mercredi, janvier 03, 2018

Le code de l'indigénat

" Le Code de l'indigénat fut adopté le 28 juin 1881. Puis c'est en 1887 que le gouvernement français l'imposa à l'ensemble de ses colonies. En général, ce code assujettissait les autochtones et les travailleurs immigrés aux travaux forcés, à l’interdiction de circuler la nuit, aux réquisitions, aux impôts de capitation (taxes) sur les réserves et à un ensemble d’autres mesures tout aussi dégradantes. Il s'agissait d'un recueil de mesures discrétionnaires destiné à faire régner le «bon ordre colonial», celui-ci étant basé sur l'institutionnalisation de l'inégalité et de la justice. Ce code fut sans cesse «amélioré» de façon à adapter les intérêts des colons aux «réalités du pays».

Le Code de l'indigénat distinguait deux catégories de citoyens: les citoyens français (de souche métropolitaine) et les sujets français, c’est-à-dire les Africains noirs, les Malgaches, les Algériens, les Antillais, les Mélanésiens, etc., ainsi que les travailleurs immigrés. Les sujets français soumis au Code de l'indigénat étaient privés de la majeure partie de leur liberté et de leurs droits politiques; ils ne conservaient au plan civil que leur statut personnel, d'origine religieuse ou coutumière.

Tout compte fait, le colonialisme pratiqué en Nouvelle-Calédonie, en Algérie, à Madagascar, etc., s’apparentait à une sorte d’esclavage des populations autochtones: celles-ci étaient dépouillées de toute leur identité. Ce système colonial odieux, qui paraît sans aucun doute honteux aujourd’hui, semblait normal à l’époque et d'autres pays pratiquaient des politiques similaires. Le Code de l'indigénat était assorti de toutes sortes d'interdictions dont les délits étaient passibles d'emprisonnement ou de déportation. Ce système d'inégalité sociale et juridique perdura jusqu’en 1946, soit plusieurs années après que les accords de Genève (le 23 avril 1938) eurent interdit toute forme de travaux forcés.

Après la loi du 7 avril 1946 abolissant le Code de l'indigénat, les autochtones (Nouvelle-Calédonie, Madagascar, Algérie, etc.) purent à nouveau circuler librement, de jour comme de nuit, et récupérer le droit de résider où ils voulaient et de travailler librement. Cependant, les autorités françaises réussirent à faire perdurer le Code de l'indigénat en Algérie pratiquement jusqu'à l'Indépendance (1962). "

DETAILS DE L’HISTOIRE

Très tôt, la colonisation a vu les noirs entre eux s’adonner à certaines formes de dénigrement et de rejet de l’autre, parfois même au sein d’une même ethnie. La première vague d’esclaves arrivée dans les îles étant originaire d’Afrique de l’ouest, Cap-Vert, Casamance et autre haut-Sénégal, ils ne vont pas se gêner de stigmatiser ceux qui venaient après, ces infortunés serviles de la deuxième vague, que les premiers appelaient indifféremment de manière dédaigneuse « nègres-Guinée ». 

Les premiers, qui prenaient un malin plaisir à se désigner comme « créoles », n’hésitaient pas à faire comme le maître, traitant leurs congénères de « bossales », les fustigeant plus souvent que rarement d’un « Sacré vié nèg-djiné !» s’agissant de les remettre à leur place. Plus tard, les Nèg-Djiné feront de même puisqu’à leur tour ils diront méchamment aux Congos, les derniers arrivés, de retourner chez eux, en Afrique (mais cela, c’est pour une toute autre raison). Pire, comme je le disais au début, la stigmatisation, voire le racisme, existait au sein de gens de même ethnie. Les esclaves ne se mariaient pratiquement pas (une explication vous sera donnée dans un prochain post). Mais quand cela arrivait, il était très difficile à un esclave issu de l’atelier de s’unir à une femme venant de la domesticité. Kidonk, un parent qui était domestique voyait très mal sa fille se marier avec un nègre de jardin. À un plus haut échelon, cela se constatait également, puisque le mulâtre se voyait très mal venir dire oui devant monsieur l’abbé avec une « négresse » au bras. Dire que de nos jours certains ont du mal à comprendre le « nèg kont nèg »

 ! Bonne journée à tous !

