vendredi, avril 20, 2012

Dékré abolisyon lesklavaj 27 avril 1848 An tradiksyon Kréyol Rodolf Etienne Edition bilingue


A paraître… 
Sortie prévue : 15 mai 2012
Dékré labolisyon lesklavaj 27 avril 1848 – Decret d’abolition de l’esclavage du 27 avril 1848. Edition bilingue. Rodolf Etienne. Mai 2012 - Macré-Lorillo Editions. 
Kréyol 
« Ministè Lamarin ek Lékoloni – Direksyon Lékoloni 
Larépiblik Fransé 
Libèté – Egalité – Fratènité 
An non Pep Fransé
 Gouvènman pwovizwa, 
Konsidéré ki lesklavaj sé an krim kont ladinyité nonm ; 
Ki lè’y ka mété libèté nonm anba chenn, y ka détjui prensip natirel dwa ek dèvwa ; ki y sé an gran outrajkont prensip menm Larépiblik, kidonk : « Libèté – Egalité – Fratènité » ; 
Konsidéré ki si an lalwa séryé pa té ka suiv lamenm pwoklamasyon yo za fè parapot a labolisyon lesklavaj, sé té ka’y lakoz, adan sé koloni a, an pli gran dézòd ; Ka dékrété : 
Prèmyè artik - Lesklavaj ka’y, an sel kou a, aboli adan tout koloni ek posésyon fransé, dé mwa apré pwomilgasyon dékré tala ek adan yo chak la. A moman pwomilgasyon dékré tala adan sé koloni a, tout chatiman korporel, tout zafè lavant nonm ki pa lib, ka’y enterdi. 
Dézyem artik - Sistenm angajman-pou-an-tan yo té établi Sénégal ka’y abwojé. 
Twazyem artik - Gouvernè oben Komisé jénéral Larépiblik ni pou chaj asiré lalibèté jénéral Matinik, Lagwadloup épi dépandans li, Laréyinyon, Laguiyàn, Sénégal ek dot établisman fransé lakot oksidantal Lafrik, lilet Mayot ek dépandans li ek Laljéri. 
Katriyem artik - Tout ansyen esklav ki kondané anba lapenn yo kriyé afliktif oben koreksyonel pou zafè ki, si yo té moun lib pa té ka’y mérité chatiman, ka’y amnistyé. Yo ka’y viré-rapatriyé o péyi tout moun yo té dépòté pou rézon sékirité administratif. 
Senkyem artik - Lasanblé nasyonal ka’y katjilé lendemnité yo ka’y pou akowdé ba kolon. 
Sizyem artik - Sé koloni a, padavrè yo pirifyé laservitid, ek posésyon Lézenn pou otan, ka’y ni riprézantan Lasanblé nasyonal. 
Sétjem artik - Prensip nasyonal silon kiles : « Latè Lafrans ka afranchi tout esklav ki touché’y » ka’y aplitjé pou koloni ek posésyon Larépiblik. 
Uitjem artik - Pou tan ki ka vini, menm si sé an péyi étranjé, y enterdi pou tout fransé posédé, achté oben vann esklav, ek jwenn bò nenpot model trafik oben eksplwatasyon kon sé tala, ki-si-swa direktiman, ki-si-swa tout dot mannyè. Tout transgrésyon asou sé dispozisyon tala ka’y lakoz laprivasyon kalité sitwayen fransé. Pou otan, sé fransé a ki ka’y anba kout lalwa tala, lè dékré tala ka’y pwomildjé, ka’y ni an tan twa lanné pou ranjé zafè yo. Sa ki ka’y vini pwopriyétè esklav an péyi étranjé, pa éritaj, leg oben mariyaj, ka’y pou, anba menm lapenn tala, afranchi yo oben alyéné yo pou menm tan lanné a, dépi koumansman posésyon yo. 
Névyem artik - Minis Lamarin ek Lékoloni ek minis Ladjè ni pou chaj lekzékisyon dékré tala, silon koumandman yo. 
Pari, an konsey Gouvènman, 27 avril 1848.

