mercredi, août 24, 2016

Fin de mission pour le CNMHE, vers une prise de pouvoir du gens du CM98


Pour celles et ceux qui s’intéressent à la façon dont le drame de l’esclavage est pris en compte officiellement aujourd’hui en France, il faut lire ce courrier envoyé par Myriam Cottias à Manuel Valls. L’historienne martiniquaise était jusqu’ici la présidente du Comité national pour la mémoire et l'histoire de l'esclavage (CNMHE). Mais, contre toute attente, son mandat n'a pas été renouvelé par le chef du gouvernement. Voici ce qu’elle en dit dans ce courrier co-signé par la majorité des membre du Comité, eux aussi virés: Antonio de Almeida Mendes, François Durpaire, Annie Fitte-Duval, Jean-Claude Judith de Salins, Josy Roten et Maboula Soumahoro.

Serge Bilé

"Alors que la mission que vous aviez confiée au CNMHE se termine, nous vous prions, très cordialement, de noter que nous n'avons pas eu le plaisir d'échanger directement avec vous. Le rendez-vous que la présidente du Comité avait sollicité n'a jamais été obtenu.

La mémoire de l'esclavage est une question sérieuse. Elle mérite morale, éthique, refus de la violence, respect de la parole des uns et des autres et non pratiques de terreur. Elle ne doit pas servir de marchepied pour le pouvoir. Elle ne doit pas être un argument électoraliste de séparation communautaire. La gauche doit garantir ces exigences sans ajouter au délitement de la société française car ainsi que vous le disiez le 10 mai 2014 : « l'histoire de l'esclavage est inscrite dans la chair de la Nation » .

Aussi, souhaitons-nous que vous tiriez des conclusions qui s'imposent. Notre mandat est achevé (cela a été confirmé par un SMS de Madame la ministre des Outremer!) et nous tirons fierté de nos résultats. Le travail du Comité a représenté beaucoup d'engagement et d'investissement mais aussi de luttes contre l'adversité, le dénigrement et la calomnie, émanant de certains membres du CNMHE, en minorité. Trois à vrai dire : Emmanuel Gordien, Philippe Pichot et Frédéric Régent ?

Nous voulons maintenant les porter à votre attention car nous sommes scandalisés de voir que ces trois membres sont pressentis pour être renouvelées dans leur mandat. Nous l'interprétons comme une attitude de mépris vis-à-vis de nos actions car ces personnes n'ont œuvré au sien du CNMHE que pour leurs propres intérêts. Elles ont manifesté leur opposition à la plupart des actions (que vous trouverez en annexe à ce courrier) qui ont été menées y compris le concours pédagogique national « la Flamme de l’Égalité » et le projet qui nous semble indispensable, à savoir la « Fondation pour la Mémoire et l'Histoire de l'Esclavage ».

Plus encore, ces personnes ont violenté par la parole le doyen de notre groupe, la secrétaire-générale ; ont cherché régulièrement par la violence de leur ton et de leur propos à intimider tous ceux qui n'étaient pas d'accord avec elles, c'est-à-dire la majorité des membres du CNMHE ; elles ont eu des manœuvres de dénigrement souterrain en permanence ; l'un d'entre eux a regretté que la loi Christiane Taubira ne s'intéresse pas « aux Blancs qui ont été mis en esclavage » Nous le prenons comme un affront pour notre travail et comme un mépris pour l'Outre-mer et vous demandons d'y remédier.

Nous pensons qu'il en va de la dignité que la Gauche doit à l'histoire et à la mémoire de l'esclavage et aux valeurs de la république. Nous vous prions, Monsieur le Premier ministre, de croire en l'expression de notre considération

Myriam Cottias
"


dimanche, août 21, 2016

C’est arrivé aujourd’hui !… : 21 Août Haiti


21 Août 1934. Célébration officielle de la fin de l’occupation américaine: 

Les Etats-Unis mettent fin effectivement à l’occupation d’Haïti commencée en 1915. Bien qu’ils aient restitué la gestion financière du pays aux Haïtiens un an auparavant, ils gardent le contrôle des douanes haïtiennes jusqu’en 1946. 
Avec le départ des dernières unités visibles de l’armée américaine une semaine plus tôt, l’occupation, après 19 ans, avait virtuellement prit fin. Le gouvernement de Sténio Vincent avait voulu célébrer par une série de cérémonies et d’activités marquer l’événement réservant toutefois ce jour pour les festivités officielles qui débutèrent par un Te Deum. 

21 août 1791 : Guerre Blancs-Mulâtres
Formation d’une "armée mulâtre" dans l’Ouest de Saint-Domingue. C’est la reprise de la guerre menée par les Mulâtres contre les colons blancs en vue de l’obtention des mêmes droits. 


mercredi, août 17, 2016

Ainsi le gouvernement a-t-il choisi la version victimo-néoconservatrice tendance négationniste de la mémoire et l'histoire de l'esclavage pour la composition du prochain CNMHE.



Je fais référence ici aux personnes de l'ancien CNMHE qui sont maintenues et qui n'ont œuvré que pour leurs propres intérêts, qui ont violenté par la parole le doyen de notre groupe, la secrétaire-générale et qui ont cherché régulièrement par la violence de leur ton et de leur propos à intimider tous ceux qui n'étaient pas d'accord avec eux, c'est-à-dire la majorité des membres de la mandature précédente (un membre a dû même se rapprocher de moi par crainte que ces messieurs ne me frappent)(on a promis de "nous exploser" aussi), qui ont eu des manœuvres de dénigrement souterrain en permanence, ceux qui regrettent que la loi Taubira Christiane ne s'intéresse pas "aux Blancs qui ont été mis en esclavage". Une minorité qui soulignait lors de l'une de nos dernières séances, avec délectation, que lorsque Hitler a pris le pouvoir il n'était pas majoritaire! Voilà ce que le gouvernement choisit de maintenir, une belle vision d'harmonie et de sérénité!

La question de l'esclavage est une question sérieuse, non pas un argument électoraliste ni un hochet de consolation pour conforter ceux/celles que les urnes ont rejeté. Ces deux attitudes révèlent précisément que la Gauche ne mesure pas à son exact poids l'importance de ce passé.

Mais il fallait sans doute faire le grand ménage parmi ceux qui ont travaillé à promouvoir, défendre, faire connaître l'histoire de l'esclavage avec conviction comme ciment des valeurs de la République et les mettre hors-jeu afin de promulguer un décret -à venir on peut en être certain- sur la Journée du 23 mai comme "Journée des Victimes de l'Esclavage Colonial".

L'Outre-Mer ne devrait pas éviter les questions d'éthique, de morale, de projet politique et à l'heure de "l'égalité réelle", c'est plutôt une "exigence réelle" de pensée qui devrait être recherchée!