Josepha Luce

mercredi, décembre 20, 2017

La Compagnie danoise des Indes occidentales et de Guinée


La Compagnie danoise des Indes occidentales et de Guinée s'établit sur l'île de Saint-Thomas en 1672, s'étendant jusqu'à l'île Saint-John en 1683 (une annexion conflictuelle avec le Royaume-Uni jusqu'en 1718), et racheta l'île de Sainte-Croix à la Compagnie française des Indes occidentales le 15 juin 1733. En 1754, les îles furent revendues au roi du Danemark, devenant des colonies royales danoises administrées par un gouverneur.


Pour exploiter les îles avec les plantations de canne à sucre, le royaume du Danemark, comme les autres puissances européennes introduit des esclaves en provenance d'Afrique dès 17631. Les dures conditions entrainèrent une révolte en 1733 très durement réprimée1.

Pendant les guerres napoléoniennes, les îles furent occupées par les Britanniques ; d'abord de mars 1801 jusqu'au 27 mars 1802, puis de décembre 1807 jusqu'au 20 novembre 1815 où elles furent rendues au Danemark.

La traite négrière dans les possessions danoises sera interdite en 1792, le Danemark étant le premier pays à l'interdire2 mais l'esclavage ne sera lui aboli sur les îles antillaises danoises qu'en 18481. L'économie des îles basées sur la culture de la canne à sucre périclite alors1, de nombreux colons quittent les îles et le royaume Danois se désintéresse alors de ses possessions antillaises.

Le 12 décembre 1916, les îles furent vendues contre 25 millions de dollars US aux États-Unis d'Amérique, intéressés par leur position stratégique proche du canal de Panama. L'administration danoise se termina officiellement le 31 mars 19173.

Avant 1917, les langues parlées étaient un créole français proche de celui de Sainte-Lucie, l'anglais et l'espagnol, mais le danois était peu parlé, et surtout utilisé dans l'administration, ou par des Danois. 

dimanche, novembre 26, 2017

En Libye on vend comme esclaves des jeunes africains


En Libye on vend comme esclaves des jeunes africains que la misère a jetés sur les routes .On fait semblant de découvrir l' esclavagisme en Afrique,un peu d'histoire pour rappeler que depuis 652 et même avant cela n'a jamais cessé.
Il est grand temps à ce que l’on ouvre une des pages des plus sombres et plus sanguinaire de l’histoire du monde arabo-musulman : Leur "génocide voilé"
Nous ne devons pas cacher certaines vérités. Les Arabes lors de leurs premières conquêtes en Afrique amenèrent avec eux beaucoup de malheurs. Dix-sept millions, oui 17 millions, d’Africains furent razziés, capturés, massacrés, castrés et déportés vers le monde arabe,et l Afrique du nord dont la Tunisie. Les musulmans tenaient à la fois le Coran d’une main et les couteaux aux nuques de l’autre.

La traite négrière en afrique par les arabes a débuté dès le VIIe siècle et plus exactement en 652 lorsque l’émir et général arabe Abdallah Ibn Saïd a imposé aux Soudanais et au roi nubien Khalidurat, un « bakht » (accord), les obligeant à livrer annuellement des centaines d’esclaves. L’article 5 de ce bakht stipule clairement que les nubiens doivent «livrer chaque année trois cent soixante esclaves des deux sexes, qui seront choisis parmi les meilleurs de votre pays et envoyés à l’imam des musulmans» ! 

Trouvant ce commerce très juteux les arabes poussèrent leurs razzias jusqu’aux confins de l’Afrique noire d’est en ouest et du nord au sud. De Zanzibar (actuelle Tanzanie au bord de l'océan indien) à l'empire du Ghana en passant par l'empire du Mali. 

