dans l'espace public, alors que celle des jeunes de banlieue ne l'est pas. Il y a là présent un racisme latent : prégnance du fait qu'ils restent différents et donc prégnance perpétuelle de l'imaginaire colonial.

Des parallèles sont justement tentés entre le système colonial, tel que décrit par ces auteurs, et ce que vivent les gens dans les cités. Vous semblent-ils à propos ?

Ils sont un peu excessifs parce qu'il y a quand même des garde-fous, comme la présence du système scolaire ou des grandes institutions. Malgré les difficultés que rencontrent encore beaucoup de jeunes, un certain nombre cheminent peu à peu dans notre société. Ce n'est tout de même pas la situation coloniale avec des barrages très forts dans la promotion. Mais il y a un ressenti. Les stigmatisations dont sont victimes certains Français issus de l'immigration incitent à rappeler ce contexte antérieur. Quelque part, ils se remémorent la situation des colonies où la ville européenne et la ville indigène étaient séparées physiquement et symboliquement.

Propos recueillis par Benoît Hopquin

source

"Aimé Césaire", de Romuald Fonkoua

Tenter une biographie d'Aimé Césaire, c'est prendre le risque du naufrage. Le Martiniquais a superposé trop de vies pendant trop d'années. Poète, homme de théâtre, maire, député, voyageur, historien, il semble tantôt esprit suspendu, tantôt boule d'action. Comment se défaire de la gangue de vénération ou de détestation qui a entouré, les dernières années, le vieil homme ? Romuald Fonkoua a choisi l'humilité. Le rédacteur en chef de Présence africaine (revue cofondée par Aimé Césaire) dresse de Césaire un portrait à plat, ce qui ne veut pas dire plat. Il évoque l'esprit révolté mais n'élude pas son (bref) apparatchikisme stalinien. Il met en exergue le penseur universel, mais n'occulte pas totalement son clientélisme politique. Le livre fait forcément quelques impasses et a quelques prismes. Mais il restitue au final un portrait distancié et juste du "Nègre fondamental"

Aimé Césaire, de Romuald Fonkoua, Perrin, 384 p., 23 €.

Benoît Hopquin

source

mardi, avril 20, 2010

Haïti: Sa Contribution à la Lutte pour la Liberté dans le Monde

Jean Sénat Fleury,


http://www.jeansenatfleury.com/


"Haïti berceau de la lutte pour la liberté."

À l'occasion de la journée internationale de commémoration des victimes de l'esclavage et de la traite transatlantique des esclaves, l'Assemblée générale de l'ONU dans un hommage unanime à la première république noire et aux innombrables victimes de la traite négrière a salué la contribution énorme d'Haïti à la lutte pour la liberté dans le monde.

Le fait que la double révolution haïtienne –émancipation et abolition de l'esclavage- selon le professeur Anthony Bogues de la "Brown University" ait posé la question de la liberté, a conféré à ce mouvement une portée mondiale. Aucune autre révolution de cette période, ni l'américaine ni la française n'a posé cette question. Il faut donc cesser de voir Haïti comme une nation marginalisée de l'Occident et commencer à réaliser la contribution "historique" qu'il a apportée à la liberté humaine, élément central de l'édification du monde moderne.

La traite des esclaves et l'esclavage reste l'un des chapitres les plus horribles, brutaux et douloureux, non seulement de l'histoire de l'Afrique, mais de l'ensemble de l'humanité. Aussi, le fait qu'Haïti a réalisé la première révolution anti-esclavagiste dans le monde en chassant les Français de St-Domingue, cette révolution a détourné le coup de l'histoire. En effet, la victoire des troupes indigènes sur les troupes françaises à Vertières, a déjoué le plan de Napoléon Bonaparte dans son ambition d'occuper toute l'Amérique. Cette défaite de l'armée française composée d'un corps expéditionnaire mené par son beau-frère Charles Leclerc a été un coup fatal à l'empire français qui dispose à l'époque de la plus puissante armée au monde.

Ne disposant pas de moyens militaires suffisants en Amérique après la débâcle de ses troupes à Saint-Domingue, Napoléon a dû abandonner ses projets de reconstruction de l'empire français au Nouveau Monde, et le 11 avril 1803, quatre mois après la défaite de Rochambeau à Vertières, le ministre français du trésor, le marquis de Barbé-Marbois, propose à Livingston la vente de la Louisiane. Le 30 avril 1803, le traité est signé à Paris par Robert Livingston, James Monroe, Barbé Marbois et Michaël Ryan Toussaint. La France officiellement cède la possession de la Louisiane aux Américains et enterre du même coup le projet de conquérir l'Amérique.

Haïti, dès lors, isolée sur la scène internationale par des puissances impérialistes et esclavagistes et menacée par un retour éventuel des Français, n'a qu'un choix : Aider les autres pays de la région à se défaire des jougs de la colonisation. Le 6 janvier 1806, lorsque Ferrand s'avisa de publier un arrêté qui "autorisait les habitants de l'Est et les troupes sous ses orders à capturer tous les Haïtiens qu'ils pourraient rencontrer pour être vendus comme esclaves dans les îles de l'archipel ; Dessalines prépara à la hâte une expédition. Le 5 février, il rentra dans l'Est, et le 7 mars il met le siège devant la capitale Santo-Domingo.

En février 1806, sur l'ordre de Dessalines, Magloire Ambroise a reçu Francisco de Miranda (leader Sud-Américain qui a combattu pour libérer l'Amérique Latine contre le régime espagnol) et donna des munitions à Miranda et des hommes en renforts pour combattre les Espagnols. Le mois suivant, le 12 Mars 1806, le pavillon vénézuélien fut créé dans le port de Jacmel.

Aider à libérer des peuples de l'Amérique Latine

Pétion et Bolivar se rencontrèrent à Port-au-Prince. Aux Cayes, Bolivar reçoit des armes et des munitions ainsi qu'une importante somme d'argent pour reprendre la lutte en vue de libérer les pays de l'Amérique Latine. En promesse à cette offre, il promet d'abolir l'esclavage partout où il sort victorieux. Il commença par appliquer cette mesure sur lui-même. Il libéra les 1.500 esclaves qui travaillaient sur son vaste domaine de San Matheo, près de Caracas sans condition (Mars 1816). Mais quand il décréta la liberté générale, tous les propriétaires d'esclaves, y compris ses lieutenants, se dressèrent, mécontents, et l'abandonnèrent. Battu le 10 juillet 1816, Bolivar se réfugia à Jacmel. Il y resta 6 mois. De retour dans son pays avec le support moral et financier de Pétion, il remporta des victoires à Junin, à Ayacucho etc. et proclama l'indépendance de Venezuela, de la Colombie, de l'Équateur, du Pérou, de la Bolivie.

Conclusion

La participation de 6 soldats chasseurs volontaires venus de Saint-Domingue parmi lesquels Henry Christophe pour combattre à Savannah dans l'Est de Georgia pendant la guerre d'indépendance américaine (1776-1783) est un autre fait qui illustre que même avant son indépendance, le pays a toujours contribué à la lutte de l'émancipation des peuples dévoués à l'idéal de justice protestant contre l'inégalité et l'oppression de l'homme par l'homme. Ainsi, si la communauté internationale a décidé de supporter le projet de reconstruction d'Haïti après le tragique tremblement de terre du 12 janvier 2010, ce geste n'est qu'un remboursement fait à la première république noire pour sa contribution à la lutte pour la liberté dans le monde.

dimanche, avril 18, 2010

En visite à la ‘Maison des esclaves’ : La Gouverneure du Canada au bord des larmes


Le Gouverneure du Canada était hier au bord des larmes. Gagnée par l’émotion suite à l’exposé du conservateur de la ‘Maison des esclaves’ de Gorée qu’il a visitée, Mme Michaëlle Jean a oublié un instant son titre de Première Dame du Canada pour partager son sentiment sur la traite négrière dont elle est issue.

‘Ce n’est pas facile de trouver les mots. C’est la deuxième fois que je suis, de si près, confrontée à cette histoire de celui-ci, en sol africain. Elle m’a été contée au Château d’El Mina, au Ghana, en 2006. Ce que je pourrais vous dire de façon très personnelle, c’est que cet océan, cette partie de l’Atlantique, m’a toujours angoissée. Pourtant, j’adore les côtes mais face à la mer d’ici, je ressens un profond malaise, je suis terriblement angoissée. Je crois que c’est quelque chose qui est logé dans la mémoire et qui revient. C’est quelque chose qui ressemble à un legs douloureux, à un legs ancestral et qu’on n’arrive pas à nommer. C’est comme si on entendait des voix, c’est comme si on sentait des présences, c’est comme si ça nous capturait’. C’est par ces mots, teintés d’émotion, que la très Honorable Gouverneure du Canada s’est adressée, hier, à la presse après avoir visité la Maison des esclaves, sise à l’île de Gorée.