Français Décret relatif à l'abolition de l'esclavage dans les colonies et les possessions françaises du 27 avril 1848 

 Le Gouvernement provisoire, 
Considérant que l'esclavage est un attentat contre la dignité humaine ; qu'en détruisant le libre arbitre de l'homme, il supprime le principe naturel du droit et du devoir ; qu'il est une violation flagrante du dogme républicain : Liberté, Égalité, Fraternité. Considérant que si des mesures effectives ne suivaient pas de très près la proclamation déjà faite du principe de l'abolition, il en pourrait résulter dans les colonies les plus déplorables désordres,
Décrète : Art. 1er. L'esclavage sera entièrement aboli dans toutes les colonies et possessions françaises, deux mois après la promulgation du présent décret dans chacune d'elles. A partir de la promulgation du présent décret dans les colonies, tout châtiment corporel, toute vente de personnes non libres, seront absolument interdits. 
2. Le système d'engagement à temps établi au Sénégal est supprimé. 
3. Les gouverneurs ou commissaires généraux de la République sont chargés d'appliquer l'ensemble des mesures propres à assurer la liberté à la Martinique, à la Guadeloupe et dépendances, à l'île de la Réunion, à la Guyane, au Sénégal et autres établissements français sur la côte occidentale d'Afrique, à l'île Mayotte et dépendances et en Algérie. 
4. Sont amnistiés les anciens esclaves condamnés à des peines afflictives ou correctionnelles pour des faits qui, imputés à des hommes libres, n'auraient point entraîné ce châtiment. Sont rappelés les individus déportés par mesure administrative. 
5. L'Assemblée nationale réglera la quotité de l'indemnité qui devra être accordée aux colons. 
6. Les colonies, purifiées de la servitude, et les possessions de l'Inde seront représentées à l'Assemblée nationale. 
7. Le principe que le sol de la France affranchit l'esclave qui le touche est appliqué aux colonies et possessions de la République. 
8. A l'avenir, même en pays étranger, il est interdit à tout Français de posséder, d'acheter ou de vendre des esclaves, et de participer, soit directement, soit indirectement à tout trafic ou exploitation de ce genre. Toute infraction à ces dispositions entraînera la perte de la qualité de citoyen français. Néanmoins les Français qui se trouvent atteints par ces prohibitions, au moment de la promulgation du présent décret, auront un délai de trois ans pour s'y conformer. Ceux qui deviendront possesseurs d'esclaves en pays étrangers, par héritage, don de mariage, devront, sous la même peine, les affranchir ou les aliéner dans le même délai, à partir du jour ou leur possession aura commencé.
9. Le ministre de la Marine et des Colonies et le ministre de la guerre sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du présent décret. 
Fait à Paris, en Conseil du Gouvernement, le 27 avril 1848 

  Dernière de couverture

Je m’entends souvent dire : « Mais à quoi cela sert-il donc de traduire des textes qui sont déjà en français ? ». Et là, je n’y couperai pas ! J’accepte ! Mais je dis aussi, et j’insiste même, que la résonnance et la maturité de notre poétique créole se valent par des actes comme ceux-là… 
Traduire les décrets d’abolition de l’esclavage en créole ! L’idée aurait quelque chose de saugrenue, de sauvage… presque, non ? C’est qu’elle m’a bien fait rire lorsqu’elle m’est venue, cette idée. En voilà une qui devrait bousculer, secouer le cocotier… Et tant pis pour la trique ! 
On dit que la langue vernaculaire véhicule « son » flot(s) de mémoire(s). On dit aussi qu’elle dynamise les atavismes, les cristallise parfois. C’est certainement vraie… et dans un cas comme dans l’autre ! Mais ce qui nous paraît essentielle ici, c’est qu’elle porte en elle les germes de nos identités et cultures…
Nous signalerons Aimé Césaire. Il nous aura servi invariablement de lune éclatante dans la nuit épaisse de nos mémoires et de nos histoires. Il nous aura illuminé de sa droite patience. Mouvement ? Oui ! Mais non pas d’inertie, ni de renoncement. Mais d’action. 

Un pas, un autre pas, encore un autre pas et tenir chaque pas gagné… 

Rodolf Etienne

dimanche, avril 15, 2012

R.I.P le saxophoniste soul ANDREW LOVE (21 Novembre 1941 - 12 avril 2012)


BIEN TRISTE NOUVELLE POUR LES AMOUREUX DE MUSIQUE SOUL!!! -

avec le trompettiste Wayne Jackson, Andrew Love était la moitié de THE MEMPHIS HORNS la mythique section cuivre du label STAX.

