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mercredi, juillet 01, 2020

Reine et guerrière, Aqualtune est l'un des principaux noms de la résistance afro-brésilienne contre l'esclavage et le racisme.




L'histoire d'Aqualtune est unique dans la mémoire afro-brésilienne. Sa vie a commencé sur le continent africain, au Congo, au XVIe siècle. Elle était une princesse, fille du Mani-Kongo, et jouissait d’un grand respect.

Aqualtune est déportée au Brésil après avoir vu son père et son royaume vaincus lors de la bataille d'Ambuíla, contre les forces angolaises et portugaises pour le contrôle du territoire de Dembos, qui séparait l'Angola et le Congo.

Les historiens affirment que durant ces affrontements, Aqualtune prit la tête d’un groupe de 10 000 personnes lors d'une invasion de son royaume. Cependant, la résistance ne put arrêter les forces angolaises et portugaises.

À la fin de la guerre, son père fut décapité et elle, capturée par les Portugais. Aqualtune et ses compatriotes furent vendus à des esclavagistes brésiliens. Pour la mater, on en fit une esclave reproductrice et Aqualtune fut violée à plusieurs reprises.
Cependant, sa force ne fut pas annihilée. Lorsqu’elle eut vent de la résistance noire au Brésil, qui se déroulait dans les quilombos, Aqualtune ne perdit pas de temps. Avec d'autres esclaves, elle se battit, reprit sa liberté et quitta la ferme où elle avait été esclavisée.

Au Brésil comme jadis dans son pays natal, la renommée d'Aqualtune parmi la population noire fut vite importante. Son passé et sa royauté étaient assez importants pour qu’à Palmarès, elle prenne rapidement une position de leader. Aqualtune dirigea donc le plus grand et le plus célèbre quilombo de l'histoire brésilienne.

Au fil des ans, elle est devenue mère. Son fils et héritier fut Ganga Zumba. Et Zumbi do Palmares, le célèbre héros afro-brésilien, était son petit-fils.

La date de sa mort et la fin de sa vie sont incertaines. Certaines chroniques indiquent qu'elle perdit la vie au cours d'une attaque visant à détruire par le feu le Quilombo dos Palmares, D'autres affirment qu'elle se serait enfuie et aurait vécu ses derniers jours en paix au sein d’une autre communauté.

Peu mentionnée dans les programmes scolaires du brésiliens, Aqualtune fut une figure importante de la résistance afro-brésilienne à l'époque coloniale. Elle incarne le leadership et la résistance au système esclavagiste.


Il faudra en chercher d’autres pour compléter les recherches. On voudrait en savoir davantage. Le concours des historiens serait précieux pour nous dire plus précisément quel était, en cette fin du XVIème siècle où Aqualtune fut déportée, quel était l'agresseur voisin, allié aux Portugais, que les auteurs brésiliens nomment "Angola".

Léonora Miano

lundi, février 06, 2017

5 FÉVRIER 1694 CHUTE DE LA RÉPUBLIQUE MAWONE DE PALMARÈS AU BRÉSIL #BlackHistoryMonth


Palmares était l'une des plus importantes communauté mawone quilomobola au Brésil qui s'était auto-affranchie. 

Mais ce 5 février 1694 elle fut écrasée par l'armée coloniale portugaise qui a mené son offensive durant la nuit.
"Nuit du 5/6 février 1694 ;
Dans la nuit du 5 au 6 février 1694, le Quilombo dos Palmares tombe après 22 jours de siège.

Ce Quilombo fut le plus grand État créé par des esclaves fugitifs des 1606 dans le nord—est de la colonie portugaise du Brésil. Les colons portugais réagissent rapidement et des 1612 lancent une expédition militaire pour le détruire. Cette tentative sera vaine. Il faut attendre 1634 pour qu’une source portugaise mentionne Palmares comme une menace.À cette époque, la guerre entre le Portugal et les Provinces—Unies pour le contrôle du Brésil entraîne un afflux d'esclaves noirs fugitifs à Palmares.

A leur tour, les hollandais prennent conscience du danger que représente pour eux |'existence d'un État d'esclaves fugitifs. Il rassemble à son apogée entre 20 et 30 000 habitants, parmi eux les plus nombreux sont des esclaves noirs venus du golfe de Guinée mais, l’on y trouve aussi des métisses et des Indiens. Ce Quilombo était construit sur une base égalitaire. Le roi y était élu en fonction de sa capacité a diriger le pays. Il n’est donc pas abusif de parler d’une véritable république.