C’est une dame presque au bord des larmes, parce que gagnée par l’émotion suite à l’exposé du conservateur de ce lieu mythique, qui a tenu à partager son sentiment sur la traite négrière dont elle se dit issue. ‘Je ne peux pas imaginer ce que ça a été, cette traversée mais quelque chose, dans ma mémoire, me dit ce que ça a été’, lâche-t-elle en soupirant. Pour Mme Michaëlle Jean, certes tout cela est difficile à imaginer, mais ce qui est très fort, c’est que la vie triomphe, c’est que nous sommes vivants mais aussi, ‘c’est que nous soyons revenus ici après 350 ans de cette traite abominable et pouvoir se rencontrer et d’être ensemble’. La Gouverneure générale voudrait que l’on sache que cette histoire n’est pas uniquement celle des peuples noirs. Selon elle, ‘c’est l’histoire de toute l’humanité, c’est un chapitre qui nous appartient et qui nous concerne toutes et tous, peu importe que nous soyons de descendance africaine ou européenne, d’esclaves ou de maîtres’.

Le plus important pour elle, c’est que ‘nous sommes ensemble’ pour mener un combat contre toutes les atteintes à la dignité humaine, contre tous les trafics humains, aujourd’hui encore, contre toutes formes d’esclavage, contre toutes les dépossessions de la liberté. Mais elle reste convaincue que, dispersés, les combattants de ces causes justes ne pourront réussir. Ce combat, c’est ensemble que devons le mener. ‘C’est ça la force, c’est ça la leçon qu’il nous faut tirer, c’est ce que ça m’inspire quand je suis dans ces lieux’, dira-t-elle émue.

Aguibou KANE

Renaître ou Ressusciter : le vrai combat de l’homme noir


La renaissance africaine ne doit certainement pas signifier faire ressusciter le continent comme s’il avait rendu l’âme au cours de son existence pénible : ce serait mal lire les événements, les faits historiques qui ont incontestablement parsemé d’embûches sa marche jusqu’ici. La renaissance africaine ne doit certainement pas signifier faire ressusciter le continent comme s’il avait rendu l’âme au cours de son existence pénible : ce serait mal lire les événements, les faits historiques qui ont incontestablement parsemé d’embûches sa marche jusqu’ici.

L’esclavage et la colonisation nous ont laissés intacts, vierges dans la foi et dans l’espoir d’une liberté prochaine, de la liberté éternelle. Le Nègre a, depuis ces moments sombres, vaincu la pusillanimité, la veulerie, la lâcheté et la peur de la mort biologique. Sa docilité relative dans l’acceptation de sa condition d’esclave ou de colonisé s’appuyait sur un credo solide et une espérance sans faille dans un jour prochain, un jour fait d’éclairci et de Liberté. Cet aïeul qui a accepté de plier sans jamais rompre, espérait tout juste une revanche et un rétablissement de sa splendeur, source de son difficile et long combat.

Je suis convaincu que la renaissance africaine dépasse de loin le symbolisme des commémorations ou les commémorations symboliques que l’on continue de nous servir depuis près d’un siècle. Elle est plus qu’un monument (fût-ce-t-il le plus haut du monde), plus qu’une date (faste et grandiose inauguration du fade édifice sur les Mamelles en ce samedi 03 mars 2010), plus que des résolutions creuses à l’Union africaine, plus que les rêveries fallacieuses et félonnes des usurpateurs de l’histoire du continent, plus que les pérégrinations intellectuelles au seul service du culte de la personnalité et du goût avancé du gigantisme pharaonique.

L’heure de la rupture a sonné : une heure de profonde et courageuse rétrospective, socle inaltérable au sursaut, au réveil, à une nouvelle conscience noire qui ouvrent enfin l’ère des perspectives, des visions justes et bien planifiées au seul service d’une Afrique émergente.

Cette nouvelle vision, ce nouveau souffre, cette enjambée, doivent s’articuler autour d’un puissant courant intellectuel et culturel qui «rend l’Afrique à l’Africain» ; je parle bien entendu de ce citoyen Africain qui n’a jamais été sujet de Sa Majesté ou petit-fils du Gaulois.

L’heure du décollage a sonné : il est temps de retirer la joue droite alors que l’autre a fini de recevoir un soufflet. L’Afrique réclame résolument sa place, une réelle reviviscence dans le concert des Nations
Pour ce, il y a lieu de rendre encore plus visibles la voix du continent et la voie nègre du développement.

LA VOIX DU CONTINENT NOIR DANS LE MONDE NOUVEAU

Une voix au continent noir, c’est quand nous aurons droit à la parole. Mieux, que cette parole fasse un impact tangible à l’Onu et dans les grandes instances de décision du monde. C’est quand nous saurons dire non aux ingérences de toutes sortes : surtout au paternalisme du monde occidental qui sonne comme une nouvelle forme de colonialisme. C’est dire stop à l’immigration choisie qui nous dépeuple de notre élite intellectuelle et artistique comme jadis la Traite négrière l’avait faite avec nos bras les plus valeureux. C’est mettre un frein au déversement quotidien des déchets toxiques sur nos sols, à la détérioration de la couche d’ozone qui menace chaque jour un peu plus notre existence. C’est prendre la responsabilité de se soustraire au diktat du Fmi et de la Banque mondiale qui nous étranglent et nous étouffent sciemment. C’est faire bannir la discrimination raciale avec son lot de brimades, d’incompréhensions et de calomnies. C’est savoir faire front commun contre la détérioration des termes de l’échange dans le commerce mondial où la part de l’Afrique scotche à presque 1% malgré le poids de nos phénoménales ressources minières et halieutiques. C’est aussi savoir parler d’une seule et unique voix pour dire stop aux dérives égoïstes, monarchiques et totalitaires de nos décideurs actuels. C’est lutter efficacement contre la mal gouvernance, les détournements abusifs de deniers publics et contre la fuite des capitaux. C’est aussi arrêter le pillage systématique de nos ressources minières et halieutiques. C’est une Afrique sans rebelles (les rebelles des uns couvés et armés par les autres), sans pandémies et autres épidémies qui nous épouvantent le quotidien. C’est se battre contre l’avancée du désert et la déforestation sauvage (très souvent l’œuvre des compagnies de bois plus proches des chasseurs de primes). C’est encore un continent dépouillé à jamais du spectre des guerres tribales et ethniques qui rappellent cruellement le Moyen-Âge. C’est prendre résolument à cœur le cauchemar de l’érosion et de l’appauvrissement lancinant et progressif des sols cultivables. C’est vaincre pour toujours les inégalités sociales, l’analphabétisme, le manque de formation viable des ressources humaines, la famine cyclique et rotative et enfin le manque effrayant d’eau potable. Tous ces manquements au sillage d’une Afrique essoufflée, demandent des issues vigoureuses ; ils dépassent le folklore des commémorations, le symbolisme creux et abstrait des monuments érigés à l’occasion et l’appel usurpateur à une ethnomusicologie biaisée de sa substance originelle.

UNE VOIE AUTOCHTONE VERS L’EMERGENCE


Une voie africaine du développement ne constitue en rien une chimère : il suffit de nous approprier notre continent. En s’appuyant exclusivement sur nos valeurs séculaires, sur nos réalités quotidiennes et sur notre rythme de vie, la voie africaine du développement n’est ni extrapolation, ni psittacisme mais une réelle application de la pensée négro-africaine faite de partage et de solidarité et essentiellement tournée sur un authentique pari sur le génie de l’homme noir. Elle s’articulera naturellement sur nos aptitudes d’harmonie avec la nature ; en termes plus clairs sur les activités agricoles, halieutiques et forestières. Ces activités protégées de toutes sortes de bradage, permettront à moyen terme le décollage réel d’une industrialisation du continent.

La voie africaine du développement, c’est encore travailler à mieux corriger la balkanisation en donnant aux grands ensembles des contenus plus visibles, plus lisibles, plus vivants, plus viables. Bref, c’est faire le choix salutaire du renoncement aux frontières nationales pour l’Unité économique, monétaire et même politique du continent.

Comment un «scandale écologique» comme notre continent (tant ses richesses minières sont énormes) peut-il se permettre de vivre dans ce dénuement absurde ? La famine avait-elle sa place sur nos immenses terres sillonnées de toutes parts par des fleuves, lacs et autres glaciers ? Nos coquasses réserves naturelles, nos sites historiques authentiques et célestes nous ont-ils servi à attirer les retombées du tourisme mondial ? Qu’avons-nous fait du pétrole, du diamant, de l’or, de l’uranium, de la bauxite, des phosphates et autres mines du sous-sol continental ? De la réponse courageuse à ces questions naîtra une voie africaine du développement : une voie qui partira de nous mêmes pour arriver à nous. S’approprier le continent ne signifie en rien un renferment sur soi ; il permettra plutôt aux Africains que nous sommes de répondre convenablement à l’appel du village planétaire (globalisation et mondialisation) et à la civilisation du donner et du recevoir. Jusqu’ici, qu’avons-nous proposé aux autres hormis le fait de tendre la main ?