Myriam Cottias

mardi, août 16, 2016

C’est arrivé aujourd’hui !… : 16 Août Haiti


16 Août 1946 : Dumarsais Estimé Président:

La nouvelle de l’élection de Dumarsais Estimé, Député des Verrettes élu président après deux jours de scrutin, fut d’abord accueilli avec froideur par la population. Estimé réussit malgré tout à se faire aimé et respecté grace à sa politique d’ouverture et ses grandes réalisations. Dumarsais Estimé est élu Président de la République. Les élections se déroulent sous le contrôle de la junte militaire, appelée Comité Exécutif Militaire, composée du Colonel Franck Lavaud, des Majors Antoine Levelt et Paul Magloire, qui avait contraint quelques mois auparavant le Président Lescot à la démission. Ils infligeront en 1950, le même sort au Président Estimé. Le Président Dumarsais Estimé (1900 – 1953)

lundi, août 15, 2016

L’événement déclencheur de l’insurrection du 22 mai


"Le 20 mai au soir à l’habitation Duchamp, le maître a interdit le tambour pendant la soirée de la grage du manioc ; pourtant c’est la coutume et Romain, le tanbouyé, refuse d’obéir ; il en résulte un "charivari". Duchamp appelle les gendarmes qui arrêtent Romain et le conduisent à la geôle à Saint-Pierre.

Une foule de plus en plus nombreuse d’esclaves et de "libres" venant du Prêcheur mais aussi du Morne-Rouge, du Carbet, des quartiers de Saint-Pierre se dirigent vers la ville et réclament à grands cris la libération de Romain. Pory-Papy, un mulâtre adjoint au maire de Saint-Pierre prend sur lui de faire libérer Romain. Les esclaves regagnent joyeusement les habitations : ils ont gagné !

Tout aurait pu en rester là si Huc n’avait pas fait tirer sur eux – trois morts et dix blessés. On fait demi-tour, on se dirige vers Saint-Pierre emportant morts et blessés. On tue au passage le beau-fils de Huc qui fait de la provocation. Il s’en suit une véritable bataille qui fera vingt morts dans les rangs des révoltés. Mais ils l’emporteront. Huc et quelques familles békés sont contraints de fuir par la mer et quitteront définitivement la Martinique pour Cuba, Puerto-Rico ou mieux le sud des Etats-Unis où l’esclavage a encore de belles années devant lui…

Le 22 mai, le peuple envahit les rues de Saint-Pierre. Des familles békés se réfugient dans la maison des Sanois. Les insurgés entourent la maison. Un coup de feu est tiré de l’intérieur et tue un manifestant ; la maison est alors incendiée ; on dénombrera trente-trois morts.

Nous sommes le soir du 22 mai, une grande partie de Saint-Pierre est en flammes. Le peuple en armes s’est soulevé et réclame l’abolition immédiate de l’esclavage.

Le conseil municipal de Saint-Pierre appelle en urgence le gouverneur Rostoland et lui demande de décréter l’abolition même si pour ce faire il outrepasse ses pouvoirs.

L’émancipation n’a pas été octroyée, nous savons que nos ancêtres l’ont conquise. Le soir du 22 mai, Saint-Pierre est en flammes. Le 23 au matin le gouverneur Rostoland , pressé par le conseil municipal de la ville, signe le décret d’abolition"...

Marie-Christine Permal :
Intervention du 22 mai 2009 à l’Anse Cafard (Diamant)

Quelques noms martiniquais a connaître qui ont œuvré pour l'indépendance dans le monde.


Mentor

- Général Mentor, Martiniquais, à côté de Dessaline pour l'indépendance de Haiti. D'où vient l'expression "ou sé an Mentô" !

"Étienne Victor Mentor, né à Saint-Pierre (Martinique) le 26 décembre 1771 et mort à une date inconnue, adjudant-général, est un député de l'île de Saint-Domingue au Conseil des Cinq-Cents"

Pour en savoir plus sur Mentor


- Louis Delgres Martiniquais né à st-Pierre , qui mena la lutte pour l'abolition de l'esclavage à Karukera.

- Frantz Fanon, martiniquais qui a œuvré pour l'indépendance de l’Algérie proche du FLN et dont le livre " les damnés de la terre " ont servi et servent toujours aux Black Panthers.

C’est arrivé aujourd’hui !… : 15 Août Haiti


15 Août 1820. Henri Christophe frappé d’apoplexie:
Durant une cérémonie religieuse en l’église paroissiale de Limonade, le Roi Henri 1er. tomba victime d’une attaque d’apoplexie qui paralysa toute une partie de son corps.

15 Août 1820. Incendie à Port-au-Prince:
Le feu qui éclata à midi dans l’oratoire d’une dame qui célébrait le fête de l’Assomption, et qui habita à l’angle de la Grand Rue et de la rue Bonne Foi, ne tarda pas à se propager aidé par un vent d’Ouest. « La moitié des rues Bonne Foi et des Miracles fut dévasté. Près de 300 Maison disparurent dans les fammes. »

15 Août 1911. Le Général Cincinnatus leconte devint président d’Haïti à la faveur d’un vote de l’Assemblée Nationale:
Dirigeant la plus grandes des deux factions qui ont déclenché l’insurrection devant aboutir au départ du président Antoine Simon (17 Décembre 1908 – 2 Août 1911), le Général Cincinnatus Leconte, qui reçut un accueil triomphal à Port-au-Prince dix jour auparavant, le remporta sur son rival Anténor Firmin. Ce dernier était revenu de l’exil et espérait briguer les rênes du pouvoir exécutif.

15 Août 1913. Inauguration des casernes de Dessalines:
Mises en chantier sous Cicinnatus Leconte, cet édifice, à son inauguration, devint le plus imposant du pays. « Le bâtiment principal mesure 121 mètres de long et celui d’aile 70 mètres. »

15 Août 1934. Les dernières unités visibles américaines quittent Haiti:
Un départ qui mit officiellement fin à l’occupation américaine qui a duré 19 ans.

15 Août 1969.- Expulsion de dix prêtres de l’ordre du Saint-Esprit (Spiritains) et d’un laïc:
Les dix prêtres accusés d’activités subversives furent: Antoine Adrien, Yves Dejean, Ernest Verdieu, Paul Jean-Claude, Max Dominique, Paddy Poux, William Smarth, Paul Dejean, Pierre Dejean et le laïc, Pierre Cauvin.

dimanche, août 14, 2016

C’est arrivé aujourd’hui !… : 14 Août Haiti


14 Août 1791 : Cérémonie du Bois Caïman 

Ce fut un rassemblement nocturne sur la plantation Lenormand de Mézy, dans la plaine du Cap, au lieu-dit le "Bois Caïman". Ce fut aussi l’occasion d’organiser les préparatifs de l’insurrection armée des esclaves. La cérémonie est conduite par Boukman, un prêtre vaudou, mêlant pratiques religieuses africaines et christianisme voire Islam, selon certains spécialistes. Historiquement contestée, faute de témoignages directs, la Cérémonie du Bois Caïman est le "mythe fondateur" de l’indépendance d’Haïti.

De nos jours, certaines sectes religieuses qui évoluent en Haïti font campagne contre la commémoration de la Cérémonie du Bois Caïman, elles y voient un signe maléfique responsable des malheurs du pays. Pat Robertson, prédicateur baptiste américain, sur une chaîne de télévision des Etats-Unis, a qualifié la Cérémonie du Bois Caïman de pacte signé par le peuple haïtien avec le diable, responsable du séisme du 12 janvier 2010.

