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dimanche, septembre 06, 2020

Discours sur les trois tombes.




" Au nom de l’ordre et de la force publique, au nom de l’autorité qui nous régente, au nom de la loi et au nom de la France, une poignée d’assassins en armes vient de creuser trois tombes d’un coup dans notre sol Lamentinois. 
Crime plein de lâcheté et plein d’horreur ! 
Crime policier, crime raciste, crime politique. 

Policier certes, parce que pas une main civile 
N’a commis en cette nuit du Vendredi 24 Mars 1961 
Le moindre geste meurtrier.

Crime raciste certes, même quand des valets de notre sang, de notre race, au service à la fois de la force et de l’argent, trahissent leur sang, trahissent leur race, pour se faire vils et dociles assassins. 

Crime politique certes, parce qu’il fut organisé pour et par les forces d’oppression capitalistes et colonialistes et qu’il s’est commis au grand détriment de familles ouvrières des plus humbles mais des plus dignes. 

Vingt-et–un blessés et trois cadavres, voici le bilan de cette nuit tragique, de ces minutes de rage policière. 

Nous mesurons alors le poids du mépris des meurtriers en uniformes et nous savons aujourd’hui encore mieux qu’hier le peu de poids que pèsent dans la balance de l’Etat Français les vies humaines, lorsque ces vies-là sont celles des nègres de chez nous.

Le plus féroce des meurtriers, fut-il fusil au poing, mitraillette au côté, chasse de la voix le chien qui devant sa porte approche, pour l’avenir des sévices qu’il encourt. 

Ici, les assassins officiels- sans crier gare- 
Couchent sur le sol en deux salves sanglantes, 
Des hommes, des femmes, qui ont commis la faute de ne pas être contents d’avoir été si longtemps trompés, abusés, exploités.

Qui veut du pain aura du plomb 
au nom de la loi, au nom de la force, 
au nom de la France , 
au nom de la force de la loi qui vient de France. 

Pour nous le pain n’est qu’un droit, 
pour eux le plomb c’est un devoir. 

Et dans l’histoire des peuples noirs 
Toujours a tort qui veut du pain 
Et a raison qui donne du plomb. 

Ainsi vont les choses pour nous les noirs. 

De mal en pis elles vont, les choses.

Pour que les cris des peuples noirs, ceux de l’Afrique, ceux du Congo, 
ceux de Cayenne et ceux d’ici, ne puissent s’unir en une seule voix dont les échos feront un jour éclater l’avenir en gros morceaux de joie, de tendresse et d’amour, feront s’évaporer la haine, la domination et la servilité, feront pleuvoir du bonheur pour les pauvres, pour que les échos de cette immense voix des travailleurs de toutes les races, unis, égaux, en droits, ne puissent résonner à l’unisson, on étrangle, on enferme et l’on tue. 

Dans les lambeaux de quel drapeau vont se cacher 
Pour palpiter les principes humains de le morale française ? 
Sous les plis de quelle bannière va se tapir la charité chrétienne ? 
Répondez, citoyens, camarades, répondez, vous que le plomb tient aux entrailles et qui râlez à l’hôpital. 

Répondez, vous que les balles assassines 
Ont couchés dans le silence. 

Répondez, vous trois qui avez passé vos brèves années 
dans le culte du travail et de dieu. 

Réponds- moi Suzanne MARIE-CALIXTE, belle et forte camarade, 
toi qui pendant tes 24 années passées sur terre, as cultivé l’amour de ta mère et de ta grand’mère, l’amour des tiens, l’amour de Dieu, de tes prochains. 
Dis-moi quelle dernière prière tu venais d’adresser à ton Seigneur dans son Eglise que tu quittais à peine, quand les gendarmes firent entrer la mort par un grand trou dans ton aisselle, à coups de mitrailleuses. 

Et si ton Dieu t’accueille au ciel, 
Tu lui diras comment les choses se sont passées. 
Tu lui diras qu’Alexandre LAURENCINE ici présent 
Avait seulement 21 ans.

Qu’il s’est couché sur le pavé et que c’est là, face contre terre, 
qu’il fut tiré et qu’il fut tué, déjà couché, prêt au tombeau. 
Tu lui diras que son papa s’était baissé pour l’embrasser 
et qu’à la main il fut blessé. 