La renaissance africaine passera forcément par l’action pour relever ces défis ; des actions concertées, réfléchies, mûries et renouvelées qui nous confèreront sans aucun doute une place honorable sur l’échiquier de la géopolitique mondiale. Penser au symbolisme abstrait des monuments et des commémorations inutiles et dépensiers de nos maigres deniers publics dans ces moments solennels, c’est trahir la cause africaine, c’est réduire l’émergence du continent au stade de rêve inaccessible et de désir inassouvi. Et pourtant, elle est possible cette renaissance dont on parle. Il suffit de se battre jusqu’au dernier souffle contre ces pseudos intellectuels et hommes de culture en mal d’inspiration qui ont choisi de brader l’halo de l’Homme nègre, l’ancêtre de l’humanité pour l’avoir sacrifié à des privilèges au cénacle des paraplégiques de la cause africaine.

Africains d’ici et de la diaspora, battons-nous convenablement et à l’unisson pour !
Amadou FALL - Dexc/Ide de Guinguinéo - Un défenseur de la Nation de la République /

jeudi, avril 15, 2010

L’affaire de l’esclave Furcy


« Le 16 mars 2005, les archives concernant "L’affaire de l’esclave Furcy" étaient mises aux enchères, à l’hôtel Drouot. Elles relataient le plus long procès jamais intenté par un esclave à son maître, trente ans avant l’abolition de 1848. Cette centaine de documents – des lettres manuscrites, des comptes rendus d’audience, des plaidories – illustrait une période cruciale de l’Histoire.

Les archives révélaient un récit extraordinaire : celui de Furcy, un esclave âgé de trente et un ans, qui, un jour d’octobre 1817, dans l’île de la Réunion que l’on appelle alors île Bourbon, décida de se rendre au tribunal d’instance de Saint-Denis pour exiger sa liberté.

Après de multiples rebondissements, ce procès, qui a duré vingt-sept ans, a trouvé son dénouement le samedi 23 décembre 1843, à Paris. Malgré un dossier volumineux, et des années de procédures, on ne sait presque rien de Furcy, il n’a laissé aucune trace, ou si peu. J’ai éprouvé le désir – le désir fort, impérieux – de le retrouver et de le comprendre. De l’imaginer aussi. » Mohammed Aïssaoui.

Né en 1964 en Algérie, Mohamed Aissaoui, après des études de sciences politiques à Paris, est journaliste au Figaro depuis janvier 2001, spécialisé en littérature française et francophone au sein du supplément Le Figaro Littéraire. Il tient également une chronique littéraire sur Direct8. Il est notamment l’auteur d’une anthologie sur les écrivains et la ville d’Alger, Le Goût d’Alger (Mercure de France, 2006).

Source

Marie-Jean-Antoine Nicolas de Caritat, Marquis de Condorcet - 1743-1794 (France)


Politicien, mathématicien et philosophe des Lumières, défenseur des droits de l’Homme, Condorcet dénonce l’esclavage comme « un crime contre l’espèce humaine » et rédige un projet concret d’abolition.

En 1774, il écrit à propos de l’esclavage : « Si nous ne pouvons manger du sucre qu’à ce prix, [il faudra pourtant savoir renoncer à] une denrée souillée du sang de nos frères ».

En 1774, il essaie d’obtenir de son ami Turgot, nommé ministre de la Marine, l’abolition du Code Noir. En 1781, il consacre un livre entier à cette question, “Réflexions sur l’Esclavage des Nègres”, publié en Suisse sous le pseudonyme de Joachim Schwartz (“Schwartz” signifie “noir” en allemand…). Il y écrit : « Réduire un homme en esclavage, l’acheter, le vendre, le retenir dans la servitude ; ce sont de véritables crimes […]. L’excuse alléguée est d’autant moins légitime que c’est au contraire l’infâme commerce des brigands d’Europe qui fait naître entre les Africains des guerres presque continuelles ».

En 1788, il rejoint la Société des Amis des Noirs, fondée par Brissot, dont il prendra rapidement la présidence. En 1791, il est élu à l’Assemblée législative et en 1792 à la Convention.

Accusé le 3 octobre 1793 d’avoir osé critiquer le projet de Constitution présenté par Hérault de Séchelles, il se cache pendant cinq mois dans la maison de Mme Vernet, rue Servandoni, à Paris. Condorcet quitte son refuge le 25 mars 1794. Arrêté à Clamart le 27, il sera retrouvé mort deux jours plus tard dans sa cellule de prison à Bourg-la-Reine.

Quobna Ottobah Cugoano - 1757- 1801 (Angleterre)


Né en 1757 au sein du peuple Fante dans le Ghana actuel, Quobna Ottobah Cugoano est kidnappé enfant et est vendu comme esclave.

Transporté aux Antilles, il travaille dans des plantations à la Grenade avant de partir pour l’Angleterre avec son maître, Lord Hoth, qui l’émancipe.

Il se fait baptiser afin de ne pas être remis en esclavage et entre au service de Richard Cosway, premier peintre du prince de Galles. Très vite, il se fait le porte-parole de l’anti-esclavagisme.

En 1786, avec le soutien de Granville Sharp, il aide à sauver Henry Demane, en passe d’être renvoyé comme esclave aux colonies.

L’année suivante, en 1787, il publie ses “Réflexions sur la traite et l’esclavage des Nègres”. Il s’agit de l’un des premiers écrits africains à atteindre un lectorat européen.

Son livre est à la fois une autobiographie et un manifeste politique, dans lequel il condamne la violence des razzias, les traitements inhumains à bord des navires et aux plantations, et accuse tous les Britanniques d’être complices de l’oppression des Africains, tant qu’ils ne s’insurgent pas contre la traite et l’esclavage.

Cugoano est le premier Africain à avoir publiquement réclamé en Europe par ses écrits l’abolition de la traite et de l’esclavage.

Jean-Jacques Dessalines - 1758-1806 (Saint-Domingue-Haïti)


En octobre 1802, il organise la mutinerie de l’armée de Saint-Domingue contre l’ordre bonapartiste de rétablir l’esclavage. À la suite de l’arrestation de Toussaint Louverture, il prend la tête du combat. Il finit par l’emporter sur les troupes napoléoniennes à la bataille de Vertières le 18 novembre 1803 et proclame, le 1er janvier 1804, l’indépendance d’Haïti.

Jean-Jacques Dessalines naît esclave à Cormiers, non loin du Cap.

Esclave d’un colon “blanc”, Henri Duclos, propriétaire d’une caféière, il est acheté, tout jeune encore, par Dessalines, un “noir” libre qui lui donne son nom.

En octobre 1802, il organise la mutinerie de l’armée de Saint-Domingue contre l’ordre bonapartiste de rétablir l’esclavage. À la suite de l’arrestation de Toussaint Louverture, il prend la tête du combat. Il finit par l’emporter sur les troupes napoléoniennes à la bataille de Vertières le 18 novembre 1803 et proclame, le 1er janvier 1804, l’indépendance d’Haïti.

Les lieutenants de Dessalines le proclament gouverneur général à vie de l’île d’Haïti. Ils jurent d’obéir aux lois émanées de son autorité, lui donnent le droit de faire la paix et la guerre, et de nommer son successeur.

L’hymne national d’Haïti, “La Dessalinienne”, est nommé en son honneur, de même que la ville et l’arrondissement de Dessalines.

Bordeaux : le nom des rues de négriers débaptisé


Le mercredi 7 avril, une quinzaine de membres du collectif "Débaptisons les rues de négriers" ont organisé leur première action en renommant symboliquement les 25 rues de Bordeaux portant le nom de négriers.

Ils se sont réunis Place de la Victoire à 14h afin d’apposer, en parallèle des noms qu’ils désiraient mettre en évidence, des autocollants portant le nom d’abolitionnistes, d’indépendantistes ou d’esclaves résistants célèbres. Ils espèraient ainsi, par pression médiatique et sensibilisation de l’opinion publique, inciter la Mairie de Bordeaux à s’engager dans le dialogue sur le devoir de Mémoire, jusqu’alors refusé par Alain Juppé. L’action s’est bien passée, la totalité des rues concernées ayant été rebaptisée.

Par la loi Taubira du 10 mai 2001, la France a qualifié la traite des noirs et l’esclavage de « crimes contre l’Humanité ». La ville de Bordeaux, deuxième port négrier de France, continue d’honorer des personnalités ayant participé à ce commerce de l’Humain. En reconnaissant son histoire, la municipalité pourrait entreprendre la réparation morale attendue. Cette idée semble cependant saugrenue à Alain Juppé qui y répond dans la presse en ces termes : « C’est absurde…. Quand va s’arrêter la repentance ? ».

Lionel, membre du collectif, explique : « Si le collectif "Débaptisons les rues de négriers" est obligé aujourd’hui de rebaptiser ces rues, c’est parce que la mairie est restée insensible aux pétitions et interpellations de l’association Diverscités, en refusant tout dialogue. Des maires comme ceux de Nantes, La Rochelle ou Le Havre, ont quant à eux, été réceptifs, à ces démarches en réagissant par la pose de plaques explicatives sur la participation historique à l’esclavage des personnages nommés. Forts de ces exemples, nous espérons par notre action, relancer le dialogue avec la mairie et proposer la pose de plaques similaires dans les rues désignées. Ceci permettrait de réconcilier Bordeaux avec son Histoire concernant la traite des Noirs. »

Lionel 06.68.75.58.84 - Collectif « Débaptisons les rues de Négriers » E-mail : debaptisonslesruesdenegriers@hotmail.fr

lundi, avril 12, 2010

Donner à la mémoire de la traite toute sa place dans le récit national

Karfa Diallo, président de la fondation diverscités, et Lionel Jensac, membre du collectif débaptisons les rues de négriers

Pourquoi débaptiser les noms de rues des négriers ?

