L'histoire et la sociologie de la caraïbe, des antilles et du monde noir. Naviguons dans le passé de la Martinique, de la Guadeloupe, de la Guyane, de la Réunion et de l'Afrique
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samedi, mai 27, 2017
Le 27 mai 1848 - Abolition de l'esclavage en Guadeloupe...
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vendredi, mai 19, 2017
Connaissons-nous vraiment l'histoire du pays Martinique?
Date : dimanche 26 mars 1848 – Lieu : St Pierre – Contexte : arrivée de nouvelles fraiches de France. C'est en effet le dimanche 26 mars 1848 que la Martinique apprend que le roi Louis-Philippe a abdiqué en France, la République est proclamée là-bas. L'espoir d'une abolition prochaine de l'esclavage renaît. Le 2ème fait le plus important qui va déclencher les évènements du 22 mai date du lundi 10 avril : c’est ce jour-là en effet qu’arrive en Martinique le décret du 4 mars de Victor Schœlcher stipulant que « nulle terre de France ne peut plus porter d’esclaves ». À compter de cette date, les esclaves ne tiendront plus en place.
Jeudi 18 mai 1848 - Lieu : Habitation Laguigneraye (Robert) - Contexte : Le béké Laguigneraye essaie de renvoyer tous ses esclaves qui ne veulent plus obéir - Extrait : " - Il veut bien, mais les esclaves refusent catégoriquement de quitter l’Habitation.
- Il les avait donc congédiés ? Tu veux dire que ces derniers se comportent maintenant en maîtres des lieux ?
- Ce n’est pas exactement cela, mon cher Jacques. Chez lui, les esclaves essayent d’obtenir quelques attributs de liberté avant l’heure. La semaine dernière, ils ont donc décidé de ralentir la cadence, le temps de négocier. Laguigneraye a refusé tout préalable. Et dans la foulée, il a cherché à réquisitionner les troupes pour une intervention d’envergure.
- Tout comme Duclary…
- Exact ! Mais au gouvernement, la solution ne passe toujours pas. La troupe n’a donc pas été envoyée. Il a ensuite essayé de se débarrasser de trois ou quatre fortes têtes, ceux qu’il considère comme étant les meneurs, en prononçant leur exclusion de l’atelier et leur expulsion définitive de l’Habitation. Toujours niet. Ceux-là n’ont pas voulu partir. Ils ont le soutien des autres. Et maintenant, tous les esclaves roulent au diapason. Ils revendiquent la case et le jardin, disant que Schœlcher a fait cette promesse, et que d’ailleurs, Perrinon arrive bientôt pour leur rendre justice en ce sens... Lundi matin, Laguigneraye leur a laissé entendre, reprend l’employé du gouvernement, qu’il allait se débrouiller sans eux, et qu’ils pouvaient aller se faire voir ailleurs !
- Drôle d’attitude pour une drôle d’histoire. Je ne vois pas comment il pourra se débrouiller, s’il renvoie ses esclaves. À part en essayant de tout faire lui-même !
- Une autre idée lui trottait dans la tête. Il est simplement descendu au bourg, au Robert, a ratiboisé toutes les rues et a dégoté presque une trentaine de journaliers, des gens de manœuvre. Entre autres des esclaves en location, des libres de fait, ou autres hommes de couleur libres de modeste condition. Il a ensuite rappliqué à l’Habitation et a distribué les tâches. Durant tout ce temps, les esclaves de son atelier restèrent bien sagement dans leur case...Laguigneraye croyait s’en tirer à bon compte. Pourtant quand les ouvriers s’avancèrent vers la cannaie, les esclaves sortirent tous et les approchèrent.
« - Que faites-vous ? », demandèrent-ils.
« - Nous nous apprêtons à couper la canne pour monsieur Laguigneraye. »
« - Vous allez couper les cannes ? »
« - Oui ! »
« - Faîtes ! Mais nous, qui sommes là, vous promettons de vous couper tous tant que vous êtes, pareillement que les cannes pour lesquelles vous êtes venus. On vous coupe les jambes, comme on fait avec le pied de canne, et la tête, comme on fait avec l’amarre de la canne. Vous serez sans pieds, sans tête. »
Date : vendredi 19 mai 1848 - Lieu : Habitation Laguigneraye (Robert) - Contexte : Le béké Laguigneraye essaie de renvoyer tous ses esclaves qui ne veulent plus obéir.
En réponse à une question posée par Emmanuel Clément à propos du jeudi 18 mai 1848 (« Comment cette histoire a-t-elle finie ? ont-ils pu tenir jusqu'à l'abolition ? »), il faut savoir que les esclaves de l’habitation Laguigneraye ont tenu bon jusqu’à la fin. D’ailleurs le lendemain vendredi 19 mai 1848, ils ont passé leur journée à diligenter des émissaires sur les habitations proches en vue d’une action commune. C’est ainsi qu’ils ont pu faire cesser le travail à l’habitation de Sanois sur les hauteurs de Trinité, mais également sur deux autres habitations de la région du François et une au Gros-Morne. Ce sont ces mêmes esclaves qui vont lancer une opération le 23 mai depuis le Robert en vue d’une descente sur Fort de France en passant par le Vert-Pré et le Lamentin, avec comme objectif final de rejoindre d’autres esclaves venant de Trinité et Gros-Morne (qui les attendraient sur les hauteurs de Redoute), tout cela pour aller libérer l’esclave Bouliki.
