mardi, mars 08, 2016

8 Mars - Journée internationale des droits des femmes

Réunion féministe. France, vers 1900
© Albert Harlingue - Roger-Viollet

En 1944, les femmes obtiennent le droit de vote en France. Mine de rien, c’est 42 ans après l’Australie, 26 ans après la Grande-Bretagne, l’Allemagne et l’URSS, et même 10 ans après la Turquie.

Et surtout près de 100 ans après les hommes, en France.




Discours d'une candidate député à la permanence électorale de Madeleine Pelletier, 1910
© Albert Harlingue -Roger Viollet
Il faut dire que chez nous, le système parlementaire a une spécificité.

Il est composé de deux chambres: l’Assemblée Nationale, qui a adopté dès 1919 une proposition de loi instaurant le vote des femmes ; et le Sénat qui a tout fait pour s’y opposer, quitte à ignorer totalement qu’il était saisi du sujet.

Et ce à plusieurs reprises.

Les vieux sont sourds, c’est connu….

Les suffragettes sortant du ministère des Affaires étrangères. Paris, vers 1910
© Albert Harlingue - Roger-Viollet
Il faudra attendre la Libération, pour que l’on reconnaissance l’existence des femmes dans la vie politique. Il faut dire qu’elles n’ont pas ménagé leurs forces dans la Résistance, où elles ont pris la même part que les hommes.

De Gaulle en était conscient, mais n’y voyait pas une priorité à la fin du conflit.



Manifestation féministe à la mémoire de Condorcet, organisée par Séverine - Quai du Louvre 1914
A l'Assemblée consultative provisoire qui s’en suivit, l'amendement du communiste Fernand Grenier instaurant le vote des femmes, est finalement adopté par 51 voix contre 16, et la vacance du Sénat.


Manifestation féministe aux élections législatives. Bureau de vote improvisé pour faire voter les femmes. Paris, 1914
© Maurice-Louis Branger - Roger-Viollet
Les Françaises obtiennent enfin le droit de vote et celui d’être élues. Elles voteront pour la première fois en 1945 et entreront au Sénat en 1946.Toutefois, bien avant 1945, et pendant des décennies, les femmes s’étaient battues pour obtenir ce doit. On les appelait les suffragettes…


Journal Le Rire 1914 "Quand les femmes voteront..." "Le petit isoloir portatif..."
Si l’on a vu en France sous l’Ancien Régime, des exemple de votes des femmes, le sujet est assez marginal et tient souvent à leur condition de veuve, représentant leur époux décédé.

Sous la Révolution, on opéra la distinction entre citoyens actifs et citoyens passifs, les femmes étant classées avec les enfants, les étrangers, et ceux qui ne payaient pas d’impôts, dans cette catégorie.


Inutile de dire que les citoyens passifs ne pouvaient voter, ou se faire élire….



Propagande de la Ligue d'action féministe pour l'obtention du droit de vote. France, 1925
© Albert Harlingue - Roger-Viollet
Ni Condorcet, ni Olympe de Gouges auteure de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne en 1791, n’y purent rien changer. « La femme a le droit de monter sur l'échafaud, elle doit avoir également celui de monter à la tribune ».

C’est bien dit, et donc elle finira sur l’échafaud….

En 1848 donc, le Gouvernement provisoire de la République instaure le « suffrage universel » masculin.


Manifestation féministe. Paris, vers 1930
© Albert Harlingue - Roger-Viollet
Le mouvement suffragiste apparaît en 1903 en Grande-Bretagne, et en 1906 en France. Hubertine Auclert, Madeleine Pelletier , Marguerite Durand ou Louise Weiss sont des figures emblématiques de ce mouvement, jusqu’en 1936. Des centaines d’associations féministes militent pour le vote des femmes. Elles font des pétitions, écrivent aux députés, certaines s’enchaînent aux grilles de l’Assemblée nationale, alertent les journalistes.

Campagne du journal Le Matin en faveur du vote des femmes, vers 1930 © Roger-Viollet
La fin de la guerre de 1914-1918 permit de faire prendre conscience de l’importance des femmes. Elles avaient remplacé les hommes, et étaient leur égal. C’est pour cela que le droit de vote leur fut accordé en 1918 en Grande-Bretagne, et c’est aussi pour cela que l’Assemblée Nationale fit de même en France en 1919. Mais le Sénat s’y opposa. Et il s’y opposa encore en 1922, 1928, 1929, 1931 et 1936.


Manifestation en faveur du vote des femmes, devant la Chambre des députés 1935 © Roger-Viollet
Après la Grande guerre, elles présentent des candidates, comme aux municipales de 1925, pour toucher l’opinion publique. En l’absence de droit, et paradoxalement, des femmes siègent dans les conseils municipaux et même trois sont nommées sous-secrétaires d’État en 1936 par le Front populaire.

© Roger-Viollet
Centre de propagande pour le vote des femmes dirigé par Louise Weiss De gauche à droite Maryse Demour, Hélène Roger-Viollet, Jeanine Nemo, Louise Weiss et Clara Simon. Paris, février 1936

1er vote des femmes, 29-avril-1945
Photo Robert Doisneau
C’est la vacance du Sénat, qui s’était tant opposé à cette idée, qui permit finalement aux députés d’accepter le vote des femmes en 1944.
Comme il a été dit, ce droit ne leur a pas été accordé, elles l’ont gagné….



1945 Les femmes votent pour la 1ère fois.





1962 : Alors que les femmes ont obtenu le droit de vote depuis 18 ans, les fillettes revendiquent ...
Il est à peu près certain que celle-ci a obtenu gain de cause, et a pu voter en 1981.



lundi, mars 07, 2016

La candace

Une candace est une reine chez les anciens nubiens. La civilisation nubienne s’étendait au sud de l’Égypte (Soudan), à partir de -300 avant JC et jusqu’au au 2e siècle de notre ère. La Nubie était un royaume dirigeait par des femmes (les candaces) durant sept siècles.

L’une des candaces, avait dirigé une armée qui avait mis en déroute Alexandre le plus grand conquérant de l’époque.

Plus tard le voyageur arabe Ibn Batouta nous raconte son étonnement lors de son voyage au Soudan en ces termes: « Ils (les nubiens) se nomment d’après leur oncle maternel et non d’après leur père; ce ne sont pas les fils qui héritent des pères, mais bien les neveux, fils de la sœur du père.»

dimanche, février 14, 2016

CHALVET : 14 FÉVRIER 1974, UNE DATE DE L'HISTOIRE MARTINIQUAISE

Tableau: Claude Cauquil 
"Chalvet 1974" est à n'en pas douter; l'un des évènements les plus marquants dans la mémoire collective du monde agricole et des Martiniquais.

Le 13 février 1974, la capitale de la Martinique est paralysée par des grèves commencées depuis le 17 janvier et qui allaient encore se durcir car les négociations entre patrons et les ouvriers n'ont rien donné. La grogne gagnait plusieurs communes; Rivière Pilote, le Lamentin, le Robert et Gros Morne. Les employés du public, du privé, les ouvriers, tous faisaient entendre leurs revendications. Les gendarmes qui avaient pour rôle de maintenir l'ordre rencontraient partout de grandes difficultés. La tension était à son comble dans le pays et la moindre manifestation se soldait par l'intervention des policiers qui étaient régulièrement assaillis par des jets de pierres. Ils répondaient à coups de gaz lacrymogène.