« J’appelle négrier, non seulement le capitaine de navire qui vole, achète, enchaîne et vend des hommes noirs… qui même les jette à la mer, mais encore tout individu qui, par une coopération directe ou indirecte, est complice de ces crimes. » Abbé Grégoire, Des peines infamantes à infliger aux négriers.

Le 23 août dernier (Journée internationale du souvenir de la traite des Noirs de l’Unesco), DiversCités, la Fondation européenne du Mémorial de la traite des Noirs lançaient la campagne nationale Débaptiser les rues de négriers, à Bordeaux, Nantes, La Rochelle, Le Havre et Marseille. Ces villes abritent, en effet, des rues et places qui continuent d’honorer des personnalités qui se sont illustrées dans l’armement de navires, l’achat, la vente et la mise en esclavage d’êtres humains pendant la période du commerce triangulaire.

Déclarée crime contre l’humanité par la conférence internationale de Durban en 2001, par la France avec la loi Taubira et récemment par le Sénégal le 23 mars 2010, la traite des Noirs est la seule entreprise criminelle de cette envergure pour laquelle il n’y a ni châtiment ni réparation.

Cette reconnaissance des enjeux de la mémoire est nécessaire en termes de citoyenneté, de lutte contre l’oubli et les discriminations, mais aussi de combat contre toutes les formes d’esclavage moderne. Elle exprime ici la volonté de vigilance et d’engagement. Alors, pourquoi débaptiser les rues de négriers  ?

Pour l’écrivain martiniquais Patrick Chamoiseau  : « Pour moi, il est évident qu’il faut débaptiser les rues de Bordeaux, de Nantes, de La Rochelle et du Havre qui portent le nom de négriers. Les choix de noms pour les rues sont de nature emblématique, voire symbolique. C’est un maillage de petites célébrations qui est censé conforter les valeurs les plus fondamentales de la nation. Quand on a compris cela, l’insupportable surgit alors… »

La révélation de cet héritage urbain très encombrant pour la plupart des anciens ports négriers a eu un accueil différent selon les villes. Ainsi à Nantes, le maire, Jean-Marc Ayrault, a répondu rapidement à la demande de DiversCités en envisageant la pose de plaques explicatives pour préserver cette mémoire. Cependant, à Bordeaux l’amnésie demeure dans la cité qui honore actuellement le plus d’armateurs (évalués à 25) et où, au mépris du dialogue espéré, Alain Juppé déclare  : « C’est absurde… quand va s’arrêter la repentance  ? »

En réponse à cela, un collectif indépendant s’est formé dans la lignée des actions de DiversCités. Il a choisi comme nom Débaptisons les rues de négriers pour interpeller l’opinion publique. Son but n’étant pas de supprimer le passé mais bien d’aider à la réparation morale en proposant la pose de plaques explicatives dans les rues désignées. Le mercredi 7 avril, les membres du collectif organiseront leur première action. Ils se réuniront place de la Victoire à Bordeaux à 14 heures afin d’apposer, en parallèle des noms qu’ils désirent mettre en évidence, des autocollants portant le nom d’abolitionnistes célèbres. Par cette action directe non violente médiatisée, ils espèrent sensibiliser l’opinion publique et inciter la municipalité de Bordeaux à s’engager dans le débat sur la reconnaissance de l’histoire de la ville.

Dans notre démocratie représentative, lorsqu’il y a refus catégorique de dialogue de la part des élus vis-à-vis de leurs électeurs, l’action directe des citoyens devient légitime pour faire appliquer le devoir de mémoire qui nous incombe à tous, estiment les membres du collectif. Cette mobilisation, qui n’est pas une entreprise de victimisation ou de diabolisation, est déterminée à donner à la mémoire de la traite des Noirs toute sa place dans le récit national.

(1) debaptisonslesruesdenegriers@hotmail.fr

Sainte-Rose, la ville natale d'Alexandre Privat d'Anglemont

Par Bernard Vassor

"J'ai planté ma tente sur les bords de la Seine; je veux mourir au milieu de ce peuple français que j'aime tant"


Alexandre Privat d'Anglemont, né d'une famille de couleur, riche et considérée.
............

Comme Sébastien Mercier, Privat
héritier de Pierre Gringoire et de François Villon
a écrit des livres avec ses jambes.
Alfred Delvau
J'ajouterai noctambule comme
Restif de la Bretonne


Chaque fois que j'entends le nom de Sainte-Rose qui est aujourd'hui dans l'actualité, je ne peux m'empêcher de penser à ce personnage oublié de l'histoire, même des Sainte-Rosiens.
J'avais il y a quelques années recherché sa sépulture au cimetière Montmartre où son corps avait été déposé lors de ses funérailles le 19 juillet 1859.Au cimetière, à la Conservation, nulle trace de notre historien des bas-fonds et des petits métiers de Paris, l'ami de Baudelaire, de Balzac, Dumas etc.. (article Privat s'embête) . Après beaucoup d'insistance, et grâce à la gentillesse d'une employée du cimetière, nous avons appris que le corps, après avoir été déposé, avait été repris par la famille de Privat, et transporté pour être inhumé à Sainte-Rose en Guadeloupe.
Voici ce qu'en dit son ami Alfred Delvau :
"Où est-il né ? De qui est-il né ?
Il est né dans le coin le plus poétique de la plus poétique des Antilles, il y a quarante ans de cela
"
Delvau pose la question sur ses origines, mais préfère ne pas y répondre.

Victor Cochinat, magnifique photo de Gustave Le Gray ....... Son ami Victor Cochinat,Guadeloupéen comme Pivat, a beaucoup moins de retenue, il précise : "Alexandre Privat d'Anglemont naquit à Sainte-Rose, village situé à la Guadeloupe, colonie française, vers l'an mil huit cent quinze, d'une famille de couleur riche et considérée."Ayant perdu son père et sa mère, il resta sous la tuelle de son frère aïné, qui gérait alors une sucrerie, laissée à Sainte-Rose par le chef de famille. Ce frère qui tenait lieu de père selon l'usage des familles aisées de l'île, l'envoya à Paris, afin que l'enfant reçut une éducation purement française. Alexandre fut placé au collège HenriIV, et, après l'achèvement de ses humanités, prit des inscriptions à l'Ecole de médecine. Mais la fréquentation des artistes et de la bohème, fit que la faculté ne le retint pas longtemps sur les bancs de l'amphithéâtre" Lancé dans le monde interlope des cabarets, des cénacles, des asiles de nuit quand il ne lui restait plus un sou quand il avait dépensé la pension mensuelle que son frère lui faisait parvenir. Il fréquentait tantôt Victor Hugo et la fine fleur des lettres françaises, puis le lendemain, les cabarets louches des halles fréquentés par des voleurs et des souteneurs. Obligé par son frère, il dût se rendre à Pointe-a-Pitre pour signer chez un notaire un compte de tutelle. Alexandre le signa, et rembarqua le lendemain à bord du "paket" à voile qui retournait en Angleterre. Il était resté en tout 23 heures à la Guadeloupe. Revenu à Paris il continua son existence où la pauvreté succédait à l'opulence. Il écrivait et donnnait des vers dans des journaux aussi différents que "Le Corsaire", "le Mousquetaire d'Alexandre Dumas", le "Paris" du marquis de Villedeuil en compagnie des frères Goncourt" à "La Revue de Paris", au "Figaro" et bien d'autres comme le grand journal "Le Siècle"! Il a succombé à la Maison de Santé Dubois, rue du faubourg Saint Denis des suites d'une "phtisie pulmonaire"le mercredi 18 juillet 1859. Une foule d'écrivains et d'artistes suivirent le cortège funèbre selon ses recommandations expresses, de la rue du faubourg Saint-Denis au cimetière Montmartre. Parmi ceux-ci, Henry Murger, qui lui aussi fit exactement le même parcours dans les même conditions, quelques temps plus tard.


source

vendredi, avril 09, 2010

La réalité de Gorée dans la traite des esclaves : réponse à l'article L’Ile de Gorée: Île mémoire ou Île de la honte de l’Afrique ?



Le problème est que d'après les historiens Curtin (noir américain) , Abdoulaye Camara (Sénégalais) et quelques autres l'île n'est pas le lieux de départ des 15 ou 20 millions de victimes; entre 900 et 1500 personnes sont partis de Gorée, 3000 sont passés sur des navires déroutés sans être débarqués ce n'est donc pas l'île du départ mais un point mineur parmi d'autres. Saint Louis du Sénégal (fleuve Sénégal)a vu partir 75 000 victimes par la traite occidentale et la gambie (fleuve gambie 115 000); le Sénégal représentait 5% de la traite et ne faisait pas partie sur les cartes de l'époque de la côte dite "des esclaves".
Beaucoup de Sénégalais ont été débarqués aux Antilles et en Louisiane.