Autre fait important en ce vendredi 19 mai, les esclaves de l’habitation Ste Philomène (habitation appartenant à Duchamp) vont passer leur journée à extraire des maniocs du jardin-nègre de Romain (Romain était un esclave de l’atelier), avec comme objectif d’organiser un « grage » le lendemain soir (samedi). Dans le 4ème volet de demain samedi, nous verrons comment cette opération de « grajage » des maniocs de Romain va être l’élément déclencheur des émeutes de la journée du lundi 22 mai 1848.
Josepha Luce
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jeudi, janvier 19, 2017
RÉACTION DU CRAN SUR LES DATES DE COMMÉMORATIONS DE L'HISTOIRE DE L'ESCLAVAGE, CONTRE LES DISCRIMINATIONS TERRITORIALES DU JOUR FÉRIE, ET POUR UN MOIS NATIONAL DE LA MÉMOIRE ET DE L'HISTOIRE DES PEUPLES NOIRS.
Pour ce qui est des commémorations liées à l'esclavage, la bataille des dates a été relancée. Un amendement a été introduit dans le projet de loi pour « l'égalité réelle », puis retiré. Les protestations se font entendre en tous sens. Certains affirment que seul le 10 mai peut être la date nationale, d'autres demandent que le 23 mai soit aussi reconnu en tant que tel.
Dans ce débat passionné, la position du CRAN est claire. Elle a été défendue par son président, lors d’une audition au Sénat en décembre 2016. Le CRAN estime que ces dates diverses ont leur légitimité, mais que cette querelle qui dure depuis très longtemps ne doit pas occulter l'enjeu essentiel : la réparation. Car « commémorer, c'est bien, réparer, c'est mieux », a déclaré Louis-Georges Tin.
Par ailleurs, si vraiment, on veut absolument parler de date, le CRAN estime que le véritable enjeu est moins de valoriser telle ou telle date, mais bien plutôt de faire que cette date, quelle qu'elle soit, soit un jour férié et chômé. Pour le coup, ce serait une véritable de réparation.
En effet, le vrai problème est là : tandis que les ultramarins bénéficient d'un jour férié en Guadeloupe, en Martinique, en Guyane, à la Réunion et à Mayotte, ce qui est tout à fait légitime, dans l'hexagone, il n'y a rien de tel, ce qui constitue objectivement une discrimination territoriale. Dès lors, les personnes qui, dans l'hexagone, désirent célébrer la mémoire de leurs ancêtres, doivent prendre sur leurs congés, ou perdre une journée de salaire. « En d'autres termes, c'est une commémoration censitaire, et nous devons payer pour avoir le droit de célébrer la mémoire de nos ancêtres, ce qui est inacceptable », a déclaré Théo Lubin, vice-président du CRAN chargé de la mémoire.
C'est pourquoi le CRAN demande au gouvernement d'amender le projet de loi égalité réelle lors de son passage en seconde lecture à l'Assemblée nationale, et de prévoir un jour férié et chômé, quel qu'il soit, et qu’un mois pour la mémoire et l’histoire des peuples Noires soit institutionnalisé. Si cette demande n'est pas satisfaite, le CRAN se réserve le droit de porter devant le tribunal administratif une action de groupe contre cette discrimination territoriale dans l'accès à la mémoire.
« Etant à l'origine de la loi sur les actions de groupe qui, depuis novembre 2016, permet aux citoyens de porter plainte ensemble, nous sommes disposé à l'utiliser pour ce sujet de la plus haute importance, puisqu'il s'agit d'un crime contre l'humanité », a conclu Louis-Georges Tin.
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mardi, janvier 17, 2017
Le président du CM98 le professeur Serge Romana
Le président du CM98 le professeur Serge Romana s'est lancé dans une grève de la faim pour défendre les dates métropolitaines de commémoration du souvenir de l'esclavage, 10 et 23 mai.
C'est la suppression par le sénat de l'article prévoyant cette disposition dans la loi sur l'égalité réelle qui a poussé le président du CM98 a entamer cette grève de la faim.
En tant qu'humaniste chaque fois qu'une femme ou un homme entreprend une telle grève cela m'interpelle car il s'agit de mettre en cause son intégré physique pour défendre une cause à laquelle il ou elle croit.
Cependant, j'ai toujours considéré que la loi sur l'égalité réelle est une loi d'assimilation culturelle et économique et je ne change pas d'avis sur la question parce qu'une disposition prévoit des dates françaises pour la commémoration des abolitions 10 mai et des victimes de l'esclavage 23 mai.
Nous Guadeloupéens qui militons pour l'émancipation du peuple guadeloupéen, nous estimons que l'heure de nous-mêmes a sonné.
