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lundi, juillet 13, 2020

UNE IMPREVOYANCE PERSISTANTE DE L’EVOLUTION DU MONDE, QUI AURA CAUSE LA PERTE DE DEUX EMPIRES COLONIAUX FRANÇAIS, ET QUI MENACE LE TROISIEME...


Premier empire colonial français 1534-1815
30 000 000 d’habitants
10 000 000 de km²

Deuxième empire colonial français 1815-1946
150 000 000 d’habitants
13 500 000 km², soit 1/10ème des terres émergées du globe... !

Troisième empire colonial français, “empire maritime” actuel et plus grand du monde, constitué autour des poussières des deux autres empires.

11 700 000 km² de Zone Economique Exclusive (ZEE), répartis sur cinq continents...

D’énormes ressources halieutiques, et énergétiques, qu’il s’agisse d’énergie fossile ou d’énergies renouvelables, des milliards de tonnes de ressources minières, fer, cuivre, nickel, manganèse, cobalt et autres, sous forme d'encroûtement ou de nodules polymétalliques, tout cela demeurant à ce jour totalement inexploité par la France, mais extrêmement convoité par toutes les autres puissances, qui risquent de voir leurs revendications l’emporter devant les Nations Unies, compte tenu que par son inaction, la France prive la planète de ces ressources.

Après le départ forcé des Français, le chef Pontiac de la tribu indienne des Outaouais, qui luttait avec eux contre les Britanniques, ne doutait pas une seconde qu’ils allaient revenir de France avec de puissants moyens, pour mener avec lui l’assaut final...

Mais ces renforts ne vinrent jamais, et les Outaouais abandonnés furent massacrés. Ceci, du fait d’un “nombrilisme” qui sera toujours le défaut de cette nation française où, incapables d’imaginer un avenir se faisant loin d’eux, des faiseurs d’opinion comme Voltaire, ne comprenant rien à ce qui se jouait aux Amériques lointaines, n’avaient de cesse de fustiger cette entreprise coloniale et les efforts déployés pour ces “quelques arpents de neige”, selon l’expression demeurée célèbre de lui, qui sera prêtée par erreur à Louis XV...

Ainsi, en 1763, au traité de Paris mettant fin à la guerre de sept ans, le Canada, colonie française, était-il cédé aux Britanniques...

De la même façon, suite à une défaite certes déprimante, mais qui ne compromettait en rien l’entreprise dans sa globalité, défaite à cause de laquelle ils avaient perdu beaucoup d’argent, les actionnaires de la Société des Indes Orientales en laquelle le Roi lui-même avait des intérêts, et qui avaient donc l’oreille de celui-ci, ont exigé et obtenu le rappel de Dupleix, l’administrateur des comptoirs français de l’Inde, et l’abandon de sa politique d’expansion coloniale, alors même que par une série d’accords, la majorité du pays se trouvait déjà sous influence française. Les Anglais qui n’en demandaient pas tant, ne manqueront pas d’occuper promptement la place...

Toujours dans la même inconséquence, Napoléon qui avait ruiné le pays par toutes ses guerres au travers de l’Europe, et qui avait la ferme intention de continuer à les mener, a vendu dans sa totalité aux Américains qui eux aussi n’en demandaient pas tant, la Louisiane de l’époque qui s’étendait alors du golf du Mexique jusqu’au Canada, sur 2 500 000 km², pour une somme nécessaire pour mener ses guerres, mais qui était dérisoire face à l’immensité du territoire ainsi nonchalamment cédé. Cette perte mettant quasiment fin au premier empire colonial français, celui-ci sera définitivement soldé par le congrès de Vienne en 1915...

Bien-sûr ces gens n’imaginaient pas ce que deviendraient le Canada et les Indes, et par le fait, la Grande Bretagne dont ils ont permis ainsi, bien-sûr sans le vouloir et sans le savoir, le développement de sa toute puissance, en concurrence à une France qui symétriquement, se trouvera privée d’un tel parcours, pas davantage qu’ils n’ont imaginé ce que deviendraient les Etats-Unis d’Amérique, qui ne seraient jamais devenus la puissance dominante d’aujourd’hui, sans la Louisiane qui leur barrait l’accès à l’Ouest, là encore, en concurrence à la France...

Ainsi, une capacité à imaginer l’avenir constitue-t-elle un élément décisif dans la puissance d’une nation, et le mal français réside dans une incapacité désolante à cet exercice...

Il renaîtra un second empire, plus vaste encore, plus peuplé, et beaucoup plus puissant que le premier, grâce auquel la France parviendra au faîte de sa puissance et de son influence dans le monde, et surtout qui lui vaudra sa place si enviée et si convoitée par d’autres, de membre permanent du conseil de sécurité des Nations Unies...

Il est facile de comprendre avec les chiffres dont nous disposons aujourd’hui, mais que ne pouvaient pas imaginer les nombrilistes volontiers racistes de l’époque, que cet empire qui serait actuellement fort de 500 à 550 millions d’hommes, disposant d’énormes ressources naturelles et humaines, et d’un savoir faire de la métropole, serait un des plus puissants sinon carrément le plus puissant, de ceux d’aujourd’hui...


Bien-sûr, par le jeu démocratique, ne se trouverait probablement pas à la tête de cet empire, un homme blanc, et face à cette perspective dérangeante pour certains, dont il faut le dire par delà tous ses mérites, l’illustre général de Gaulle, ceux-ci ont préféré la petitesse, plutôt qu’une grandeur qui ne célébrerait pas la supériorité raciale dont ils se revendiquent secrètement ou ouvertement...

Ainsi, après que le gouvernement de Vichy ait lâchement abandonné les Vietnamiens à la tyrannie des Japonais, sans faire le moindre geste pour protéger ces sujets de son empire, lesquels Vietnamiens parviendront malgré tout, par un formidable tour de force, à libérer leur pays eux-mêmes, la prétention de la France de restaurer sa souveraineté sur celui-ci aurait du pour le moins, s’accompagner de mesures fortes en direction de son peuple, des mesures de justice sociale, de réforme politique, et d’autonomie, que Ho-Chi-Minh s’en était venu lui-même négocier à Paris. Mais il n’obtiendra rien, face encore à d’autres esprits nombrilistes et étriqués, qui se sont montrés incapables d’imaginer ce que serait l’avenir avec cet état d’esprit lamentable, avenir qui sera terrible pour eux...

De la même façon, après la répression sanglante de Sétif contre des Algériens qui ne faisaient que demander reconnaissance après avoir si vaillamment et au prix de sacrifices énormes, participé à la libration de la métropole, des dispositions rapides et énergiques, de justice sociale, d’égalité politique, et de réhabilitation de tout un peuple dans sa dignité, en réparation de cette lourde faute, auraient probablement permis d’éteindre l’incendie naissant, mais elles ne seront jamais prises...

Ceci, parce que la constitution de 1946, que les Français connaissent sous la fausse appellation de constitution de la 4ème république, mais qui est en fait la constitution de “l’Union Française” par laquelle, selon la parole du général de Gaulle disant à la conférence de Brazzaville en 1944, que “les liens de la France et de l’Afrique sont définitifs”, la métropole s’envisageait dans une union définitive avec des nations africaines, en mettant fin au statut de l’indigénat et en faisant de leur ressortissants, des citoyens français de plein droit.

Cependant, toutes espèces d’astuces institutionnelles inavouables et inavouées, telles que la pluralité des collèges électoraux, faisaient que malgré cela, la possibilité des ex-colonisés d’accéder aux plus hautes responsabilités politiques, demeurait faible, ce qui ne trompait personne. L’empire prit fin mais l’Union fut morte née, car par-delà toutes les proclamations universalistes, il était clair que les esprits métropolitains refusaient encore l’égalité des races. Or, il ne peut pas y avoir d’empire si dispersé, sans un fort sentiment partagé d’appartenance, incompatible avec le sectarisme racial.


Les colonisés étaient donc sur leur garde lorsqu’en 1958, le général de Gaulle proposa à la nation, ce que les Français connaissent sous la fausse appellation de constitution de la 5ème république, mais qui est en réalité la constitution de la “Communauté française”, dont les articles strictement spécifiques à l’empire n’ont d’ailleurs été abrogés qu’en 1995, et par laquelle là encore, la métropole s’envisage dans une union définitive avec les nations africaines placées sous sa souveraineté. Cependant, après les expériences douloureuses de l’Indochine et de l’Algérie, il était prévu que les nations africaines décideraient librement d’adhérer ou non à cette Union.