Ce monsieur Camerounais qui n'est pas historien aurait du mieux regarder sur internet, il y a pourtant des informations sur la chute de la place centrale de Gorée dans le discours historique.

Les sources sont toutes vérifiables à partir des archives détenues par la Bibliothèque Nationale de France, et les registres des navires de Bordeaux, Mantes, Brest le sont aux archives départemental mais le plus simple est d'acheter le livre de Curtin qui date déjà de 15 ans.

Il y a aussi Wikipedia

Les causses de la chute du mythe de Gorée :
- la reprise en main de l'histoire de la traite par des historiens noirs américains qui ont produits de nombreuses études "sérieuses"

- la révolte de certains enseignants historiens sénégalais qui ont dénonçaient le canular de la maison des esclaves de Gorée et leurs collègues qui bénéficiaient de subventions diverses et de stages rémunérés en occidents grâce à l'impact de cette mythologie goréenne.

L''historien qui a dénoncé est Abdoulaye Camara de l'Université Cheikh Anta Diop cela a provoqué un article dans le Monde, il y a quelques années

- le Gouvernement sénégalais qui a interdit en 2008 que l'on fasse mention de cette histoire dans tout les documents officiels car un tel mensonge pouvait nuire gravement à l'image du Sénégal et à ses relations avec la diaspora.

- moi même qui est dénoncé l'arnaque est qui tente depuis deux années de faire connaitre le lieu où se trouvait les vraies "petites" captiverie de Gorée. Afin de mettre en place un circuit de mémoire respectable des pèlerins si les TO black américain ont a nouveau confiance un jour. Il s'agirait d'indiquer les vraies lieux, les vraies quantités et aussi qui faisait quoi; ce dernier critères ayant crispé certains je ne suis plus très sur de le garder.

La disparition programmée du mythe :
La volonté de la Mairie et de l'état Sénégalais est maintenant de se sortir du merdier dans lequel Joseph Ndiaye les a mis en changeant le discours en "la maison est symbolique" au lieu de "30 millions de gens sont partis d'ici" puis d'attendre que la route des esclaves de l'UNESCO soit mise en place pour laisser le temps faire oublier cette maison.

Je trouve qu'il passe d'un extrême à l'autre, c'est la raison pour laquelle j'ai proposer la mise en valeur des vraies lieux de mémoires comme je l'ai dit plus haut mais cela impliquerait qu'ils reconnaissent que Joseph Ndiaye à raconter pas mal de bêtises et surtout que ceux qui l'encourageaient ont menti pour le pognon.

Leurs démarches est chaotique avec d'un côté l'état qui ne veut plus entendre parler de cette histoire, de l'autre le Maire Augustin Senghor qui veut défendre l'image posthume de son ami Joseph Ndiaye et enfin l'assistant de Joseph Ndiaye dit "Coly" qui veut continuer à gagner sa croûte dans la maison en question, mais sans les pélerins antillais ou noirs américains qui ne viennent plus en groupe TO.

Alors qu'à cela ne tienne il reste les "blancs" qui eux se moquent de l'exactitude du discours est sont surtout là pour voir cette célèbre maison mais même cela commence de plus en plus à polémiquer quand ils visitent le lieu et je ne parle même pas du harcellement permanent des visiteurs par des pseudo-guides qui racontent n'importe quoi.

La stratégie de sortie de crise qu'ils ont élaboré va finir par dégoûter beaucoup de gens et nuire à la mise en place d'un tourisme de mémoire honnête sûr cette île si ils continuent ainsi.

Pour savoir presque tout :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Maison_des_Esclaves

Jean Luc Angrand

Le Collectif Paca pour la Mémoire de l’Esclavage vous propose une conférence/débat – 24 avril, Marseille

Le Collectif Paca pour la Mémoire de l’Esclavage vous propose une conférence/débat

Samedi 24 avril 2010 à 15h00

PROGRAMME

1ère partie
« Marseille et la traite négrière aux XVIIe et XVIIIe siècles »
avec Gilbert Buti, maître de conférence, professeur d’Histoire Moderne à l’Université de Provence

2ème partie
« La traite vers les Mascareignes : genèse d’une société esclavagiste, l’île Bourbon »
avec Audrey Carotenuto, docteur en Histoire, ATER, IUFM-Université de Provence, CEMAF

Modérateur : Jean-Marc Masseaut, rédacteur en chef des Cahiers des Anneaux de la Mémoire.

La conférence / débat sera suivie d’un apéritif

Cité des Associations
93, la Canebière
13001 Marseille

Entrée libre et gratuite
Renseignements : 06 27 30 64 89

L’Ile de Gorée: Île mémoire ou Île de la honte de l’Afrique ?


Au cours du mois de février cette année, nous avons dans le cadre de nos activités professionnelles visité l’île de Gorée avec un groupe de séminaristes. Cette dernière visite, contrairement à une première effectuée il y a quelques années, nous a laissé un goût très amer ! L’île a en effet beaucoup changé ; c’est désormais l’aspect touristique qui est mis en exergue au détriment du mémorial !
Le premier choc que nous avons eu dès notre débarquement sur l’île, fut le fait que nous avons été interpellés par les agents de la Commune d’Arrondissement de Gorée qui nous réclamaient le payement d’une somme de 500 Cfa. A notre question de savoir pourquoi il fallait s’acquitter de cette somme, il nous fut répondu que l’UNESCO ne subventionnait plus l’entretien de l’île et que c’était désormais la responsabilité de la Commune qui n’avait pas les moyens nécessaires, raison pour laquelle elle percevait cette «taxe». Nous nous sommes exécutés, convaincus que nous participions de ce fait à l’entretien d’un lieu de la mémoire africaine. Nous avons ensuite été envahis par la multitude de «guides officiels», chacun présentant son badge et prétendant être le meilleur guide de l’île. A côté de ces «guides officiels», nous avons aussi été littéralement «agressés» par une nuée de vendeurs ambulants proposant toutes sortes de souvenirs ou d’objets d’artisanat. Nous nous débarrassons tant bien que mal de ces femmes et hommes de tous âges, et nôtre «guide officiel» peut enfin nous conduire vers la «Maison des Esclaves».


A notre grande surprise, nous n’avons pas le droit d’y entrer, car devant la porte, un gardien veille, qui ne laisse passer que ceux qui s’acquittent d’un droit d’entrée de 500Cfa ! Devant notre indignation et nos protestations du fait que nous avons déjà payé le droit de visiter l’île et avons déjà un guide, un monsieur d’une trentaine d’années s’approche et nous explique calmement que la somme que nous avons déboursée à l’entrée de l’île revenait à la Commune, alors que lui réclamait la somme qui revenait de droit au Ministère de la Culture du Sénégal, responsable de la gestion de la «Maison des Esclaves» ! Nous sommes vraiment énervés et dénonçons l’arnaque, mais que pouvons nous faire ? Quitter l’île sans visiter la «Maison des Esclaves» est inimaginable pour tout visiteur de l’île de Gorée ! Nous nous exécutons, c'est-à-dire nous payons malgré nous une fois de plus!
Une trentaine de personnes (surtout des touristes occidentaux), sont présentes dans la «Maison des Esclaves». Le «représentant» du ministère de la culture raconte l’histoire de cette maison au pas de course. En moins de vingt minutes (traduction anglaise comprise !), il a terminé et nous sommes priés de faire rapidement des photos avant de quitter le lieu !

Après cette «visite», nous sommes si irrités que nous n’avons plus besoin de visiter quoi que ce soit, puisque le même stratagème se répète presque partout sur l’île (sauf à l’Eglise Saint Charles Boromée, où après la visite une contribution libre et volontaire est suggérée). Il faut payer un droit d’entrée pour visiter le Musée Historique, le centre socioculturel et le Théâtre ! De l’avis de plusieurs personnes faisant partie de notre délégation, l’île de Gorée a vraiment changé et a surtout perdu de son sens ! Un enseignant ayant visité le Musée Mémorial de la Shoah aux Etats Unis nous dit par exemple que la contrition et le recueillement que l’on y ressent ne sont pas perceptibles à Gorée. Nous nous souvenons de notre propre visite d’un ancien camp de concentration au nord de l’Allemagne. L’ambiance y est vraiment différente ! Ce qui se passe aujourd’hui à Gorée dénature le sens même que l’Afrique veut donner à la traite des Noirs en général. Pour nous, il s’agit d’une profanation d’un haut lieu de la mémoire africaine ! L’Afrique ne peut pas demander à cors et à cris que l’esclavage soit reconnu «crime contre l’humanité» , et ne pas respecter la scène du crime qu’elle dénonce !
Nous avons en effet constaté, comme dit plus haut, que le tourisme avait pris le dessus sur le mémorial ! La Commune d’Arrondissement de Gorée par exemple met en exergue l’aspect touristique au détriment du mémorial. Dans le prospectus qu’elle distribue aux visiteurs, rien n’est dit sur la souffrance de millions d’Africains qui ont été emportés vers les Amériques de cette île.