Tu lui diras jeune fille, qu’Edouard VALIDE 
garçon tranquille de 26 ans, donnait le dos aux assaillants, 
et qu’à la nuque il fut atteint et que sa tête de part en part fut traversée. 
Tu lui diras que des Français forment ici une gestapo qui assassine dans le dos 
au nom de la loi, au nom de la force, au nom de l’ordre, au nom de la France 
au nom de l’ordre qui vient de France. 

Vous trois, amis, dont la police et la gendarmerie ont cru utile et agréable d’ouvrir les tombes à coups de fusil, vous trois dont les mains étaient vides 
comme vos poches et votre ventre, vous trois dont la tête était pleine de tracasseries et de soucis, de manque d’argent et de malheur, vous trois dont le cœur était plein d’espoir et d’amour sachez que votre sang a fécondé le sol de votre ville pour que se lèvent des milliers de bras qui sauront un jour honorer votre martyre,dans la paix, dans la raison et dans la liberté. 

Vos noms rejoignent glorieusement 
Ceux du François de 1900, 
Ceux du Carbet de 1948, 
Et tous ceux qui pour les mêmes raisons, sont les victimes du plus fort et de la trahison.

Au nom de l’Edilité de votre ville, au nom de tout un peuple de Travailleurs, je m’incline avec piété devant vos trois cercueils et je salue affectueusement vos familles dans la douleur. 

Puisse votre souvenir illuminer nos luttes à venir qui seront dures certes- 
ici vos bières nous l’indiquent à suffire- mais qui seront, nos luttes, assurément victorieuses. 

Car nous sommes tous avec vous trois par votre sang, par notre honneur, 
liés, pour la raison contre la trahison, dans le courage contre la lâcheté,
dans l’amour contre la haine,pour la liberté contre la servilité, pour la fraternité des peuples contre le racisme, pour la paix et le bonheur universels 
contre l’égoïsme cruel de quelques uns. 

Fiers et Chers Camarades, Adieu ! "


Georges GRATIANT

jeudi, mars 08, 2018

MICAELA BASTIDAS PUYUCAWA



Micaela Bastidas Puyucawa était l'épouse de Tupac Amaru II qui a joué un rôle de premier plan dans la grande révolte anticoloniale de 1780. 

Née en 1745 dans la province Tamburco de Abancay, région Apurimac dans les régions montagneuses du sud du Pérou. Ses parents étaient l'Afro-Péruvien Manuel Bastidas et le natif Josefa Puyucawa.

En 1760, à l'âge de 15 ans, elle épousa le jeune cacique de Cuzco, José Gabriel Condorcanqui le grand Túpac Amaru II, avec qui elle a eut trois enfants: Hipólito, Mariano et Fernando. Elle a eu une position riche dans le viceregal Cusco puisque son mari était un cacique important et un muletier prospère. Cependant, il a vécu dans l'indignation sur les abus subis par les Indiens, l'esclavage des Noirs, l'augmentation des impôts et les abus contre les Indiens.

Lorsque la rébellion éclate en 1780, Micaela Bastidas est le principal conseiller de l'Inca et le tient au courant des mouvements réalistes lorsqu'il fait campagne, elle a carrément occupée un poste de chef de file. 

En outre, de la ville de Tinta (Canchis, Cusco) elle a dirigé les fournitures d'armes et de nourriture pour les troupes rebelles. 
Elle a dirigé des actions préparatoires militaires lorsque Tupac Amaru II était absent et son rôle en tant que chef guerrière a été majeur dans le succès  de la bataille de Sangarará.

Ses lettres adressées à Tupac Amaru II pendant la guerre montrent son extraordinaire dévouement à la cause révolutionnaire. Beaucoup pensent que si l'Inca avait pris le Cusco dans les premiers jours du soulèvement, comme l'exigeait Micaela, il aurait été presque impossible aux royalistes de le récupérer.

Lorsque le soulèvement a échoué, elle a été capturée et emmenée à Cusco, où elle a été condamnée à l'étranglement. Le 18 mai 1781, sur la place d'armes de Cusco, les bourreaux lui coupent la langue et lui appliquent l'ignoble garrotte. Quand elle était encore en train de mourir, ils lui ont donné des coups de pied dans le ventre et la poitrine. Quelques minutes plus tôt, elle avait vu la pendaison de son fils Hipolito. Les deux décès ont été constatés par Tupac Amaru II, qui a été exécuté le même jour.

Elle est considérée comme la mère de l'identité culturelle inca Kichwas, elle incarne la force, la lutte et la rébellion contre l'oppression coloniale.