Bien que l’asservissement des peuples noirs remonte à la nuit des temps pharaoniques, ce n’est hélas, qu’avec les arabes qu’il prend une «dimension industrielle» puisque c’est en 652 donc, que pour la première fois la traite négrière sera inventée et planifiée par les Arabes. 

On croyait que ce mal absolu qui a plongé pendant plus de treize siècles des millions de peuples noirs dans les ténèbres s’était « officiellement » arrêté au début du XXe siècle, avec une primeur pour la Tunisie du XIXe siècle qui a aboli en premier l’esclavage en 1846. Mais voila que les libyens retrouvent ces ignominieux réflexes et que de temps en temps, et cela dans un incroyable silence assourdissant des pays africains ,l ONU ,l Europe...Nous entendons qu’ici ou là, au Soudan, en Arabie ,Qatar ,Koweit .. et surtout en Mauritanie, que certains s’adonnent encore à ce rite moyenâgeux. 

Ces derniers auront ainsi ouvert en premier une longue période de tragédies faites d’humiliations, de sang et de morts et ils seront hélas, les derniers à la refermer soit disant officiellement au siècle dernier.

C'est en regardant l histoire en face que nous pourrons guérir de nos tares et intégrer enfin l'Histoire de l'Humanité qui se fait sans nous. Pardon à toutes nos sœurs et à tous nos frères africains. Nous aussi on est en colère !

lundi, octobre 16, 2017

GUADELOUPE : les 4 dépôts d’immigrants arrivés de l'Inde


- DARBOUSIER (MACTe)
- FOUILLOLE (uNIV)
- CARENAGE (Bas-de-la Source)
- FORT-DELGRÈS (Basse-Terre)

Aux points de départ en Inde, Pondichéry par exemple, il existait un dépôt des émigrants. De même, dans les colonies sucrières d’arrivée, la Guadeloupe par exemple, il existait un dépôt des immigrants.

C'était le tout premier endroit de son nouveau pays que foulait l’immigrant indien, son tout premier contact avec son nouvel univers de vie et de travail, le lieu de la transformation du passager de coolie-ship en futur résident indien en Guadeloupe (ou Martinique, Guyane, Réunion).

Ce "sas" était tout d’abord le lieu d’accomplissement de formalités d’arrivée et d’entrée sur le territoire guadeloupéen, formalités administratives et médicales.
Il fallait en effet, livrer au colon qui en avait préalablement "passé commande" à l’Administration de la colonie, une "marchandise" de bras d'Inde franche et loyale...

Dit moins brutalement, on devait évaluer médicalement notamment, que l’immigrant ne serait pas inapte au dur travail pour lequel la filière agricole guadeloupéenne d’alors le faisait venir, de si loin.

Il fallait aussi prémunir la population guadeloupéenne de tout risque de contagion épidémique par des passagers malades ; en cas de suspicion, avant toute autorisation de débarquer pour le dépôt des immigrants, le navire était envoyé en quarantaine, classiquement à Terre-de-Haut, dans l'archipel des Saintes.

Au plan administratif, n'oublions pas que, travailleur immigré, l’Indien avait en Guadeloupe le statut d’étranger, à tout le moins celui qui était en provenance de l’Inde anglaise.

Celui qui était issu de la juridiction de Pondichéry, pour français qu’il était, ne jouissait pas de la qualité de citoyen comme le Guadeloupéen d’après l'abolition de l'esclavage en avril 1848. Sa condition était celle de sujet et travailleur.
Il faudra pour ce cela change, attendre... 1923 ! 

L'aboutissement du long combat politique de Henry Sidambarom pour les droits civiques et la reconnaissance comme citoyen français pour ces "sujets-travailleurs", par le gouvernement de Raymond Poincaré.

A ce double titre, c’est donc dans le dépôt des immigrants que s’enclenchait la procédure de mise en conformité du sujet avec les règles "ad hoc" de la Guadeloupe de l’époque, pour la durée de son engagement et en prévision de son séjour en terre guadeloupéenne.

À partir de la convention franco-britannique du 1er juillet 1861, l’immigration post-abolition réglementée sera désormais uniquement indienne. Mais l’institution de "dépôts" d’immigrants, indépendante de la nationalité, est antérieure.