C'est dans ce contexte de crispation que la tragédie du jeudi 14 février va se dérouler, ce jour là partout dans l'île des foyers de protestations se déclaraient, les autorités avaient décidé de mettre un terme à la révolte ouvrière. C'est ainsi que dans le milieu de la matinée, sur le plateau de Chalvet à Basse Pointe les ouvriers se sont retrouvés nez à nez avec les forces de l'ordre. Ces derniers n'ont pas hésité à utiliser leurs armes. Au cours de cette fusillade de nombreux blessés, un gendarme aura également la main tranchée, il y a un mort : llmany Sérier, dit Renor, 55 ans, père de famille nombreuse. L'émoi est considérable les gendarmes sont accusés de meurtre.

llmany Sérier est enterré le surlendemain au Lorrain. Des centaines de personnes défilent derrière les centrales syndicales, les mots d'ordre syndicaux sont remplacés par des cris de vengeance "Orsetti assassin", "llmany nous te vengerons" et par des slogans politiques "à bas la répression coloniale, songé l'Algérie, songé l'lndochine, Martinique lévé". Deux heures avant l'enterrement, le corps d'un jeune homme de 19 ans ,Marie Louise, est découvert sur une plage de Basse Pointe, non loin de Chalvet. Des dizaines d'habitants s'agglutinent autour du corps et très vite les témoignages laissent entendre que Marie Louise figurait dans un groupe impliqué dans un affrontement avec les policiers.

Il a fallut ces deux morts de ce mois de février pour mettre un terme à la grève puisque le protocole de fin de conflit est signé le 19 février avec les syndicats. La détermination des ouvriers a permis de remporter une grande victoire pour le monde agricole. Les circonstances de la mort de Marie Louise n'ont jamais été élucidées et jusqu'en octobre 1974, plusieurs des ouvriers agricoles ou indépendantistes ont été arrêtés par les gendarmes. Par exemple, Alex Ferdinand; professeur d'histoire, a fait plusieurs jours de prison. Il a été arrêté et poursuivi pour entrave à la liberté de travail et violences à agents. Les poursuites judiciaires se sont soldées par des peines de prison avec sursis que l'amnistie est venue effacer.

14 FEVRIER 1974 EN MARTINIQUE, LA TUERIE DE CHALVET AU LORRAIN

 Ilmany Sérier dit Renord
"Il y a 30 ans, deux ouvriers agricoles grévistes étaient assassinés à Chalvet au Lorrain En Martinique, le 14 et le 16 février 1974, étaient des journées noires.

Renord Ilmany, ouvrier agricole gréviste de 55 ans était assassiné par les gendarmes au lieu-dit Chalvet sur la commune de Basse-Pointe. Une embuscade avait été tendue contre les grévistes regroupés sur l’habitation Fonds Brulé au Lorrain. Une dizaine de camions de gendarmes poursuivaient les grévistes qui regagnaient en groupe la commune de Basse-Pointe. Un hélicoptère crachait sur eux des grenades lacrymogènes. C’est à ce moment que les ouvriers, accompagnés de jeunes militants, ont été pris en chasse par les gendarmes qui ont tiré. Plusieurs ont été blessés, Omer Cyrille, Guy Crétinoir, Rasroc, François Rosaz. Renord Ilmany est tué. Dans cette tuerie, un autre ouvrier trouvera la mort. Un jeune ouvrier maçon, gréviste, Georges Marie-Louise, sera retrouvé deux jours plus tard, gisant mort à l’embouchure de la rivière Capot également dans la commune du Lorrain, probablement après avoir été frappé à mort par les membres des forces de répression, gendarmes ou autres. La soldatesque s’était une fois encore déchaînée contre des travailleurs en grève pour défendre leur pain et leurs droits.

LA SITUATION SOCIALE EN 1974
La situation des classes laborieuses s’était dégradée. Dans les années 70, les dernières usines à sucre avaient cessé de fumer. Pour les possédants, les békés, la canne ne permettait plus de faire suffisamment de profits. Après avoir touché des millions de subventions de l’Etat, ils avaient fermé les usines à sucre et investi dans l’import-export. De grands super-marchés apparaissaient. Des masses d’ouvriers agricoles perdaient toutes ressources, surtout les plus âgés. Les plus jeunes avaient pu trouver un emploi dans le bâtiment ou sur les plantations de bananes qui avaient pris la place des champs de cannes.

Les années 70 sont aussi marquées par des hausses de prix importantes. Les capitalistes ont décidé de faire payer la crise du pétrole aux masses laborieuses. Le gouvernement français à leur service, fait marcher la planche à billet. Le passage au nouveau franc complique encore les choses pour les travailleurs et rend le coût de la vie de plus en plus élevé. Tout est cher: l’essence, les transports, les marchandises de première nécessité, huile, pain, farine, poisson. La misère s’installe dans les foyers des travailleurs. Parallèlement, on assiste à une recrudescence de l’arrogance des patrons, et de l’administration coloniale qui voudraient imposer à la population ce recul social. Alors, les escarmouches de type raciste se multiplient entre patrons békés et travailleurs et chômeurs. En Martinique, le Conseil Général dirigé par Emile Maurice et sa majorité de droite suit fidèlement cette politique.

LES TRAVAILLEURS NE SE LAISSENT PAS FAIRE
Dès la fin de l’année 1973, on assiste à une multiplication des conflits. Les travailleurs revendiquent des augmentations de salaire importantes pour compenser les hausses des prix. Ils refusent le saupoudrage et les miettes acceptées trop souvent par les directions syndicales.

Les salariés du journal France-Antilles dressés contre leur patron Hersant font grève depuis deux mois. Les ouvriers du Bâtiment sont à leur troisième semaine de grève illimitée. Ils exigent 25% d’augmentation sur leur salaire. Après le 28 décembre 1973, les salariés de l’ex-SPEDEM, aujourd’hui EDF Martinique, se préparaient eux aussi à rentrer en grève, suite à une entourloupette du préfet de l’époque, le dénommé Orsetti, qui renvoyait une négociation prévue sur leurs revendications à la fin du mois de janvier. Ils rentrent en grève non-limitée le 7 février. Lorsque l’administration décide début janvier d’augmenter le tarif des cantines, les collégiens des CET, fils et filles de travailleurs, vont eux aussi descendre dans les rues pour refuser les augmentations. Ils auront le soutien de leurs parents et de l’ensemble de la population et se trouveront bien souvent au coude à coude avec les grévistes, notamment ceux du bâtiment, dans les manifestations.

Les ouvriers agricoles eux aussi sont en grève depuis le 17 janvier 1974, pour des augmentations de salaire . Ils réclament notamment la suppression du SMAG qui est le salaire minimum garanti dans l’agriculture, plus bas que le SMIG et veulent un salaire de 35.46F pour huit heures de travail. Sur certaines plantations, ils sont aidés par de jeunes militants issus du mouvement nationaliste.

PRÉPARATION DE LA GRÉVE GÉNÉRALE DU 12 Février

Devant l’ampleur des mouvements sociaux, les directions syndicales de l’époque, la CGTM, la CGTT-FO, et CFTC ont lancé un mot d’ordre de grève générale illimitée à partir du 11 février. Elles ont mis sur pied une plate-forme de revendications en 12 points dont l’alignement du SMIC et les allocations familiales sur ceux de la France. Mais ces directions, apparaissaient plutôt timorée à beaucoup de travailleurs. Elles ne semblent pas prêtes à faire réellement du 12 février un succès pour arracher les revendications ouvrières, elles ne se montrent pas présentes aux côtés des grévistes.

Pourtant dans les secteurs en lutte, la détermination des travailleurs est grande et les grèves se sont radicalisées face à l’arrogance patronale (coupures d’électricité, débauchages sur les chantiers, riposte à coups de pierre aux interventions policières dans les manifestations).

Alors, des jeunes travailleurs, certains d’entre eux politisés, appelleront leurs camarades à prendre leur mouvement en main et à mettre en place des «comités de grève» pour garder le contrôle du mouvement jusqu’à la satisfaction des revendications. Et les travailleurs des secteurs en lutte se rejoignent à la Maison des Syndicats, ou encore dans les manifestations, lors des débauchages.