14 Août 1909.- Arrêté autorisant la formation de la Compagnie d’Eclairage Électrique des villes de Port-au-Prince et du Cap-Haitien:
Premier pas vers éclairage électrique de Port-au-Prince. Dès le mois de juillet 1910, la compagnie installa dans les rues de la capitale près de 250 lampes, et le samedi 27 août suivant durant une cérémonie officielle et aux cris de « Vie le progrès », la ville fut, pour la première fois, éclairée à l’aide de lampes alimentées par le courant électrique. L’introduction de l’électricité dans les maisons privées dut attendre une année. On est alors sous le gouvernement d’Antoine Simon.

vendredi, août 12, 2016

C’est arrivé aujourd’hui !… : 12 Août Haiti


12 Août 1915. Election de Philippe Sudre Dartiguenave sous la vigilance des marines Américains:
Premier président de l’occupation américaine, son élection par l’Assemblée nationale est due à son caractère flexible et à l’acceptation des conditions stipulées par les Américains. Son premier cabinet comporta cinq ministres:

Léon Déjean : Relations Extérieures et Cultes
Louis Auguste Guillaume : Instruction Publique
Louis Ethéart : Finance et Commerce
Anthenor Rameau : Justice et Agriculture
Antoine Sansaricq : Intérieur et Travaux Publics

12 Août 1959. Décret présidentiel interdisant toute activité de l’Union Nationale des Membres de l’Enseignement Secondaire:
Un syndicat de professeurs, ses membres furent accusés de sympathie communiste et d’être responsable de nombreux actes de terreur enregistrés à la capitale, Port-au-Prince. son secrétaire général, le père Etienne Greenenberger fut expulsé quatre jours plus tard.

lundi, août 08, 2016

C’est arrivé aujourd’hui !… : 8 Août Haiti

Les Présidents Cincinnatus Leconte (1854 - 1912) et Tancrède Auguste (1856 - 1913)
8 Août 1912. Explosion du palais national:
A 3 heures du matin, une explosion réduisit en cendres le palais national, ensevelissant le président Cincinnatus Leconte et quelques 200 soldats. Le même jour, on fit de Tancrède Auguste le président.

Le Cabinet de Leconte fut maintenu jusqu’au 16 septembre 1912.

8 Août 1902. Incendie d’origine criminelle à Petit-Goâve faisant plus de 400 victimes.

Le général Carrié fut pointé du doigt accusé d’avoir incendié la ville rien que pour pouvoir déloger les firministes opposés alors à l’action du gouvernement.

8 Août 1939. Ratification des amendements à la Constitution de 1935:
Les Vingt amendements à la Constitution de 1935 votés le 23 Juillet furent ratifiés et promulgués par l’Assemblée nationale.

Les Présidents Cincinnatus Leconte (1854 - 1912) et Tancrède Auguste (1856 - 1913)

dimanche, août 07, 2016

C’est arrivé aujourd’hui !… : 7 Août Haiti


Céligny Ardouin 1806 - 1849

7 Août 1849. Exécution de Céligny Ardouin :
Frère cadet de l’historien Beaubrun Ardouin, Céligny Ardouin naquit à l’Anse-à-Veau en 1806. Autodictacte, il fut tour à tour député, sénateur, ministre de l’intérieur. Il fut fusillé à la Croix des Bouquets après avoir été accusé de comploter contre le gouvernement de Faustin Soulouque. 

7 Août 1880. Décès de Nissage Saget :
Président d’Haïti du 19 Mars 1870, Nissage Saget fut le plus sage des chefs exécutifs haïtiens. Parvenu à la fin de son mandat constitutionnel, il refusa de rester un jour de plus au palais national. Il remit le pouvoir au conseil des ministres et se retira à Saint Marc, sa ville natale. 

7 Août 1911. Leconte lance sa première proclamation:
Proclamé chef du pouvoir exécutif deux jours plus tôt, Leconte, du palais national et entouré de ses conseillers, convoqua à l’extraordinaire les chambres législatives en vue d’élire un nouveau chef d’état. Satisfaction lui fut donnée quand le 15 août on fit de lui président de la République.

7 Août 1933. Accord Haitiano-américain prévoyant le retrait des troupes américaines d’Haiti.

samedi, août 06, 2016

C’est arrivé aujourd’hui !… : 6 Août Haiti

Faustin Soulouque (1782 – 1867)

6 Août 1867. Décès de Faustin Soulouque à Petit-Goave:
Président de la République de 1847 à 1852 puis empereur d’Haïti sous le nom de Faustin 1er, de 1852 à 1859. Soulouque fut contraint d’abandonner le pouvoir le 15 janvier 1859 sous la menace d’une insurrection venant des Gonaïves 15 décembre 1858. Il revint en Haiti, à la chute de Geffrard en 1967, et s’établit dans sa ville natale, Petit-Goâve. Il était né esclave en 1782 (?).

6 Août 1911. Entrée triomphale de Cincinnatus Leconte a Port-au-Prince:
Leconte, dont les partisans avaient contribué au départ d’Antoine Simon 2 août 1911, fut acclamé par la populace de Port-au-Prince, et un « Te Deum » fut chanté en son nom par l’archevêque de la ville. Le jour même, il prit possession du palais national et se proclama chef d’un gouvernement provisoire composé de:
M. Zamor, ministre de la guerre;
Juge Carin, ministre de l’Intérieur;
M. Guilbaud, ministre des Affaires Étrangères;
Sénateur Laroche, ministre de l’Instruction Publique;
M. Bellard, ministre de l’Agriculture;
M. Sansaricq, ministre des Finances
Quelques jours plus tard, 14 août, il se fit élire officiellement par l’Assemblée nationale.

vendredi, août 05, 2016

5 Août Haiti – Ephéméride du jour



5 Août 1964. Invasion d’Haiti par le groupe Jeune Haiti:
13 jeunes opposant au régime de François Duvalier, et venant de Miami Florida (USA), débarquent à Dame-Marie. Ils affrontèrent jusqu’à la mort les forces gouvernementales. Les survivants furent exécutés publiquement.


5 Août 1888. Révolte au Cap-Haitien contre le président Salomon:
Cette révolte organisée par Seïde Thélémaque, récupérée par l’ancien président Boisrond Canal, le 10 Août força le président Salomon à abandonner le pouvoir et à se réfugier en France où il rendit l’âme le 19 octobre 1888.

5 Août 1911 Formation d’un gouvernement provisoire avec Leconte pour chef:
Le Comité Révolutionnaire Central qui avait contribué au départ d’Antoine Simon siégeant aux Gonaïves un gouvernement provisoire avec Jean-Jacques Dessalines Michel Cincinnatus Leconte pour chef du pouvoir exécutif. Le lendemain arriva à la capitale et prit possession du palais national.

5 Août 1919. Loi faisant de la Déssalinienne le « Chant national haïtien »:
Texte de la loi: « Le Conseil d’État usant des prérogatives que lui confère la Constitution, en son article 50 et les dispositions transitoires: Art. D, a voté la loi suivante:
Article unique: Le chant institulé. LA DESSALIENNE, paroles et musique de Justin Lhérisson et de Nicolas Geffrard, est déclaré CHANT NATIONAL HAITIEN.
Donné au Palais Législatif à Port-au-Prince, le Août 1919
Le Président: S. Archer
Les Secrétaires: Ch. Sambour, L. Alexis »
Le lendemain, le président Dartiguenave apposa sa signature sur le texte de cette loi.