Mais une étude des dispositions prévues montrait que là encore, selon ce qu’il faut bien nommer une véritable “obsession de la race” par des dirigeants qui n’imaginent pas l’avenir, et la nécessité qui sera désormais celle de toutes les nations de ce monde de dépasser ce concept, pour accéder à la plénitude de leurs moyens humains, des subtilités statutaires n’auraient en aucune façon permis à un ex-colonisé d’accéder à l’Elysée selon la voie démocratique...

Devant cette incapacité définitive d’une métropole à considérer que tous ses citoyens doivent bénéficier exactement des mêmes droits et des mêmes opportunités, à la fin de l’année 1960, toutes les nations africaines avaient choisi l’indépendance...

L’empire était mort, ce qui n’a pas semblé immédiatement désavantager la métropole, parce qu’elle avait trouvé par la “françafrique”, le moyen de continuer à bénéficier de ses ressources. Mais, comprenons que le dommage, et il fut de taille, se mesure en réalité par rapport aux autres grands et puissants empires d’aujourd’hui, l’Américain, le Russe, le Chinois, et l’Indien, qui eux, sont devenus tels, tout simplement parce qu'ils ont totalement intégré leur empire colonial, et c’est bien ce qui fait leur toute puissance, face à laquelle la France dévêtue, ne fait clairement plus le poids.

Le racisme est le tendon d’Achille de la nation française, non seulement concernant la paix sociale dans sa métropole, mais parce qu’une sourde tentation indépendantiste sommeille dans ses espaces lointains dont les peuples ne supportent plus l’arrogance métropolitaine, et les nations concurrentes désireuses de lui ravir l’exploitation de ses immenses espaces maritimes, vont pouvoir l’attaquer sur cette faiblesse. Ceci, en exploitant par le moyen de leurs services, les frustrations et le sentiment corrosif qui habite ces citoyens du bout du monde, de ne pas être considérés avec la même préoccupation que ceux de la métropole...

Richard Pulvar

lundi, février 26, 2018

LA COURSE AU NID D’AIGLE…



Le 16 avril 1945, le Maréchal de l’armée rouge Gueorgui Joukov, met le siège autour de la ville de Berlin afin de porter le coup de grâce au 3ème Reich allemand. Il installera ainsi autour de la ville à laquelle les chefs nazis promettaient mille ans d’éclat, rien de moins que 41 600 canons, soit un tous les dix mètres, et 6 250 chars, pour mener la bataille décisive…!

Elle prendra fin au 2 mai 1945, après le suicide d’Adolf Hitler le 30 avril, la prise du Reichstag le 1er mai après la reddition des derniers défenseurs de la ville, par des soldats russes qui y hisseront le drapeau de l’Union soviétique, et surtout, après la mort de 92 000 soldats allemands et 81 200 soldats de l’armée soviétique…

Joseph Staline demandant que soit immortalisé l’événement, la prise du Reichstag sera rejouée le 2 mai devant les caméras et les appareils photos qui nous montrerons en gros plan, ces valeureux soldats russes hissant le drapeau soviétique sur les terrasses du Reichstag, et ces images fantastiques feront le tour du monde en consacrant ainsi dans les opinions, la victoire écrasante de l’Union Soviétique sur l’Allemagne nazie…

Cependant, les Américains ayant franchi le Rhin quelques temps auparavant, menaient au travers de l’Allemagne centrale une campagne victorieuse, facilitée par le fait que l’essentiel des forces allemandes demeurait engagé sur le front de l’est, pour faire face à une armée rouge dont la réputation terrifiante avait précipité sur les routes des millions de civils cherchant refuge vers l’ouest. Ceci, de sorte que les Américains ayant à faire face à moins d’opposition, auraient du logiquement parvenir les premiers à Berlin.

Mais, les accords de Yalta conclus le 11 février entre Roosevelt, Churchill, et Staline, prévoyaient que l’est de l’Allemagne à parti de l’Elbe, devait devenir une zone d’occupation soviétique, et c’est alors que trois jours après la mort du président Roosevelt qui entérina cet accord, le général commandant en chef des forces alliées, Eisenhower, fit exécuter cet ordre et imposa aux troupes américaines de s’arrêter sur l’Elbe. Ceci provoquera la colère du fameux général Patton, héros de cette guerre, et qui comme d’ailleurs tous les autres chefs militaires ayant combattu l’armée allemande, se serait volontiers vu arriver en triomphateur à Berlin, et qui l’aurait probablement été sans cet accord…

Cette raison d’état s’imposant à eux provoquera un grand mécontentement et une profonde frustration au sein de l’armée américaine, pour des soldats qui ne se sont pas battus pour se voir ainsi privés de l’événement qui aurait le mieux couronné leur sacrifice et eté le plus significatif de leur victoire, un triomphe à Berlin…

Il fallait absolument leur trouver une compensation pour qu’ils puissent bénéficier eux aussi d’un symbole puissant de leur valeur militaire, et c’est alors que passé la ville de Nuremberg, autre haut lieux du nazisme, qu’ils ont conquise, la préoccupation des militaires américains s’est portée sur la ville de Berchtesgaden qui, autour de la personnalité de Hitler qui y avait sa résidence d’été et y réunissait régulièrement les cadres du parti et les chefs militaires, était la plus symbolique après Berlin, de ce que fut le régime nazis…

Mais ils n’étaient pas les seuls, car les Français, profondément humiliés par la défaite de 1940 et qui avaient absolument besoin de se laver de cet affront, était en quête d’un éclat militaire pour pouvoir se réhabiliter, tant à leur propres yeux qu’à ceux du monde. Ainsi, pour les chefs militaires français, après la libération de Strasbourg selon le serment fait à Koufra par le général Leclerc et ses hommes, Berchtesgaden était le seul objectif ayant une grande valeur symbolique, qu’il leur était possible d’atteindre. Ceci, compte tenu de la zone où ils combattaient selon le dispositif des forces alliées sur le terrain, positionnés qu’ils étaient sur le flanc droit de ce dispositif, et ce, même si cette ville ne se situait pas dans la zone que les forces françaises devaient occuper par la suite…

C’est ainsi que sans avouer clairement leur objectif, ces deux armées pourtant alliées, vont se livrer à une course furieuse avec tous les coups bas permis, pour parvenir la première à Berchtesgaden…

Le course commence déjà sur l’autoroute qui mène de Munich à Salzbourg, chaque armée rendez-vous compte, progresse sur une des voies de l’autoroute de sorte que l’une d’elle emprunte celle-ci à contre sens. Et ceci, en prenant le risque de laisser de dangereuses poches de résistance sur leur arrière, et au milieu de colonnes de dizaines de milliers de prisonniers allemands qui font route dans l’autre sens, de chaque coté de cette autoroute…

Les Américains ont une pointe d’avance et le premier incident va survenir au point de passage de la rivière Paar dont le pont a été détruit par les Allemands. Les Américains vont y installer un pont grâce à leur génie, mais quand les premiers soldats français arrivent, ils se voient fermement refuser le passage sur ce pont. L’incident va alors opposer un général américain à la carrure et au facies de catcheur, le général O’ Daniel, au général français Leclerc. Lorsque ce dernier viendra s’inquiéter auprès de lui de la raison pour laquelle il refuse le passage aux soldats français, loin d’avouer sa volonté de parvenir le premier à Berchtesgaden, il argumentera que les Français ne se situent pas exactement sur la route qui leur était assignée, ce qui était vrai, et que de toutes les façons ce pont avait été construit par eux et que les soldats français ne l’emprunteraient qu’après le passage du dernier américain.

L’altercation fut violente, les deux hommes se gratifiant mutuellement de noms d’oiseau que l’interprète aura la sagesse de ne pas traduire. Lorsque les Français peuvent enfin passer, les Américains ont une bonne avance vers l’objectif que malheureusement pour eux, ils ne connaissaient pas bien. Car il existe en réalité trois niveaux à Berchtesgaden, la ville elle-même qui se situe à 300 m d’altitude, et que les Américains y parvenant les premiers, pensent être l’objectif et s’y arrêtent. Mais les véritables objectifs militaires et symboliques sont en fait tout d’abord l’Obersalzberg avec le Bergoff, situé plus haut à 900 m d’altitude, un véritable sanctuaire nazi qui était le quartier résidentiel d’Hitler et des hauts dignitaires du régime. Il disposait d’importantes installations souterraines, et se trouvait encadré par des casernes de SS. Hitler et ces dignitaires s’y réunissaient régulièrement depuis 1928, et c’est là qu’ils ont pris en séminaire, un bon nombre des décisions les plus importantes.