Les Memphis Horns furent sans doute la plus grande section de cuivres soul de tous les temps. Ils furent une partie essentielle de la formule Stax dans les années 60 et 70, ainsi que des contributeurs prolifiques pour de nombreuses autres sessions qui suivirent la fin du fameux label. Bien qu'aujourd'hui le nom de MEMPHIS HORNS soit identifié au seul duo qu'Andrew Love a formé avec le trompettiste Wayne Jackson, la section de cuivre à également compris à un certain moment le saxophoniste ténor Ed Logan, les trombonistes Lewis Collins et Jack Hale, et le saxophoniste baryton James Mitchell. Ce fut la formation qui enregistra pour RCA dans les années 70, des albums produits par Booker T. Jones et d'autres. Ils ont également joué derrière King Curtis et Aretha Franklin dans les années 70. Mais ils sont surtout connus pour leurs apparitions sur des chansons de pratiquement tous les artistes Stax: Isaac Hayes, Otis Redding, Rufus Thomas, Sam and Dave et bien d'autres. Le duo Jackson et Love ont publié leur propre LP en 1992 pour un label indépendant, "Flam Out" produit par leur ancien compatriote de chez Stax Terry Manning .

Les Memphis Horns sont apparus sur presque tous les enregistrement du label Stax qui comprenaient une section cuivres - avec ainsi que sur les albums d'autres artistes comme The Doobie Brothers, James Taylor ou U2.

Dans le années 70, ils ont enregistré avec Al Green , Neil Diamond, Elvis Presley , James Taylor, The Doobie Brothers, Don Harrison Band et Stephen Stills (avec qui ils ont tourné en 1971).

Dans les années 80, ils ont joué derrière Sting et Peter Gabriel et U2 .

Dans les années 80 et 90, Wayne et Andrew ont énormément travaillé avec le groupe de blues Robert Cray Band . Ils ont fourni leurs estampilles funky/soul sur cinq albums du groupe:Strong Persuader (1986); Don't Be Afraid of the Dark (1988); Midnight Stroll (1990); I Was Warned (1992); Sweet Potato Pie (1997).

En 2008, Memphis Horns seront intronisés au Musicians Hall of Fame et enregistreront avec Jack White (White Stripes, The Raconteurs) et Alicia Keys sur la chanson "Another Way to Die" pour le 22ème film de James Bond Quantum of Solace.

DISCOGRAPHIE:

1970 The Memphis Horns
1972 Horns for Everything
1976 High on Music
1977 Get up and Dance
1978 Memphis Horns Band 2
1979 Welcome To
1992 Flame Out
1995 The Memphis Horns with Special Guests
1996 Wishing You a Merry Christmas

vendredi, avril 13, 2012

Johann Friedrich Blumenbach


The German scientist Johann Friedrich Blumenbach, who in 1795 divided the human species into into five groups and called races. On the basis of his craniometrical research (analysis of human skulls.
* The Caucasian race white
* The Mongolian race yellow
* The Malayan race brown
* The Ethiopian, race black
* The American race red –

jeudi, avril 05, 2012

Rara ou les particularités de Pâques en Haiti

Les festivités rara, liées au culte vaudou, qui ont lieu pendant le temps de carême (pour les chrétiens catholiques), ne traduisent pas en réalité une simple coïncidence.

Pour des représentants de plusieurs groupes de la vie nationale, entre autres, les catholiques et les vodouisants, cette commémoration a une double signification du point de vue socioculturelle et historique pour le peuple haïtien en particulier et pour le monde en général.

Interrogés par AlterPresse, Mgr Pierre André Dumas, le prêtre vaudou Max Beauvoir et le professeur à l’Université Jean Yves Blot, s’accordent sur le fait qu’avec les festivités rara, la célébration de Pâques, marquée par ces spectacles musicaux ambulants qui drainent des milliers de participants, revêt un cachet spécial qui correspond à la culture haitienne.

Pour Mgr Dumas, également coordonateur de la plateforme Religions pour la paix, les festivités rara reflètent bien l’identité du peuple haïtien tant du point de vue social que du point de vue culturel.

Il souligne l’identification sociale et culturelle : « socialement, ces festivités regroupent toutes les couches sociales du pays et, culturellement, elles symbolisent une manière propre à ces couches sociales d’extérioriser leur joie », signale Mgr Dumas.

Suivant les « hypothèses », et du point de vue historique, le rara rappelle la célébration de la joie des anciens esclaves pendant la période de carême notamment le dimanche de Pâques.

Ainsi, le rara qui n’a rien de négatif, a toute sa place au sein de notre société et pourra contribuer à son évolution, pense Mgr Dumas.