5 Août 1931. Accord Haitiano-américain prévoyant la désoccupation d’Haiti:
Cet accord prévoyait « la remise aux autorités haïtiennes, dans un délai de trois mois, d’un certain nombre de services publics, notamment la Direction Générale des Travaux Publics, le Service National d’Hygiène et le Service Technique de l’Agriculture et de l’Enseignement Professionnel… »

jeudi, août 04, 2016

C’est arrivé aujourd’hui !… :4 Août Haiti – Ephéméride du jour


4 Août 1902.- Anténor Firmin constitue son propre gouvernement:
Dénommé « Conseil Exécutif » et siégeant aux Gonaïves, ce gouvernement devint vite un défi pour le gouvernement de transition dirigé par Théomas Boisrond-Canal et dont le siège se trouvait alors à Port-au-Prince. La composition du gouvernement de Firmin se présentait comme suit:
Alfred Henriquez, Affaires Etrangeres et Justice;
Hammerton Killick, Guerre et marine;
Normil Chicoye, Intérieur et Police;
Darius Bourand, Finance et Commerce;
Destin Saint-Louis, Travaux Publics;
Dutréville Lamour, Agriculture et Instruction publique.
Le lendemain de la publication de cette liste, Firmin fit paraître une Proclamation.

mercredi, août 03, 2016

C’est arrivé aujourd’hui !… : 3 Août Haiti

Répliques des caravelles de Christophe Colomb
3 Août 1492. Début de l’aventure de Christophe Colomb:
Avec une flottille de trois caravelles (La Pinta, la Niña et la Santa Maria), et soutenu par les rois catholiques d’Espagne, Christophe Colomb, le génois, quitta Palos (un port d’Andalousie) dans l’espoir de se rendre dans les Indes Orientales. Mais en mettant le cap vers l’Ouest, il s’est rendu plutôt dans ce qu’on nommera après le « Nouveau-Monde ». Son voyage dura un peu plus de deux mois, et le 12 octobre accosta l’île de Guanahani, dans les Bahamas d’aujourd’hui. C’est ainsi que l’Europe entra en contact avec le continent qui sera baptisé Amérique. On connaît la suite de l’aventure et ses conséquences.


Itinéraire de Colomb, lors de son premier voyage aux Antilles, établi d’après le journal de Las Casas.

mardi, août 02, 2016

C’est arrivé aujourd’hui !… : 2 Août Haiti

Le Président Antoine Simon (1843 – 1923)

2 Août 1911. Fin du règne d’Antoine Simon .

Devenu complètement impopulaire et rendu haïssable par ses excès, Antoine Simon, qui fut élu par l’Assemblée nationale le 17 décembre 1908, fut renversé par des révoltés venant du Nord. L’exode massif des paysans vers Cuba et la République Dominique débuta sur son gouvernement. Deux jour plus tard, il s’embarqua sur le paquebot hollandais « Prinz Nederlanden » en partance pour la Jamaique. Le même jour, Anténor Firmin, dont les partisans constituèrent l’une des faction contribuant au départ de Simon, prit place à bord du paquebot français « La Caravelle » en route pour le Cap via Santo Domingo. Antoine Simon revient vivre en Haïti au bout de quelques années et meurt aux Cayes, ville du Sud d’Haïti, le 10 décembre 1923.

2 Août 1916. Le Sénat est brutalement dissout:


Députés et sénateurs sont évacués du parlement par la force américaine qui occupa le pays depuis près d’une semaine.

2 août 1925 : Décès de Georges Sylvain

L’écrivain, poète, avocat et diplomate haïtien qui, à travers sa plume et en sacrifiant sa fortune, dénonça et lutta contre l’occupation américaine., Georges Sylvain décède à Port-au-Prince. Après avoir décroché une licence en Droit à Paris il revient en Haïti fonder la faculté de Droit de Port-au-Prince. De 1909 à 1911 il est Ministre plénipotentiaire à Paris. Sous l’occupation américaine (1915 – 1934) il fonde le mouvement L’Union patriotique et le journal La Patrie. Il fit partie du mouvement littéraire appelé Génération de La Ronde du nom de l’organe de ce mouvement.Georges Sylvain était né à Puerto Plata, en République Dominicaine, le 2 avril 1866.


 l’écrivain, Georges Sylvain (1866 – 1925)

Œuvres de Georges Sylvain : Confidence et mélancolie (1901), Cric ? Crac ! (Fables de La Fontaine racontées par un montagnard haïtien et transcrites en vers créoles -1901)

lundi, août 01, 2016

C’est arrivé aujourd’hui !… 1er. Août

Jean-Pierre Boyer

1er. Août 1800. André Rigaud ordonne la destruction de la ville des Cayes:

Après une année de lutte contre son rival Toussaint Louverture, André Rigaud perdant tout espoir de remporter la partie, demanda à ses partisans de réduire la ville en cendres. Son ordre ne fut pas suivi. Il dut alors s’exiler. Peu de jours après Toussaint rentra triomphalement dans la métropole du Sud.

1er. Août 1860. Ratification du Concordat par le Sénat haitien:

La signature de ce document le 28 mars 1860 fut l’aboutissement de longues, exténuantes et souvent frustrantes négociations débutées sous le gouvernement de Jean-Pierre Boyer pour régulariser la situation de l’Eglise catholique en Haiti. Les plénipotentiaires Haïtiens et du Saint Siège, Pierre Faubert et le Cardinal Giacomo Antonelli, ont pu finaliser pour ces négociations pour la satisfaction de deux États.
Un concordat est un traité signé entre le Vatican et un État souverain.

1er. Août 1902. La ville de Petit-Goâve se soulève contre le gouvernement provisoire dirigé par Salnave.
La ville sera reprise huit jours plus tard par les troupes du général Justin Carré, qui l’incendièrent.

samedi, juillet 30, 2016

C’est arrivé aujourd’hui !… : 30 Juillet Haiti


30 Juillet 1880.- Signature à Paris d’un contrat créant la Banque Nationale d’Haiti:

Ce contrat de concession portant création de la Banque Nationale d'Haiti fut signé avec la Société générale de crédit industriel et commercial. La nouvelle institution bancaire fut une société anonyme française, au capital de 10.000.000 de francs et assura le service de la trésorerie générale . Elle fut d’abord logée dans une maison particulière à la rue bonne foi.

vendredi, juillet 29, 2016

C’est arrivé aujourd’hui !… : 29 Juillet Haiti –


29 Juillet 1958.- Tentative de renversement de François Duvalier:
Alix Pasquet, Henri Perpignant, Philippe Dominique venant de Miami et accompagnés de mercenaires Américains s’emparèrent des Casernes Dessalines et ordonnèrent à Duvalier de démissionner. Ils furent mis en déroute par des forces fidèles au président. Ce dernier retint par la suite le 29 Juillet comme la date symbolique de la création des Volontaires de la Sécurité Nationale, les tontons macoutes .

Avec l'aide du chef de la police Clément Barbot, il organise la milice des Volontaires de la Sécurité Nationale, plus connue sous le nom de ses membres, les Tontons macoutes. Ce groupe paramilitaire de 5 000 à 10 000 membres, inspiré des chemises noires de l'Italie fasciste, ne touche aucun salaire.

En 1959, alors qu'il est soigné à l'hôpital pour une crise cardiaque, un commando tente de débarquer sur l'île. Le chef de la police secrète, Barbot, fait alors appel à la marine américaine pour empêcher l'opération. Sitôt rétabli, Duvalier fait emprisonner Barbot, qu'il soupçonne de vouloir prendre le pouvoir, et l'accuse de complot contre l'État. Barbot sera finalement assassiné par les Tontons macoutes en 1963 avec ses deux frères et d’autres compagnons.