Enfin, il y a surtout le Khelstein, le fameux “nid d’aigle”, situé à 1800 m de hauteur sur un pic rocheux, plus symbolique encore par rapport à la personnalité mégalomaniaque de Hitler qui devait avoir ainsi le sentiment d’atteindre les cieux, là où il recevait les plus intimes de ses proches, là ou ses rêves de puissance et de domination trouvaient un cadre grandiose adapté pour leur entretien, d’autant qu’il s’agit d’un endroit d’accès particulièrement difficile si on ne peut utiliser le tunnel conduisant à un ascenseur permettant de l’atteindre 120m plus haut…

Les Américains ont donc emprunté la route qui mène à la ville de Berchtesgaden où ils vont s’arrêter un moment avant de prendre conscience que tel n’est pas le véritable objectif. Les français se lançant après eux à marche forcée, en ne respectant donc aucune des consignes habituelles de pause et de vitesse, parviendront seulement quelques heures après, à la gare de Berchtesgaden. C’est alors qu’un officier, le capitaine Touyeras qui, ayant été fait prisonnier en 1940, avait été embarqué dans un train d’où il se souvenait d’avoir aperçu l’Obersalzberg, suggéra au général Leclerc d’emprunter cette voie pour pouvoir accéder plus directement au site qui est éloigné de la ville même, pour le cas où les américains n’y seraient pas encore.

C’est ainsi qu’en compagnie du brigadier Borg, à bord d’une Jeep équipée d’une mitrailleuse, ils prennent la voie ferrée pour tenter de parvenir les premiers à l’Obersalzberg. Quelle ne fut pas leur surprise lorsque dans un tunnel ils découvrent à l’abri dans celui-ci, le fameux train d’Herman Goering, remplis de tableaux et d’œuvres d’art d’une valeur inestimable, pillés dans tous les pays ayant subi l’occupation allemande, et de documents techniques sur les V1 et les V2 qui vont être transférés à Paris.

Quittant ensuite la voie ferrée, ils vont emprunter une route très sinueuse conduisant à l’Obersalzberg, en constatant qu’il n’y a aucune trace d’une quelconque présence américaine. Ils rencontrent alors une colonne d’une trentaine de jeunes des jeunesses hitlériennes auxquels ils font jeter leurs armes dans le ravin et dont ils apprennent qu’il n’y a personne là haut.

Parvenus devant la porte du bâtiment déjà considérablement dégradé par les bombardements, ils se signalent par deux rafales. Un soldat allemand apparait en brandissant un immense drapeau blanc. Pour se protéger, ils le font s’assoir sur le capot de la Jeep et se rendent jusqu’au poste de garde pour sommer les derniers hommes qui s’y trouvaient encore, de se rendre. Ils étaient 45 et se tenaient parfaitement alignés au garde à vous, mais n’opposèrent pas de résistance, comprenant bien qu’après la chute de Berlin, tout était fini pour eux…

Nos deux gaillards demandent alors du renfort et reçoivent curieusement l’ordre de venir chercher la section, malgré leurs prisonniers. Ils redescendent non sans avoir rendu le chef de ceux-ci chef responsable sur la vie de ses hommes, et ils auront la grande surprise de constater en revenant 1h 30 plus tard avec la section, qu’il n’en manquera pas un seul.

C’est lors de leur deuxième descente qu’ils croisent une colonne d’américains avec des chars, qui visiblement vexés de ne pas être les premiers, les arrête carrément d’une façon très brutale en feignant de ne pas comprendre qui ils sont, avant de finalement les relâcher, ce qui entrainera une seconde explication houleuse entre les chefs.

Félicités par le général Leclerc, celui-ci les envoie dès le lendemain en compagnie du fameux régiment de marche du Tchad qui faisait alors partie de la 2ème division blindée, mais qui se trouvait déjà privé des fameux “tirailleurs” qui avaient été libérés depuis la France, à l’assaut du nid d’aigle où ils ne rencontreront pas de résistance, et où ils planteront à 17h le drapeau français au travers d’une baie…

Il s’en est donc fallu de peu que le sanctuaire d’Hitler ne soit investi par des tirailleurs, ce qui aurait été encore plus spectaculaire, et plus symbolique…

Jusqu’à ce jour la controverse demeure entre Français et Américains qui se réclament comme étant les premiers à être parvenus au sanctuaire d’Hitler. Ces derniers ont même fait un film où ils vantent la bravoure des soldats américains à la conquête de celui-ci, ce qui n’a aucune vérité, puisqu’il ne se trouvait plus un seul soldat allemand dans les lieux quand ils y sont parvenus, et leur préoccupation essentielle fut alors de s’y prendre en nombreuses photos, afin de diffuser celles-ci à travers le monde à la façon dont les Russes l’avaient fait à Berlin…

Richard Pulvar

samedi, février 17, 2018

IL Y EUT AU 18ème SIECLE, ECUMANT LA MER DES ANTILLES, DEUX TERRIBLES FLIBUSTIERES, ANNE BONNY ET MARY READ…


Elles formaient secrètement un couple sanguinaire, aux cotés d’une autre terreur de cette mer, le pirate Jack Rackham ( le Rackham le rouge de Hergé)…

La première, fille illégitime d’un procureur irlandais et de sa servante, fut emmenée par son père condamné à l’exil suite au scandale révélé, vers le nouveau monde, et sera élevée par celui-ci à la dure, comme un garçon, à Charleston en Caroline du sud. Bien que son père soit devenu là-bas le riche propriétaire d’une immense plantation, enfant rebelle, c’est dès l’âge de 13 ans qu’elle commencera à fréquenter les tavernes de pirates.

Las de sa mauvaise conduite le père finira par la déshériter, mais pour se venger de cela, elle mettra le feu à la plantation et dès lors, s’étant mise elle-même hors des lieux, sa vie va définitivement basculer vers la piraterie où elle trouvera refuge…

C’est déguisée en homme qu’elle fera ses premières armes en compagnie du pirate français Pierre Bousquet, et rencontrera plus tard Jack Racham, entretenant avec lui une relation fort fructueuse quant aux nombre de navires pillés, bien qu’elle fut “à couteaux tirés”, et sans que l’on puisse affirmer qu’ils furent amants, d’autant qu’elle demeurait déguisée en homme…

La seconde était la fille d’un capitaine de la marine, disparu en mer. Son frère ainé mourut enfant et pour pouvoir bénéficier de la pension qui était versée pour celui-ci par la famille de son père, sa mère décida de l’habiller et de l’éduquer comme un garçon et c’est sous cette fausse identité masquant sa féminité, que non seulement, elle obtiendra un premier emploi comme valet mais surtout, qu’elle parviendra à s’engager dans l’armée britannique pour s’en aller combattre les français en Flandre…

Elle y rencontrera un bel officier dont elle tombera amoureuse et sera obligée de révéler sa véritable identité pour pouvoir l’épouser, mais le couple sera contraint de quitter l’armée…
Elle et son mari ouvriront une auberge, mais celui-ci décédera au bout de quatre ans. Ne pouvant pas tenir l’auberge toute seule, c’est en se faisant à nouveau passer pour un homme, qu’elle parviendra à se faire engager à bord d’un navire marchand hollandais.

Il se trouve que ce navire sera attaqué et capturé par des pirates anglais, et c’est à cette occasion qu’elle rencontrera la piraterie, et qu’elle s’arrangera pour l’intégrer. C’est au cours des opérations de piraterie qu’elle rencontrera Jack Rackham et Anne Bonny, et c’est la relation inattendue qui s’établira entre elles, qui sera l’occasion de la révélation de leur véritable identité…

En compagnie de Rackham, le couple mènera des campagnes dévastatrices, la légende disant que Mary Read dévoilait son sexe à son adversaire au moment de lui donner la mort, mais au cours d’une de ces campagnes, et malgré sa liaison avec Anne Bonny, elle fera la rencontre d’un captif dont elle fera son amant, et duquel elle aura un enfant…

Comme il se doit selon une fin correcte de cette histoire, après bien des aventures violentes, et d’autres bien plus douces au cours desquelles elles n’ont pas hésité à user de leur charme pour s’attirer la clémence de certains gouverneurs, tout ce monde finira par se faire arrêter, juger, et condamner à être pendu haut et court, les deux femmes ayant pu sursoir à l’exécution de la peine en révélant qu’elle étaient enceintes…

Mary Read décèdera en prison à cause de la fièvre jaune, quant à Anne Bonny, elle fut finalement graciée par le gouverneur, sortit de prison et disparu sans plus laisser aucune trace, certains disant que son richissime père serait parvenu à convaincre ce gouverneur…

Elles auront donc vaincu bien des hommes par leur pistolet et leur sabre, et quelques autres, par leur charme…


Richard Pulvar

jeudi, février 08, 2018

CREOLES DE CUBA...


Il existe 400 000 #créolophones à #Cuba, qui font de la langue créole la seconde du pays après l'espagnol, et qui participent à la formidable richesse culturelle de ce pays dont le reste du monde aura malheureusement été privé, à cause d'années d'embargo, mais qu'il nous importe de redécouvrir aujourd'hui...