On trouve trace de sa création dès 1855, pour des immigrants ne provenant pas uniquement de l'Inde (Congo, Chine, Annam...).

Sur l’essentiel, d’après les sources consultées, il semble qu’on puisse scinder en quatre phases l’histoire des dépôts d’immigrants étrangers exclusivement indiens à partir de 1861 soit :
1 — avant 1860 : 
Pas de dépôts d’immigrants clairement identifiés.

S’il est vrai que, dès 1855, les règlements administratifs locaux guadeloupéens évoquent clairement l’obligation de diriger les arrivants vers un lieu d’isolement, désigné ou validé par l’Administration de la colonie... on ne sait rien de la localisation de cet endroit.

Il sera précisé en 1859, qu’il s’agit d’un dépôt, toujours sans qu’on puisse le situer géographiquement ; on comprend cependant qu’il devait nécessairement être aux proches abords de Pointe-à-Pitre puisqu’à cette époque, il était fait obligation aux navires transporteurs d’immigrants de mouiller dans son port.
Il faudra attendre 1860 pour identifier le site dit d’Arboussier comme étant celui de l’installation de ce dépôt (une parcelle constitue aujourd’hui le terrain d’assiette du... MEMORIAL ACTe, eh oui !..)

2 — 1860 à 1867 : le dépôt de DARBOUSSIER
1860 n’est peut-être pas une année totalement neutre sur ces questions : c’est en effet, un an seulement avant que le consul britannique à Pointe-à-Pitre n’obtienne droit de regard (au titre de la convention franco-britannique alors en cours de négociation, qui serait signée le 1er juillet 1861) sur les conditions de débarquement en Guadeloupe de ceux des immigrants indiens qui étaient sujets britanniques.

En 1860, moyennant un loyer annuel de 4.639 francs de l'époque, la colonie de la Guadeloupe louera à son propriétaire un ensemble de terrains et constructions au lieu-dit d’Arboussier à la sortie de Pointe-à-Pitre, sur le chemin de la Source, dans un but explicite : "installer le cantonnement des immigrants à leur arrivée dans la colonie".

En 1867, le propriétaire vendra le site à la compagnie F. Cail & E. Souques, le plus puissant usinier de la Guadeloupe de l’époque, pour y construire la plus grande usine sucrière moderne des petites Antilles : la future usine Darboussier.
3 — 1867 à 1899 : le dépôt de FOUILLOLE.

Ce changement de propriétaire obligera à délocaliser le cantonnement des immigrants. Le Conseil Général de la colonie optera alors pour la pointe Fouillole, à moins d’un kilomètre de l’emplacement initial de Darboussier.
Du point de vue du Conseil Général, ce nouveau site n’offre que des avantages au regard de ce que l’on attend d’un "bon dépôt d’immigrants". De surcroît, le terrain appartient déjà à la colonie.

De fait, jusqu’à la fin de l’immigration réglementée, le dépôt de Fouillole sera le principal dépôt d’immigrants de la Guadeloupe.

De strict dépôt d’immigrants qu’elle est à l’origine, la structure dérivera insensiblement vers une sorte de polyvalence d’activités diverses, toujours plus éloignées de sa vocation initiale que seule préservera d’une dénaturation définitive l’indianité de ses usagers, par ailleurs très divers :
- des immigrants en attente d’un proche rapatriement.
- des immigrants devant être maintenus à disposition de la justice
- des immigrants engagés aux contrats résiliés et sans réengagements
- des immigrants sous le coup d’une décision de rapatriement d’office et en attente d’un navire
- des immigrants en situation de marronnage ou de vagabondage, en attente d’être remis à leurs engagistes
- des immigrants dont l’identité ne pouvait être immédiatement établie...

Après le 31 janvier 1889, il n’y aura plus de nouvelles arrivée d’immigrants indiens en Guadeloupe.