Le prêtre vaudou Max Beauvoir met plutôt l’accent sur le rara en tant que « forme de cérémonie religieuse » qui contribue à l’établissement d’un « climat de paix » dans le pays.

Pour lui, il s’agit d’une « manifestation de réjouissance des citoyens », une célébration de la liberté retrouvée après de longues années d’esclavage.

En même temps, cette tradition reflète bien l’identité de tous les Haïtiens socialement et culturellement, souligne Max Beauvoir.

Le professeur à l’Université, Jean Yves Blot, considère que, même si ces festivités (rara) se déroulent à l’un des temps fort de l’Église catholique [le carême], il n’y a pas vraiment une corrélation entre les deux pratiques, précise l’anthropologue.

C’est une manière propre à une couche précise de la société de manifester sa joie, souligne-t-il en relevant que le rara reflète « l’identité du peuple haïtien ».

Mgr Pierre André Dumas, le prêtre vaudou Max Beauvoir et le professeur Jean Yves Blot s’accordent à dire que le rara n’a rien de « négatif » et ils plaident pour la mise en valeur et la conservation de cette pratique culturelle.

Pour appuyer la célébration cette année de cette fête populaire notamment dans les zones les plus réputées comme Léogane (ouest), le gouvernement haïtien, via le Ministère de la Culture et de la Communication (MCC), contribue à la réalisation des festivités à hauteur de deux millions de gourdes (50.000 USD).

Pour l’utilisation fertile de cette fête populaire !

Dans presque toutes les villes de provinces et sections communales du pays, le rara fait aujourd’hui, comme le veut la tradition en cette saison de Pâques, l’actualité. Cette année, plusieurs bandes de rara en profitent pour faire une campagne de sensibilisation contre le choléra.

toutes les villes de provinces et sections communales du pays, le rara fait aujourd’hui, comme le veut la tradition en cette saison de Pâques, l’actualité. Cette année, plusieurs bandes de rara en profitent pour faire une campagne de sensibilisation contre le choléra.

La fête des Pâques est marquée en Haïti par les festivités de rara tenues un peu partout dans le pays. En province, notamment à Léogâne, à Paillant, c’est l’effervescence populaire. Si des bandes dans plusieurs sections communales du Bas-Artibonite gardent intacte la tradition de faire danser des milliers d’individus au rythme des « vaksin, bambous, tambours et cornets », d’autres utilisent des instruments à vent, notamment des trompettes et saxophones, pour faire polémique aux bandes rivales. Les bandes de rara de Jean Denis, Pont Benoit, Carrefour Ogé, Gros Chaudières, Liancourt, Désarmes et La Chapelle, pour ne citer que ces localités-là, sont mobilisées depuis environ un mois dans le but de préparer leurs défilés. On compte par milliers les jeunes et adultes affublés de couleurs, de maquillages et de miroirs qui font le spectacle dans les rues.

L’objectif majeur du rara consiste à offrir l’opportunité à la population rurale de se défouler. Il peut être également l’occasion de sensibiliser la population sur des problèmes sociaux et sanitaires. « Le rara ne peut pas être limité à une simple question de réjouissance populaire », soutient un membre de l’Union des Rara de Léogâne (Ural). La question de savoir comment profiter au maximum de cette fête populaire fait débat à Léogâne. « Le rara doit constituer cette année une source génératrice de revenus, un espace de reconstruction de la ville et de sensibilisation contre les épidémies, spécialement le choléra», estime un membre de l’Ural. C’est ce qui aurait justifié le choix du thème « Avek rara lavi ka fleri ».

La réalité saute aux yeux. Les activités financières montent d’un cran à l’occasion des raras à Léogâne. C’est le temps des vaches grasses pour les musiciens. Ils sont des centaines assurant l’animation dans une trentaine de bandes financées pour la plupart par des fans vivant à l’étranger. « Nos musiciens sont des salariés engagés spécialement pour la saison du rara. On dispose d’environ 80 000 gourdes pour l’animation », a révélé un chef de bande, précisant avoir consenti régulièrement des débours pour l’entretien des instruments : trompettes, vaksin, tambours, tchatcha, trombones, saxophones, clairons, bambous, cymbales, barytons. D’autres dépenses sont consenties afin de mettre au point les décors. Le comité directeur des bandes finance également l’achat des uniformes, de la nourriture et des boissons pour les musiciens et danseuses. Le montant total dépensé pour rendre possible les prestations des bandes est évalué à peu près à 900 000 mille gourdes.