SUCCÈS DE LA GRÉVE DU 12 FÉVRIER ET DU 13 FÉVRIER
Le 12 février, environ 5000 travailleurs de tous les secteurs, se retrouvent dans les rues de Fort de France pour réclamer des augmentations de salaires, fustiger les patrons et le gouvernement. Les jeunes des collèges et des lycées sont également dans les rues. Fort de France est ville morte. En fin de journée, la grève est reconduite après une assemblée générale des travailleurs à Fort de France. Le lendemain, la situation est tendue. Après plus de deux mois de grève pour certains secteurs, l’heure n’est pas aux défilés-promenade. Des grévistes se répandent par petits groupes dans les rues de Fort de France. Ils obligent les magasins qui ont ouvert leurs portes à baisser les rideaux pour respecter la grève. Au soir du deuxième jour, la grève générale n’est pas arrêtée. Mais les directions syndicales tirent en arrière. Elles craignent d’être débordées par la base, trop déterminée. Les partis politiques tels le PCM ou le PPM, iront jusqu’à faire chorus avec l’administration en dénonçant dans leur presse ou dans des communiqués, les «agitateurs gauchistes» .

LA TUERIE DE CHALVET
C’est dans ce contexte, que la préfecture avec à sa tête le préfet Orsetti et à la demande du patronat de la SICABAM (organisation des planteurs békés de l’époque), décidera de mettre un coup d’arrêt sanglant à cette grande mobilisation ouvrière. C’est dans les champs de banane au Lorrain qu’ils frapperont.

Fin de la grève générale Choqués par l’assassinat d’un gréviste de l’agriculture, des masses de travailleurs, des grévistes, des politiciens, et aussi des gens «de tous les horizons sociaux», se regrouperont pour célébrer ses obsèques. Ils se retrouveront dans la même émotion au moment des obsèques du jeune Marie-Louise. La grève générale n’était plus à l’ordre du jour. La répression policière scélérate avait été orchestrée par les possédants et leur pouvoir pour casser le mouvement ouvrier.

Les mobilisations ouvrières continuèrent néanmoins plusieurs jours encore même si elle n’étaient plus aussi massives. C’était le cas des employés de l’entreprise Figuères chargée du ramassage des ordures ménagères à Fort de France, de ceux des boulangeries, ou des banques et des hôpitaux. Et le 19 février 1974, le quotidien France-Antilles qu’on ne pouvait soupçonner de quelconque sympathie pour les grévistes titrait encore «situation confuse sur le front social». Le 21 février 1974, un accord fut signé dans la banane. Les patrons bananiers acceptaient de payer la journée de travail de huit heures à 39.50F.

Avec leurs frères les plus exploités, les travailleurs de Martinique avaient fait reculer le patronat béké de l’agriculture. Dans d’autres secteurs, tels le bâtiment ou à la SPEDEM, des revendications importantes furent arrachées. Les patrons et tous ceux qui sont à leur service, leur avaient fait lourdement payer ces avancées. Cette page écrite du sang des ouvriers fait aujourd’hui partie de leur histoire et de leur quête de respect et de dignité pour une vie meilleure.

Source : Combat ouvrier N°898, édition de février 2004.

samedi, février 06, 2016

LAICUS, l’homme du peuple (laos), le commun CLERICUS, celui qui sait écrire, l’homme d’église



Il est intéressant de noter qu’au départ, il n’y a pas d’opposition philosophique entre le “laïc”, et le “clerc”, qui confessent l’un et l’autre en une même croyance dans une société qui, dans le sens moderne de ce terme, ignorait alors tout de la “laïcité”, mais une différence de compétence. Car au contraire du clerc qui possédait une connaissance lui permettant de d’admettre le fait de Dieu, le laïc sans instruction, ne possédait curieusement que sa “foi”.

Le terme laïc ne s’opposera au terme clerc que vers la fin d’un 19ème siècle de furieuse lutte anticléricale et où, à l’heure ou la république de Jules Ferry se chargeait de l’éducation des enfants, il désignera celui qui n’aura pas reçu d’éducation dans le cadre de l’église, et donc pas reçu d’éducation religieuse…

Cependant, la loi de séparation de l’église et de l’état de 1905, ne fait pas état de ce qui deviendra la “laïcité”, qui est une notion très française qu’ignorent la plupart des pays, comme la Grande Bretagne ou la Reine d’Angleterre se trouve à la tête de l’église anglicane, l’Allemagne où il existe encore le concordat, ou les Etats-Unis d’Amérique où le président prend ses fonctions en prêtant serment au dessus de la bible, et où se trouve inscrite sur les billets de la monnaie américaine la phrase, “in God we trust” ( nous croyons en Dieu).

La laïcité est donc une notion inconnue et dont l’acquiescement n’est absolument pas évident, pour la plupart des hommes qui relèvent d’autres cultures, parce que dans celles-ci, il n’existe encore “d’ascèse” établissant la “norme” comportementale, que religieuse. Ceci, parce qu’il ne s’est pas établi dans ces cultures, comme en France à la faveur des “lumières”, puis au cours et au-delà de la révolution, cet “accord” tacite quant aux nécessités sociales et aux obligations comportementales de chacun, dans une société de liberté de conscience, avant qu’elles ne soient traduites dans la loi, établissant ainsi une nouvelle forme de “convenance”. Celle-ci fut en fait issue d’un débat dégagé de tous les dogmes religieux et de toutes traditions étatiques selon lesquelles jusqu’ici, seuls les puissants inspiraient la loi, et qui allait constituer une véritable “ascèse républicaine”.

Ce n’est finalement que dans la constitution de la quatrième république qui en 1946, se substituait à “l’état français” de Philippe Pétain de triste mémoire, que la république fut proclamée laïque, démocrate, et sociale. Ceci, pour signifier clairement que plus aucune considération d’ordre religieux, ne devait interférer avec la conduite des affaires de l’état, et que tous les citoyens se trouvaient égaux devant la loi, quelle que soit leur pratique religieuse.

Il est clair que les persécutions au prétexte religieux qui eurent lieu au cours de la deuxième guerre mondiale, justifiaient pleinement cette proclamation haut et fort, de laïcité.

Mais, paradoxalement, en reconnaissant le droit à la pratique religieuse de chacun, l’état laïc allait se trouver dans l’obligation d’organiser les conditions de cette liberté de culte, et veiller à son respect, et n’allait pas tarder à se trouver en contradiction avec lui-même. Ceci, dans la mesure où, si elles furent écartées du pouvoir, les religions n’en pas moins continué de d’imposer à leurs ouailles des règles comportementales logiques de leurs doctrines et qui, dans la mesure où elles s’adressent à des collectivités, confinent fatalement à constituer des règles sociales dont la nocivité réside dans le fait qu’elles ne peuvent être partagées par tous, et ceci, au nom d’une liberté de culte qui leur est justement garantie par la laïcité elle-même…

Nous sommes là dans le même schéma selon lequel les fondamentalistes religieux se hissent au pouvoir à la faveur de la démocratie, de sorte que leur légitimité à exercer ce pouvoir leur est incontestable, et qui l’utilisent afin de mettre justement fin à cette démocratie.

La désertion des églises allait éviter pendant quelques temps à cette contradiction de prendre trop d’ampleur. Mais l’arrivée ces dernières années du fondamentalisme religieux, qui consiste en un détournement des exigences religieuses et une exploitation outrancière de celles-ci, afin de parvenir à un résultat politique, va réactualiser le débat…

Aujourd’hui, la laïcité se trouve menacée sur deux fronts. Celui des fondamentalistes religieux qui prétendent imposer des règles sociales selon leur doctrine, ce que la laïcité leur interdit, mais au nom d’une liberté de culte garantie par cette même laïcité. Mais, il y a également le front de ceux que l’on désigne désormais comme étant les “laïcards” qui quant à eux, s’inscrivent dans une sorte de fondamentalisme passionnel parfaitement symétrique à celui des religieux et qui, dans une interprétation outrancière de l’idée de laïcité, ne se contentent pas de contenir la religion hors des affaires de l’état, mais prétendent dégager toute idée religieuse de la société tout entière, et abolir toute tradition qui serait issue même lointainement, de la pratique religieuse.