La fonction originelle de dépôt d’immigrants de la structure perdra sa raison d’être avec l’arrivée ce jour-là, des plus de 500 derniers immigrants indiens en Guadeloupe, débarqués du "Nantes-Bordeaux", le 93è et dernier coolie-ship arrivé en Guadeloupe.

En 1897, un rapport décrit une structure de dépôt quasiment vide d’immigrants, pas plus de cinq à dix personnes. Dès lors, autant fermer, orienter vers l’hospice les quelques immigrants indiens dont l’état de santé le réclame, et réaliser des économies budgétaires.

Cependant ce ne sera pas la décision politique, mais la fureur du cyclone du 7 août 1899 qui, en détruisant le dépôt de Fouillole réglera le problème : il ne sera pas reconstruit.

Néanmoins, jusqu’à 1906, ultime année des "convois de rapatriement", des navires continueront d’appareiller de Pointe-à-Pitre.

L’Administration de la colonie logera les Indiens en attente de rapatriement dans une petite maison qu’elle louait au CARÉNAGE à Pointe-à-Pitre.

4 — de 1890 à la 1è guerre mondiale, le dépôt de BASSE-TERRE
Un peu moins d’un an après la destruction par le cyclone du dépôt de Fouillole, il est décidé, le 30 juin 1890, de créer un dépôt d’immigrants à... Basse-Terre.
Ce choix peut surprendre eu égard à la décision déjà ancienne de faire de Pointe-à-Pitre le terminal portuaire guadeloupéen des ‘convois indiens’.
De façon exceptionnelle en 1881, les passagers du "Latona" et du "Syria" avaient été débarqués à Basse-Terre. Faute de sources, on suppose qu’à cette occasion l’actuel Fort Delgrès a pu faire office de dépôt d’immigrants.
On trouve trace du fonctionnement du dépôt de Basse-Terre jusqu’au début de la première guerre mondiale.

Au sortir du conflit il avait définitivement disparu et, avec lui, l’un des derniers témoins institutionnels de l’immigration réglementée en Guadeloupe.
À quand cette histoire dans les livres scolaires ?
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D'après les recherches de M. Jack Caïlachon, chercheur indépendant. Cf. son article publié le 15 octobre 2016.

mardi, août 22, 2017

MYTHE DE L’ECLIPSE SOLAIRE EN ÉGYPTE ANTIQUE

fresque du tombeau de Ramsès Ier (Père de Séthi Ier) montant le serpent Apophis (registre du bas) qui tente chaque nuit de s'opposer à la course de Rê sur sa barque solaire (registre du haut). Mais le dieu du Soleil est protégé par un autre serpent (Méhen) qui l'entoure sur sa barque et ici Râ étant Atoum durant la nuit combat Apophis.

Le périple de Râ sur sa barque solaire

La mythologie égyptienne est une abondance de cycles, la création du monde est un recommencement perpétuel en quelque sorte. Ré ou Râ, le dieu solaire, incarne ce principe fondamental de la vie qui naît, vieillie, meure et se régénère chaque jour. Il explique comment le soleil revient chaque jour éclairer le monde des hommes et le combat qu'il doit mener contre le puissant dieu serpent Apophis, dieu de la nuit et du chaos originel.

Suite à la création du monde, Râ s’était installé sur terre et la déesse Nout occupait le ciel. Chaque matin, Râ s’installait dans sa barque magique, et se lançait alors dans un long voyage de 12 heures durant la journée autour du monde afin d’apporter la lumière sur terre.

Sur son périple diurne il existe plusieurs versions, mais toutes s’accordent sur le fait que Râ passe par plusieurs phases durant son voyage. Tout d’abord il naît et sa naissance matinale Ré est représenté en tant que Khépri, un dieu à tête de scarabée qui est aussi appelé Khéper. Sa barque matinale est nommée barque-âdtet il navigue dans cette barque céleste jusqu'à l'heure de midi où il arrive au point culminant de sa course, son zénith. A ce moment-là il a évolué pour devenir Ré-harakhti ou Ré-Horus, le dieu à tête de faucon.