Ils sont pour la plupart d'origine haïtienne, et se sont installés sur cette île voisine au cours de plusieurs vagues migratoires, dont les principales furent, tout d'abord celle consécutive à l'insurrection qui s'est produite au début du dix-neuvième siècle sur l'île de Saint Domingue et qui allait conduire à la proclamation de la première république noire. Certains colons sont alors partis chercher refuge à Cuba, avec femme, enfants, et esclaves...

Une seconde vague migratoire eut lieu dans les années 1920, quand un ambitieux programme de développement de la production de canne à sucre, nécessitat de faire venir de nombreux travailleurs depuis Haïti...

Enfin une autre grande vague migratoire eut lieu durant la dictature de Duvalier, bien des opposants au régime et de nombreux intellectuels ayant choisi la route de l'exil vers Cuba...

C'est le succès désormais planétaire du "Creole Choir of Cuba", qui nous les a fait redécouvrir ces dernières années...

Je vous propose de découvrir par le lien ci-dessous, un brillant autre groupe, les "Santiago Buenavista Troubadours", qui montre que des migrants sont venus également des Antilles françaises et même de Guyane, dans un morceau qu'ils interprètent justement, en créole...


Richard Pulvar


FESTEJO ET CAJON DU “PERU NEGRO”


Si l’influence culturelle considérable des esclaves africains déportés aux Amériques et de leur descendants, est évidente pour des pays comme le Brésil, dans de nombreux domaines et particulièrement, la danse et le style musical comme sa célèbre Samba, Cuba et sa Salsa, et la Colombie avec sa Cumbia et son Vallenato, dans lequel les descendants d’esclaves ont fait l’adoption de l’accordéon européen, nous manquons souvent de constater que cette influence a été tout aussi importante dans les autres nations de l’Amérique latine.

Ceci tient au fait que le grand métissage qui va se produire en ces pays va faire que les populations au sang mêlé, vont par ce brassage naturellement faire leur cet héritage africain, au point que faisant désormais partie de leur patrimoine national, on en oublie l’origine. Ceci, comme en Argentine où les descendants d’esclaves identifiables son peu nombreux, mais où leurs ancêtres ont laissé un beau témoignage de leur passage en ce pays, son célèbre Tango, né nous dit-on sur les quais de Buenos Aires, mais de l’adoption là aussi par les descendants d’esclaves, de l’accordéon, et dont bien peu se souviennent de son origine africaine…

Ainsi, de la même façon que les si particulières musique et danse des “Caporales”, issues des plantations, seront proclamées héritage culturel intangible de la Bolivie, ce sont les esclaves et leurs descendants qui feront hériter au Pérou, de deux éléments fondamentaux de sa culture, la musique et la danse de “Festejo”, et les percussions du “Cajon”, instrument de leur invention, et dont la mode se répand actuellement dans le monde entier.

La population des descendants d’esclaves est estimée à environ 10% de la population du Pérou. Mais cette estimation de vaut que pour ceux qui sont physiquement identifiables comme tels, parce que demeurés regroupés dans quelques zones côtières après l’abolition, certains de ces descendants se sont moins mélangés au reste de la population. Cependant les Péruviens eux-mêmes reconnaissent volontiers qu’avec leur mélange évident de sang espagnol et amérindien, ils possèdent également pratiquement tous du sang de noirs, et ils en assument parfaitement l’héritage culturel…
Richard Pulvar


Je vous présente ici une partie de celui-ci avec les liens ci-dessous

Le Festejo https://www.youtube.com/watch?v=iB3mrzVfEQc
Le Cajon https://www.youtube.com/watch?v=Mkxv30VbZac

dimanche, mai 22, 2016

ELLES SONT FEMMES, NOIRES, ET MATHEMATICIENNES… ELLES ONT JOUE UN ROLE DETERMINANT, ASSURANT LA SUPREMATIE DU PROGRAMME SPATIAL AMERICAIN…


Il était temps, plus de cinquante années plus tard, pour qu’un livre tout d’abord, qui sera publié à la fin de cette année, et un film en cours de réalisation, tiré du livre et qui sortira quant à lui en 2017, viennent enfin rendre l’hommage qui est du, à ces vaillantes…

Trois d’entre elles Katherine Johnson, Doroty Vaughan, et Mary Jackson, auront eu l’occasion d’être la clef de la réussite des programmes de lancement d’engins spatiaux habités américains, lesquels nécessitant que soient prises les plus grandes précautions, feront peser sur leurs épaules une énorme responsabilité…
L’histoire de l’une d’entre elles, Katherine Johnson, permet de prendre la mesure de l’exploit qu’aura constitué leur existence…

Elle est issue d’une famille modeste qui se trouve qui plus est, plongée au fond de la campagne américaine, et si sa mère brillante, est professeure, son père quant à lui est à peine lettré, mais ne nourrit pas moins de grandes ambitions pour ses quatre enfants, et n’est prêt à reculer devant aucun sacrifice pour leur assurer de mener une vie décente. Il souhaite donc qu’ils fassent des études…
Malheureusement en ce temps là où sévissait encore la ségrégation raciale, à la ville voisine, White Sulphur Springs, au-delà de l’école primaire, il n’existait aucun lycée ni aucune université, acceptant de recevoir des élèves noirs. Or, la petite Katherine avait fait preuves de bonnes aptitudes pour les études, de sorte que son père va utiliser ses modestes moyens pour pouvoir se trouver un pied-à-terre en Virginie, à deux cents kilomètres de chez eux, pour que durant huit ans, elle puisse aller dans un Lycée puis dans une université, pour élèves noirs, l’Université d’état de Virginie occidentale…

Durant la période scolaire, la famille se rendait en ville où le père travaillait comme serveur dans un hôtel, et en dehors de cela, ils s’en revenaient tous pour accomplir les difficiles travaux des champs, afin de pouvoir gagner davantage d’argent.

Ayant sauté plusieurs fois une classe, c’est très jeune, à l’âge de 15 ans, que Katherine fera son entrée à l’université et elle aura la chance de compter parmi ses professeurs, un des tout premiers noirs à être devenus docteurs en mathématiques, Schieffelin Claytor.

Constatant sa vivacité d’esprit celui-ci va la faire rejoindre un petit groupe restreint d’élèves auxquels il prodigue gracieusement une sorte de cours particulier, pour que ceux-ci puissent aller encore plus loin. A cette occasion il lui fera découvrir l’aéronautique, et c’est lui qui l’incitera à faire des mathématiques, son métier.

Cependant, sortie diplômée, elle se rend compte que très peu de places de chercheur sont accessibles aux femmes et surtout noires, mais elle pourra malgré cela devenir professeur de mathématiques. Une fois mariée, elle cesse de travailler, mais une maladie grave de son mari la contraint à rechercher du travail et c’est alors que la chance lui sourira sous la forme d’une annonce faite par une société d’aéronautique, recherchant spécifiquement des femmes mathématiciennes pour effectuer de laborieux travaux de calculs...
L’argument de l’annonceur pour justifier cette préférence féminine, c’est que selon lui, les hommes étaient bien trop impatients pour pouvoir effectuer ce genre de tâche…

En fait, ce qu’il faut comprendre ici, c’est qu’en ces temps là, il n’existe pas comme aujourd’hui d’ordinateurs pour pouvoir effectuer des calculs à la vitesse de la lumière. Tous les calculs se font à la main en s’aidant d’une simple règle à calcul, ce qui représente un volume véritablement astronomique de calculs, devant mobiliser une armée de calculateurs…

En réalité, ce que cherchaient ces gens, c’était tout simplement des “petites mains” féminines pour pouvoir effectuer un volume énorme de calculs fastidieux, que les hommes rechignent à faire, et en étant bien sûr moins payées que ces derniers…

A l’heure où elle postule, toutes les places sont déjà prises, mais elle ne se décourage pas et maintient sa candidature, et elle se retrouve finalement engagée un an plus tard. Ce qu’elle ne sait alors pas, c’est qu’elle vient d’être embauchée par une entreprise la Naca qui, suite au défi lancé par les Russes en 1957 avec le premier satellite artificiel de la Terre, deviendra en 1958 pour y répondre, la Nasa, dotée de très puissants moyens…

Mais nous ne sommes encore qu’en 1953, et elle se trouve embauchée pour travailler sur les trajectoires d’avions, et elle reconnaîtra qu’il y avait alors un tel travail de recherche, qu’elle n’a pas souffert de la ségrégation, les savants ayant bien d’autres chats à fouetter que de perdre leur temps à ces sottises. Cependant, s’il n’y avait pas de racisme, il y avait malgré tout une forme de sexisme car, quand en 1960 le président Kennedy annonce que les Etats-Unis envisagent d’envoyer un homme sur la Lune, toutes les pointures scientifiques veulent être de ce coup là, et à l’heure ou elle fait part de sa volonté d’en être, son supérieur lui répond que “les filles” ne sont généralement pas admises dans ces cercles…