Ceci, au point de s’en prendre au fait d’un sapin de Noël ou d’une statue de la vierge dans un lieu public, du maintien dans le calendrier d’une fête religieuse, ou d’une galette des rois dans une cantine, alors qu’il s’agit là des éléments fondamentaux d’une culture qui s’est constituée justement autour d’une religion, mais qui se trouvent désormais dans un usage civil de plus en plus dégagé de leur références religieuses, et qui ne constituent en aucune façon une règle sociale à laquelle tous seraient tenus de s’obliger…

Ce détournement de l’esprit de la laïcité par les laïcards aura eu comme conséquence inattendue et extrêmement dommageable le fait que, des fondamentalistes tenant de religions différentes de la religion dominante, se sont très opportunément revêtus des mêmes habits que ces laïcards, en utilisant leur argumentaire de néant religieux. Ceci, afin de pouvoir combattre dans un premier temps, dans tous ses aspects devenus traditionnels, la religion la plus ancrée dans le pays et qui fait obstacle à leur projet, pour ensuite imposer sur un terrain rendu vierge, leurs règles dans les différents aspects de la vie sociale pour les uns, ou s’imposer à tous au nom de leur religion les faisant seigneurs sur cette Terre, pour les autres…

Si donc on en parle tant en ce moment, c’est tout simplement parce que la laïcité est devenue le paravent derrière lequel se jouent de féroces luttes pour le pouvoir…

Paris, le 6 février 2016
Richard Pulvar

lundi, janvier 25, 2016

CES VAILLANTS INDIENS NOIRS, LES SEMINOLES…



Face à la menace Britannique sur la colonie espagnole de la “Pâques fleurie”, dite en espagnol la “Pascua florida” d’après le jour où elle fut découverte, et qui sera dite plus tard plus simplement la Florida, c’est en 1689 que par un édit, le roi d’Espagne Philippe V autorisa les esclaves noirs fugitifs des colonies anglaises d’Amérique, à se réfugier en Floride. Ceci, afin de bénéficier de la liberté, mais en échange de servir dans une milice devant suppléer aux troupes espagnoles afin de s’opposer aux troupes britanniques.

Beaucoup d’esclaves de Caroline du sud et de Georgie, ayant eu connaissance de cette offre, se sont précipités vers la Floride pour y trouver refuge et liberté, même si bon nombre d’entre eux ne se sont finalement pas engagés dans cette milice. Mais ils ne furent pas les seuls car depuis quelque temps déjà, nombre d’Amérindiens fuyant eux aussi les persécutions britanniques, en particulier les Yamasee, les Hitchiti, et le Creek, avait également trouvé refuge en Floride.

Les milices eurent un instant raison des prétentions britanniques et c’est alors que partageant la même situation de réfugiés vis-à-vis des autres tribus indiennes, des autorités espagnoles et surtout, des colons espagnols qui avaient quant à eux réduit en esclavage 12 000 Amérindiens de Floride, et qui n’étaient guère mieux disposés vis-à-vis d’eux que les colons britanniques, ces noirs et ces indiens se sont alliés face à une commune adversité, celle que constituait les colonisateurs et les esclavagistes. Ceci, au point d’avoir donné naissance en peu d’années, à une communauté de métis qui sera dite “Séminole”.

Cette appellation découle du mot espagnol “cimarron” signifiant le “fuyard”, qui est devenu “cimano-li” puis “séminole”, et qui d’ailleurs parallèlement, a logiquement donné leur nom aux esclaves fugitifs dits “nègres marrons”, des Antilles…

Malheureusement pour elle, l’Espagne se trouvant alliée à la France durant la guerre de sept ans (1756-1763), elle se retrouvera dans le camp des perdants, de sorte qu’aux termes du traité de Paris de 1763 mettant fin à cette guerre, elle doit céder la Floride à la Grande Bretagne…

Mais ce ne sera pas pour longtemps car suite à la guerre d’indépendance menée par les Américains alliés à la France, contre la Grande Bretagne qui la perdra, le traité de Paris de 1783 qui met fin à cette guerre, imposera aux Britanniques de restituer la Floride à l’Espagne.

La jeune nation américaine éprouve alors le besoin de s’étendre territorialement, et après avoir très heureusement pour elle, obtenu en 1803 de la part de Napoléon qui avait un grand besoin d’argent pour poursuivre ses guerres, la cession de la totalité de la Louisiane de l’époque, laquelle représentait le quart des Etats-Unis d’aujourd’hui, alors même qu’elle n’espérait obtenir de lui que la Nouvelle Orléans, les dirigeants américains prétendront que l’ouest de la Floride faisait partie de la vente de la Louisiane, et en revendiqueront la possession…

Une première expédition américaine est donc menée contre la Floride, mais les Séminoles, hommes libres et désireux le demeurer ne l’entendent pas de cette oreille, et ce sera en 1817, le début de la première des trois “guerres séminoles”, qui opposeront farouchement les Etats-Unis d’Amérique à cette tribu de noirs indiens…

La première sera un désastre pour les Américains qui enverront 10 000 soldats secondés de 30 000 miliciens, pour défaire seulement 1400 Séminoles, mais qui repartiront en laissant 1500 hommes sur le terrain…

Cependant, l’empire colonial espagnol étant secoué par de violentes révoltes, particulièrement en Amérique du sud, et ne désirant pas s’engager dans une épreuve de force avec les Américains au risque de tout perdre, l’Espagne finira par céder la Floride à l’intérieur de laquelle demeurent les Séminoles, à ces Américains par le traité d’Adams-Onis de 1819. Les Séminoles obtiendront alors des Américains par le traité de Moultrie Creek en 1823, le droit de se rassembler et de s’établir dans une réserve au centre du pays…

Mais, c’est alors qu’arrive en 1835 comme 7ème président des Etats-Unis, un héros américain, Andrew Jackson, qui avait justement déjà combattu contre les Séminoles, et qui n’entend pas en rester là. Il fera approuver par le congrès un projet de déportation massive de ceux-ci, de l’autre coté du Mississippi, et ce sera le début de la deuxième guerre séminole.

Cette fois les Américains vont mettre le paquet, plus de 40 000 hommes contre un même nombre de Séminoles qui auront la bonne idée de ne pas leur opposer un front, mais de mener contre eux une guerre interminable de harcèlement, telle que ces Américains en connaîtront une autre bien plus tard au Viet Nam, et avec le même résultat. Cette guerre totalement démoralisante pour eux et devenue impopulaire, se poursuivra jusqu’en 1842 et ils perdront en tout plus de 1600 hommes, contre 540 Séminoles.

Cette fois encore le conflit se terminera par un accord autorisant les Séminoles invaincus, à s’établir dans une réserve, mais plus au sud dans le pays…

Cependant, l’armée humiliée, et les chefs de plantation ulcérés par le mauvais exemple que constituaient pour tous les hommes qui se trouvaient encore soumis à l’esclavage, la hardiesse des Séminoles, le gouvernement américain décidera d’en finir une bonne fois, ce sera la troisième guerre séminole qui débutera en 1855.

Déjà, depuis 1854, un embargo commercial avait été décrété contre les Séminoles et des colons provocateurs venaient squatter des terres aux abords de la réserve. Cependant, l’armée régulière ne disposait plus que de 800 hommes en Floride, même si elle se trouvait secondée par dix compagnies de milices. Ce sont en fait les Séminoles qui pour se dégager de la pression vont mener la première attaque, une attaque surprise contre une ferme et qui aura montré qu’ils entendaient bien mener la même tactique de guerre de harcèlement, pour ne pas offrir aux Américains le bénéfice de leur supériorité numérique. Beaucoup de Séminoles en effet, lassés de cette situation avaient fini par quitter la Floride…

Mais les Américains non plus ne cherchent pas l’affrontement direct, et construisent un ensemble de forts autour de la réserve pour y établir en quelque sorte un siège. C’est alors que sachant que les Séminoles sont maintenant moins nombreux, même s’ils demeurent toujours aussi farouches, il leur vient l’idée de s’en sortir en monnayant tout simplement l’affaire, et en leur proposant 500 dollars pour chaque guerrier qui acceptera de quitter la Floride, davantage pour les chefs, et 100 dollars pour chaque femme et enfant.