Le soir, après avoir parcouru son empire et le monde, il devient Atoum, un vieillard sur sa barque-meandjet, il arrive à la fin de son voyage de jour. 

Pour entamer son voyage nocturne périlleux il abandonne la barque solaire pour celle de la lune (mesketet) et c’est alors qu’il est absorbé par Nout qui l’avale littéralement avec sa bouche.

Ainsi, Râ est chaque soir absorbé par Nout, les rayons du soleil ne parviennent plus jusqu’aux humains et l’obscurité enveloppe la Terre. Durant son périple de nuit dans les ténèbres de la voie lactée et du monde des morts, Ré passe dans plusieurs royaumes, chacune de ces étapes marquent les heures de la nuit et les phases de la régénérescence de Râ. 

Juste avant le lever du jour c’est le moment fatidique de la lutte !

Tout d’abords Ré doit échapper au piège des anneaux d’Apophis, puis Apophis sous la forme d’un puissant serpent de de 450 coudées boit toute l'eau du Nil. Ré aidé de ses défenseurs et de la ruse d’Isis (selon les versions) emprunte une route secrète pour échapper à Apophis et triompher de la bataille et renaître au monde en laissant luire ses rayons solaire et reprendre sa barque solaire pour son voyage de jour.

Apophis perd chaque fois la bataille mais il arrive qu’a certaines occasions qu’Apophis attaque Râ en pleine journée, et parvient à renverser la barque magique. C’est ainsi que les Egyptiens de l’Antiquité expliquaient les éclipses de soleil.

Le voyage et les périples du dieu suprême Ré règle le cours des heures, des jours, des mois, des années et des saisons. Ce lui qui apporte l’ordre dans l’univers et rend la vie possible.


Emmanuelle Bramban

LÉGENDE DE L’ECLIPSE SOLAIRE CHEZ LE PEUPLE SHUAR (Amazonie)


Les amours d'Etsa et Nantu

"Dans un mythe des Indiens shuars d'Amazonie, Etsa, le soleil, est fils du Créateur. Celui-ci prend de la boue qu'il souffle, depuis sa bouche, sur Etsa endormi. Cette boue devient une femme, la Lune (Nantu), à qui Soleil désire s'unir.

Mais Nantu, effarouchée, reste insensible aux avances d'Etsa. Profitant d'un instant de distraction de celui-ci (il est en train de décorer son visage pour mieux la séduire), elle s'envole comme une flèche vers le monde supérieur.
Là, elle peint aussi son visage, mais avec des traits noirs, avant d'escalader la voûte du ciel en grimpant comme un jaguar. Etsa, pour la rejoindre, obtient l'aide de deux perroquets et de deux perruches, qu'il attache à ses poignets et genoux. Les oiseaux s'envolent et l'emmènent jusqu'à Nantu. Une violente dispute éclate entre eux.

Sous l'empire de la colère, Etsa finit par frapper Nantu: c'est une éclipse de lune.

Puis Nantu reprend le dessus: c'est une éclipse de soleil. Mais le résultat de cette querelle, destinée à se reproduire, est la soumission de Lune à Soleil. 
Nantu, vaincue, pleure, et son visage devient rouge: c'est la pluie, qui survient quand la lune est rouge.

Etsa et Nantu finissent par se marier et s'unir sur les bords du fleuve Kanusa.
Enceinte de Soleil, Lune croît. Elle donne naissance à un enfant, Uñushi («le Paresseux»), ancêtre des Shuars, bientôt accompagné de toute une suite de frères et des dont le dauphin amazonien, le pécari, et surtout une jeune fille, Manioc, amie et compagne intime des shuars."

Source : Les cahiers de l’Unesco, Le Soleil mythes anciens et technologies nouvelles

LÉGENDE DE L'ECLIPSE SOLAIRE DANS LES CIVILISATIONS INCAS


Le Puma céleste et La chute de la Lune

Les peuples incas, tout comme les peuples mayas et aztèques vouent de véritables cultes au soleil, des temples, des prières lui sont dédiés. 