Nous avons en Guadeloupe une date nationale c'est le 27 mai.
Pour la France ceux de nos compatriotes qui ont fait le choix d'être une minorité ethnique dans la nation française peuvent mener leur combat en ce sens. Ils ont ma sympathie.
Mais pour moi le combat prioritaire ce déroule en Guadeloupe. C'est le combat pour l'émancipation du peuple guadeloupéen.
Jean-Jacob Bicep
Président de l'Alliance pour la Guadeloupe
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lundi, janvier 16, 2017
Désolée Mr Serge Romana
Votre grève de la faim ne me fait ni chaud ni froid..
Depuis longtemps vous vouliez de cette date ,parce que c'est la date de votre événement limye ba yo (Je crois)où vous honorez vos ancêtres africains déportés et mis en esclavage,à grand coup de concert sur la place de la Bastille où les nègres dansent jusqu'au bout de la nuit,des conférences dans lesquelles vous faites le *courbé dos challenge *au pouvoir en place..
Mr Romana ce n'est pas pour nous que vous faites cette grève de la faim,mais bien pour vous ,votre association ,vos intérêts personnels.
N'oubliez pas qu'après ma lettre au président vous m'avez répondu , vous avez défendu les juifs alors que ce n'était pas eux que j'attaquais..Romana savez vous que chez tous les peuples dans toutes les religions il y a du bon et du mauvais,qu'on peut dire des vérités sans que cela devienne une attaque contre une communauté entière! Alors maintenant vos *amis*vont vous tendre la main....Je ne vous veux pas de mal mais Ay chié baw!!vous avez fait la guerre à moult associations en région parisienne pour garder le monopole HÉ oui vous étiez à l'époque le chouchou du gouvernement. Romana les politiques ça tourne ça change ca fait et ça défait. Alors permettez moi de vous dire FOUT OU KOUYON ! Il fallait faire en sorte de ne pas être détrôné ou faire en sorte d'être intouchable mais pour cela il faut être un peu intelligent !
Donc aujourd'hui vous voudriez que l'on soit à vos côtés? Mais je sais que vous ne voulez pas mourir Serge !
Que deviendrait Viviane sans vous !
Je ne peux vous aider mais je peux vous dire que si j'étais metteur en scène je vous engagerais de suite ,très très bon acteur (une reconversion?)
Arrêtez vos conneries ,on ne joue pas avec sa santé et planchez sur le 23 mai prochain avec le CM98 (zut il faut attendre les élections....)
ONE LOVE ❤
Depuis longtemps vous vouliez de cette date ,parce que c'est la date de votre événement limye ba yo (Je crois)où vous honorez vos ancêtres africains déportés et mis en esclavage,à grand coup de concert sur la place de la Bastille où les nègres dansent jusqu'au bout de la nuit,des conférences dans lesquelles vous faites le *courbé dos challenge *au pouvoir en place..
Mr Romana ce n'est pas pour nous que vous faites cette grève de la faim,mais bien pour vous ,votre association ,vos intérêts personnels.
N'oubliez pas qu'après ma lettre au président vous m'avez répondu , vous avez défendu les juifs alors que ce n'était pas eux que j'attaquais..Romana savez vous que chez tous les peuples dans toutes les religions il y a du bon et du mauvais,qu'on peut dire des vérités sans que cela devienne une attaque contre une communauté entière! Alors maintenant vos *amis*vont vous tendre la main....Je ne vous veux pas de mal mais Ay chié baw!!vous avez fait la guerre à moult associations en région parisienne pour garder le monopole HÉ oui vous étiez à l'époque le chouchou du gouvernement. Romana les politiques ça tourne ça change ca fait et ça défait. Alors permettez moi de vous dire FOUT OU KOUYON ! Il fallait faire en sorte de ne pas être détrôné ou faire en sorte d'être intouchable mais pour cela il faut être un peu intelligent !
Donc aujourd'hui vous voudriez que l'on soit à vos côtés? Mais je sais que vous ne voulez pas mourir Serge !
Que deviendrait Viviane sans vous !
Je ne peux vous aider mais je peux vous dire que si j'étais metteur en scène je vous engagerais de suite ,très très bon acteur (une reconversion?)
Arrêtez vos conneries ,on ne joue pas avec sa santé et planchez sur le 23 mai prochain avec le CM98 (zut il faut attendre les élections....)
ONE LOVE ❤
Joelle Ursull
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dimanche, janvier 15, 2017
contre l'amendement instituant une "Journée nationale en hommage aux victimes de l'esclavage colonial"
"Sans élaborer ici sur la notion d’« esclavage colonial » qui est très critiquable car l’esclavage est un système qui a pu exister en dehors du moment colonial, il faut insister sur un autre aspect qui touche la Nation tout entière. En effet, l’entérinement de ces deux dates acte d’une séparation entre histoire et mémoire de l’esclavage. D’un côté, le 10 mai célébrerait « la traite, l’esclavage et leurs abolitions » c’est-à-dire, premièrement, le système sans les acteurs de l’histoire (et peut-on célébrer un système de violence extrême niant l’être humain ?) et, deuxièmement, les abolitionnistes ; de l’autre, le 23 mai rendrait « hommage aux victimes ». Cette opposition est non seulement artificielle mais aussi anachronique et dangereuse.