29 Juillet 1939.- Ratification des articles de la Constitution de 1935 révisés par l’Assemblée Nationale:

jeudi, juillet 28, 2016

C’est arrivé aujourd’hui !… : 28 Juillet Haiti


28 Juillet 1813.- Décès de Léger Félicité Sonthonax:
« Originaire du département de l’Ain, avocat Sonthonax s’attacha aux Girondins et fut associé à Polvérel. Son premier séjour à Saint Domingue dura près de deux ans Septembre 1792 à Juin 1794; il y revint comme agent commissaire du Directoire en Avril 1796 et en fut chassé par Toussaint Louverture 22 août 1793. A son retour en France, il siégea au Conseil des 500. Déporté après le 18 Brumaire, il ne tarda pas à revenir à Paris, mais se retira bientôt dans son département où il mourut. »

28 Juillet 1915.- Débarquement des Marines Américains à Port-au-Prince:
Le débarquement s’opéra sans résistance. Le seul soldat qui osa défier l’envahisseur en refusant de quitter son poste et apparemment fit feu sur eux fut éliminé sans peine. L’occupation américaine a provoqué en premier lieu la résistance armée du soldat Pierre Sully, le jour même du débarquement des marines, qui en est mort. 

Avant l'occupation Américaine Haiti était dépassé par les événements, par la faiblesse de ses institutions, par l’incohérence de ses dirigeants. Les scandales ne manquaient pas, même si on était encore très loin de la situation actuelle où les dirigeants ne savent même pas sous l’égide de quelle Constitution le pays est dirigé. 

Le massacre des 167 prisonniers à la prison centrale de la capitale le 27 juillet 1915 est la dernière convulsion de la corruption qui met toute la société en état de choc.

28 Juillet 1942.- Création des Gardes-Côtes d’Haiti:
Fondés par un décret-loi du président Elie Lescot, les Gardes Côtes avaient de mission de surveiller et de protéger les côtes d’Haiti. Après l’aventure du 24 Avril 1970 , ce corps fut rebaptisé « Marine Haïtienne ».

28 Juillet 2001.- Attaque contre la Police Nationale d’Haïti (PNH):
Attaques perpétrées contre l’Académie Nationale de Police et des commissariats de Mirebalais, de Hinche et des Belladères et qui ont fait, parmi les policiers, cinq morts dont le directeur administratif de l’Académie de police, le commissaire Jean Eddy Cantave, et quatorze blessés.


mercredi, juillet 27, 2016

C’est arrivé aujourd’hui !… : 27 Juillet Haiti


27 Juillet 1915.- Lynchage de Vilbrun Guillaume Sam et Charles Oscar:

Une révolte populaire se déclencha à la suite du massacre des prisonniers politiques exécuté par Charles Oscar, chef de la police de Port-au-Prince, sur l’ordre du président Vilbrun Guillaume. Les deux qui avaient cherché asile dans des missions diplomatiques (consulat dominicain pour Oscar et français pour Sam). Une populaire en furie, se rendit dans ses légations, les arracha pour ensuite les lyncher. Les Américains qui avaient pris position dans le port du Cap-Haitien reçurent l’ordre de se rendre en toute urgence à Port-au-Prince. Ils y débarquèrent le lendemain et occupèrent officiellement Haiti pendant 21 ans.

dimanche, juillet 17, 2016

Le premier noir à entrer au Pérou faisait partie de l'expédition de Pizarro


Le premier noir à entrer au Pérou faisait partie de l'expédition de Pizarro. Il était Guinéen, esclave d'Alfonso de Molina, l'un des Trece del Gallo. L'espagnol débarqua à Tumbes avec deux cochons, un coq et quelques poules, mais ce fut la peau noire de l’esclave qui attira le plus l'attention des indiens.

La légende raconte qu'ils lui offrirent de l'eau pour qu'il se lave, mais sa couleur ne changea pas. Les indiens le regardèrent avec plus de surprise encore. Ils ne pouvaient simplement pas y croire.

Il n’existe pas de chiffres exacts relativement à l’importance du commerce esclavagiste en Amérique, mais depuis le milieu du XVe siècle, au moins 10 millions d'africains ont débarqué sur les côtes du Nouveau Monde, un nombre trompeur si on tient compte du fait que trois esclaves sur quatre mouraient sur le trajet.

Un crime de lèse humanité qui n'a jamais été réparé et sans lequel les empires anglais, français, hollandais, espagnols et portugais ne se seraient pas érigés sur le continent. Carlos Aguirre mentionne dans "Une Brève histoire de l'esclavage au Pérou"( Breve historia de la esclavitud en el Perú ) qu'environ 660 mille africains sont arrivés aux États-Unis, 4 millions au Brésil et 1 million 600 milles en Amérique espagnole.

Résultat : ces hommes et femmes avec leur variété de langues, de nationalités, de cultures, de rites et de coutumes, ont transformé chacune des régions qu'ils ont foulées, du Canada à la Patagonie.

Dans leur situation de captivité, les noirs ont configuré l'identité de l'actuel Brésil, le deuxième pays au monde avec la population noire la plus importante, ils ont également modelé la culture musicale de Cuba, de la Jamaïque et de toute l’Amérique Centrale et de la Caraïbe, ils ont développé l'industrie cotonnière du sud des États-Unis, et ils ont travaillé jusqu’à la mort dans les maisons, les haciendas et les mines d’Amérique du Sud.

Leur contribution est pourtant demeurée occulte durant des siècles. Elle fut invisible pour Vasconcelos au Mexique et minimisée par Mariátegui au Pérou, pour citer deux penseurs notables.

Au cours des cinquante dernières années, diverses études ont mis l'accent sur cette réalité comme d’une découverte de cette racine culturelle occulte du continent.

"Je parlerais d’une culture indoafrosinoaméricaine", dit l’anthropologue Humberto Rodríguez Pastor, auteur du livre "Negritud. Afroperuanos: resistencia y existencia". Par cette expression, il met l’accent sur les influences autochtones, africaines et chinoises dans la configuration des Amériques. Au-delà de la musique, qui est la contribution la plus visible, l'apport des afro-américains se trouve dans beaucoup d'autres aspects de la vie et de la culture du continent, dans quelques cas de manière anonyme.

"Dans la gastronomie, ils n'ont pas apporté de plantes et de condiments, mais ils ont apporté leur assaisonnement. La cuisine créole américaine a une grande influence noire. Toutes les églises de Lima ont été construites par des noirs, et que l’on ne connaisse pas leurs noms est une autre chose. Sans parler de Pancho Fierro ou de José Manuel Valdés (1767-1843), qui fut le médecin le plus important de Lima à la fin de la Colonie et dans les débuts de la République, à une époque où les curanderos (guérisseurs) noirs avaient un grand prestige ", dit Rodríguez Pastor.

L'histoire de Valdés est intéressante parce qu'il était le fils d'un musicien et d'une mulâtresse libre, et à cause de sa couleur il ne put obtenir que le titre de bachelier en Médecine. Cependant, il a contribué de façon importante à contrecarrer les épidémies à Lima.

Il fut professeur du Collège de Médecine, participa aux luttes d’indépendance et il se distingua en tant qu’historien (il a écrit une biographie de Fray Martín de Porres) et théologien.

La négritude

Les luttes des noirs pour leurs droits sont aussi vieilles que l’esclavage même. En 1609 s’établissait à Veracruz, au Mexique, le premier peuple libre du continent grâce à la rébellion des esclaves.