Dans la mythologie inca le soleil est la divinité suprême, la plus importante, c’est l’inti. Source de chaleur et de lumière, l’inti est le protecteur du peuple inca. Les empereurs incas se réclamaient d'ailleurs de sa descendance, ils étaient les représentants d’inti sur terre. 

Mama Killa la déesse lune, des fêtes et des mariages est aussi célébrée chez les Incas et selon les légendes est soit la femme d’Inti, sa sœur ou sa fille. Aussi les éclipses solaires et lunaires anciennement plongeaient les peuples dans la peur voire la terreur.

La légende La chute de la Lune 

C’est la légende de l’éclipse de lune chez les incas.
Selon la culture populaire, les éclipses de Lune ont lieu quand la lune trop profondément endormie sort de son chemin habituel et risque soit de tomber, soit de se perdre ou d’être mangée par un monstre affamé.

Lors des éclipses le but était de de faire revenir le soleil ou la lune au plus vite en faisant le maximum de bruit en tapant sur les tambours, les casseroles, en faisant les chiens aboyer et crier les enfants pour réveiller la lune.

La légende du Puma céleste 

Le moment de l’éclipse solaire est le moment fatidique ou le fils de Viracocha, Inti le dieu Soleil est dévoré par le représentant des dieux des montagnes le Puma céleste, un félin monstrueux dont la colère et les rugissements provoquent orage et tonnerre. Ses yeux déclenchent les éclairs. Le Puma céleste dans les peuples andins incarne également la force et le courage des êtres surnaturels.

Quand se produit l’éclipse du soleil, les runas, les paysans andins et toutes les personnes du peuple devaient faire le plus de vacarme possible pour effrayer et chasser le Puma céleste, afin qu’il retourne dans ses contrées et laisse l’inti tranquille.

L’éclipse du soleil dans les croyances des peuples incas est un moment de bataille entre Inti et le Puma céleste, entre le Ciel et la Terre.


Emmanuelle Bramban

samedi, mai 27, 2017

Le 27 mai 1848 - Abolition de l'esclavage en Guadeloupe...



Le 27 mai 1848, l'abolition de l'esclavage en Guadeloupe est décrétée en Guadeloupe...

dimanche, mai 21, 2017

Jardin-nègre, ça correspond à quoi ?


"Je vous avais dit ci-devant, parlant du grage, que le code noir avait interdit en 1685 la pratique des jardins que le maître donnait aux nègres, énumérant plutôt une liste d’aliments à fournir aux esclaves chaque semaine. Seulement constatant qu’en général les maîtres ne donnaient pas suffisamment à manger aux esclaves et voyant que de toute manière cette tradition du jardin-nègre sur l’Habitation avait fini par prendre aux yeux de ces derniers une importance considérable, le gouvernement royal du Roi-soleil avait généralisé cette mode plutôt que de continuer de l’interdire, d’autant qu’elle symbolisait en outre l’illusoire idée d’une perpétuation de la petite paysannerie africaine sous les tropiques. L’ordonnance du 17 octobre 1786 finit par rendre obligatoire l’existence de ce jardin. « Il sera distribué à chaque nègre ou négresse une petite portion de l’habitation pour être par eux cultivée à son profit, ainsi que bon leur semblera». Mais, s’entend, cela ne dédouanait pas le maître du devoir de nourrir ses différents ateliers d’esclaves.


Les nègres ont toujours été attachés à leur petit bout de terre comme à la prunelle de leurs yeux. Les propriétaires d’esclaves le comprirent bien vite et s’en servirent comme d’un outil de chantage, une espèce de soupape de sécurité, menaçant presque quotidiennement d’enlever le lopin de terre à ceux des esclaves qui n’étaient pas sages et obéissants. Et vu qu’à l’époque rien n’était plus dégradant que de se faire punir de la sorte, cela contribua de la tranquillité du maître.

Maintenant il y a une nouvelle évolution puisque la loi de 45 prévoit que chaque esclave devra disposer d’un jour dans la semaine pour travailler à son compte. Je déduis que cela réaffirme implicitement qu’il ait un jardin."

Josépha Luce