C’est alors que sans se démonter elle lui demande carrément s’il y a une loi qui lui interdit à elle, femme, d’en être, et face à cette audace, son supérieur un peu penaud s’engage à mettre fin à cette pratique, et elle rejoint donc l’équipe…
Au sein de celle-ci elle s’attelle à des travaux de plus en plus difficiles et acquiert assez vite la réputation de produire de solides modèles mathématiques, en publiant plus de vingt cinq articles sur la question des trajectoires.
Après l’humiliation qu’aura constitué pour les Américains, l’envoi du premier homme dans l’espace par les Russes, toujours en avance sur eux, et face auquel le petit “saut de puce” d’Alan Shepard qui lui répondit, ne supportait pas la comparaison, c’est donc elle qui aura la lourde tâche et responsabilité de calculer la trajectoire du voyage du major John Glen qui, bien qu’intervenant dix mois après celui de Gagarine, mais en faisant cette fois trois tours de la Terre, allait redonner confiance aux Américains, et il en fallait surtout pas se planter…
C’est ce voyage que nous voyons ces mathématiciennes suivre à la télévision, sur l’illustration…

Sa notoriété à alors été pleinement acquise, lors du voyage vers la lune de la mission Apollo 13 en 1970, dont elle avait calculé la trajectoire. Car il y a eu un incident technique très grave dans le module de service, qui a nécessité d’annuler la mission, et de faire revenir de toute urgence les astronautes vers la Terre. Il lui a donc fallu calculer sur le champ, dans l’urgence, et surtout sans se tromper, compte tenu qu’il n’y avait pas de temps pour pouvoir procéder à des vérifications, une trajectoire de secours pour permettre aux astronautes de revenir, et beaucoup s’accordent à dire qu’elle leur a ainsi sauvé la vie…
Katherine Johnson n’a pas manqué d’honneurs et de reconnaissance dans son milieu professionnel et de la part des autorités du pays, et particulièrement de la part du président Obama. Mais il est dommage que son histoire soit jusqu’à ce jour demeurée ignorée du grand public. Car elle aurait été de nature à donner confiance et fierté à bien des jeunes issus de conditions modestes, à des femmes incertaines quant à elles-mêmes face à l’arrogance masculine, et à ceux qui souffrent des regards racistes portés sur eux…

Paris, le 22 mai 2016
Richard Pulvar

vendredi, avril 29, 2016

L'abbé Marcel Pulvar


En ces années ou le pouvoir politique, s'offrait encore sans état d'âme, une dérogation quant à la séparation de l'église et de l'état, ce compagnon de Jean XXIII, qui participa au concile Vatican II, ne put être nommé évêque comme il aurait du l'être pour son action pastorale, car ses idées dérangeaient. Il fut donc nommé à titre honorifique, "Chanoine de la Martinique". Il fut le bâtisseur de Notre-Dame de Fatima, à Desmarinières, aujourd'hui laissée à l'abandon. Partisan d'une rénovation de l'église, il inaugura des messes illustrées avec des chants composés sur le modèle folklorique martiniquais.

Richard Pulvar

jeudi, avril 21, 2016

PHARAONNES…



Il y eut dans l’Egypte ancienne, au moins une quinzaine de reines qui furent très étroitement et très activement associées à l’exercice du pouvoir dans tous ses aspects, qu’ils soient régaliens ou même religieux, certaines portant le titre de “divine adoratrice d’Amon”, auprès de leurs époux. Et ceci particulièrement, lorsqu’il s’agissait d’assurer la stabilité du royaume quant ces pharaons s’absentaient durablement pour s’en aller guerroyer dans des contrées lointaines…

Il y en eut également comme la reine Meryt Neith de la 1ère dynastie, et la reine Ahmose Nefertari (à gauche sur l’illustration) de la 18ème dynastie qui, pour assurer la régence entre la mort de leur époux et la prise de fonction de l’héritier de celui-ci, bénéficièrent des années durant de tous les pouvoirs dévolus au pharaon mais sans toutefois en posséder le titre, même si l’une d’elle, la reine Taousert de la 19ème dynastie, s’attribua elle-même du temps de sa régence, une titulature royale…

Cependant, il y en eut au moins deux, la reine Sobekneferou de la 12ème dynastie, et surtout, la grande reine Hatchepsout de la 18ème dynastie (à droite sur l’illustration) qui, à partir d’une régence qu’elles accomplissaient avec succès, s’arrangèrent alors que l’usage ne le permettait pas, pour se faire officiellement couronner et introniser comme étant pharaon d’Egypte, avec la titulature et la plénitude de l’exercice du pouvoir, et qui furent ainsi de véritables pharaonnes…

Richard Pulvard

dimanche, avril 03, 2016

DANSE DE GUERRIERS ET DE BEAUTES CHEZ LES NAGAS


Il s’agit d’un ensemble de tribus de redoutables guerriers du nord-est de l’Inde, qui sont demeurés des coupeurs de têtes jusque dans les années soixante, et qui furent rassemblés en 1920 en une entité, le Nagaland, sous la férule des Britanniques, en acquérant ainsi une conscience nationale.

Certains Nagas rassemblés dans le “Naga National Concil”, mènent aujourd’hui une lutte indépendantiste, car ce peuple possède deux particularités qui le singularisent par rapport au reste de l’Inde, tout d’abord le fait qu’il s’agit de “Chinkis”, autrement dit de Chinois de l’Inde, et parce qu’il est chrétien à 85%...

Les Nagas avaient obtenu des Britanniques à la veille de leur départ de l’Inde, un délai et une protection durant ce délai, pour décider par référendum de leur avenir politique, et c’est à plus de 90% qu’ils se sont prononcés pour leur indépendance, avec le soutien du Mahatma Gandhi qui malheureusement pour eux, se fera assassiner l’année suivante…

A ce référendum, les autorités Indiennes désireuses de conserver à tout prix le Nagaland répondront par la proclamation de la loi martiale et une occupation armée du pays, qui sera l’occasion de terribles exactions menées par les militaires contre les femmes nagas. Celles-ci vont à cause de cela massivement s’engager et jouer un rôle essentiel qui le demeure aujourd’hui, dans le mouvement de libération…

Curieusement, alors que les Nagas sont volontiers ostracisés en Inde, il n’en demeure pas moins que la grande beauté de leurs femmes fascine et même obsède littéralement d’autant les autres Indiens, que ceux-ci veulent les croire “faciles”, parce que découvrant largement leurs épaules et leurs jambes, elles ne sacrifient pas au code vestimentaire des autres femmes de l’Inde…

Richard Pulvar

samedi, février 06, 2016

LAICUS, l’homme du peuple (laos), le commun CLERICUS, celui qui sait écrire, l’homme d’église



Il est intéressant de noter qu’au départ, il n’y a pas d’opposition philosophique entre le “laïc”, et le “clerc”, qui confessent l’un et l’autre en une même croyance dans une société qui, dans le sens moderne de ce terme, ignorait alors tout de la “laïcité”, mais une différence de compétence. Car au contraire du clerc qui possédait une connaissance lui permettant de d’admettre le fait de Dieu, le laïc sans instruction, ne possédait curieusement que sa “foi”.

Le terme laïc ne s’opposera au terme clerc que vers la fin d’un 19ème siècle de furieuse lutte anticléricale et où, à l’heure ou la république de Jules Ferry se chargeait de l’éducation des enfants, il désignera celui qui n’aura pas reçu d’éducation dans le cadre de l’église, et donc pas reçu d’éducation religieuse…

Cependant, la loi de séparation de l’église et de l’état de 1905, ne fait pas état de ce qui deviendra la “laïcité”, qui est une notion très française qu’ignorent la plupart des pays, comme la Grande Bretagne ou la Reine d’Angleterre se trouve à la tête de l’église anglicane, l’Allemagne où il existe encore le concordat, ou les Etats-Unis d’Amérique où le président prend ses fonctions en prêtant serment au dessus de la bible, et où se trouve inscrite sur les billets de la monnaie américaine la phrase, “in God we trust” ( nous croyons en Dieu).