Haïti fut le premier pays indépendant de l'Amérique (1804) pour les mêmes raisons et pour ce qui est de la période contemporaine, les luttes civiles des noirs aux États-Unis ont eu des répercussions sur l’ensemble du continent.
Le 'Black Power' de la Jamaïque a des composantes politiques et culturelles, représentées dans la musique reggae; et au Brésil un mouvement solide de conscience noire existe aussi, de même qu’en Colombie.

"Nous partons du concept de diaspora ", dit Mónica Carrillo, jeune directrice de Lundu, un centre d’études et de promotion des afropéruviens. "Cette dispersion forcée de la population africaine a fait que nous sommes 150 millions d’afrodescendants dans les Amériques."

"C’est important de comprendre –poursuit-elle -- que le mot noir est une construction faite par les colonisateurs, en opposition avec le blanc. Il naît avec une charge négative qui implique le mal, le sale, l'abject. C'est pourquoi, peu à peu nous lui avons donné un sens positif. Maintenant nous pouvons dire que nous faisons partie du mouvement noir, mais nous préférons utiliser le terme afrodescendant qui renvoie à notre origine africaine et transcende la couleur de la peau".

Palenques et confréries

Peut-être le premier échappement de l'oppression se trouvait dans cette résistance secrète au dieu imposé par le christianisme, que l’on dota de rites et de pouvoirs qui renvoyaient à l'Afrique ancestrale.

La santería à Cuba et ses orichás (les dieux), le candomblé au nord du Brésil et dans les Guyanes, le vaudou à Haïti ou la macumba à Bahía (Brésil) renvoient à un syncrétisme de manifestations religieuses, également nourries par les cultures indigènes locales.

Par exemple Shangó, le dieu de la foudre, de la guerre et de la musique, est devenu Sainte Barbara, Ochún la Vierge de la Charité ou Yemayá, la reine de la mer devenue la Vierge de Regla et Babalú Ayé devenu San Lázaro.
Cette religiosité chargée de sens mystique et de résistance était associée à la danse et à la musique, et s'est développée dans ces espaces libérés que les marrons (les esclaves fugitifs) établirent dans les montagnes de l'Équateur, de la Colombie, du Brésil ou des Antilles.

Ces palenques ou quilombos (le nom qu’ils portent au Brésil) furent stratégiques dans le processus de préservation et le syncrétisme des cultures africaines.
Comme l’indique Mónica Carrillo, en Équateur, il s’agissait de toute la région d’Esmeraldas, dont la devise reste jusqu’à présent "rebelde por libre y por libre nunca esclava", (rebelle pour la liberté et pour la liberté jamais esclave), ou Palmares au Brésil, où l’on célèbre la journée de la conscience noire, ou San Basilio sur la côte nord de la Colombie, un territoire libéré seulement alors que le XXème siècle était bien entamé.

Bien que le territoire est devenu un foyer de résistance, au Pérou le phénomène n'a pas été si marqué. "Tout d'abord à cause de la géographie", dit Humberto Rodríguez Pastor, "notre côte est aride, c'est pourquoi les palenques furent nombreux et petits, le plus connu était celui de Huachipa, qui ne rassemblait pas plus de 40 noirs".

Un autre point central consiste en ce que les esclaves qui sont arrivés au Pérou n'appartenaient pas à une seule ethnie, comme au Brésil, mais ils étaient achetés sur des marchés du Panama et de Cartagena. Ils appartenaient à divers groupes (un article du "Mercurio Peruano" parle de terranovos, lucumés, mandingas, cambundas, carabelíes, cangaes, chalas, huarochiríes, congos et mirengas), ils parlaient différentes langues et beaucoup d’entre eux étaient nés en Amérique.

C'est la raison pour laquelle on les classifia en gros en bozales (ceux qui venaient d'Afrique) et en ladinos (ceux qui connaissaient l’Espagnol). Ici, leur organisation se basa sur les confréries, qui étaient des fraternités réunies autour d'un saint.

Vers 1619, il y avait dix-neuf de ces communautés à Lima et la plus connue était celle qui donna naissance au Señor de los Milagros.

"Au cours des dernières années", raconte Mónica Carrillo, " les jeunes afrodescendants péruviens se sont rapprochés des religions africaines à travers la musique cubaine moderne, ils ont connu Shangó à travers Celina y Reutilio et la religion yoruba à travers des groupes de timba ".

La dette envers la culture africaine est impayable. Et il y en a encore beaucoup à reconnaitre et à accepter. Peu savent que des termes comme "quimba", "banana", "conga", "mambo", " mucama ", " tocayo ", ont des racines africaines.
Autre fait : Garret Morgan, un afro-américain, fut l'inventeur du signal d’arrêt automatique en 1923. Il vendit les droits à Général Electric par la suite pour seulement 40 mille dollars.

Cependant, dans beaucoup de pays d'Amérique, le racisme latent persiste. Au Brésil cette pratique est punie, et au Pérou les mesures se contentent d’éviter la discrimination dans des lieux publics. C'est pourquoi le triomphe du démocrate Barack Obama aux États-Unis a également été perçu ici comme une réparation, comme une nouvelle occasion de changement.

"Ma mère a pleuré à cause de cette nouvell, avoue Mónica Carrillo. Elle a remercié Dieu de lui avoir permis de la vivre, et elle s'est rappelée de la fois où elle est allée dans un hôpital et qu’un médecin a refusé de s'occuper d'elle parce qu'elle est noire".

RYTHME ET COULEUR

L’écriture noire
Après des siècles d'infortune et de ségrégation à cause de leur race, la population afro-états-unienne a récemment abordé les cénacles de la culture officielle entre 1920 et 1930. Dans les années 20, à New York, la communauté noire de Harlem débordait de créativité artistique, principalement grâce à l'apogée du jazz et du rhythm & blues. Des musiciens tels que Duke Ellington ou des interprètes comme Bessie Smith étaient accueillis comme des stars, même en dehors des États-Unis. Avec eux renaissaient également la danse et le théâtre ayant des racines noires.

Ce bouillonnement culturel favorisa l’émergence de ce qu’on appelle La Renaissance de Harlem par laquelle des narrateurs et des poètes de race noire intégrèrent pleinement la Littérature américaine. Leur principale influence était la musique populaire noire qui leur dictait des rythmes syncopés, une imitation de sons et d'improvisations semblables au jazz.

Les poètes pionniers dans cette exploration furent Carl Dunbar et Langston Hughes qui dans leurs poésies parlaient de l'orgueil racial et exhortaient les afro-nord- américains à cultiver une tradition culturelle. La marque de ce mouvement est telle que plus tard, elle influencera la beat generation et plus récemment celle des troubadours populaires du rap.

La Renaissance de Harlem était également l’héritière des "spirituals" que l’on chantait durant les cérémonies religieuses de la communauté noire et du folklore des esclaves noirs en général. D'autres représentants de ce mouvement furent Zora Neale Hurston (une romancière et anthropologue), Nella Larsen (romancière), Jessie Fauset (éditrice, poétesse, essayiste et romancière), Countee Cullen (poète), Claude McKay (poète), James Weldon Jonson (poète), Arna Bontemps (poète) et Richard Bruce Nugent (poète), entre autres.