La raison de ce changement repose peut-être sur le fait que Boubacar Joseph Ndiaye, l’ancien conservateur de la «Maison des Esclaves» de 1964 à 2004, n’existe plus ! Le pauvre est en effet décédé le 6 février 2009 à Dakar. Ce dernier savait en effet avec sa verve révoltée faire «revivre la capture des futurs esclaves, leur vente sur les marchés, leur détention et leur transport dans des conditions épouvantables, puis leur vie dans les plantations américaines» aux visiteurs. Contrairement à Ndiaye, le «représentant» du Ministère de la Culture met de l’humour dans son récit de l’histoire de la «Maison des Esclaves» (qui soit dit en passant, ne contient aucun objet rappelant le passage ou les souffrances de ceux qui y ont séjournés !!!). Il termine son propos en ces termes: «Les Africains qui ont été déportés vers les Etats Unis étaient des Yorubas du Nigéria, des hommes très forts physiquement, raison pour laquelle tous les grands sportifs américains sont des Afro-Américains» ! La réaction qu’il escomptait survient, car tout le monde (ou presque) rit et certains applaudissent !!!

Lorsque l’on va sur le moteur de recherche Google, l’on trouve environ 74.000 articles relatifs à l’île de Gorée. La majorité de ces sites internet font plutôt la propagande de l’île sur le plan touristique: Sur l’un de ces sites, l’on peut lire que l’île de Gorée «se caractérise par une architecture parfaitement homogène, et, si ce n'étaient les dizaines d'enfants noirs jouant dans ses rues ainsi que les baobabs et bougainvillées poussant un peu partout, le visiteur se croirait plus facilement dans un village provençal».
Très peu font référence à l’esclavage et au drame humain qui ont eu lieu à Gorée. Certains parmi eux mettent même en doute la vérité historique de la traite négrière. Le site cité plus haut déclare sans se gêner que: «les explications données lors de la visite guidée ne semblent pas étayées par quelque document, quant à la "porte du voyage sans retour", on peut réellement douter de l'usage que les commentaires officiels lui attribuent. Effectivement… on a du mal à imaginer que les esclaves auraient été évacués par cette porte vers les bateaux les emportant outre-Atlantique.... alors qu' il aurait été tellement plus facile d'utiliser le chemin menant au port .... La Maison dite "des Esclaves" devrait donc plutôt être considérée comme un triste symbole de la traite négrière, ce que devrait également être l'île. Cela permettrait d'ailleurs d'évoquer la traite musulmane à destination des marchés nord-africains et arabes ainsi que la traite inter-africaine - chacune de ces traites ayant permis de déporter plus d'africains que la traite transatlantique» !
Un article du journal «Le Monde» prétend pour sa part que: «les historiens ont montré, dans les années 1990, que le bâtiment ocre n’était pas l’«esclaverie» que présentait Joseph Ndiaye aux visiteurs, mais une demeure où avaient été employées des esclaves à des tâches domestiques. Ils ont établis que l’île de Gorée avait joué un rôle mineur dans le commerce triangulaire». Malheureusement, l’auteur ne cite pas les «historiens» auxquels il fait allusion.
Voilà ce que le visiteur trouve sur des sites internet qui invitent à visiter l’île de Gorée. Ces sites mettent en doute l’historicité de ce qui est considéré par Joseph Ndiaye comme: l’«un des plus grands génocides que l'humanité ait jamais connus». De manière subtile, ces sites font tout pour détourner l’attention du prochain visiteur de l’île et de ce fait relativisent le drame de la traite transatlantique. Il s’agit là en réalité d’un négationnisme qui ne dit pas son nom !

Le site de l’UNESCO lui se démarque nettement des autres par la déclaration de son Président Koïchiro Matsuura qui affirme que l’île de Gorée est: «ce centre historique du commerce triangulaire [d’où] des dizaines de millions d'hommes, de femmes et d'enfants ont été déportés vers le Nouveau Monde… [Pour l’UNESCO en effet], l'île de Gorée perpétue le souvenir d'une tragédie trop longtemps occultée».
C’est en effet ce que cette île doit être, un lieu de mémoire, qui impose un «devoir de mémoire», c’est à dire qui nous invite à nous souvenir constamment de ce qui s’y est passé, rendre hommage à ceux qui y ont séjournés et commémorer les millions de morts. Le «devoir de mémoire» exige par la même occasion que toute tentative pernicieuse de nier l’évidence de la traite négrière et ses conséquences pour le continent soient repérée et combattue !

Nous voulons par cet article interpeller l’Afrique tout entière sur ce qui se passe aujourd’hui sur l’île de Gorée ! Loin de nous l’idée de vouloir accabler le gouvernement sénégalais. Le drame de l’esclavage concerne toute l’Afrique et tous les Africains. L’Union Africaine devrait se préoccuper de ce qui se passe aujourd’hui à Gorée, symbole de la traite négrière ! Les intellectuels africains établissent souvent des parallèles entre la traite et l’holocauste. L’on estime en Afrique que l’on accorde plus d’importance à la déportation des juifs qu’au drame de l’esclavage ! Cela est peut-être vrai, mais il faut dire que c’est d’abord et avant tout parce que les juifs eux-mêmes prennent le drame dont ils ont soufferts au sérieux ! Peut-on en dire autant pour les Africains ? L’on reproche souvent (à tort selon nous), aux juifs d’avoir un lobby. Pourquoi les Africains n’auraient-ils pas aussi leur lobby ? Combien de personnes d’origine africaine vivent aujourd’hui de par le monde ? Pourquoi ne pouvons-nous pas créer à l’image du «Centre d’Etude de la Shoah», un «Centre d’Etude de l’Esclavage et de la Traite Négrière», qui aura pour but de faire des recherches sur l’esclavage et ses conséquences ? Il faut avouer que jusqu’ici une estimation officielle du nombre d’esclaves déportés n’est pas disponible. Les chiffres varient entre 12 à 20 , 20 à 100 millions, voire 600 millions à 1 milliard d’esclaves déportés d’Afrique ! Le drame de l’esclavage n’est pas crédible lorsque l’on a des chiffres qui divergent de la sorte. L’existence d’un centre de recherche sur l’esclavage et la traite négrière servirait par exemple (entre autres), à officialiser et à crédibiliser toutes les recherches qui existent sur la question ! Pour parvenir à la création d’un tel centre, il faut d’abord et avant tout une volonté politique africaine, qui posera les fondements d’un engagement plus large de toute la diaspora africaine disséminée dans le monde. Si les états africains attendent que se soient d’autres qui le fassent à leur place, alors ils attendront longtemps ! Si l’UNESCO ne subventionne plus Gorée, pourquoi les états africains ne prennent-ils pas le relais ? Pour terminer, nous vous invitons à méditer sur ces propos: «Quand un peuple nie son histoire ou refuse de l’assumer, on assiste à une sorte de lâcheté morale, parce qu’une génération qui a hérité des fruits d’une autre préfère jouer à l’autruche».

Par le Rev. Dr. Samuel Désiré JOHNSON, Secrétaire Exécutif de la Cevaa, Chercheur Associé à l'Institut protestant de théologie de Montpellier

jeudi, avril 08, 2010

Chronologie de Haïti (1492-2010)


1492: Christophe Colomb découvre l'île d'Hispaniola (Saint Domingue). Les populations natives de l'île sont décimées.

1697: le développement de l'industrie sucrière est à l'origine de "l'importation" de près de 500 000 esclaves africains. Le traité de Ryswick avalise l'occupation par la France de la partie ouest de l'île.

1789-91: insurrections d'esclaves dirigées par Toussaint Louverture.

1794: abolition de l'esclavage dans les colonies françaises par la Convention.

1795: l'Espagne cède à la France la partie est de l'île (traité de Bâle).

1801: Toussaint Louverture est proclamé gouverneur général de Saint Domingue. Il instaure un régime autoritaire et ne reconnaît que formellement l'autorité de Bonaparte.

1802: Bonaparte envoie une expédition, sous les ordres du général Leclerc, rétablir l'ordre colonial. Toussaint Louverture est déporté en France. L'île se soulève entièrement, sous la conduite de Jean-Jacques Dessalines et Henri Christophe.

1804: proclamation de l'indépendance d'Haïti, au lendemain de la déroute des armées françaises. Dessalines est nommé empereur.

1806: Jean-Jacques Dessalines est assassiné.

1808: les Espagnols récupèrent la partie orientale de l'île cédée à la France en 1795.

1807-1820: guerre civile. Henri Christophe se proclame roi dans le Nord du pays. Au sud, une république est fondée par le mulâtre Henri Pétion. Jean Pierre Boyer, le successeur de Pétion, réunifie le nord et le sud en 1820 et conquiert la partie espagnole en 1822.

1825 : la France obtient de Haïti qu'une indemnité de 150 millions de francs soit versée pour liquider le contentieux créé par la rupture des liens coloniaux. Il faudra plus de 100 ans à Haïti pour rembourser cette écrasante créance.

1844: Saint Domingue est définitivement séparée en deux États; la République d'Haïti et la République dominicaine.

1847-1859: Faustin Soulouque prend le pouvoir à Haïti et se proclame empereur.

1915-34: intervention militaire des tats-Unis après une longue période d'instabilité.