La laïcité est donc une notion inconnue et dont l’acquiescement n’est absolument pas évident, pour la plupart des hommes qui relèvent d’autres cultures, parce que dans celles-ci, il n’existe encore “d’ascèse” établissant la “norme” comportementale, que religieuse. Ceci, parce qu’il ne s’est pas établi dans ces cultures, comme en France à la faveur des “lumières”, puis au cours et au-delà de la révolution, cet “accord” tacite quant aux nécessités sociales et aux obligations comportementales de chacun, dans une société de liberté de conscience, avant qu’elles ne soient traduites dans la loi, établissant ainsi une nouvelle forme de “convenance”. Celle-ci fut en fait issue d’un débat dégagé de tous les dogmes religieux et de toutes traditions étatiques selon lesquelles jusqu’ici, seuls les puissants inspiraient la loi, et qui allait constituer une véritable “ascèse républicaine”.

Ce n’est finalement que dans la constitution de la quatrième république qui en 1946, se substituait à “l’état français” de Philippe Pétain de triste mémoire, que la république fut proclamée laïque, démocrate, et sociale. Ceci, pour signifier clairement que plus aucune considération d’ordre religieux, ne devait interférer avec la conduite des affaires de l’état, et que tous les citoyens se trouvaient égaux devant la loi, quelle que soit leur pratique religieuse.

Il est clair que les persécutions au prétexte religieux qui eurent lieu au cours de la deuxième guerre mondiale, justifiaient pleinement cette proclamation haut et fort, de laïcité.

Mais, paradoxalement, en reconnaissant le droit à la pratique religieuse de chacun, l’état laïc allait se trouver dans l’obligation d’organiser les conditions de cette liberté de culte, et veiller à son respect, et n’allait pas tarder à se trouver en contradiction avec lui-même. Ceci, dans la mesure où, si elles furent écartées du pouvoir, les religions n’en pas moins continué de d’imposer à leurs ouailles des règles comportementales logiques de leurs doctrines et qui, dans la mesure où elles s’adressent à des collectivités, confinent fatalement à constituer des règles sociales dont la nocivité réside dans le fait qu’elles ne peuvent être partagées par tous, et ceci, au nom d’une liberté de culte qui leur est justement garantie par la laïcité elle-même…

Nous sommes là dans le même schéma selon lequel les fondamentalistes religieux se hissent au pouvoir à la faveur de la démocratie, de sorte que leur légitimité à exercer ce pouvoir leur est incontestable, et qui l’utilisent afin de mettre justement fin à cette démocratie.

La désertion des églises allait éviter pendant quelques temps à cette contradiction de prendre trop d’ampleur. Mais l’arrivée ces dernières années du fondamentalisme religieux, qui consiste en un détournement des exigences religieuses et une exploitation outrancière de celles-ci, afin de parvenir à un résultat politique, va réactualiser le débat…

Aujourd’hui, la laïcité se trouve menacée sur deux fronts. Celui des fondamentalistes religieux qui prétendent imposer des règles sociales selon leur doctrine, ce que la laïcité leur interdit, mais au nom d’une liberté de culte garantie par cette même laïcité. Mais, il y a également le front de ceux que l’on désigne désormais comme étant les “laïcards” qui quant à eux, s’inscrivent dans une sorte de fondamentalisme passionnel parfaitement symétrique à celui des religieux et qui, dans une interprétation outrancière de l’idée de laïcité, ne se contentent pas de contenir la religion hors des affaires de l’état, mais prétendent dégager toute idée religieuse de la société tout entière, et abolir toute tradition qui serait issue même lointainement, de la pratique religieuse.

Ceci, au point de s’en prendre au fait d’un sapin de Noël ou d’une statue de la vierge dans un lieu public, du maintien dans le calendrier d’une fête religieuse, ou d’une galette des rois dans une cantine, alors qu’il s’agit là des éléments fondamentaux d’une culture qui s’est constituée justement autour d’une religion, mais qui se trouvent désormais dans un usage civil de plus en plus dégagé de leur références religieuses, et qui ne constituent en aucune façon une règle sociale à laquelle tous seraient tenus de s’obliger…

Ce détournement de l’esprit de la laïcité par les laïcards aura eu comme conséquence inattendue et extrêmement dommageable le fait que, des fondamentalistes tenant de religions différentes de la religion dominante, se sont très opportunément revêtus des mêmes habits que ces laïcards, en utilisant leur argumentaire de néant religieux. Ceci, afin de pouvoir combattre dans un premier temps, dans tous ses aspects devenus traditionnels, la religion la plus ancrée dans le pays et qui fait obstacle à leur projet, pour ensuite imposer sur un terrain rendu vierge, leurs règles dans les différents aspects de la vie sociale pour les uns, ou s’imposer à tous au nom de leur religion les faisant seigneurs sur cette Terre, pour les autres…

Si donc on en parle tant en ce moment, c’est tout simplement parce que la laïcité est devenue le paravent derrière lequel se jouent de féroces luttes pour le pouvoir…

Paris, le 6 février 2016
Richard Pulvar

lundi, janvier 25, 2016

CES VAILLANTS INDIENS NOIRS, LES SEMINOLES…



Face à la menace Britannique sur la colonie espagnole de la “Pâques fleurie”, dite en espagnol la “Pascua florida” d’après le jour où elle fut découverte, et qui sera dite plus tard plus simplement la Florida, c’est en 1689 que par un édit, le roi d’Espagne Philippe V autorisa les esclaves noirs fugitifs des colonies anglaises d’Amérique, à se réfugier en Floride. Ceci, afin de bénéficier de la liberté, mais en échange de servir dans une milice devant suppléer aux troupes espagnoles afin de s’opposer aux troupes britanniques.

Beaucoup d’esclaves de Caroline du sud et de Georgie, ayant eu connaissance de cette offre, se sont précipités vers la Floride pour y trouver refuge et liberté, même si bon nombre d’entre eux ne se sont finalement pas engagés dans cette milice. Mais ils ne furent pas les seuls car depuis quelque temps déjà, nombre d’Amérindiens fuyant eux aussi les persécutions britanniques, en particulier les Yamasee, les Hitchiti, et le Creek, avait également trouvé refuge en Floride.

Les milices eurent un instant raison des prétentions britanniques et c’est alors que partageant la même situation de réfugiés vis-à-vis des autres tribus indiennes, des autorités espagnoles et surtout, des colons espagnols qui avaient quant à eux réduit en esclavage 12 000 Amérindiens de Floride, et qui n’étaient guère mieux disposés vis-à-vis d’eux que les colons britanniques, ces noirs et ces indiens se sont alliés face à une commune adversité, celle que constituait les colonisateurs et les esclavagistes. Ceci, au point d’avoir donné naissance en peu d’années, à une communauté de métis qui sera dite “Séminole”.

Cette appellation découle du mot espagnol “cimarron” signifiant le “fuyard”, qui est devenu “cimano-li” puis “séminole”, et qui d’ailleurs parallèlement, a logiquement donné leur nom aux esclaves fugitifs dits “nègres marrons”, des Antilles…

Malheureusement pour elle, l’Espagne se trouvant alliée à la France durant la guerre de sept ans (1756-1763), elle se retrouvera dans le camp des perdants, de sorte qu’aux termes du traité de Paris de 1763 mettant fin à cette guerre, elle doit céder la Floride à la Grande Bretagne…

Mais ce ne sera pas pour longtemps car suite à la guerre d’indépendance menée par les Américains alliés à la France, contre la Grande Bretagne qui la perdra, le traité de Paris de 1783 qui met fin à cette guerre, imposera aux Britanniques de restituer la Floride à l’Espagne.

La jeune nation américaine éprouve alors le besoin de s’étendre territorialement, et après avoir très heureusement pour elle, obtenu en 1803 de la part de Napoléon qui avait un grand besoin d’argent pour poursuivre ses guerres, la cession de la totalité de la Louisiane de l’époque, laquelle représentait le quart des Etats-Unis d’aujourd’hui, alors même qu’elle n’espérait obtenir de lui que la Nouvelle Orléans, les dirigeants américains prétendront que l’ouest de la Floride faisait partie de la vente de la Louisiane, et en revendiqueront la possession…

Une première expédition américaine est donc menée contre la Floride, mais les Séminoles, hommes libres et désireux le demeurer ne l’entendent pas de cette oreille, et ce sera en 1817, le début de la première des trois “guerres séminoles”, qui opposeront farouchement les Etats-Unis d’Amérique à cette tribu de noirs indiens…

La première sera un désastre pour les Américains qui enverront 10 000 soldats secondés de 30 000 miliciens, pour défaire seulement 1400 Séminoles, mais qui repartiront en laissant 1500 hommes sur le terrain…

Cependant, l’empire colonial espagnol étant secoué par de violentes révoltes, particulièrement en Amérique du sud, et ne désirant pas s’engager dans une épreuve de force avec les Américains au risque de tout perdre, l’Espagne finira par céder la Floride à l’intérieur de laquelle demeurent les Séminoles, à ces Américains par le traité d’Adams-Onis de 1819. Les Séminoles obtiendront alors des Américains par le traité de Moultrie Creek en 1823, le droit de se rassembler et de s’établir dans une réserve au centre du pays…

Mais, c’est alors qu’arrive en 1835 comme 7ème président des Etats-Unis, un héros américain, Andrew Jackson, qui avait justement déjà combattu contre les Séminoles, et qui n’entend pas en rester là. Il fera approuver par le congrès un projet de déportation massive de ceux-ci, de l’autre coté du Mississippi, et ce sera le début de la deuxième guerre séminole.