Dans les années 50 et 60 le mouvement des écrivains noirs participa de manière enthousiaste à la lutte pour les droits civils de leur communauté et il produisit une littérature fortement politique, qui s'est étendue jusqu'aux débuts des années 70, surtout pour les poètes.

Durant ces années le poète le plus célèbre fut LeRoi Jones (qui se rebaptisa Imamu Amiri Baraka) et le suivaient June Jordan, Dudley Randall, Nikki Giovanni, Naomi Long Madgett, Mae Jackson, S. E. Anderson, Etheridge Knight, A.B. Spellman ou James Emmanuel (qui a un poème célère intitulé "Black Panther", allusion symbolique au mouvement radical noir du même nom). Le ton politique de leurs poèmes ne diminua pas la musicalité, ni le brio de leurs prédécesseurs, en employant de plus le sarcasme, le vers court, la polyrythmie et une intensité émotive.

Autres domaines

Curieusement, dans les années 20, dans les régions de l'Afrique d'influence coloniale française, un grand mouvement se produit également, celui qui provoque l'apparition de poètes et de narrateurs africains de valeur. En 1920 un livre pour enfants apparaît au Sénégal qui fonde cette expression, Les Trois Volontés de Malic, de l’écrivain Amadou Mapaté Diagne.

L’éclosion des poètes et des écrivains qui se succéderont rapidement va de paire avec des œuvres comme celle du poète français Blaise Cendrars, qui enfant avait vécu en Égypte et qui publie son " Anthologie nègre ", fortement influencé par cette culture en 1921.

L'ébullition de la culture noire se répand sur d’autres continents. En 1928 débute à Cuba le "negrismo" cubain, également influencé par la musique de l'île (principalement le son) et par la santería de tradition abakuá, comme l'a bien noté Alejo Carpentier. En 1930 paraitra le recueil de poèmes "Motivos del son" de l’emblématique Nicolás Guillén, et l’année suivante son non moins célèbre "Sóngoro Cosongo".

Au Pérou qui a également connu ce fourmillement, le plus célèbre représentant des lettres afropéruviennes est le décimista Nicomedes Santa Cruz.
Avec lui figurent Gregorio Martínez (et son splendide roman "Canto de Sirena"), Antonio Gálvez Ronceros (avec l’emblématique "Monólogo desde las tinieblas") et le poète Enrique Verástegui, dont l’ardeur est plus cosmopolite. (E.S.H.)

LUTTES ET PASSIONS

Au XXIème siècle résonne le tambour
L'historien cubain Manuel Moreno Fraginals rappelle une phrase qui résume très bien le climat d'asphyxie et de passion dans lequel se développe la culture africaine sur notre continent : "Le problème ici est de ne pas mourir".
Marquée par l'urgence la plus extrême, frappée par la violence physique et psychologique de l'esclavage, la communauté noire a fait de l'expression musicale un espace de survie morale depuis son établissement en Amérique. Un espace qui allait devenir l’éventail varié de manifestations musicales le plus puissant au monde alors que le XXe siècle était entamé: le blues, le jazz et le rock and roll aux États-Unis; la zamba au Brésil; le son, le mambo et le guaguancó à Cuba; le merengue en République Dominicaine; le candombe en Uruguay, etcétéra.

Et qu’en fut-il chez nous?

Pour le maître Octavio Santa Cruz, guitariste et spécialiste en traditions musicales du Pérou ce qu’on appelle aujourd’hui musique afropéruvienne a une présence réelle depuis la Colonie, mais il s’agit d’une présence ambivalente. " Tout comme la réalité créole va en s’amplifiant et en se reconfigurant dans la société, la culture noire commence à se transformer et à s'intégrer comme un élément important à ce processus complexe de métissage".

Selon Santa Cruz cette ambivalence réside dans l'aspect social : la population noire, marquée par la marginalité d'un statut social inférieur, voit son patrimoine culturel imprégner le pays sans pouvoir se sentir comme faisant partie du phénomène.

Comme dans le cas du blues américain, la genèse de la musique afropéruvienne se produit dans les champs, durant de longues journées tortueuses de travail. Santa Cruz explique que ces expressions musicales originaires ont surgi de manière absolument spontanée comme une façon de marquer le rythme pendant le travail - la coupure de la canne, par exemple - et d'alléger la monotonie et le malaise du travail forcé.

"Il est également probable qu'il y ait eu une série de chants plus dramatiques, dans lesquels la tristesse et l'oppression devenaient explicites. Des chants improvisés dans le hangar, dans le dos des contremaîtres".

Aucun de ces chants ne survécut jusqu'à nos jours, certainement parce qu’ils étaient perçus comme instigateurs de subversion et en conséquence, ils étaient censurés, interdits.

Santa Cruz prend l'exemple du panalivio. "Il semble que le panalivio était un chant rebelle, très intense, puissant, et pourtant, ce qui nous est parvenu est une sorte d’air doucereux, cadencé. J’imagine que pour subsister,il a subi tout un processus de transformation, et c’est probablement la raison pour laquelle il ressemble peu à l’original".

Mais la censure ne répondait pas seulement à une stratégie pratique de répression. Avec le temps et progressivement apparurent une série d’obstacles et d’entraves d’ordre moral.

Au milieu du XIXe siècle quelques danses ayant un caractère sensuel indéniable, comme la zamacueca ou la mozamala ont commencé à s'introduire dans la société créole, mais elles ont généré des situations compliquées, puisque l'on traita de ' pernicieux ' tout ceux qui les pratiquaient.

Au début de XXIème siècle, on voit que le métissage a été inévitable. Et à coup sûr, il a été profitable. Comme le dit Luis Delgado Aparicio dans le livre "Lo africano en la cultura criolla" (Le fait Africain dans la culturecréole): on a vécu "le triomphe cosmopolite et universel du tambour". Mais beaucoup d'informations culturelles très précieuses ont également été perdues : des genres musicaux entiers ont disparu, victimes de cette vieille chaîne de censures, ou d’indifférence et de négligence.
(D.O.)
Au cours des trente dernières années, la culture afropéruvienne s'est vue revalorisée, pour beaucoup grâce à l'œuvre magnifique des frères Nicomedes et Victoria Santa Cruz, et aujourd'hui, la communauté noire ne se démène plus seulement sur le terrain de la création musicale et artistique, mais également dans la réflexion académique et l’intervention politique. Et le combat continue.




Par Jorge Paredes - Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga


C’est arrivé aujourd’hui !… : 17 Juillet Haiti



L'histoire d'Haiti n'a fait que répéter les événements d'hier !...

17 Juillet 1876 : une Assemblée nationale élue Boisrond-Canal Président d’Haïti
Au président Michel Domingue, au pouvoir depuis 1874, succède le président Pierre Théoma Boisrond-Canal. Nommé par une Assemblée nationale fraîchement élue, son mandat est prévu pour durer quatre ans. Il fut emporté trois ans plus tard par une bourrasque insurrectionnelle alimentée par des partisans de Boyer Bazelais, chef de file du parti libéral et démissionne le 17 juillet 1879, un an avant le terme de ce mandat et part en exil pour la Jamaïque. Boisrond-Canal avait été nommé commandant militaire du département de l’Ouest, en 1875, par Michel Domingue. Son passage au pouvoir se caractérisa comme une période de laxisme. L’histoire rapporte que sa phrase favorite était : "lésé grennen : laissez filer ".