Sa puissance fut telle que les baronnies locales se sont accommodées de son existence. Le troc de marchandises s’installe comme pratique courante au grand dam de Lisbonne.

De fait, c'est l'ensemble d'un ordre social encore instable — la puissance portugaise sur le Brésil — qui est remis en question. Cela est inacceptable pour la couronne brésilienne. La seule solution possible est la destruction totale de Palmares.

Entre 1671 et 1678, plus de 25 expéditions militaires sont organisées par les Portuguais. Leur mission : détruire et saccager l'ensemble des infrastructures de Palmares, notamment les récoltes, défricher la zone afin de préparer une offensive d'envergure. Aucune de ces tentatives ne fut décisive tant les techniques de guérilla des défenseurs furent efficaces.

Les offensives finales eurent lieu à partir de 1692. Elles s'achèvent en 1694 avec la chute du Quilombo après plus de 65 ans d'existence. Le dernier roi, Zumbi dos Palmares, symbole de la lutte, continue de résister jusqu’à son décès en 1695. Le 20 novembre, da de sa mort est aujourd'hui férié dans de nombreux États brésilien, c'est le «jour de la conscience noire ». "

Source : Extrait de "A Gauche" N° 1466 du 29/01/2016 Massy place au peuple

vendredi, avril 26, 2013

LE RAPPORT SUR LE GÉNOCIDE DES INDIENS DU BRÉSIL QUI SCANDALISA L'OPINION INTERNATIONALE




Le rapport FIgueiredo, sur le génocide des indiens du brésil, qui fut à l’origine de la création de Survival Internationa,l refait surface après 45 ans de disparition.

Dans ce document de 7 000 pages, récemment été retrouvé au musée de l’Indien au Brésil, le procureur public Jader de Figueiredo Correia énumère les meurtres de masse, la torture, l’esclavagisme, la guerre bactériologique, les abus sexuels, les spoliations territoriales dont furent victimes les Indiens du Brésil. Suite à ces atrocités, certains peuples ont complètement disparu et de nombreux autres ont été décimés.

L’un des faits les plus horribles de ce rapport est celui du ‘Massacre du 11e parallèle’ au cours duquel une avionnette largua de la dynamite sur le village des Indiens cint.

D’autres exemples relatent l’empoisonnement de centaines d’Indiens avec du sucre mêlé d’arsenic ou bien des méthodes de torture employées contre les Indiens, comme celle qui consistait à écraser lentement les chevilles des victimes avec un instrument connu sous le nom de ‘tronc’.

dimanche, octobre 21, 2012

Qui était João da Cruz e Sousa?


João da Cruz e Sousa (né le 24 novembre 1861 à Nossa Senhora do Desterro, aujourd'hui Florianópolis - mort le 19 mars 1898 dans l'Estação do Sítio) fut un poète brésilien, l'un des précurseurs du symbolisme au Brésil.

Fils des ex-esclaves Guilherme da Cruz, maçon, et Carolina Eva da Conceição, João da Cruz a reçu une éducation distinguée sous la tutelle du Maréchal Guilherme Xavier de Sousa.

Le Maréchal Guilherme Xavier de Souza et sa femme n'avait pas d'enfants alors ils décidèrent de s'occuper de João comme si c'était leur fils.

En 1881, Cruz e Souza a administré le journal Tribune Populaire, où il a combattu l'esclavage et le préjugé racial.

En 1883, il a été récusé comme Promoteur de Justice, parce qu'il était noir.

En 1885, son premier livre a été publié, Tropos e Fantasias, en partenariat avec Virgílio Várzea. 5 ans après, il est allé à Rio de Janeiro, où il a travaillé comme archiviste dans la Estrada de Ferro Central do Brasil (Route de Fer Central du Brésil).

En 1893, il a publié Missal (prose poétique baudelairienne) et un livre de poésie appelé Broquéis.

C'était le début du Symbolisme au Brésil qui a duré jusqu'en 1922 (le démarrage du Modernisme à São Paulo). Cruz e Souza s'est marié en 1893 (l'année de publication de Missal et Broquéis) avec Gavita Gonçalves, (une femme noire comme lui). Ils ont eu quatre enfants qui sont morts prématurément à cause de la tuberculose.