Le 4 mai 1858, 163 Séminoles seulement s’embarquent pour la Nouvelle Orléans, et le Colonel Loomis qui pense qu’il n’en reste plus qu’une centaine en Floride, déclare la fin de la guerre le 8 mai. Cependant, il se trompe, mais quand les Américains découvrirons qu’il y a encore des centaines de Séminoles en Floride, ils seront préoccupés par un problème bien plus sérieux, la guerre de sécession. Ils vont alors négocier avec eux, leur neutralité dans le conflit et obtenir leur accord, les Séminoles ne bougeront pas durant le conflit.

A la fin de la guerre, les troupes régulières seront rappelées, et les miliciens renvoyés chez eux, et tous les forts établis autour de la réserve seront démantelés. Pour les remercier de leur neutralité, les autorités de Floride leur accorderont un siège dans chacune des deux assemblées législatives de l’état, mais les Séminoles n’y siègeront jamais, ils resteront tranquillement chez eux, jusqu’à aujourd’hui, et invaincus…

Richard Pulvar

jeudi, octobre 01, 2015

NOTICE NÉCROLOGIQUE "IN MEMORIAM" JEAN-MICHEL CUSSET (1959-2015)



Le vendredi 28 août 2015 ont été célébrées, dans son île natale tant aimée, Marie-Galante, les obsèques de notre très cher collègue et ami, Jean-Michel Cusset. Décédé à Paris, la semaine précédente, sa dépouille mortelle ayant été rapatriée, la veillée funèbre eut lieu à Grand Bourg, le jeudi 27 août, et l'inhumation, le lendemain, vendredi 28, à Saint-Louis.

En apprenant la triste nouvelle du décès de Jean-Michel Cusset nous avons été, comme tous ceux qui l'ont connu sous ses traits les plus attachants, accablés d'une tristesse inconsolable et nous nous insurgions contre la cruauté du destin. Jean-Michel Cusset nous a été enlevé dans la force de l'âge, alors qu'il donnait la pleine mesure de sa vocation intellectuelle et littéraire.

Né à Dakar, au Sénégal, de parents guadeloupéens, de souche marie-galantaise, Jean-Michel Cusset eut un itinéraire de vie et de pensée tout entier placé sous le signe distinctif de la passion des belles-lettres et des sciences humaines. Sa sensibilité poétique, incandescente, nourrissait également sa curiosité insatiable des enjeux théoriques de la science politique. Sa passion de la création poétique, son interrogation exigeante des divers ordres de la connaissance et du savoir, l'ont conduit à l'exercice de la profession d'enseignant, d'une part, et, d'autre part, dans le cadre de l'institution universitaire, aux activités de la recherche fondamentale.

Il faut d'abord, pour saisir dans leur cohérence les démarches successives de Jean-Michel Cusset, recommencer par le commencement : ses écrits poétiques sont la base d'appui de la théorie générale de la culture qu'il ambitionnait d'élaborer. Disciple du "Prince des Poètes" marie-galantais, Guy Tirolien, dont il s'est avec ferveur réclamé, Jean-Michel Cusset a publié
des recueils de poèmes qu'il faudra désormais lire ou relire avec la plus haute considération.
Soit, chronologiquement, les trois recueils intitulés :
-"Lettre à l'absente"(1998)
-"Poème pour un siècle nouveau"(2000)
-"Le sixième siècle"(2004)
-recueils auxquels il faut rattacher le poème dramatique "1802 ou Le dernier jour".

Dans l'ordre des travaux de recherche et d'analyse relevant de la théorie de la production sociale et des sciences de la culture, Jean-Michel Cusset est l'auteur d'une thèse de doctorat soutenue en 2013, à l'Université des Antilles et de la Guyane, Pôle de Guadeloupe, thèse ayant pour objet d'investigation l'identité culturelle et politique des Amériques.
Les contributions qu'il a dès lors fournies, sous forme d'articles ou de communications présentées à l'occasion de colloques ou de congrès, ont alternativement concerné les champs
thématiques suivants :
-les codes religieux de l'identité culturelle en Guadeloupe
-les codes de l'identité culturelle de la Caraïbe
-l'efficience des politiques publiques locales, le cas de la Guadeloupe
-identités en mouvement, l'invention des Amériques postmodernes ou la transmigration.

Quand il s'est su, hélas, condamné, Jean-Michel Cusset a dédié ses ultimes énergies à l'achèvement d'un ouvrage intitulé "L'identité narrative de la Caraïbe (Semiosis 1)", ouvrage érudit, riche d'intuition qui aménagent une synthèse dynamique des productions culturelles et artistiques Caribéennes.

L'hommage qui lui est ici justement rendu est à la mesure d'une perte dont nous sommes inconsolables.


"Mementote", dans l'au-delà, souviens-toi, Jean-Michel, tu ne marcheras pas seul, nous ne t'oublierons pas.

Roger TOUMSON, Alex SINAPAH,
Pointe-à-Pitre, 28 septembre 2015,

vendredi, juillet 31, 2015

Naissance du panafricanisme


Le panafricanisme est né à l’année 1900, avec un africain appelé Sylvestre William. Il vivait en Angleterre et il avait remarqué que les africains subissaient une vie difficile. En effet les africains qui étaient restés dans le continent, étaient colonisés et ceux qui vivaient dans les Amériques étaient victimes d’une ségrégation raciale. Ainsi à l’année 1900, Sylvestre William convoqua une grande conférence à Londres. La conférence devait regrouper tous les africains d’où le nom panafricaine(le préfixe pan- signifie tous).

Sylvestre William était aidé par l’infatigable William Dubois.
Sylvestre décéda très tôt et son œuvre fut continuée par Dubois.
Dubois organisa plusieurs conférences panafricaines :Paris (1919), Lisbonne (1923), Harlem (1927).

Dans les années 1940, un jeune ghanéen, du nom de Kwamé Nkrumah, partit aux Etats-Unis pour suivre ses études. Aux US, le jeune Nkrumah rencontra, Georges Padmor .Ce dernier avait déjà assisté à plusieurs conférences panafricaines. Padmor parla du mouvement panafricaniste à Nkrumah.

Nkrumah assista ainsi aux conférences panafricaines de 1945 à Manchester et à Londres.

Nkrumah épaula Dubois et introduisit le panafricanisme chez les leaders africains .En 1953, Nkrumah organisa une conférence à Kumasi au Ghana, son pays. En 1958, Nkrumah convoqua une nouvelle conférence à accra. Parmi les présents : Julius Nyerere (Tanzanie) Patrice LUMUMBA (Congo), M’boya (Kenya) et les leaders 8 pays africains indépendants de l’Afrique.

Il y’avait des leaders africains, surtout francophones, qui s’opposaient à Nkrumah. Et en 1963, Nkrumah n’a pu concrétiser son projet des Etats-Unis d’Afrique avec une banque centrale africaine, une monnaie africaine, une armée panafricaine. A la place des Etats-Unis d’Afrique, il sera crée l’ORGANISATION DE L’UNITE AFRICAINE (OUA).

Mais Nous les panafricanistes, disciples de Nkrumah, on continuera la lutte afin de doter à l’UA, d’une banque centrale, d’une monnaie africaine, d’une armée panafricaine. Ce sera difficile mais attendra.

jeudi, juillet 09, 2015

"PAR ISIS": L´ORIGINE AFRICAINE DU NOM DE PARIS(capitale française).



Si le déploiement européen sur la surface de la terre a laissé des noms de villes marquant le passage des conquérants, Stanleyville, Brazzaville, etc., on peine à s’imaginer que des méga villes européennes puissent devoir leur nom à une lointaine mais réelle influence africaine. Quid de Paris ?