Artificielle car la pensée abolitionniste s’est élaborée au croisement de la philosophie humanitariste sur l’égalité du genre humain, d’analyses économiques sur la rentabilité du sucre des colonies de l’Atlantique et de l’Océan Indien et des révoltes d’esclaves qui, à partir surtout de la révolution de Saint-Domingue, entretiennent une forte pression sur les gouvernements.
Anachronique car les esclaves ne se sont pas pensés comme des «victimes », à savoir des personnes totalement soumises à un système. Ils ont résisté en permanence, soit les armes à la main, soit dans la vie quotidienne par le refus et le sabotage des moyens d’exploitation de leur force de travail, par les avortements des femmes, par les empoisonnements, par les incendies des plantations. L'histoire des esclaves est aussi celle de leur résilience, celle de leurs combats et de leurs succès, celle du pouvoir de leurs rêves et de leurs engagements.
Dangereuse car elle construit une identité figée de « victimes de l’esclavage » pour les Ultra-Marins et a fortiori pour la jeunesse que l’on ne peut lester de cette identité pour affronter le monde. Celui-ci doit leur appartenir à égalité. Dangereuse enfin car en entérinant, par un décret, l’opposition, entre « abolitionnistes » (le 10 mai) et « victimes » (le 23 mai), la République française valide une opposition implicite entre «Blancs » et « Noirs ». C’est une vision racialisée de l’histoire de France qui est établie, en catimini.
On le sait bien la situation actuelle de la France recommande expressément de tendre à l’unité et au partage des valeurs plutôt qu’à la division. Ce n'est pas le dolorisme qui construit ni le respect ni l'égalité; c'est l’affirmation des valeurs; c'est le débat et non l'imposition violente et anti-démocratique car il n’y a eu aucune concertation sur cet amendement qui n’est demandé que par une marge de la population ultra-marine, originaire des Antilles et demeurant dans l’hexagone, et n’est nullement soutenue par la majorité des personnes vivant dans les Outre-Mer. En revanche, il faut œuvrer à l’unité du pays en s’engageant dans un véritable travail sur les problèmes de continuité territoriale, sur les expériences de discrimination et de racisme, il faut construire le futur et n’ont pas entériner une République des identités antagoniques. "
Myriam Cottias
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samedi, septembre 17, 2016
Louis X le Hutin
"Pendant son court règne (1 an et demi), l’esclavage fut aboli. Par un édit du 3 juillet 1315, le souverain prohiba l'esclavage sur le territoire français. L'édit en question dispose que " selon les droits de la nature, chacun doit naître franc ". Dès lors, le royaume de France vécut avec le précepte : " Le sol de France affranchit celui qui le touche ". C'est en application de cette loi qu'en 1571, à Bordeaux, des esclaves en provenance d'Afrique furent affranchis par le parlement de ladite ville pour avoir foulé le sol français". <http://www.bu.univ-rennes2.fr/blog/23-05-2016/louis-x>.
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jeudi, juin 28, 2012
Indemniser les planteurs pour abolir l'esclavage ? Thèse de Frédérique Mauvois
Frédérique Mauvois est lauréate du Prix de thèse spécial du Sénat pour son travail intitulé : « Indemniser les planteurs, pour abolir l’esclavage ? Entre économie, éthique et politique : une étude des débats parlementaires britanniques et français (1788-1848) dans une perspective comparée. IEP Paris, faculté de lettres de Lausanne sous la codirection d’Olivier Grenouilleau et Bouda Etemad.» Son prix de 9 000 euros (dont 6000 pour une édition chez Dalloz) lui a été remis mardi soir au Sénat par le président Bel.
suite
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lundi, mai 28, 2012
27 MAI 1848…ABOLITION DE L’ESCLAVAGE EN GUADELOUPE, une abolition inéluctable et contrôlée.
Le 27 mai 1848 en Guadeloupe est la résultante d’un long processus conflictuel, de massacres et d’exil, notamment lors de la première abolition de l’esclavage de 1794, une abolition que n’a pas connu la Martinique étant passée sous domination anglaise. La guillotine et la terreur ayant fonctionné à plein régime en Guadeloupe lors de la révolution française sous le gouvernement de Victor Hugues 1794-1798. Toutefois, l’esclavage sera restauré par Napoléon en 1802.
A la veille de l’abolition de 1848, la Guadeloupe est animée par plusieurs forces antagonistes qui s’affrontent et se confrontent. Tout d’abord, chez les planteurs, une volonté émancipatrice est à l’œuvre chez certains colons, les partisans de l’abrogation de l’esclavage, une dynamique qui entre en collision avec la position des autres planteurs s’arc-boutant sur la défense du système esclavagiste et de leurs privilèges.