Pratiquant la politique du « lese grennen » (laisser faire), le général président fit face à toutes sorte de difficultés durant sa présidence qui débuta exactement trois ans plus tôt.

Pierre Théoma Boisrond-Canal fut président de la République d'Haïti à trois reprises :
En 1888, une révolte renverse Salomon et le condamne à l'exil. À ce moment-là, Boisrond-Canal revient d'exil après la chute de Salomon le 10 août 1888. 

Boisrond-Canal est alors renommé Président d'Haïti à titre provisoire. Bien qu'il tente de conserver le pouvoir, le sénat qui n'est pas en sa faveur négocie son départ. Avant de quitter la présidence, il a choisi son successeur et intronisé le 16 octobre 1888, François Denys Légitime comme nouveau président de la république.

Le 26 mai 1902, il a été nommé successeur de Tirésias Simon Sam comme nouveau président d'Haïti. Mais il doit affronter une grande opposition dirigée par son ancien allié, le général Pierre Nord Alexis qui lui succède le 17 décembre 1902 par un coup d'état militaire. Cependant, le président Alexis n'envoie pas son prédécesseur en exil et le laisse poursuivre sa carrière en politique.
Boisrond-Canal a été l'un des politiciens les plus influents d'Haïti de son temps et avait même en dehors de son propre règne une influence notable sur la politique d'Haïti. Il meurt à Port-au-Prince le 6 mars 1905. Alexis est renversé quelques années plus tard en 1908. À côté de lui, son frère cadet, Louis-Auguste Boisrond-Canal, a été une personnalité politique active en 1908 en tant que membre de la Commission pour l'ordre public et président d'Haïti par intérim.
Le Président Boisrond-Canal (1832 – 1905)

samedi, juin 18, 2016

18 Juin Haiti – Ephéméride du jour

Un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir. Un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre. 18 Juin 2000. Massacre des Haïtiens à Guayubin, en République Dominicaine:

Dans la région septentrionale de la République Dominicaine, des militaires de ce pays ouvrirent le feu sur un camion transportant des Haïtiens. Six compatriotes et un Dominicain furent tués et plusieurs autres grièvement blessés. Selon des témoignages, ces militaires continuèrent faire feu sur les survivants qui demandèrent de l’aide et essayèrent de sortir du camion. Les quatre militaires furent plus tard traduits devant le Conseil de Guerre de Première Instance pour homicide, mais les victimes n’ont eu droit à aucune réparation. 18 Juin 1799. Victoire d’André Rigaud sur les troupes fidèles à Toussaint Louverture:

Rigaud qui s’était révolté contre l’autorité sans cesse grandissante de Toussaint marcha avec sa troupe sur le département de l’ouest et attaqua en chemin Fort Garit située à Petit-Goâve. Mettant en déroute la garnison commandée par Laplume, il continua sa marche. Ce fut le début d’une guerre civile, le mulâtre Rigaud pretextant que son rival Toussaint allait livré la colonie aux Anglais.

mardi, juin 14, 2016

Le peuple le plus méprisé sur terre et qui n'en n'a même pas conscience.



La première image représente le Monument de l'Holocauste à Berlin, inauguré en 2005 et situé en plein centre-ville, à la Potsdamer Platz, à un jet de pierre du Bundestag, le parlement fédéral. Il est composé de 2711 tombeaux sur une surface de 20 000 m2.

La deuxième photo représente le monument du massacre des tribus namibiennes Herero et Nama en 1904 par ces mêmes Allemands. Mais à la différence du monument de l'holocauste, celui-ci n'est constitué que d'une "pierre", et d'un socle sur lequel est gravé une petite épitaphe de consolation. Et contrairement au premier, il n'est pas en ville, mais dans une petite forêt du cimetière de la Garnison (Garnisonfriedhof), dans le quartier populaire de Kreuzberg. On peut d'ailleurs très bien voir à quel point le triste ouvrage construit en 1975 est isolé de toute civilisation.


Conclusion:
Les Noirs qui usent leurs forces à défendre l'Autre, à lui consacrer leur vie, Les Noirs qui ont écrit des poèmes aux 50 victimes d'Orlando en Floride cette semaine, tout en étant restés muets sur les 147 étudiants de Garissa au Kenya en mars 2015. Les Charlinoirs qui ont le bleu-blanc-rouge en profil et sont incapables de dire le jour de la tragédie de Thiaroye. Prière d'ouvrir vos yeux et de sortir du coma. Réveille-toi mon peuple. Peuple des Damnés de la terre selon Frantz Fanon; peuple mal parti selon René Dumont. Peuple pas assez rentré dans l'histoire selon Sarkozy. Quand vas-tu enfin comprendre que tu es la risée de la planète?

Personne ne vous demande de détester l'Europe et les USA. Ce qu'on vous demande, c'est d'AIMER l'AFRIQUE. C'est un service que vous êtes les seuls à pouvoir rendre à vous-mêmes. Personne ne viendra pleurer vos morts pour vous et commémorez vos tragédies à leur juste valeur. Pendant que le même Bundestag reconnaît le génocide commis par les Turcs contre les Arminiens en 1915, l'Africain est le seul à qui on demande d'oublier le passé, de cesser de jouer la victime, et cetera... Le seul à qui au lieu de le dédommager, on préfère rappeler qu'il a vendu ses propres frères

Le peuple le plus méprisé sur terre et qui n'en n'a même pas conscience.



Claude Wilfried

dimanche, juin 12, 2016

Ils font dire à Césaire...


Marre que des gens (de bonne ou mauvaise foi) fassent croire qu'Aimé Césaire était contre les réparations. La citation est le plus souvent tronquée. Lisez jusqu'au bout et vous verrez ce qu'il en est. J'ai même fait toute une anthologie sur les réparations pour rétablir les faits. A ceux qui ne l'ont pas lu je me permets de citer à nouveau le grand homme.

Louis-George Tin



 "On est en effet venu me voir à ce sujet et, quand on m'a parlé de demande de réparations, j'ai répondu : « Ecoutez-moi, faites comme vous pouvez. Si cela marche, tant mieux, mais moi je considère que c'est tiré par les cheveux ». Ce serait trop facile : « Alors toi, tu as été esclave pendant tant d'années, il y a longtemps, donc on multiplie par tant : voici ta réparation. » Et puis ce serait terminé. Pour moi, l'action ne sera jamais terminée. C'est irréparable. C'est fait. C'est l'histoire, je n'y peux rien. La réparation, c'est une affaire d'interprétation. Je connais suffisamment les Occidentaux : « Alors mon cher, combien ? Je t'en donne la moitié pour payer la traite. D'accord ? Tope-là ». Puis c'est fini : ils ont réparé. Or, selon moi, c'est tout à fait irréparable (…). Quelle réparation peut-il y avoir ? Il faut trouver un terme, oui, mais il est secondaire que ce soit « réparation » ou autre chose. Je crois que l'Afrique a droit moralement à une réparation. Essayons d'employer d'autres termes, et ne nous présentons pas comme une bande de mendiants qui viennent demander réparation pour un crime commis, il y a deux ou trois siècles. Bon on va croire que je suis contre la réparation ; ce serait une polémique de plus absolument inutile. Je pense que les Européens ont des devoirs envers nous, comme à l'égard de tous les malheureux, mais plus encore à notre égard pour des maux dont ils sont la cause. C'est cela que j'appelle réparations, même si le terme est plus ou moins heureux"