Ses premiers habitants sont les parisii qui ont combattu Caius Julius Caesar -Jules César- lors de sa conquête des Gaules entre -58 et -51. Dans tout le bassin parisien, le culte de la déesse nègre-égyptienne Isis – dont le nom se retrouve encore aujourd’hui en Afrique sous des formes contemporaines, Iset, Aset, Asita, Aisatu, Sita…-, était tellement répandu qu’on y trouvait partout des Temples qui lui étaient dédiés, des Temples d’Isis. « Temple d’Isis » ou plus exactement « Maison d’Isis » se dit dans la langue africaine pharaonique « per isis », « par isis ». L’historien Hubac Pierre rappelle que « per isis » était le nom d’une cité située sur le bord du Nil. Diop Cheikh Anta dans « Nations Nègres Et Culture I » confirme que des villes égyptiennes portaient effectivement le nom de « Maison d’Isis », « per isis », « par isis » : « par isis », « parisii », « Parisis », « Paris », la Maison, le Temple d’Isis. Isis étant considérée comme la Mère Universelle, la Mère de la Vie, la Mère du Monde.

A propos de « Parisis », le petit Larousse illustré dit qu’il est l’ancien nom du pays de l’Île-de-France qui correspond au compté féodal de Paris.

Comme ses aïeules africaines, Parisis devenue Paris par la corruption du temps, est liée à la symbolique de l’eau, bâtie au cœur d’une plaine édifiée par la Seine.

Qui pourrait croire que c’est à une religion africaine dont la vigueur et le rayonnement ont dépassé les rives du Nil, depuis l’Ethiopie, la Nubie, le Soudan qu’un des peuples les plus fiers de son influence dans le monde doit le nom de sa capitale, Paris. Les temples d’Isis, autrement appelée Aset, Iset, Lumière Mère et Mère de la Lumière qui dans ses bras porte la Lumière incarnée en l’enfant Horo ou Horus, ces temples après avoir illuminé l’Afrique, ont fécondé l’Europe, …la France !

Cette page d’histoire, qui n’est pas criée sur les toits en surprendrait plus d’un, à commencer par les Africains, aliénés par des siècles de domination culturelle et politique européenne, incapables de s’imaginer autrement qu’en vassalité, vassalitude, servitude. Pourtant ce sont de tels faits, simples et vérifiables qui rendent aux peuples du monde l’intelligence qui leur revient, car élevés par l’histoire à la reconnaissance de l’autre comme producteur, inventeur, innovateur, contributeur à la marche des civilisations de l’humain.

Atete & P.Prêche

mercredi, juillet 08, 2015

Parole de François Fillon et cinq ans plus tard


LES PAROLES DE FRANÇOIS FILLON

"Je déni absolument que des forces françaises aient participé en quoi que ce soit à des assassinats au Cameroun et tout cela n'est que de la pure invention". - François Fillon, Premier Ministre de Sarkozy II en 2009.

- CINQ ANS PLUS TARD

«C’est vrai qu’il y a eu des épisodes extrêmement tourmentés et tragiques même, puisque après l’indépendance, il y a eu une répression en Sanaga maritime et en pays bamiléké des militants indépendantistes par les forces françaises. La France connaît le prix fort que les Camerounais ont payé. Ce n’est pas à la France, qui chemine avec nous depuis notre indépendance, qu’on apprendra pourquoi l’unité nationale est si chère aux Camerounais » -

Francois Hollande 03 juillet 2015 à Ydé



La guerre du Cameroun, François Fillon et la... par Kamerun-lesite

mardi, juillet 07, 2015

VOICI LE PILOTE FRANÇAIS QUI PULVÉRISAIT LES PAYS BAMILEKE ET BASSA AU NAPALM EN 1962 - NOUS CONTINUONS A DEMANDER RÉPARATIONS A LA FRANCE


En deux ans, de 1962 a 1964, l’armée régulière (française) a complètement ravage le pays Bamiléké. Ils ont massacré de 300 000 à 400 000 personnes. Un vrai génocide. Ils ont pratiquement anéanti la race. Sagaies contre armes automatiques, les Bamiléké n'avaient aucune chance (...) Les villages avaient été rasés, un peu comme Atilla.»

Max Bardet, Pilote d'hélicoptère, officier du Corps expéditionnaire français
Le Napalm, inventé en 1942, est une substance à base d'essence, habituellement utilisée dans les bombes incendiaires. Sa formule est faite pour brûler à une température précise et coller aux objets et aux personnes.

Le napalm fut inventé à l'université Harvard en 1942 pour l'utilisation dans des bombes et les lance-flammes.

Le chimiste américain Louis F. Fieser (1899-1977), qui avait inventé le napalm, en était si fier qu'il collectionnait les coupures de presse relatives à son utilisation.

La réaction chimique est modérée par une poudre contenant du naphtalène (na) et du palmitate (palm) de sodium (ou d'aluminium), formant une substance semblable à du savon. La quantité relative de poudre change les propriétés incendiaires, et diffère entre les lance-flammes et les bombes.

«C’est vrai qu’il y a eu des épisodes extrêmement tourmentés et tragiques même, puisqu’après l’indépendance, il y a eu une répression en Sanaga maritime et en pays bamiléké…

Des militants indépendantistes par les forces françaises. Nous sommes, comme je l’ai fait partout, ouverts pour que les livres d’histoire puissent être ouverts et les archives aussi. Je suis favorable à une ouverture des dossiers. Témoin privilégié de notre quête de liberté, elle (la France) connaît l’histoire de la conquête de notre indépendance. Elle connaît le prix fort que les Camerounais ont payé. Ce n’est pas à la France, qui chemine avec nous depuis notre indépendance, qu’on apprendra pourquoi l’unité nationale est si chère aux Camerounais ».

« Le grand drame historique de l’Afrique a moins été sa mise en contact trop tardive avec le reste du monde, que la manière dont ce contact a été opéré ; que c’est au moment où l’Europe est tombée entre les mains des financiers et des capitaines d’industrie les plus dénués de scrupules que l’Europe s’est ‘propagée’ ; que notre malchance a voulu que ce soit cette Europe-là que nous ayons rencontrée sur notre route et que l’Europe est comptable devant la communauté humaine du plus haut tas de cadavres de l’histoire. » Discours sur le colonialisme


Patrick Mballa

L´HOMOSEXUALITÉ ÉTAIT BANNI ET PUNI CHEZ LES PHARAONS NOIRS

Scène de la pratique homosexuelle chez les grecs
A l´heure où l´occident impérialiste veut fonder la RÉPUBLIQUE MONDIALE DE SODOME ET GOMORRHE en imposant de force le mariage homosexuel au reste de la planète, il importe d´analyser comment était perçu l´homosexualité chez les kemites avant l´arrivée de l´homme blanc en Afrique. 

Dans l´Egypte Kemet, L´ HOMOSEXUALITÉ apparaît comme un attribut de Seth(métis) le principe du MAL qui n'avait pas hésité à violer son neveu Horus(noir). L'homosexualité a toujours était donc considérée chez kemet comme une ABOMINATION NAUSÉABONDE.

En 1925 Van Wing (un prêtre jésuite belge, missionnaire et ethnologue au Congo belge.) déposait : « L'homosexualité semble plutôt rare » ; « Les pratiques d'homosexualité sont regardées comme abominables et châtiées par Nzambi ».

Aucun cas, dans l'Egypte des Pharaons, pendant près de 35 siècles de civilisation vivante, ni textes, ni peinture, ni dessin ne font mention de telles pratiques abominables chez kemet.

 Une anecdote traduit le rejet de l´homosexualité dans l´Egypte antique. Ce conte écrit sur un manuscrit, est daté du règne de Ramsès V, mais il est certain que ce texte n'est qu'une adaptation d'une rédaction antérieure: les contemporains des Amenemhats et des Sésostris connaissaient déjà ce roman. 
C'est une vielle légende qui fiat le fond de ce récit: elle a pour objet la rivalité d'Horus(noir) et de Seth(métis), l'un fils, l'autre frère d'Osiris, se disputant la fonction royale qu'Osiris, avant d'être le dieu des morts, avait exercée sur terre, en qualité de premier souverain d'Égypte. Le procès engagé pour cette succession devant le tribunal de l'Ennéade dure depuis quatre-vingts ans quand commence la narration. 