1950: dictature du colonel Magloire.

1957: François Duvalier, devient président de la République à la suite d'un scrutin contesté. Il se proclame président à vie.

1964. François Duvalier,surnommé "Papa Doc" s'appuie sur les noirs contre les élites mûlatres. Son pouvoir repose sur la milice des "tontons macoutes", au détriment d'une armée affaiblie.

Avril 1971: à la mort de François Duvalier, son fils Jean-Claude, "Bébé Doc", 19 ans, lui succède.

Février 1986: un coup d'Etat mené par le général Henry Namphy chasse Jean-Claude Duvalier qui se réfugie en France.

Novembre 1987: les élections présidentielle et législatives sont annulées à la suite des massacres perpétrés le jour du scrutin.

1988
Janvier: Leslie Manigat est élu président de la République. Les élections ont été boycottées par l'opposition.
Juin: nouveau coup d'Etat du général Namphy.
Septembre: le chef de la Garde présidentielle, le général Prosper Avril, renverse le général Namphy.

Mars 1989: Prosper Avril restaure partiellement la constitution de 1987.

1990
Mars: le général Avril démissionne. Un accord entre l'armée et les partis politiques permet à Ertha Pascale Trouillot, présidente de la Cour suprême, d'assumer l'intérim de la présidence jusqu'aux élections.
Décembre: le père Jean Bertrand Aristide est élu président de la République avec 66,7% des suffrages.

Septembre 1991: Jean Bertrand Aristide est renversé par un coup d'Etat dirigé par le général Raoul Cédras. Les Etats-Unis et la CEE suspendent leur aide économique.

1993
Juin: renforcement des sanctions contre Haïti. Embargo sur le pétrole et les armes.
Juillet: Raoul Cedras accepte les propositions d'un médiateur préconisant le retour du président Aristide.
Octobre: face à la mauvaise volonté des militaires, l'ONU rétablit les sanctions.

1994
Mai: des sénateurs nomment le juge Emile Jonassaint président provisoire de la République. L'embargo commercial total décidé par l'ONU entre en vigueur.
Juillet: 16 000 boat-people, victimes de la misère et de la répression, tentent de gagner les côtes américaines. Le Conseil de sécurité de l'ONU autorise les Etats-Unis à utiliser "tous les moyens nécessaires " pour chasser la junte.
Septembre: à la suite d'une médiation de l'ancien président américain Jimmy Carter, et sous la pression de l'US Army, les militaires acceptent de quitter le pouvoir en octobre. Les soldats américains de l'opération "Soutenir la démocratie" débarquent à Port-au-Prince (20.000 hommes).
Octobre: Retour du président Aristide, après deux ans d'exil aux Etats-Unis.

1995
Mars: les troupes américaines cèdent la place à la mission des Nations unies en Haïti (Minuha). Elle sera remplacée par la Mitnuh qui quittera le pays en 1997, laissant sur place 300 moniteurs qui poursuivent la formation de la police haïtienne. Celle-ci remplace l'armée haïtienne, dissoute en avril.
Décembre: René Préval, ancien Premier ministre et partisan de l'ancien président Jean Bertrand Aristide, est élu président de la République. Le taux d'abstention atteint 75%.

Novembre 1996: scission de la formation au pouvoir, Lavalas (l'avalanche en créole). Jean Bertrand Aristide, résolu à se présenter à l'élection présidentielle de 2000, s'oppose au programme de réformes de son ancien allié René Préval, et crée son propre parti politique, la Famille Lavalas.

1997-1999: instabilité politique due en grande partie à la rivalité entre les partisans de la famille Lavalas et ceux de l'Organisation politique Lavalas (OPL).

2000
Attribués aux partisans de la Famille Lavalas, de nombreux actes de violence entachent la campagne électorale en vue des scrutins législatif, sénatorial et locaux prévus en mai.
3 avril: assassinat de Jean Dominique, directeur de Radio Haïti-Inter et commentateur politique le plus célèbre de l'île.
21 mai: selon des résultats partiels, la famille Lavalas remporte le premier tour des élections générales. L'Organisation des Etats américains (OEA) met en doute la régularité du scrutin.
19 juin: le deuxième tour des législatives prévu le 25 juin est reporté. Menacé, le président du Conseil électoral a fui le pays le 18 juin.
9 juillet: second tour des élections boycotté par l'opposition. L'OEA a refusé de cautionner ce scrutin. La famille Lavalas remporte 18 postes de sénateur sur les 19 qui étaient à renouveler, ainsi que 60 des 83 sièges de la Chambre des députés.
26 novembre: l'élection présidentielle, boycottée par l'opposition, est remportée par Jean Bertrand Aristide avec 91,7% des suffrages. L'opposition estime que seulement 5% des électeurs inscrits ont participé au scrutin.

2001
6 février: à la veille de l'intronisation d'Aristide à la présidence, l'Union européenne et la Banque inter-américaine de développement imposent des sanctions financières à Haïti pour manquements à la démocratie.
3 décembre: un journaliste, Brignol Lindor, menacé pour avoir invité des personnalités de l'opposition dans le cadre d'une émission qu'il anime, est tué à coups de machettes.
17 décembre: une tentative de coup d'état avorté fait huit morts. l'opposition accuse le pouvoir d'être l'auteur d'un «montage» destiné à la réduire au silence.

4 septembre 2002: l'Organisation des Etats Américains (OEA) vote une résolution prévoyant des élections au cours du deuxième trimestre 2003.

2003
24 janvier: grève générale lancée par le "groupe des 184", large coalition de la société civile, incluant le patronat, à Port-au-Prince.
22 septembre: Amiot Métayer, un chef de bande au service du président Aristide, dont l'OEA réclamait l'arrestation est assassiné à Gonaïves. Son groupe impute cette exécution au pouvoir et passe dans l'opposition sous le nom de Front de résistance révolutionnaire de l'Artibonite. Ce meurtre entraîne quinze jours d'émeutes dans la troisième ville du pays.
21 novembre: les évêques haïtiens proposent la création d'un "conseil électoral consensuel". Accepté par le président, ce plan est rejeté par l'opposition.
17 mai: René Préval désigne Jacques-Edouard Alexis comme Premier ministre.

2004
2 janvier: l'opposition présente une "alternative de transition" sur deux ans prévoyant le départ d'Aristide et son remplacement par un président de transition choisi parmi les juges de la Cour de cassation.
30 janvier: le patronat recommande à la population des actions de désobéissance civile.

Février
5: les Gonaïves, quatrième ville d'Haïti, tombe aux mains du Front de résistance révolutionnaire de l'Artibonite.
10: l'opposition politique et la société civile, regroupées au sein de la Plate-forme démocratique, prennent leurs distances avec le mouvement insurrectionnel armé.
18: les insurgés se dotent d'un "commandant en chef" en la personne de Guy Philippe, un ex-commissaire de police.
21: un plan international de réglement de la crise est présenté à Aristide qui l'accepte. L'opposition continue d'exiger sa démission.
22: les insurgés s'emparent de Cap-Haïtien, deuxième ville du pays, et contrôlent près de la moitié du pays.
29 : le président Aristide signe une lettre de démission et quitte Haïti; il trouve refuge en Centrafrique.
Le président Bush donne l'ordre à des Marines de se déployer en Haïti. Le Conseil de sécurité de l'ONU vote une résolution permettant l'envoi d'une force internationale intérimaire.

Mars
1: Guy Philippe, le chef militaire des insurgés, entre triomphalement dans la capitale, accompagné d'une cinquantaine d'hommes armés.
3: contraints par les Etats-Unis, les insurgés déposent les armes.
Plusieurs entités de la société civile désignent leurs représentants à un futur Comité des sages dont la création est prévue par le plan international de réglement de la crise en Haïti.
4: le président brésilien annonce que son pays participera à la force multinationale de paix de l'ONU en Haïti avec 1 100 soldats.
10: Gérard Latortue, économiste, qui a fait la majeure partie de sa carrière à l'Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI), est choisi comme Premier ministre par le Comité des Sages.

30 avril: le Conseil de sécurité vote la création de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah). Placée sous commandement brésilien, elle compte 6000 soldats et 1500 policiers.
31 mai: Jean-Bertrand Aristide trouve asile en Afrique du Sud.
18-19 septembre: le cyclone Jeanne ravage le pays, faisant plus de 2 000 morts et 250 000 sans-abri. Le nord de l'île est dévasté et en proie à l'insécurité.
Octobre: Port-au-Prince et Les Gonaïves sont le théatres d'affrontements très violents entre bandes armées et forces de l'ordre, faisant plus de 50 morts.

2005

18 mars: réunis à Cayenne à l'initiative de la France, les bailleurs de fonds d'Haïti approuvent 380 programmes d?aides rapides à mettre en oeuvre pour accélérer la reconstruction du pays.
31 mai: le consul honoraire français de Cap-Haïtien est tué dans sa voiture, prise dans une fusillade.
22 juin: face à la recrudescence de la violence, le Conseil de sécurité des Nations unies renforce les effectifs de la Minustah pour assurer le bon déroulement des élections prévues en décembre.
14 juillet: le journaliste Jacques Roche est retrouvé mort à Port au Prince.
18 octobre: l'Union européenne, qui avait gelé en 2001 son aide au développement en faveur d'Haïti, débloque 72 millions d'euros pour soutenir les efforts de démocratisation du pays.
2 novembre: le gouvernement porte plainte, devant un tribunal fédéral de Miami, contre l'ancien président Jean-Bertrand Aristide pour détournement de plusieurs dizaines de millions de dollars de fonds publics et pour "avoir encouragé et protégé le trafic de drogue".