Cette fois les Américains vont mettre le paquet, plus de 40 000 hommes contre un même nombre de Séminoles qui auront la bonne idée de ne pas leur opposer un front, mais de mener contre eux une guerre interminable de harcèlement, telle que ces Américains en connaîtront une autre bien plus tard au Viet Nam, et avec le même résultat. Cette guerre totalement démoralisante pour eux et devenue impopulaire, se poursuivra jusqu’en 1842 et ils perdront en tout plus de 1600 hommes, contre 540 Séminoles.

Cette fois encore le conflit se terminera par un accord autorisant les Séminoles invaincus, à s’établir dans une réserve, mais plus au sud dans le pays…

Cependant, l’armée humiliée, et les chefs de plantation ulcérés par le mauvais exemple que constituaient pour tous les hommes qui se trouvaient encore soumis à l’esclavage, la hardiesse des Séminoles, le gouvernement américain décidera d’en finir une bonne fois, ce sera la troisième guerre séminole qui débutera en 1855.

Déjà, depuis 1854, un embargo commercial avait été décrété contre les Séminoles et des colons provocateurs venaient squatter des terres aux abords de la réserve. Cependant, l’armée régulière ne disposait plus que de 800 hommes en Floride, même si elle se trouvait secondée par dix compagnies de milices. Ce sont en fait les Séminoles qui pour se dégager de la pression vont mener la première attaque, une attaque surprise contre une ferme et qui aura montré qu’ils entendaient bien mener la même tactique de guerre de harcèlement, pour ne pas offrir aux Américains le bénéfice de leur supériorité numérique. Beaucoup de Séminoles en effet, lassés de cette situation avaient fini par quitter la Floride…

Mais les Américains non plus ne cherchent pas l’affrontement direct, et construisent un ensemble de forts autour de la réserve pour y établir en quelque sorte un siège. C’est alors que sachant que les Séminoles sont maintenant moins nombreux, même s’ils demeurent toujours aussi farouches, il leur vient l’idée de s’en sortir en monnayant tout simplement l’affaire, et en leur proposant 500 dollars pour chaque guerrier qui acceptera de quitter la Floride, davantage pour les chefs, et 100 dollars pour chaque femme et enfant.

Le 4 mai 1858, 163 Séminoles seulement s’embarquent pour la Nouvelle Orléans, et le Colonel Loomis qui pense qu’il n’en reste plus qu’une centaine en Floride, déclare la fin de la guerre le 8 mai. Cependant, il se trompe, mais quand les Américains découvrirons qu’il y a encore des centaines de Séminoles en Floride, ils seront préoccupés par un problème bien plus sérieux, la guerre de sécession. Ils vont alors négocier avec eux, leur neutralité dans le conflit et obtenir leur accord, les Séminoles ne bougeront pas durant le conflit.

A la fin de la guerre, les troupes régulières seront rappelées, et les miliciens renvoyés chez eux, et tous les forts établis autour de la réserve seront démantelés. Pour les remercier de leur neutralité, les autorités de Floride leur accorderont un siège dans chacune des deux assemblées législatives de l’état, mais les Séminoles n’y siègeront jamais, ils resteront tranquillement chez eux, jusqu’à aujourd’hui, et invaincus…

Richard Pulvar

samedi, janvier 03, 2015

YANGA...



POUR CEUX QUI PENSENT QUE TOUT EST SIMPLEMENT BLANC, OU NOIR...

C'était aux alentours de l'année 1570, donc assez tôt dans l'histoire de la déportation esclavagiste, et cela se passait dans la région de Veracruz (la vraie croix), ville fondée par le conquistador Cortez, de triste mémoire, en 1519...

Il s'appelait "Gaspar Yanga" et se disait descendant d'une dynastie du Gabon. Refusant la servitude, il prit la fuite avec ses camarades et ces "nègres marrons" s'en allèrent fonder une colonie libre, la première d'esclaves africains aux Amériques, qui fut alors connue comme étant "San Lorenzo de los Negros", laquelle mènera une existence relativement tranquille durant une trentaine d'année...

Mais en 1609, le nouveau vice-roi décida que ce "désordre" avait assez duré et envisagea de soumettre la colonie. C'est alors que Yanga et les siens 
opposèrent une résistance farouche aux troupes espagnoles...

Les affrontements se poursuivirent jusqu'en 1618 où intervint finalement un arrangement entre la colonie et les autorités espagnoles...
Yanga et les siens obtinrent la garantie de leur liberté et l'indépendance de leur colonie, et en échange ils proclamèrent leur fidélité à l'église catholique et leur loyauté envers le roi d'Espagne...

Mais il y a surtout qu'ils se sont engagés à capturer les autres esclaves fugitifs et de les ramener à leurs maitres, ce service leur rapportant. Ceci, tant et si bien qu'au fil des années, ils devinrent après ceux du Brésil, ceux des nègres libres qui aux Amériques, possédaient le plus d'esclaves...

Rappelons à ce sujet qu'une des premières démarches de Victor Schoelcher dans sa lutte contre l'esclavage, fut de demander aux nègres libres des Antilles françaises qui, quand ils en avaient les moyens, ne se privaient pas d'avoir eux aussi des esclaves, coutume qui se poursuit d'ailleurs jusqu'aujourd'hui avec l'usage si fréquent aux Antilles, de gens de maison de la part de la classe aisée, qu'ils donnent l'exemple en accordant la liberté à leurs esclaves...

En 1932, la ville de San Lorenzo de los Negros prit le nom de Yanga son fondateur. Mais dans cette ville curieusement, il y règne un racisme assez consternant entre les différents métis de noirs, de blancs, et d'amérindiens qui occupent le centre ville, et ceux des descendants les plus foncés qui ont été rejetés dans la périphérie de la ville...

Ceux qui pensent que l'identité raciale suffit à la solidarité, ne sont pas au bout de leurs déceptions...

Richard Pulvar

lundi, décembre 29, 2014

LES AMES BIEN NEES, SE MOQUENT DE LA COULEUR...



Ce jeune virtuose métis particulièrement doué, fut accompagné par Beethoven qui composa spécialement pour qu'il puisse exprimer tout son talent, une de ses sonates...

Il s'appelle George Augustus Polgreen Bridgetower...

Sa mère était polonaise, et son père, un "libre" des Antilles anglaises qui s'étant rendu en Europe, officiait au château d'Esterazy en Hongrie, dans une famille qui fut mécène du compositeur Haydn, et c'est là que le jeune Georges reçut ses premières leçons de violon, prodiguées précisément par ce grand homme.

Son éducation se poursuivit à Londres, mais c'est à Paris qu'il fera ses débuts de violoniste, alors qu'il n'avait que onze ans, au cours d'un concert donné au Panthéon, dit "concert spirituel", en l'honneur de Thomas Jefferson le 13 avril 1789, et qui sera ainsi le dernier concert donné à Paris avant la révolution...

Il impressionnera par son talent la société de Londres, mais sa destinée prendra un nouveau tournant lorsqu'en 1802 il part rejoindre sa mère qui résidait alors à Dresde. Car le grand succès de ses récitals lui fera rencontrer là-bas, Beethoven.

Celui-ci va composer spécialement pour le jeune Bridgetower, sa sonate pour violon n° 9, qui sera jouée pour la première fois en public par celui-ci, à l'Auergarten de Vienne, le 24 mai 1803, alors que le grand compositeur lui-même, l'accompagnait au piano...

Beethoven et Bridgetower avait une relation très proche, trop peut-être, car malheureusement, un différent intervenu entre eux avant la publication de l'oeuvre, fit que Beethoven la dédia à un autre violoniste, Rodolph Kreutzer qui quant à lui, n'apprécia pas la chose et ne la joua jamais...

Devenue ainsi "Sonate à Kreutzer", cette dédicace sera reprise en titre pour le Roman de Léon Tolstoï où celui-ci évoque la question du mariage et de la condition de la femme, et dans lequel un des protagonistes joue cette oeuvre...