Nous assistons aux dernières phases de la lutte, puis au triomphe d'Horus. Au cours du récit nous trouvons: "Alors Seth dit à Horus: "Viens, passons un jour heureux dans ma maison". Horus lui répondit: "Volontiers, oui, bien volontiers". 

Et quand fut venu le temps du soir, on  leur étendit un lit et ils se couchèrent, les deux amis. Or, pendant la nuit, Seth tenta d'abuser d'Horus, mais celui-ci recueillit dans ses mains la semence de Seth. Et Horus alla dire à sa mère Isis: "Au secours, Isis ma mère, viens voir ce que Seth m'a fait". Il ouvrit ses mains et lui fit voir la semence de Seth".  Isis coupa les mains et les jeta à l'eau. Puis lui procura des mains équivalentes. La déesse Isis, grande Magicienne, préleva de la semence d'Horus qu'elle alla déposer sur des laitues, dans le jardin de Seth, dont le concurrent d'Horus au trône était friand. Puis devant le tribunal Seth dit: "Faites que me soit remise la fonction de Souverain V.S.F, car, en ce qui concerne Horus ici présent, j'ai fait oeuvre de mâle à son encontre". Alors les dieux de l'Ennéade poussèrent un grand cri, et il vomirent et crachèrent au visage d'Horus. Mais Horus se moqua d'eux. Et Horus fit un serment par Dieu, disant: "C'est faux tout ce que Seth a dit". Avec le concours de Thot, le maître des paroles divines, à l'appel de la semence d'Horus, celle-ci sortit sur le front de Seth qui en mangeant les laitues avait ingurgité la semence d'Horus. Cette attitude de sodomie procède probablement de l'ancienne humiliation sexuelle de l'ennemi vaincu.

Au Cameroun, l’association Le Rassemblement de la jeunesse camerounaise a décidé de consacrer une journée par an pour lutter contre l’homosexualité. La date choisie : le 21 août. Cette initiative, vise à mobiliser les populations contre cette orientation sexuelle punie par la loi camerounaise.

C' est tout le contraire dans la Grèce antique, ainsi qu'on le sait, à cause de la grande évidence des témoignages littéraires et iconographiques. L'homosexualité a historiquement et culturellement pour socle le berceau occidental qui a voulu l´imposer au reste de la planète. 

En Grèce antique, elle était même la manifestation d’un certain machisme. Pour les Grecs, l’amour avec une femme était sans âme, alors que l’amour, au sens noble du terme, et le plaisir sexuel étaient une affaire d’hommes. En effet,  ces relations homosexuelles entre un adulte et un garçon, était avant tout parce que la société grecque était misogyne et que la femme y était traitée avec mépris.

Chez les grecs la pédérastie sodomite était considérée comme un rite initiatique entre un adulte (le maître sodomite) et un jeune garçon (l’élève), d'un rite social de passage, où l'enfant élevé par les femmes s'émancipe pour devenir un homme.  Les relations entre le maître et l’élève étaient théoriquement platoniques mais dans les faits, celles-ci étaient souvent sexuelles. L´occident est donc comme on peut le constater le berceau sinistre de l´homosexualité institutionnalisée.

Toutes les représentations et stèles dans les musées qui veulent faire croire que l´homosexualité était tolérée chez kemet n'est que grossier mensonge et falsification. Tout comme celles qui veulent faire croire que les pyramides d'Égypte n'ont pas été bâties par le kemites. 

La sodomie a toujours été considérée par les africains comme un acte abominable nauséabonde et contre-nature. Une menace à la pérennité de l´ espèce humaine sur terre. Les homosexuels en Afrique ont toujours été bannis des villes et villages.

Patrick Mballa

jeudi, février 05, 2015

Le 4 février

Le 4 février commémorait la première abolition de l'esclavage pris sous la Convention en le 4 février 1794, Toussaint Louverture fut l'un des combattants pour l'émancipation des Noirs, l'un des libérateurs de Haïti.

Il fut nommé capitaine général par Bonaparte, avant que celui-ci outré par les idées progressiste de Toussaint Louverture ne décida d'envoyer ses troupes commandé par le général Leclerc, l'arrêter et le déporter en juin 1802 en France.

Il fut dans le Doubs au fort de Joux ou il y mourut le 7 avril 1803, après un hiver particulièrement rude dans le Jura.

Rodolf Etienne nous offre une traduction créole de Monsieur Toussaint, d'Edouard Glissant au édition Mémoire d'encrier.

lundi, février 02, 2015

A propos de la décision de la mairie FN de Villers-Cotterêts de commémorer le général Dumas le même jour à la même heure


Le maire de Villers-Cotterêts (Aisne) M. Franck Briffaut (Front national) avait refusé, le 10 mai 2014, journée nationale de commémoration de l’esclavage et de ses abolitions, de rendre officiellement hommage au général Dumas, né esclave dans une ex-colonie française.

Cet hommage,  l’association des amis du général Dumas, avec le soutien de nombreuses associations, l’avait néanmoins rendu.

Neuf mois plus tard, le 4 février 2015, jour anniversaire de la première abolition de l’esclavage, le même Franck Briffaut va rendre au général Dumas, à Villers-Cotterêts, l’hommage officiel refusé le 10 mai.

Nous ne pouvons que nous réjouir de voir la municipalité de Villers-Cotterêts admettre, fût-ce avec 9 mois de retard, d’une part que le général Dumas est une figure emblématique de la nation, d’autre part qu’il faut commémorer l’abolition de l’esclavage.

Ce même 4 février 2015, à 18 heures, l’association des amis du général Dumas, comme elle l’avait déjà fait le 4 février 2014, célébrera le général Dumas devant le monument dont elle a demandé et obtenu l’installation, en 2009, place du général-Catroux à Paris (17e).

Elle commémorera ainsi la 1ère abolition de l’esclavage par la République française le 4 février 1794 tout en faisant écho à l’ouverture du Black History Month des Afro-Américains.

Nous appelons à cette occasion tous les descendants d’esclaves, tous les Afro-descendants, tous les Africains de France et tous leurs amis à se rassembler à notre appel.

Nous souhaitons montrer que le général Alexandre Dumas,  héros républicain, figure de l’intégration, arrivé sans papiers sur le territoire français, victime du racisme, ne saurait être récupéré par aucun parti, à plus forte raison s’il ne partage pas les valeurs que le général  défendait.

Dans le contexte des violences atroces des dernières semaines, mais aussi après la polémique déclenchée par le spectacle Exhibit B  et  la répression inadmissible qui a visé les Afro-descendants et les Africains de France exprimant leur légitime indignation face à cette « performance » imposée grâce à l’argent et la force publiques, il convient de montrer que la lutte contre la négrophobie ambiante s’inscrit dans le combat contre toutes les formes de racisme au même titre que la lutte contre l’antisémitisme ou l’islamophobie.

Ce combat passe par la valorisation des figures emblématiques dont le général Dumas est, sans conteste, le plus bel exemple.

Le monde entier est préoccupé par la montée du racisme en France, et il est attentif à  la  manière dont la France traite la mémoire des héros issus de ses minorités.

Les Français dont les ancêtres ont subi l’esclavage et la colonisation ont besoin de savoir que les  héros qui leur ressemblent - et qui peuvent servir de modèles aux plus jeunes - ne sont pas exclus du panthéon national par un apartheid mémoriel qui s’ajouterait aux injustices sociales renforcées par le racisme.

Traiter ces héros par le mépris, comme c’est trop souvent le cas, c’est s’exposer demain aux plus graves dangers.

Nous demandons  à l’État, en honneur du général Dumas, de répondre à la demande de la ville de Paris exprimée par le vœu du 1er octobre 2014 et de mettre en chantier un centre Dumas de culture et de mémoire, dédié aux descendants d’esclaves, aux Afro-descendants et aux Africains de France 1er octobre 2014 et  de mettre en chantier un centre Dumas de culture et de mémoire, dédié aux descendants d’esclaves,  aux Afro-descendants et aux Africains de France, qui pourrait accueillir par ailleurs le centre des outre-mer, promis par M. François Hollande voici déjà trois ans, comme il a été promis de retirer le mot « race » de la Constitution.