2006

7 février : l'ancien président René Préval remporte l'élection présidentielle avec 51% des suffrages.
21 avril : le parti du président Préval arrive en tête des élections législatives.
Juin 2006 : investiture du gouvernement de coalition de René Préval. Il s'agit de premier exécutif élu depuis la fin du régime d'Aristide en 2004.

Janvier 2007 : les troupes de l'ONU lancent une offensive contre les gangs du bidonville de Cité-soleil à Port-au-Prince.

2008

Avril : la flambée des prix alimentaires provoque des émeutes de la faim.
Août-septembre : plusieurs cyclones dévastent Haiti, tuant au moins 800 personnes, et laissant des centaines de milliers de sans-abris.
Novembre : l'effondrement d'une école à Port-au-Prince fait plus de 90 morts.

2009

Mai : Bill Clinton est nommé émmissaire spécial des Nations unies pour Haïti.
Juillet : le FMI et la Banque mondiale approuvent un allégement de la dette équivalant à 1,2 milliard de dollars EU en faveur d'Haïti

2010

Janvier : un séisme de magnitude 7 sur l'échelle de Richter frappe le pays. Le bilan, selon les autorités, est de 222 050 morts, 310 900 blessés, plus d'1 million de sans abri et 1,5 million de sinistrés.

par Catherine Gouëset,

source

Aquitaine – Un collectif veut chasser les négriers des rues

Un collectif demandant à ce que les rues portant des noms de négriers soient débaptisées va symboliquement renommer, demain, certaines artères bordelaises avec les patronymes d’abolitionnistes célèbres.

Traverser un « boulevard Pétain » ou emprunter une « rue Laval » ? Inimaginable, tant la France a cherché à effacer de sa mémoire les noms de ces deux responsables vichystes. Une démarche légitime qui ne semble pourtant pas s’appliquer automatiquement à tous ceux qui, par leurs actes, ont déshonoré leur pays. Dans un autre registre, plusieurs rues bordelaises ou nantaises portent ainsi encore les noms de négriers locaux qui ont enrichi la ville à la grande époque du commerce triangulaire. Une situation jugée intolérable par plusieurs associations qui demandent à ce que ces artères soient débaptisées.

Devant la passivité des différentes municipalités concernées, le collectif Débaptisons les rues de négriers, lancé en août dernier, se réunit aujourd’hui à 14 heures, place de la Victoire à Bordeaux pour sa première action publique. Objectif : sensibiliser l’opinion à ce problème d’éthique, raviver le souvenir de la traite et, de manière plus symbolique, apposer des autocollants portant le nom d’abolitionnistes célèbres sur les plaques de rues incriminées. Une démarche non-violente qui n’est pas vraiment du goût de la municipalité girondine. Selon un proche du maire (UMP) de la ville, Alain Juppé, celui-ci n’est pas favorable à cette lesure de suppression la suppression car « il ne souhaite pas monter les Bordelais les uns contre les autres ». Il estime également que « les descendants de négriers ne sont pas responsables des actes de leurs ancêtres ». Du côté de Nantes (Loire-Atlantique), Jean-Marc Ayrault envisage la pose de plaques explicatives. Mais pas question pour l’édile socialiste de changer les noms de rues.

Définitivement interdite en France au début du 19e siècle, la traite négrière a, durant plus de 300 ans, fait la fortune de centaines de familles aristocratiques et bourgeoises des grands ports de Nantes, Bordeaux, La Rochelle ou encore du Havre. Un passé trop souvent oublié qui ressurgit parfois au gré d’actions de sensibilisation.

Philippe Peter

France-Soir, mercredi 7 avril 2010

mercredi, avril 07, 2010

Festival International du Film Panafricain : 7eme édition


« Le Monde Ethique est en Marche »

A l'instar de notre précédente édition, l'Ethique demeure notre guide en 2010. Elle est le fruit d'une trilogie qui s'achèvera en 2011.

Après "Un Monde Ethique est possible", le Festival 2010 nous invite à nous diriger vers l'éthique en adoptant pour thème "Le Monde Ethique est en Marche". Nous sommes donc plus que jamais heureux de vous faire partager de nouveau, notre bonheur dans la mise en lumière des savoir-faire panafricains dans le domaine du 7ème art.

Cette 7ème édition est d'une richesse inégalée par la qualité des œuvres et des professionnels invités :
Léonora MIANO (France / Cameroun – Ecrivaine), Présidente d'Honneur, Frances-Anne SOLOMON (Canada – Réalisatrice / Directrice du Festival Carribbean Tales), Présidente du Jury,

Les Membres du jury : Mata GABIN (France / Côte d'Ivoire - Atrice), Véronique DOUMBE (USA / Cameroun - Réalisatrice),
Vanessa DELPHIN (France / Antilles – Miss Univers),
Stefano LEOCINI (France – Directeur du Master pro "Traduction, sous-titrage, doublage" - Responsable de la chaire UNESCO "Cinéma et imaginaire(s) -"Université Nice - Sophia Antipolis,
Valério TRUFFA (Italie – Réalisateur – Photographe – Fondateur de « L'atelier FIWE », première école de cinéma du Bénin),
Jawad RHALIB (Maroc - Réalisateur),
ZIFA (Suède / Congo – Musique),
Manbouss ( Vanuatu / France – Musique),...
Pour ne citer que ces derniers, car notre Festival accueille le monde entier dans sa communauté universelle du 21 au 25 avril 2010 à Cannes autour du Cinéma et des arts PanAfricain.


Séance / Screening : 5€

Soirée CinéConcert : 13€ (Prévente) - 15€ (sur place)

Pass Festival

Pass : Intégral (du 21 au 25 avril) : 60€

Pass C.E, Association et carte privative : Intégral (du 21 au 25 avril) : 55€

Forfait Pass : (22 au 25 avril) : 40€

Pass : Etudiants, Senior, Chômeur : 25€

Lieux de Location : Fnac, Virgin, Cultura, Carrefour, Auchan, Leclerc, Géant, Intermarché, Système U, Cora... www.ticketnet.fr

Ou nous contacter pour vente Pass et prévente Soirée non datés :
Grasse : Virginie 06 62 32 24 42
Cannes : Roseline 06 75 68 06 01
Antibes : Anik 06 26 72 81 17


Promotion / Séjour : Spécial Festival PanAfricain

> 5 nuits d'hôtel*** ou studio + Pass Festival : à partir de 175€ (du 21 au 26 avril 2010 - départ le 26 avril)

> 5 nights hotel *** or studio + Festival Pass: 175 € (from 21 to 26 April 2010)

Nous consulter

Contact : + 33 (0) 610 046 944 - filmpanafricain@yahoo.com

José Léonardo CHIRINO (1754-1796)


Un des chefs de l'insurrection développée dans les montagnes de Coro au Venezuela en 1795.

Fils d’un esclave Chirino, est né libre, parce que sa mère était Amérindienne.
Dans le cadre de son emploi auprès de José Telleria, riche marchand et procureur de Coro, il accompagne celui-ci dans ses voyages à l'île de Saint-Domingue (futur Haïti) où il établit le contact avec le processus insurrectionnel entamé en 1791 qui a contraint l’État français à abolir l’esclavage en 1794.

De retour au Venezuela, il joint un groupe de nèg marron réunis à la plantation du moulin à sucre Macanillas et y rencontre José Caridad Gonzalez, un noir Kongo très informé sur les idées de la Révolution française.

L’insurrection du 10 Mai 1795, mènera à un programme révolutionnaire qu’ils appelleront : « la loi des Français » précurseur de la République et comportant notamment : l'abolition de l'esclavage, l'égalité des classes sociales ; la suppression des privilèges; l’abrogation de l'impôt.

Circulation dans la caraibe au 19 e et ailleurs !



Oui c'est vrai que des gens circulaient même jusqu'en Afrique; il y a eu un bataillon des volontaires d'Afrique composait d'antillais basé à Saint Louis et Gorée au milieu du XVIII siècle.

D'autre naviguaient sur des navires comme celui que l'on peut voir sur "le radeau de la Méduse" - 1819, musée du Louvre, de Guericault appelant à l'aide avec un foulard rouge; il symbolisait pour le peintre le combat pour l'abolition. Ce marin est mort à l'hôpital de Saint Louis du Sénégal.

Certains antillais ont même (re)fait souche au Sénégal surtout à Saint Louis, les familles Alain (Maire de Slouis), les Réaux dont l'ancêtre, Fernand fut le frère du premier banquier nègre de la Martinique ou Guadeloupe; ce frère banquier Émile Réaux fut retrouvé d'ailleurs assassiné dans un lac de la région parisienne vers 1890.

Jean Luc Angrand