Plusieurs membres d’organisations de rara agitent l’idée de rentabiliser cette fête populaire en utilisant l’internet et les droits d’image. A l’instar du carnaval, le rara a d’énormes possibilités de générer de l’argent. « On peut vendre le spectacle », croit Ernst Vilsaint, dirigeant d’une bande. « Nous pouvons réfléchir afin de voir comment donner une autre dimension à cette fête traditionnelle », soutient un musicien.

Contre le concept carnaval rural

Un autre point fait l’objet de débat à l’occasion du rara. Le plus souvent, on surnomme les festivités du rara : « carnaval rural ». « Le Rara n’est pas du carnaval rural », réplique Jean-Yves Blot, lors d’une intervention sur les activités de rara à Léogâne. Le professeur à l’université rejette l’idée selon laquelle le carnaval serait une fête urbaine alors que le Rara serait une manifestation rurale. Selon Jean-Yves Blot, le Rara n’est pas seulement la fête, les réjouissances. Cette fête populaire est inscrite dans une culture et, plus précisément, dans la religion vaudou marquée par des expressions corporelles et danses. La danse dans le vodou est sacrée, rappelle le vice-doyen à la recherche de l’UEH.

« Originellement, le rara est de tradition indienne. Le phénomène a évolué et a été rattrapé par les esclaves qui profitaient de leur temps libre pour se divertir. Les houes, les serpettes, les lambis (à l’instar d’une corne de bœuf) des Indiens constituaient, entre autres, leurs instruments de base », enseigne Louis Lesly Marcelin, dit Samba Zao. Deux éléments forment l’identité du rara, d’après lui. Les instruments traditionnels : tambours (kata), bambous, « vaksin », « graj », cornets de zinc que le soufflant percute avec des baguettes. Ensuite, le rara sort généralement d’un péristyle. La bande est formée sous l’égide d’un loa ou d’un saint protecteur. Par exemple, un rara peut s’appeler « L’Étoile Sainte-Marie », un autre, « L’Étoile Salomon ». Les formats de rara sont diversifiés. Une bande peut se produire tout simplement avec des tchatchas, des voix et cinq bambous ventilés suivant une structure hiérarchisée.

À Pestel et également à Baradères, on utilise un bambou sur lequel plusieurs personnes percutent avec des baguettes. D’autres groupes utilisent deux cornets et un « vaksin », indique le leader de « Samba yo », assimilant les rara qui utilisent le saxophone et la trompette à des bandes à pied du genre « Diabolo » (mardi-gras). Parfois, les soufflants qui travaillent durant les trois jours gras se produisent dans des bandes de rara en interprétant les mêmes séquences des méringues carnavalesques.

Le coup d’envoi des festivités est donné dès le Mercredi des cendres. Les comités directeurs des bandes de rara commencent alors la mobilisation pour être à point, le Vendredi saint, sur les plans mystique, financier et musical. À partir du dimanche des Rameaux, les bandes se trouvent dans l’obligation de « kase fèy ».

Le rara, héritage ancestral et culturel, occupe une place importante dans la paysannerie haïtienne. La véritable fête rurale à l’occasion de laquelle les familles d’une même localité partagent leurs émotions et expriment leurs frustrations.

Le budget du rara à Léogâne, cette année, s’élève à un peu plus de 12 millions de gourdes, mais le gouvernement haïtien n’a voulu verser que 2 millions de gourdes, selon les membres de l’Union des Rara de Léogâne.

Hudler Joseph

26/04/2011

Le RARA, danses et musiques en peinture dans le Naïf Haïtien


Traditionnellement le RARA se faisait après le labeur agricole, les paysans à l’appel de la conque de lambi, dansaient sur des rythmes djouba, et kongo, la kontredans (une version de la contredanse européenne, ou quadrille) et le mereng peyizan (meringue paysan). Les danseurs de chaque groupe de RARA exécutent le maskawon, le mazòn et des danses circulaires, telle que la danse du bâton, appelée batonis ou les majè jon (du français "majeur jonc") tournoient leurs bâtons avec leurs pieds aussi. Les sarabandes rythmées du RARA se font dans les danses de chay o pye (du français "charge au pied") et le rabòdaj qui demande un jeu de pieds recherché faisant ressortir les éclats bigarrés des costumes. Les danses du RARA se composent d’éléments empruntées à la fois au carnaval avec le maskawon et au Vodou ( kongo) délimitant ainsi le répertoire du RARA de pâques. Les danses du RARA sont donc un héritage vivant du passé colonial aux racines africaines.