Claude Ribbe

A l’occasion du 221e anniversaire de l’abolition de l’esclavage

A l’occasion du 221e anniversaire de l’abolition de l’esclavage du (4 février 1794) et de l'ouverture du Black History Month,  L’association des amis du général Dumas et Claude Ribbe vous invitent à vous rassembler à Paris

mercredi  4 février 2015 à 18 heures
précises devant le monument au général Dumas
Place du général-Catroux
75017 Paris
Métro Malesherbes
ligne 3 bus 94

mercredi, janvier 07, 2015

Noël en Ethiopie


Aujourd'hui les Éthiopiens qui suivent le calendrier Julien  fêtent Noël...

Pour en savoir un peu plus sur ce Noël visitez Noëlistique :

DILEMME !

Dans tous les livres modernes qui parlent des Juifs depuis l'exode des soi-disant hébreux qui n'hésitaient pas en ce temps comme un peuple à part entière ni même que la langue hébraïque existait, peuvent parler d'un peuple "Juif" en pointant même Abraham comme étant de ce peuple alors que le mot "Juif" apparaît dans les langues et les écritures seulement au 13ème siècle dans la langue française et au 16ème siècle dans la langue anglaise ? On trouve ce mot maintenant dans la Torah, la Bible et le Coran etc... et ils nous diront que ces livres ne sont pas falsifiés

mardi, janvier 06, 2015

Jeanne Duval la maîtresse de Charles Baudelaire



Jeanne Duval aussi appelée Jeanne Lemaire, maîtresse et inspiratrice de Charles Baudelaire est une Haïtienne de Jacmel ville de St Domingue a l’époque. Elle est partie de St Domingue dans les années 1838 et s'installe à Paris ou elle rencontre d'abord (ent'autres) Nadar qui la dépeint comme une négresse/mulâtresse a la peau brune et les cheveux noirs. On a voulu d'abord la présenter comme une native de l’île Maurice mais des documents retrouvés (son séjour dans une maison de santé de paris en 1859 la présente comme native de Saint Domingue) confirment qu'elle est bien un mulâtresse de Jacmel. 

Née aux environs de 1820 son acte de naissance reste introuvable dans les archives nationales d'Haiti. 

L'on sait que sa mère fut une Lemaire de Jacmel, (acte de décès retrouve a Paris).

Jeanne fut la "maîtresse des maîtresse", la "Vénus noire" de Charles Baudelaire qui la présente lui même comme la plus aimée de ses amantes. 

Leur relation a duré une vingtaine d’années qui ont inspiré :Le Balcon - Parfum Érotique- La Chevelure-Le serpent qui danse-La charogne etc. 

Actrice, danseuse, elle a fait une carrière artistique dans la ville dite ville lumière. 

Morte en 1862 et enterrée en France, Manet eut à faire ce tableau d'elle qui dit on avec les différents portraits a la main de son amant Baudelaire sont très représentatifs de la personne physique ... 

Je prends plaisir a vous la présenter aujourd'hui..


samedi, janvier 03, 2015

YANGA...



POUR CEUX QUI PENSENT QUE TOUT EST SIMPLEMENT BLANC, OU NOIR...

C'était aux alentours de l'année 1570, donc assez tôt dans l'histoire de la déportation esclavagiste, et cela se passait dans la région de Veracruz (la vraie croix), ville fondée par le conquistador Cortez, de triste mémoire, en 1519...

Il s'appelait "Gaspar Yanga" et se disait descendant d'une dynastie du Gabon. Refusant la servitude, il prit la fuite avec ses camarades et ces "nègres marrons" s'en allèrent fonder une colonie libre, la première d'esclaves africains aux Amériques, qui fut alors connue comme étant "San Lorenzo de los Negros", laquelle mènera une existence relativement tranquille durant une trentaine d'année...

Mais en 1609, le nouveau vice-roi décida que ce "désordre" avait assez duré et envisagea de soumettre la colonie. C'est alors que Yanga et les siens 
opposèrent une résistance farouche aux troupes espagnoles...

Les affrontements se poursuivirent jusqu'en 1618 où intervint finalement un arrangement entre la colonie et les autorités espagnoles...
Yanga et les siens obtinrent la garantie de leur liberté et l'indépendance de leur colonie, et en échange ils proclamèrent leur fidélité à l'église catholique et leur loyauté envers le roi d'Espagne...

Mais il y a surtout qu'ils se sont engagés à capturer les autres esclaves fugitifs et de les ramener à leurs maitres, ce service leur rapportant. Ceci, tant et si bien qu'au fil des années, ils devinrent après ceux du Brésil, ceux des nègres libres qui aux Amériques, possédaient le plus d'esclaves...

Rappelons à ce sujet qu'une des premières démarches de Victor Schoelcher dans sa lutte contre l'esclavage, fut de demander aux nègres libres des Antilles françaises qui, quand ils en avaient les moyens, ne se privaient pas d'avoir eux aussi des esclaves, coutume qui se poursuit d'ailleurs jusqu'aujourd'hui avec l'usage si fréquent aux Antilles, de gens de maison de la part de la classe aisée, qu'ils donnent l'exemple en accordant la liberté à leurs esclaves...

En 1932, la ville de San Lorenzo de los Negros prit le nom de Yanga son fondateur. Mais dans cette ville curieusement, il y règne un racisme assez consternant entre les différents métis de noirs, de blancs, et d'amérindiens qui occupent le centre ville, et ceux des descendants les plus foncés qui ont été rejetés dans la périphérie de la ville...

Ceux qui pensent que l'identité raciale suffit à la solidarité, ne sont pas au bout de leurs déceptions...

Richard Pulvar

Jour des aïeux (Haiti)


En 1802, les légions polonaises (fortes alors de 5 280 hommes) sont envoyés en Haïti pour écraser la révolution haïtienne, ce qui, avec l’envoi des contingents des alliés suisses et allemands, permet de ne pas puiser dans l’armée française proprement dite.

Les Polonais sont rapidement devenus sympathiques aux Haïtiens, qui croient que ceux-ci soutiennent Jean-Jacques Dessalines au point que des unités changent de bord. De fait, environ 150 Polonais ont déserté pour changer de bord. En moins de deux ans, les pertes au combat et les maladies tropicales réduisent les effectifs des légions à quelques centaines d’hommes.

Quand l’armée française se retire en 1803, 4 000 Polonais sont morts, 400 restent sur l’île, quelques dizaines se sont dispersés dans les îles alentour (Guadeloupe) ou sont partis s’établir aux États-Unis, et environ 700 retournent en France. Mais ces nombreuses pertes portent un coup sérieux aux espoirs des Polonais de retrouver leur indépendance, et l'expérience haïtienne affaiblit la confiance envers les bonnes intentions de la France, désormais gouvernée par Napoléon, envers la Pologne.

Ces 150 Polonais qui avaient pris fait et cause pour notre guerre doivent être honorés en ce 2 janvier, jour des Aïeux.

En ce 2 janvier Jour des Aïeux (Haïti)


Secrétaire de Dessalines et rédacteur de l’Acte d’Indépendance, Louis Félix Mathurin Boisrond-Tonnerre est né le 6 juin 1776 à Torbeck et est mort exécuté le 24 octobre 1806, après l’assassinat du Père Fondateur.

Selon l'auteur haïtien Charles Philippe Christophe, Boisrond-Tonnerre a griffonné le quatrain suivant sur les murs de sa cellule avant son exécution soit dans la nuit du 23 au 24 octobre 1806 :
« Humide et froid séjour fait par et pour le crime
Où le crime en riant immole sa victime
Que peuvent inspirer tes fers et tes barreaux
Quand un cœur pur y goûte un innocent repos ? »
En ce 2 janvier, Jour des Aïeux, il doit être honoré.