Emmanuelle Bramban 

jeudi, mars 16, 2017

colonisation et nazisme


Olivier Mukuna : Après la commémoration française de « l’abolition de l’esclavage», à laquelle participait Nicolas Sarkozy, que pensez-vous d’une de ses déclarations : « La France n’a pas à rougir de son histoire. La France n’a jamais cédé à la tentation totalitaire. Elle n’a jamais exterminé un peuple. Elle n’a pas inventé la solution finale, elle n’a pas commis de crime contre l’humanité, ni de génocide … La vérité c’est qu’il n’y a pas eu beaucoup de puissances coloniales dans le monde qui ait tant œuvré pour la civilisation, le développement et si peu pour l’exploitation » ?

Jacques Vergès : C’est évidemment un discours de candidat… La question n’est pas de rougir ou même de se repentir. Il s’agit d’autocritique. La repentance évoque la religion ; l’autocritique, une attitude responsable. Simplement se dire : Voilà ce que nous avons fait et cela a aboutit à une catastrophe. Quelles erreurs, quelles fautes avons-nous commises pour en arriver là ? L’autocritique reste à faire pour l’esclavage, mais aussi pour la colonisation qui a commencé au 19ème siècle. Une période de printemps des peuples en Europe, mais de grands malheurs pour ceux d’Asie et d’Afrique. Pourquoi ? Parce qu’on a justifié par la science l’infériorité de ces êtres humains.
On convoqua Darwin pour asseoir une sélection naturelle selon laquelle les plus aptes doivent triompher des plus faibles. Darwin lui-même - qui possédait des qualités humaines -, déclare : « A l’échelle des siècles, il est évident que beaucoup de civilisations arriérées vont disparaître ». Sur cette base, nous, les Européens, avons estimé avoir des droits sur ces peuples jugés inférieurs. Le droit de conquérir leurs terres, le droit de les faire bosser pour nous et le droit de les détruire…

Lorsqu’on parle de génocide, on oublie souvent la Tasmanie. Par définition, cette île au large de la Nouvelle-Zélande était peuplée de Tasmaniens. Il n’y en a plus ! La dernière Tasmanienne est morte en 1877. Les colons anglais les chassaient au fusil et avec des chiens. En Australie, les Aborigènes n’étaient pas représentés. Les Anglais considéraient que ce peuple faisait partie de la faune. 

Pour les animaux, on procède à une estimation, pas à un recensement…

Olivier Mukuna : Selon Sarkozy et d’autres, la France a davantage développé qu’exploité ses ex-colonies…

Jacques Vergès : Dans les colonies françaises, il y avait surtout le travail forcé… Prenez des modèles de réflexion subtile et modérée comme Tocqueville. 

Cet auteur de textes très intéressants sur la fin de l’Ancien régime et la démocratie américaine disait aussi : « Avec les Arabes, il faut savoir brûler les récoltes, razzier les villages, faire prisonnier les femmes et les enfants » ... 

Dans les années 20, Léon Blum, ce parangon du socialisme démocratique, écrivait : « Les races supérieurs ont des droits et des devoirs envers ceux qui ne sont pas parvenu au même degré de civilisation » … 

En 1936, le docteur Schacht, grand bourgeois, banquier puis ministre des finances d’Hitler, rend visite à Léon Blum. Il lui dit : « Je suis opposé à un empire colonial en Europe ». C’est-à-dire à un système colonial visant des Blancs. « Mais je suis favorable à ce que l’Allemagne recouvre des colonies en Afrique », ajoute-t-il. Blum répond : « Je suis d’accord avec vous. Je vais intervenir auprès des Anglais afin qu’ils vous restituent certains territoires africains ».

Olivier Mukuna : Dans votre dernier livre (1), vous écrivez : « La colonisation est la matrice du nazisme ». Une affirmation qui provoque pour le moins débat…

Jacques Vergès : Bien sûr. Un exemple : A l’époque d’Hitler, il y avait toujours un SS silencieux qui notait les propos de table du Führer. Le culte du chef l’imposait. A la libération, ces carnets ont été saisis par les Russes, puis ont été publiés et traduits en Anglais et en Français.

En 1941-42, lorsqu’Hitler envahit la Russie, il dit : « Nous devons faire avec les Slaves ce que les Américains ont fait avec les Indiens : les chasser des villes et les obliger à vivre dans des lieux reculés ». 

En 1943-44, la défaite arrive et les yeux du futur vaincu s’ouvrent. Hitler dit: « J’aurai dû exiger l’indépendance des pays d’Afrique du Nord pour que le feu prenne dans tout le monde musulman ». Il ajoute : « Les Chinois et les Japonais sont aussi civilisés que nous et peut-être l’étaient-ils avant nous ».