Emmanuelle Bramban














RARA la simène sainte


Le RARA est une musique à la polytonalité dissonante. Une musicalité qui s’articule autour d’un ensemble d’instruments composés principalement de : - Des tambours en peaux de chèvre (kongo) - Du MANOUBA, lamelle métalliques fixée à une caisse instrument de d’origine africaine - De l’ OGAN , dont le son provient de deux bouts de fer que l’on entrechoque et qui est l’instrument de la musique sacrée - Des VAKSINS ou vaccines , des tiges de bambou de toutes les tailles et de sons différents dans lesquelles le musicien souffle tout en le percutant avec des petites baguettes, qui seraient d’origine amérindiennes. Néanmoins les VAKSINS, produisent des sons graves hypnotiques et des motifs mélodiques dans un style proche du hoquet rappelant curieusement certains styles vocaux d'Afrique centrale. - Des KLEWONS longues trompes métalliques évasées qui rappellent les instruments à vent africains - De la Graj, le grattoir, des CHACHAS… la liste est non exhaustive car les instruments sont également faits à partir de matériaux de récupération.

Emmanuelle Bramban




jeudi, mars 29, 2012

Victor Cochinat, avocat, journaliste écrivain, premier conservateur de la bibliothèque Victor Schoelcher à Fort de France


Un ami d'Alexandre Dumas ....... Lui aussi, injustement méconnu, joua un rôle important sur la scène journalistique et politique, à Paris, et en Martinique. Il s'appelait en réalité Jean-Baptiste Thomas. Il vit le jour à Saint-Pierre en Martinique en 1819. Avocat, il devint substitut du procureur de la République de Saint-Pierre, puis procureur à Fort de France. Il a été muté en métropole en 1850. Là, il devint le secrétaire d'Alexandre Dumas (père) et fut un temps rédacteur au Mousquetaire, puis au Figaro, ensuite à de nombreux journaux parisiens. Sur proposition de Victor Schoelcher, il fut nommé conservateur en chef de la bibliothèque que celui-ci avait fait construire à Fort de France, pour y entreposer ses ouvrages, plus de 10 000 volumes !!!Traitant tous de l'esclavage et de la traite négrière. Victor Cochinat s'est éteint en 1886. Il ne vécut donc pas l'incendie qui ravagea une partie de la bibliothèque en 1890. C'est Victor Cochinat qui qualifia la réunion d'un groupe de parnassiens (dont Verlaine, Rimbeau, André Gill et Léon Valade) de "Vilains Bonshommes" parce que ces poètes avaient osé siffler à l'Odéon, la pièce d"un autre parnassien François Coppée intitulée "Le Passant". La réplique des "vilains bonshommes" (par Léon Valade, fut des plus basses, ridiculiisant "Cochinat-Bamboula", le racisme étant aussi la chose la mieux partagée même en ce temps-là...

Crédit Recherches:Bernard Vassor – source

mardi, mars 27, 2012

L’importance de la connaissance de l’histoire : démonstration


Au départ, il y avait un peuple, les Banyarwanda, avec une langue, le kiNyarwanda, qui priait un dieu, Imana (dieu égyptien Amon), sous l’autorité d’un roi, avec un respect profond de la femme. Les belges en arrivant, se sont rendus compte qu’il y avait une organisation sociale autour d’un concept Hutu/Tutsi. L’aristocratie était connue sous le nom de Tutsi. Les Batutsi étaient riches, avaient plus de bétail et donc de la viande et du lait en abondance. Par conséquent, ils étaient grands de taille. Les Bahutu étaient moins riches, essentiellement agriculteurs avec moins de têtes de bétail et par conséquent moins grands. Si on avait plus de 10 têtes on était mututsi ou umututsikazi (homme ou femme Tutsi), moins de 10 on était muhutu ou umuhutukazi (homme ou femme Hutu). On pouvait changer de statut d’une saison à l’autre selon l’état du bétail. Afin de diviser le peuple rwandais, les belges les ont mesurés sous tous les angles et ont défini et figé par des critères physiques que 85% étaient Hutu, 14% Tutsi, 1% Twa (pygmée). Des générations de Banyarwanda ont appris par cœur le 85-14-1. Les européens ont dit aux Batutsi et aux Bahutu qu'ils étaient 2 ethnies différentes arrivés au Rwanda à des époques différentes, ont dit aux Batutsi qu’ils étaient supérieurs et ont mis les Bahutu en esclavage sous la supervision de leurs frères.