Les tenants du système esclavagiste par le biais de leurs organes de presse comme : L’avenir de la Guadeloupe, le Commercial se livrent à de la propagande en propageant leur idéologie esclavagiste qui consiste à présenter l’esclavage comme un bienfait pour les esclaves. Ils s’opposent aux réformes assouplissant et humanisant le régime de l’esclavage, d’ailleurs ils ne voient pas se profiler la future abolition ou refusent de le voir.
En réaction au front abolitionniste, les esclavagistes ayant prééminence au Conseil Colonial durcissent le régime, faisant preuve d’une cruauté, dont on aurait du mal à s’imaginer.
Depuis les lois réformistes de 1830, les esclaves sont sous la protection directe des magistrats-contrôleurs, mais à l’aube de l’abolition, les châtiments corporels perpétrés sur les esclaves sont de plus en plus abominables, sans que nullement les maîtres ne soient inquiétés par la justice.
Les annales judiciaires guadeloupéennes regorgent de faits particulièrement bien détaillés, faisant état de sévices corporels des maîtres sur leurs esclaves, allant jusqu’à la mort de l’esclave.
En dépit des lois, les maîtres sont protégés par la justice coloniale collusoire et complice, une justice supposée protéger les esclaves.
Dans les faits, très peu de peines sont appliquées et celles appliquées sont d’une légèreté outrancière contre les propriétaires d’esclaves.
Cette situation est connue en métropole et donne du grain à moudre aux abolitionnistes français tels que Victor Schoelcher, Lamartine, Victor Hugo, Ledru-Rollin, ils s’en prévalent dans leurs argumentaires dénonçant ce système esclavagiste moribond et mortifère. Des arguments qui ont un impact très fort puisqu’ils contribuèrent fortement au décret du 27 avril 1848.
Les libres de couleurs subissent les contrecoups de la radicalisation des planteurs, désormais, ils se voient refuser l’entrée de certains cafés, on refuse de les servir. De nombreux incidents éclatent, dont celui du 1 mai 1846 à Pointe à Pitre où suite à l’altercation avec quatre libres de couleur, les cafés sont devenus des clubs privés, d’autres se sont mués en Cercle. La ségrégation sévit dans l’île et exacerbe les tensions.
En revanche, d’autres planteurs sentant le vent tourner vendent à tour de bras leurs esclaves dans l’île de Porto Rico ou dans les autres colonies proches de la Guadeloupe, afin d’en tirer un bénéfice tant qu’ils le peuvent encore.
Car, face au durcissement des planteurs et des exactions envers les esclaves, ces derniers résistent, les cas de marronage se multiplient, ce qui est rapporté également à Victor Schoelcher, constituant un autre argument décisif dans le plaidoyer abolitionniste.
Nombres sont les esclaves qui n’hésitent plus à braver leurs maîtres, allant jusqu’à les tuer en affrontement physique ou par empoisonnement par exemple.
On dénombre des cas d’empoisonnement de planteurs, de leur famille ainsi que de leurs esclaves domestiques, de leurs animaux en représailles aux mauvais traitements. Des incendies de cases à bagasses, de champs de cannes ou de locaux administratifs s’accroissent entre 1847 et 1848.
De plus, les esclaves ont vent des thèses abolitionnistes en France, ce qui les galvanisent d’autant plus dans leur lutte quotidienne et le marronage s’accentuent, de même que les fuites d’esclaves vers les autres îles voisines de la Guadeloupe.
De réels réseaux clandestins se sont créés pour acheminer les esclaves hors de Guadeloupe, avec des passeurs qui monnaient à prix fort la traversée. On les appelle les Embaucheurs, ce sont des libres de couleurs propriétaires d’embarcations ou des marins pêcheurs.
Ces afflux massifs d’esclaves guadeloupéens créent des déséquilibres dans les îles voisines, ce qui préoccupe les autorités coloniales de ces colonies.
Ainsi, en mai 1848 la colonie guadeloupéenne est une vraie poudrière qui menace à tout instant d’exploser à l’instar de la Soufrière, ce d’autant que les esclaves savent qu’un décret d’abolition a été pris, qu’ils attendent et qu’ils ne voient toujours pas venir.
L’arrivée dans l’île du gouverneur Layrle sera un autre facteur qui contribuera à l’abolition de l’esclavage en Guadeloupe.
Ce gouverneur au fait de l’état des choses dans la colonie souffle le chaud et le froid. Aux esclaves, il leurs martèle qu’ils doivent être patients, que leurs bons maîtres à demander pour eux la liberté et qu’une fois libres, ils devront continuer à travailler, car c’est à cause d’eux, ayant mal fait usage de leur liberté de 1794, que l’on a été contraint de les remettre en esclavage en 1802.
A la veille de l’abolition de 1848, la Guadeloupe est animée par plusieurs forces antagonistes qui s’affrontent et se confrontent. Tout d’abord, chez les planteurs, une volonté émancipatrice est à l’œuvre chez certains colons, les partisans de l’abrogation de l’esclavage, une dynamique qui entre en collision avec la position des autres planteurs s’arc-boutant sur la défense du système esclavagiste et de leurs privilèges.