Bridgetower restera quelques années en Autriche, puis reviendra en Angleterre pour enseigner la musique à l'université de Cambridge. Faisant partie de la Royal Philarmonic Society, il composera lui-même plusieurs oeuvres dont une intitulée "Diatonica Armonica" pour pianoforte, et qui sera publiée à Londres en 1812...
Beau parcours non...?


Richard Pulvar


Bridgetower: Black musicians and British culture, 1807-2007 - Dr Mike Phillips from Gresham College on Vimeo.

mardi, juillet 01, 2014

LA CONSTITUTION DE LA NATION IROQUOISE, LA "GAYANASHAGOWA", LA "GRANDE LOI DE L'UNITE", QUI INSPIRA LA DECLARATION D'INDEPENDANCE DES ETATS UNIS D'AMERIQUE...


Les Américains célébreront bientôt le jour anniversaire de la déclaration de leur indépendance qui fut proclamée le 4 juillet 1776, devant le congrès.

Cette déclaration dont on a longtemps cru qu'elle fut une oeuvre collective, fut en fait pour l'essentiel celle de Thomas Jefferson qui n'était alors âgé que de 33 ans. Il mit trois semaines pour la rédiger et l'a présenté le 21 juin 1776 devant une commission qui en première lecture, enleva les articles concernant l'esclavage, pour ne pas contrarier les nations du sud...

Si Jefferson s'est largement inspiré pour la rédaction de cette déclaration, des différents auteurs des "lumières", celle-ci possède néanmoins un préambule concernant les "droits fondamentaux", pour lequel Jefferson qui était très influencé par la "ligue des Iroquois", fit un large emploi des dispositions de la constitution iroquoise, la "Gayanashagowa".

Il disait à ce sujet :

" Je suis convaincu que les sociétés indiennes qui vivent sans gouvernement, jouissent globalement d'un degré de bonheur bien supérieur à ceux qui vivent sous des régimes européens..."

Il s'agit en cette constitution iroquoise d'un code juridique dont les lois se sont transmises par tradition orale depuis le 12ème siècle, et qui sont conservées aujourd'hui par la tribu "Onondaga". Il fut tout d'abord décrit par le Français Louis Armand Delom d'Acre en 1702, puis fut rédigé en anglais en 1720 sous forme de 117 paragraphes comportant une constitution, et des dispositions de coutumes. Il codifie les fonctions du Grand Conseil Iroquois, et comment les six nations iroquoises doivent s'y prendre pour résoudre leurs différents, équilibrer leurs échanges, et coexister pacifiquement... Notons que le nom Iroquois fut celui donné pour des raisons obscures par les Français, au peuple "Haudenosaunee", le "peuple aux longues maisons".

C'est le "grand pacificateur", le prophète Deganiwida et son disciple Hiawatha qui prêchant la "grande paix", ont rassemblé les chefs iroquois dans un congrès durant lequel ces lois furent édictées... Pour ceux qui pensent qu'il n'y eut jusqu'aux instants de cette colonisation, de démocratie qu'en Europe, il faut savoir qu'il existait chez les Iroquois un système de représentation selon un parlement constitué de cinquante "porte-paroles", appelés les "Royaneh", et que les chefs de tribu, les fameux "Sachems", siégeaient dans un "conseil des nations"... On ne le soupçonne habituellement pas, mais tout cet apport législatif des Indiens d'Amérique a fortement influencé le fédéralisme américain, et la constitution des Etats Unis...

Richard Pulvar

mardi, février 18, 2014

SUR LES VOIES DE “TANO”


Tano était le dieu des eaux, réputé créateur, chez les Yorubas et aujourd’hui chez les Akans, et on retrouve curieusement son nom fossilisé dans le mot français “fontaine”, à travers le latin “fontana”...

Selon cette attribution de Tano, lequel se trouve à l’inspiration du dieu latin “Nep-tune”, son logique descendant, les “tania” furent les régions auxquelles de lointains explorateurs accédèrent précisément par la “voie des eaux”, autrement dit par les voies maritimes, en partant d’Afrique occidentale, et elles furent nommées en ce sens au fur et à mesure de la progression de leurs découvreurs du sud vers le nord :

Mori-tania
Lusi-tania
Aski-tania ( Aquitaine ), qui a la même origine que “Euska-di”, le pays Basque
Beri-tania ( Britania )

Ces expéditions menées par l’atlantique dans des temps lointains, de l’Afrique occidentale vers l’Europe occidentale étaient bien sûr le fait d’hommes qui étaient dit les “fils du vent”. Ceci, selon le sens fondamental du terme “vent” qui est ce par quoi “il advient”. Il s’agissait donc de ce que nous désignons aujourd’hui selon ce vent, comme étant précisément des “aventuriers”.

Le vent chez ces gens se disait “odou”, et la force mécanique développée par le vent et le mouvement qui en résultait, réalités physiques dont la corrélation idéale était “la force du destin”, se disait alors “ Odou-zé”. Ce sémantème “zé” signifiant la puissance causale, et par cela, la force “d’avenir”, se retrouve d’ailleurs dans plusieurs noms de vents dont ceux qui permettaient de s’en aller vers le lointain, autrement dit vers “l’ailleurs”, et qui se disaient vents de “l’Ali-zé”. Ceci, avec le sémantème “ali” pour signifier l’éloignement et l’ailleurs comme dans le mot “ali-bi”, disant le fait d’être ailleurs, “bi” ayant alors la même valeur que l’anglais “be”...

Certains de ceux qui s’installeront dans ces contrées lointaines seront alors dit “alibionni”, c’est-à-dire “issus d’ailleurs”, et deviendront les Albains, fondateurs de “Albe la longue”, autrement dit “Albe l’éloignée”, dont les descendants seront quant à eux les fondateurs de Rome. D’autres atteindront une contrée qui par le fait s’appellera plus tard, “Albion”...

Bien sûr ces aventuriers mus par “l’odouzé”, la force du destin, devaient affronter toutes les vicissitudes de ce parcours tumultueux à travers les mers, et l’un d’eux deviendra célèbre par ses nombreuses aventures et son nom établi en rapport à l’odouzé, sera hellénisé en “Odysseos”, le nom grec d’Ulysse.

On surprendra beaucoup d’Européens en leur disant tout ce que leur civilisation a en réalité importé d’ailleurs, dans les temps lointains...

Ce brave Darwin débarquant du Beagle aux Galapagos, et constatant qu’il s’y trouve ses désormais fameux “pinsons”, d’une espèce identique à ceux du continent sud-américain mais au bec modifié pour pouvoir attraper des vers logés dans les anfractuosités des rochers, a maladroitement loupé la toute première marche pour la rédaction de sa théorie qui par le fait, demeurera une demie-théorie. Ceci, en manquant tout simplement de se poser la question de savoir qu’est-ce que ces bougres de pinsons qui pourtant ne manquaient strictement de rien sur le continent, et la preuve c’est qu’ils s’y trouvent toujours, étaient allés chercher jusqu’à ces iles lointaines...?

S’il y avait songé, il aurait établi que le phénomène “d’évolution”, possède forcément une résolution à la fois spatiale et temporelle, puisque “évoluer”, c’est à la fois se déplacer et changer. Il aurait alors constaté qu’il ne peut se produire “évolution temporelle”, c’est-à-dire “mutation”, qu’à condition qu’il se soit déjà produit “évolution spatiale”, c’est-à-dire “migration”, et c’est bien ce qu’on fait ces facétieux pinsons qui n’en avaient pourtant nul besoin objectif, ce qui suppose qu’ils furent mus selon une “détermination”, notion controversée que nous aurons l’occasion de débattre une prochaine fois...

Pour leur évolution, les hommes devaient migrer, ils l’ont fait, et c’est alors qu’ils ont muté et se sont retrouvé “blancs”, d’où le rapport sémantique de “alba”, avec la couleur blanche...

Mais cette évolution temporelle, la mutation, qui se fait selon la “sélection” d’un certain nombre de caractères et le rejet d’autres, correspond en fait à un appauvrissement de la capacité d’évolution de l’espèce, puisque cette évolution nécessite d’autres caractères jusqu’alors inusités, pour satisfaire à des temps nouveaux, caractères que la catégorie d’hommes issus de sélection ne possède justement plus.

Ceci revient tout simplement à dire qu’une fois ayant accompli sa noble tâche historique selon la détermination de notre humanité, la catégorie d’hommes issus de sélection n’est plus en mesure d’évoluer par elle-même pour accéder à autre chose, et qu’il lui faut absolument un apport de caractères en provenance d’hommes les ayant conservés...

C’est alors qu’au péril de leur vie, et selon la détermination de notre humanité, des hommes du lointain reprennent aujourd’hui les voies de Tano...

Bien sûr, il faudrait en dire beaucoup plus... Une prochaine fois peut-être...


Paris, le 12 février 2014
Richard Pulvar