A l’indépendance, les Bahutu majoritaires ont commencé à se venger des mauvais traitements que leur faisait subir les Batutsi. La haine anti-Tutsi étant entretenue par les français et les belges qui y trouvaient leur compte. La vengeance a culminé au génocide Tutsi de 1994. Les autorités Tutsi installés après le génocide se sont à leur tour vengés contre les Bahutu réfugiés à l'est de la RDC.

Voilà comment à cause d’une lecture sociohistorique falsifiée, nous avons tué des millions des nôtres, installer des haines qui n'en finissent pas.

Les belges ont présenté leurs excuses mais ce drame doit nous servir de leçon. Déjà ne nous divisons plus jamais mais plus encore ne laissons personne d’autre que nous mêmes écrire notre histoire.

vendredi, mars 16, 2012

Découverte dans un grenier d'une maison abandonnée du South Side de Chicago, les papiers personnels de Richard T. Greener, le premier Africain Américain diplômé de Harvard (1870)

Richard Theodore Greener (1844-1922), Promotion Harvard 1870 

Ce n'était pas beaucoup plus qu'une maison fantôme au moment où Rufus McDonald a reçu l'appel pour la vider.
La porte d'entrée de la maison abandonnée près de  la 75e et Sangamon a été débloquée et s'est balancée toute seule dans le vent.

Les toxicomanes, les squatters et les animaux errants ont emporté tout ce qu'ils voulaient. Tout ce qui n'était pas infesté de termites semble avoir été volé. Même les tuyaux en cuivre ont disparu.

Mais les charognards ont raté quelque chose d'incroyable...

Rufus McDonald exhibe les papiers de Richard Greener qu'il a découverts en vidant une maison. 

Dissimulée dans le grenier que McDonald a eu pour mission de vider avant la démolition totale de la maison en 2009 se trouvait une malle. Et à l'intérieur de celle-ci, les papiers de Richard T. Greener, le premier Afro-Américain diplômé de Harvard.

"J'ignorais de qui il s'agissait» déclare McDonald, 51 ans. "Mais dès que je l'ai découvert, j’ai su que c'était une histoire qui devait être racontée."

Les historiens pensaient que les documents avaient été perdus dans le tremblement de terre de à San Francisco de 1906 parce que Greener était passé par cette ville à l'époque. Ils ont été stupéfaits d'apprendre la semaine dernière que le diplôme de Harvard de Greener datant de 1870 - endommagé par l'eau, mais intacte - sa licence en droit, des photos et des documents liés à son rôle diplomatique en Russie ainsi qu'à son amitié avec le président Ulysses S. Grant ont survécu.

"Cela me donne la chair de poule» a déclaré le professeur Henry Louis Gates Jr., qui dirige  le Harvard W.E.B DuBois Institute for African-American Research. "Greener fut un intellectuel majeur de son époque. C'est une découverte remarquable. "
Henry Louis Gates Jr., directeur du Harvard W.E.B DuBois Institute 


Son diplôme a pavé le chemin pour les intellectuels noirs de Harvard, y compris un ami de Gates, le président Barack Obama. Le professeur a ajouté. "Il était la voix avant DuBois et un prédécesseur du président."

Lorsque McDonald a découvert la malle dans le grenier Englewood, il a bien soupçonné que le contenu à l'intérieur devait être important. Mais il n'en était pas certain.

La présence du livre d’Autographes pour la Liberté à l'intérieur a ajouté à l'intrigue.

Les membres de son équipe de nettoyage lui ont conseillé de se débarrasser de la malle et de son contenu.

Mais McDonald se montra plus malin.
Rufus McDonald exhibe les papiers de Richard Greener qu'il a découverts en vidant une maison. 
Il a emballé les documents dans un sac de papier brun, les sortis de la maison et les a ramené à un expert livre du quartier Side.

"Savez-vous qui était Richard Greener Richard?" a demandé l’expert à McDonald. Quand celui-ci lui a répondu que non, l'expert lui a expliqué l’importance du personnage.

De l’argent a été proposé à McDonald en échange des documents, mais il a refusé.

Il est retourné à la maison d’Englewood, dans l'espoir de récupérer la malle. Mais entretemps, non seulement  la malle avait disparu, mais la maison également. Entièrement Démolie.
Richard Theodore Greener (30 Janvier 1844 - 2 Mai 1922) fut le premier Africain américain à être diplômé de l'université de Harvard et le doyen de l'école de droit de celle-ci 
Comment les documents sont-ils arrivés dans le grenier d’Englewood? C’est une question qui pourrait ne jamais recevoir de réponse. Greener a vécu les dernières années de sa vie avec des cousins dans Hyde Park. Mais il n'y a aucune preuve qu'il ait jamais vécu dans la maison d’Englewood, qui se trouve à près de six kilomètres de là.