Les tenants du système esclavagiste par le biais de leurs organes de presse comme : L’avenir de la Guadeloupe, le Commercial se livrent à de la propagande en propageant leur idéologie esclavagiste qui consiste à présenter l’esclavage comme un bienfait pour les esclaves. Ils s’opposent aux réformes assouplissant et humanisant le régime de l’esclavage, d’ailleurs ils ne voient pas se profiler la future abolition ou refusent de le voir.
En réaction au front abolitionniste, les esclavagistes ayant prééminence au Conseil Colonial durcissent le régime, faisant preuve d’une cruauté, dont on aurait du mal à s’imaginer.
Depuis les lois réformistes de 1830, les esclaves sont sous la protection directe des magistrats-contrôleurs, mais à l’aube de l’abolition, les châtiments corporels perpétrés sur les esclaves sont de plus en plus abominables, sans que nullement les maîtres ne soient inquiétés par la justice.
Les annales judiciaires guadeloupéennes regorgent de faits particulièrement bien détaillés, faisant état de sévices corporels des maîtres sur leurs esclaves, allant jusqu’à la mort de l’esclave.
En dépit des lois, les maîtres sont protégés par la justice coloniale collusoire et complice, une justice supposée protéger les esclaves.
Dans les faits, très peu de peines sont appliquées et celles appliquées sont d’une légèreté outrancière contre les propriétaires d’esclaves.
Cette situation est connue en métropole et donne du grain à moudre aux abolitionnistes français tels que Victor Schoelcher, Lamartine, Victor Hugo, Ledru-Rollin, ils s’en prévalent dans leurs argumentaires dénonçant ce système esclavagiste moribond et mortifère. Des arguments qui ont un impact très fort puisqu’ils contribuèrent fortement au décret du 27 avril 1848.
Les libres de couleurs subissent les contrecoups de la radicalisation des planteurs, désormais, ils se voient refuser l’entrée de certains cafés, on refuse de les servir. De nombreux incidents éclatent, dont celui du 1 mai 1846 à Pointe à Pitre où suite à l’altercation avec quatre libres de couleur, les cafés sont devenus des clubs privés, d’autres se sont mués en Cercle. La ségrégation sévit dans l’île et exacerbe les tensions.
En revanche, d’autres planteurs sentant le vent tourner vendent à tour de bras leurs esclaves dans l’île de Porto Rico ou dans les autres colonies proches de la Guadeloupe, afin d’en tirer un bénéfice tant qu’ils le peuvent encore.
Car, face au durcissement des planteurs et des exactions envers les esclaves, ces derniers résistent, les cas de marronage se multiplient, ce qui est rapporté également à Victor Schoelcher, constituant un autre argument décisif dans le plaidoyer abolitionniste.
Nombres sont les esclaves qui n’hésitent plus à braver leurs maîtres, allant jusqu’à les tuer en affrontement physique ou par empoisonnement par exemple.
On dénombre des cas d’empoisonnement de planteurs, de leur famille ainsi que de leurs esclaves domestiques, de leurs animaux en représailles aux mauvais traitements. Des incendies de cases à bagasses, de champs de cannes ou de locaux administratifs s’accroissent entre 1847 et 1848.
De plus, les esclaves ont vent des thèses abolitionnistes en France, ce qui les galvanisent d’autant plus dans leur lutte quotidienne et le marronage s’accentuent, de même que les fuites d’esclaves vers les autres îles voisines de la Guadeloupe.
De réels réseaux clandestins se sont créés pour acheminer les esclaves hors de Guadeloupe, avec des passeurs qui monnaient à prix fort la traversée. On les appelle les Embaucheurs, ce sont des libres de couleurs propriétaires d’embarcations ou des marins pêcheurs.
Ces afflux massifs d’esclaves guadeloupéens créent des déséquilibres dans les îles voisines, ce qui préoccupe les autorités coloniales de ces colonies.
Ainsi, en mai 1848 la colonie guadeloupéenne est une vraie poudrière qui menace à tout instant d’exploser à l’instar de la Soufrière, ce d’autant que les esclaves savent qu’un décret d’abolition a été pris, qu’ils attendent et qu’ils ne voient toujours pas venir.
L’arrivée dans l’île du gouverneur Layrle sera un autre facteur qui contribuera à l’abolition de l’esclavage en Guadeloupe.
Ce gouverneur au fait de l’état des choses dans la colonie souffle le chaud et le froid. Aux esclaves, il leurs martèle qu’ils doivent être patients, que leurs bons maîtres à demander pour eux la liberté et qu’une fois libres, ils devront continuer à travailler, car c’est à cause d’eux, ayant mal fait usage de leur liberté de 1794, que l’on a été contraint de les remettre en esclavage en 1802.
Tandis qu’il culpabilise les esclaves, aux colons, il les exhorte à préparer l’émancipation des esclaves afin d’organiser le travail libre pour qu’ils ne soient pas perdant dans l’histoire.
Peu à peu, du côté des planteurs, on saisit que si une émancipation devait survenir, il était essentiel de tout contrôler afin de pérenniser leur domination économique et politique.