Au départ, Hitler se veut le continuateur des colonialistes. Hanna Arendt et Aimé Césaire le constatent aussi. Dans son Discours sur le colonialisme, Césaire écrit : « Quand M. Hitler s’est mis à éructer, cela vous a étonné en Europe. Nous, pas ! C’était le même discours que nous tenaient nos maîtres, sauf qu’eux pensaient que ces procédés colonialistes ne s’appliquaient qu’aux Arabes, aux Nègres ou aux Coolies et non pas à d’autres Blancs »... Il n’y a pas de doute : le nazisme est l’enfant du colonialisme.

[Paris Match Belgique, Bruxelles, 2007].
(1) « Que mes guerres étaient belles », Editions du Rocher, 2007.

dimanche, avril 24, 2016

Extrait de la causerie de Jules Renquin, Ministre Belge des Colonies, en 1920 avec les premiers missionnaires catholiques du Congo-Belge.


Les devoirs des Missionnaires dans notre colonie

Révérends Pères et Chers Compatriotes, soyez les
bienvenus dans notre seconde patrie, le Congo Belge

La tâche que vous êtes conviés à y accomplir est très
délicate et demande beaucoup de tact. Prêtres, vous
venez certes pour évangéliser. Mais cette
évangélisation doit s’inspirer de notre grand principe
 : tout avant tout pour les intérêts de la métropole
(Belgique).

Le but essentiel de votre mission n’est donc point
d’apprendre au noirs à connaître Dieu. Ils le
connaissent déjà. Ils parlent et se soumettent
à un NZANBE ou un NVINDI-MUKULU, et que sais-je
encore ? Ils savent que, tuer, voler, calomnier,
injurier.. est mauvais.

Ayant le courage de l’avouer, vous ne venez donc pas
leur apprendre ce qu’ils savent déjà. Votre rôle
consiste, essentiellement, à faciliter
la tâche aux administratifs et aux industriels. C’est
donc dire que vous interpréterez l’évangile de la
façon qui sert le mieux nos intérêts
dans cette partie du monde. Pour ce faire, vous
veillerez entre autres à :

- 1. Désintéresser nos "sauvages" des richesses
matérielles dont regorgent leur sol et sous-sol, pour
éviter que s’intéressant, ils ne nous fassent
une concurrence meurtrière et rêvent un jour à nous
déloger.
Votre connaissance de l’évangile vous
permettra de trouver facilement des
textes qui recommandent et ’font aimer la pauvreté’.
Exemple : « Heureux sont
les pauvres, car le royaume des cieux est à eux » et
« il est plus difficile à un riche d’entrer au ciel
qu’à un chameau d’entrer par le trou d’une aiguille ».
Vous ferez donc tout pour que ces Nègres aient peur de
s’enrichir pour mériter le ciel..

- 2. Les contenir pour éviter qu’ils ne se révoltent.
Les administratifs ainsi que les industriels se
verront obligés de temps en temps, pour se faire
craindre, de recourir à la violence (injurier,
battre..). II ne faudrait pas que les Nègres
ripostent ou nourrissent des sentiments de vengeance.
Pour cela, vous leur enseignerez de tout supporter.
Vous commenterez et les inviterez à suivre l’exemple
de tous les saints qui ont tendu la deuxième joue, qui
ont pardonné les offenses, qui ont reçu
sans tressaillir les crachats et les insultes.

- 3. Les détacher et les faire mépriser tout ce qui
pourrait leur donner
le courage de nous affronter.
Je songe ici
spécialement à leurs nombreux fétiches de guerre
qu’ils prétendent les rendre invulnérables. Étant
donné que les vieux n’entendraient point les
abandonner, car ils vont bientôt disparaître, votre
action doit porter essentiellement sur les jeunes.

- 4. Insister particulièrement sur la soumission et
l’obéissance aveugles.
Cette vertu se pratique mieux
quand il y a absence d’esprit critique. Donc
évitez de développer l’esprit critique dans vos
écoles. Apprenez-leur à croire et non à raisonner.
Instituez pour eux un système de confession qui
fera de vous de bons détectives pour dénoncer tout
noir ayant une prise de conscience et qui
revendiquerait l’indépendance nationale.