Ainsi, quand la Martinique se libère de l’asservissement esclavagiste le 22 mai et que le décret du gouverneur Rostolan est proclamé le 23 mai, cette abolition sert d’accélérateur, l’histoire s’emballe, dès lors en Guadeloupe, il est certain aux yeux de tous, que l’abolition est incontournable.
Le gouverneur Layrle pour contenir toute insurrection décrète l’état de siège dans la colonie et presse le Conseil Colonial d’abonder en son sens, puis dans la foulée, le gouverneur Layrle décrète l’abolition le 27 mai, après avis unanime du Conseil privé, ce que son homologue Rostolan n’a pas eu loisir de faire.
L’émancipation des esclaves qui s’ensuit, se fait de façon très cadrée au profit du pouvoir colonial, le 29 mai 1848, une fête républicaine de l’émancipation est organisée à Basse-Terre, une messe est célébrée à l’Eglise de St François en présence du gouverneur et de l’ensemble du corps des autorités coloniales, civiles et militaires, ainsi que les colons.
Un arbre de la liberté est planté à côté duquel jouxte un drapeau tricolore, que les esclaves ont confectionné.
Dans ces célébrations le facteur ou l’image de l'esclave-résistant est complètement gommé, à dessein.
Contrairement à la Martinique, l’abolition en Guadeloupe a été un bouleversement régulé en quelque sorte, par le pouvoir colonial, les colons quant à eux, ont opté pour une décision opportune dans un souci stratégique de survie, ils ont su au pied levé préparer à leur avantage le changement de régime.
Indéniablement l’abolition de l’esclavage du 27 mai 1848 en Guadeloupe est un aboutissement maîtrisé, le fruit d’un processus inéluctable.
Différents facteurs ont permis que cette abolition se fasse, à la fois dans et à l’extérieur de l’île, avec une interaction des uns sur les autres, les esclaves même si contrairement à ceux de la Martinique n’ont pas fait une révolte, il n’en demeure pas moins, que les esclaves guadeloupéens ont été acteurs de leur émancipation.
Emmanuelle Bramban
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27 mai 1848,
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vendredi, avril 20, 2012
Dékré abolisyon lesklavaj 27 avril 1848 An tradiksyon Kréyol Rodolf Etienne Edition bilingue
A paraître…
Sortie prévue : 15 mai 2012
Dékré labolisyon lesklavaj 27 avril 1848 – Decret d’abolition de l’esclavage du 27 avril 1848. Edition bilingue. Rodolf Etienne. Mai 2012 - Macré-Lorillo Editions.
Kréyol
« Ministè Lamarin ek Lékoloni – Direksyon Lékoloni
Larépiblik Fransé
Libèté – Egalité – Fratènité
An non Pep Fransé
Gouvènman pwovizwa,
Konsidéré ki lesklavaj sé an krim kont ladinyité nonm ;
Ki lè’y ka mété libèté nonm anba chenn, y ka détjui prensip natirel dwa ek dèvwa ; ki y sé an gran outrajkont prensip menm Larépiblik, kidonk : « Libèté – Egalité – Fratènité » ;
Konsidéré ki si an lalwa séryé pa té ka suiv lamenm pwoklamasyon yo za fè parapot a labolisyon lesklavaj, sé té ka’y lakoz, adan sé koloni a, an pli gran dézòd ; Ka dékrété :
Prèmyè artik - Lesklavaj ka’y, an sel kou a, aboli adan tout koloni ek posésyon fransé, dé mwa apré pwomilgasyon dékré tala ek adan yo chak la. A moman pwomilgasyon dékré tala adan sé koloni a, tout chatiman korporel, tout zafè lavant nonm ki pa lib, ka’y enterdi.
Dézyem artik - Sistenm angajman-pou-an-tan yo té établi Sénégal ka’y abwojé.
Twazyem artik - Gouvernè oben Komisé jénéral Larépiblik ni pou chaj asiré lalibèté jénéral Matinik, Lagwadloup épi dépandans li, Laréyinyon, Laguiyàn, Sénégal ek dot établisman fransé lakot oksidantal Lafrik, lilet Mayot ek dépandans li ek Laljéri.
Katriyem artik - Tout ansyen esklav ki kondané anba lapenn yo kriyé afliktif oben koreksyonel pou zafè ki, si yo té moun lib pa té ka’y mérité chatiman, ka’y amnistyé. Yo ka’y viré-rapatriyé o péyi tout moun yo té dépòté pou rézon sékirité administratif.
Senkyem artik - Lasanblé nasyonal ka’y katjilé lendemnité yo ka’y pou akowdé ba kolon.
Sizyem artik - Sé koloni a, padavrè yo pirifyé laservitid, ek posésyon Lézenn pou otan, ka’y ni riprézantan Lasanblé nasyonal.
Sétjem artik - Prensip nasyonal silon kiles : « Latè Lafrans ka afranchi tout esklav ki touché’y » ka’y aplitjé pou koloni ek posésyon Larépiblik.