- 5. Enseignez-leur une doctrine dont vous ne mettrez
pas vous-même les principes en pratique. Et s’ils vous
demandaient pourquoi vous comportez-vous contrairement
à ce que vous prêchez, répondez-leur que "vous les
noirs, suivez ce que nous vous disons et non ce que
nous faisons". Et s’ils répliquaient en vous faisant
remarquer qu’une foi sans pratique est une foi morte,
fâchez-vous et répondez : "heureux ceux qui croient
sans protester".

- 6. Dites-leur que leurs statuettes sont l’oeuvre de
Satan.
Confisquez-les et allez remplir nos musées : de
Tervurene, du Vatican. Faites oublier aux noirs leurs
ancêtres.

- 7. NE PRÉSENTEZ JAMAIS UNE CHAISE À UN NOIR QUI VIENT
VOUS VOIR.
Donnez-lui tout au plus une cigarette. Ne
l’invitez jamais à dîner même s’il vous tue une poule
chaque fois que vous arrivez chez lui.
NE JAMAIS DIRE "VOUS" À UN NOIR, CAR IL SE CROIRAIT
L’ÉGAL DU BLANC..

- 8. CONSIDÉREZ TOUS LES NOIRS COMME DES PETITS ENFANTS
que vous devez CONTINUER À TROMPER.
Exiger qu’ils
vous appellent TOUS "MON PÈRE".

- 9. Criez au communisme et à la persécution quand ils
vous demandent de cesser de les tromper et de les
exploiter.

Ce sont là, Chers Compatriotes, quelques-uns des
principes que vous appliquerez sans faille. Vous en
trouverez BEAUCOUP D’AUTRES dans des livres et textes
qui vous seront remis à la fin de cette séance. Le Roi
attache beaucoup d’importance à votre mission. Aussi,
a t il décidé de faire tout pour vous la faciliter.
Vous jouirez de la très grande protection des
administratifs. Vous aurez de l’argent pour vos oeuvres
évangéliques et vos déplacements.
Vous recevrez gratuitement des terrains de construction pour leur mise en valeur, vous pourrez disposer d’une main d’oeuvre gratuite.

Voilà donc Révérends Pères et Chers Compatriotes, ce que j’ai été prié de vous faire savoir en ce jour.

Main dans la main, travaillons donc pour la grandeur de notre Chère Patrie.

(Source : Avenir colonial Belge,
30 octobre 1921)

jeudi, février 14, 2013

Le supplice de Hatuey


Il s'agit d'une toile peinte vers 1930 d'Augusto García Menocal présentant le supplice de Hatuey, un chef amérindien de Cuba qui avait résisté de toutes ses forces à la conquête espagnole de l'Île.

La toile s'intitule «Je ne veux pas aller au Ciel»: ce titre c'est la réponse que Hatuey a fait à la question que lui adressait un des moines (franciscain ou dominicain) qui sont présents dans la toile.

Le moine demanda donc à Hatuey s'il voulait aller au Ciel. Hatuey lui demanda si ces hommes qui le suppliciaient iraient eux aussi au Ciel. À la réponse affirmative du moine, Hatuey lui dit: «Je ne veux pas aller au Ciel». Hatuey fut donc brûlé sur le bûcher mais il l'aurait été de toute façon. 

Les Espagnols exterminèrent tous les Amérindiens de Cuba et en massacrèrent la presque totalité dans toutes les terres américaines dont ils firent la conquête.

Comme les Anglais. Comme les Portugais. Quand ils ne les exterminèrent pas, il firent en sorte de leur faire oublier leur langue, leur religion, leur culture. Au génocide des corps, ils ont ajouté le génocide des esprits.

Et ces génocides se poursuivent encore maintenant (sous d'autres formes)

lundi, janvier 07, 2013

HOUPHOUET-BOIGNY VU PAR FRANTZ FANON


M. Houphouët-Boigny s’est fait le commis-voyageur du colonialisme français et il n’a pas craint de se rendre aux Nations unies pour y défendre la thèse française. 

Lorsqu’un colonisé comme M.Houphouët-Boigny, oublieux du racisme des colons, de la misère de son peuple, de l’exploitation éhontée de son pays en arrive à ne pas participer à la pulsation libératrice qui soulève les peuples opprimés et que, en son nom, tous pouvoirs sont donnés aux Bigeard et autres Massu, nous ne devons pas hésiter à affirmer qu’il s’agit ici de trahison, de complicité et d’incitation au meurtre.


(POUR LA REVOLUTION AFRICAINE (FRANTZ FANON); P.135 et 136)