Uitjem artik - Pou tan ki ka vini, menm si sé an péyi étranjé, y enterdi pou tout fransé posédé, achté oben vann esklav, ek jwenn bò nenpot model trafik oben eksplwatasyon kon sé tala, ki-si-swa direktiman, ki-si-swa tout dot mannyè. Tout transgrésyon asou sé dispozisyon tala ka’y lakoz laprivasyon kalité sitwayen fransé. Pou otan, sé fransé a ki ka’y anba kout lalwa tala, lè dékré tala ka’y pwomildjé, ka’y ni an tan twa lanné pou ranjé zafè yo. Sa ki ka’y vini pwopriyétè esklav an péyi étranjé, pa éritaj, leg oben mariyaj, ka’y pou, anba menm lapenn tala, afranchi yo oben alyéné yo pou menm tan lanné a, dépi koumansman posésyon yo.
Névyem artik - Minis Lamarin ek Lékoloni ek minis Ladjè ni pou chaj lekzékisyon dékré tala, silon koumandman yo.
Pari, an konsey Gouvènman, 27 avril 1848.
Français Décret relatif à l'abolition de l'esclavage dans les colonies et les possessions françaises du 27 avril 1848
Le Gouvernement provisoire,Considérant que l'esclavage est un attentat contre la dignité humaine ; qu'en détruisant le libre arbitre de l'homme, il supprime le principe naturel du droit et du devoir ; qu'il est une violation flagrante du dogme républicain : Liberté, Égalité, Fraternité. Considérant que si des mesures effectives ne suivaient pas de très près la proclamation déjà faite du principe de l'abolition, il en pourrait résulter dans les colonies les plus déplorables désordres,
Décrète : Art. 1er. L'esclavage sera entièrement aboli dans toutes les colonies et possessions françaises, deux mois après la promulgation du présent décret dans chacune d'elles. A partir de la promulgation du présent décret dans les colonies, tout châtiment corporel, toute vente de personnes non libres, seront absolument interdits.
2. Le système d'engagement à temps établi au Sénégal est supprimé.
3. Les gouverneurs ou commissaires généraux de la République sont chargés d'appliquer l'ensemble des mesures propres à assurer la liberté à la Martinique, à la Guadeloupe et dépendances, à l'île de la Réunion, à la Guyane, au Sénégal et autres établissements français sur la côte occidentale d'Afrique, à l'île Mayotte et dépendances et en Algérie.
4. Sont amnistiés les anciens esclaves condamnés à des peines afflictives ou correctionnelles pour des faits qui, imputés à des hommes libres, n'auraient point entraîné ce châtiment. Sont rappelés les individus déportés par mesure administrative.
5. L'Assemblée nationale réglera la quotité de l'indemnité qui devra être accordée aux colons.
6. Les colonies, purifiées de la servitude, et les possessions de l'Inde seront représentées à l'Assemblée nationale.
7. Le principe que le sol de la France affranchit l'esclave qui le touche est appliqué aux colonies et possessions de la République.
8. A l'avenir, même en pays étranger, il est interdit à tout Français de posséder, d'acheter ou de vendre des esclaves, et de participer, soit directement, soit indirectement à tout trafic ou exploitation de ce genre. Toute infraction à ces dispositions entraînera la perte de la qualité de citoyen français. Néanmoins les Français qui se trouvent atteints par ces prohibitions, au moment de la promulgation du présent décret, auront un délai de trois ans pour s'y conformer. Ceux qui deviendront possesseurs d'esclaves en pays étrangers, par héritage, don de mariage, devront, sous la même peine, les affranchir ou les aliéner dans le même délai, à partir du jour ou leur possession aura commencé.
9. Le ministre de la Marine et des Colonies et le ministre de la guerre sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du présent décret.
Fait à Paris, en Conseil du Gouvernement, le 27 avril 1848
Dernière de couverture
Je m’entends souvent dire : « Mais à quoi cela sert-il donc de traduire des textes qui sont déjà en français ? ». Et là, je n’y couperai pas ! J’accepte ! Mais je dis aussi, et j’insiste même, que la résonnance et la maturité de notre poétique créole se valent par des actes comme ceux-là…
Traduire les décrets d’abolition de l’esclavage en créole ! L’idée aurait quelque chose de saugrenue, de sauvage… presque, non ? C’est qu’elle m’a bien fait rire lorsqu’elle m’est venue, cette idée. En voilà une qui devrait bousculer, secouer le cocotier… Et tant pis pour la trique !
On dit que la langue vernaculaire véhicule « son » flot(s) de mémoire(s). On dit aussi qu’elle dynamise les atavismes, les cristallise parfois. C’est certainement vraie… et dans un cas comme dans l’autre ! Mais ce qui nous paraît essentielle ici, c’est qu’elle porte en elle les germes de nos identités et cultures…
Nous signalerons Aimé Césaire. Il nous aura servi invariablement de lune éclatante dans la nuit épaisse de nos mémoires et de nos histoires. Il nous aura illuminé de sa droite patience. Mouvement ? Oui ! Mais non pas d’inertie, ni de renoncement. Mais d’action.
Un pas, un autre pas, encore un autre pas et tenir chaque pas gagné…
Rodolf Etienne
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