Si  l’importance de Greener en tant que "premier Noir"  - et ses fonctions publiques en tant qu’avocat, brillant érudit, diplomate et orateur qui s’est consacré à l'égalité raciale - lui assurent une place dans l'histoire, sa vie privée, en revanche, fut entachée par la tristesse, affirment les historiens.

Bien que Greener ait été aidé par une poignée de Blancs, il fut méprisé par certains Noirs et se trouva coincé sous un plafond de verre qui l'empêcha de devenir une figure de premier plan.

La découverte récente pourrait encourager un regard neuf sur son héritage.

Né fils d'un esclave à Philadelphie en 1844, il quitte l'école à 14 ans et devient portier dans un hôtel de Boston.
Deux hommes d'affaires blancs le prennent alors sous leur aile et l'aident à s'inscrire à Harvard en 1865.

Harvard l’admet en tant  «expérience», selon l'historien Michael Mounter, qui a écrit une thèse de  doctorat sur Greener. Greener eut d'abord à lutter, mais il fini par prospérer. Il se fit des alliés, parmi lesquels le sénateur américain Charles Sumner et il remporta des prix  en tant qu'orateur et essayiste.

En 1873, il est nommé professeur de philosophie à l'Université de Caroline du Sud. Il échappe à une tentative d'assassinat par une "chemise rouge" lors d'un rassemblement en 1876. Puis, il perd son emploi un an plus tard lorsque les démocrates racistes sont élus.

Marié à Geneviève Ida Fleet, avec qui il a six enfants, il devient doyen de la faculté de droit de l'université Howard, travaille au Trésor des États-Unis et  à la politique républicaine et du droit à Washington. Il se lie d'amitié avec le président Ulysses S. Grant, dont il aide à créer le mémorial.

Ami et parfois rival des autres leaders afro-américains de son époque, comme Frederick Douglass et Booker T. Washington, il écrit en 1879: «Le nègre a reçu tant de coups durs, et eut droit à si peu de considération, de charité, de justice de la part de ceux qui le critiquent, qu'il ne ressent aucune pitié pour l'autre. "

Dans un essai de 1894, il rebaptise ostensiblement le titre «problème noir» par «Le problème blanc."

lassé par la politique de Washington, en 1898, il accepte du président William McKinley un poste à Vladivostok, en Russie. Abandonnant sa famille, il prend une épouse Japonaise de droit coutumier, Mishi Kawashima, avec qui il a trois enfants. Il est félicité pour ses efforts en tant qu'agent des États-Unis pendant la guerre russo-japonaise, mais il est congédié en 1905 après une campagne de dénigrement.


De 1909 jusqu'à sa mort en 1922, il vivra avec des cousins au 5237 S. Ellis à Chicago. Séparé de ses deux familles, il fut probablement visité une unique fois à Hyde Park par sa fille Belle da Costa Greene, selon le biographe Heidi Ardizzone.

Avec le reste de la  première famille Greener, da Costa Greene - directrice chic de la bibliothèque personnelle de banquier JP Morgan - change son nom de famille pour passer pour blanche dans l'élite de la société de New York. "Greener avait une telle intelligence et une telle passion que voir les accomplissements de ses enfants tout aussi talentueux ne pas compter pour afro-américains, a dû lu déchirer le cœur" déclare Ardizzone.

Da Costa Greene brûla ses propres papiers personnels avant sa mort en 1950. La découverte de certains documents de son père dans un grenier d’Englewood est "le rêve de tout historien," ajoute Ardizzone.

McDonald "mérite d'être félicité" pour sa découverte, a déclaré M. Gates.

Harvard, the DuSable Museum of African American History, the Pierpont Morgan Library, the Black Metropolis Research Consortium de même que  la petite-fille de Greener par son second mariage, Evelyn Bausman, 75 ans, du Connecticut, sont tous intéressés par les documents. Bausman qualifie  la découverte "d’incroyable."

Gates a déclaré qu'il « aimerait récupérer les objets pour Harvard" Il a ajouté qu'il offrirait «un juste prix », mais a averti McDonald qu’il ne devait pas s’attendre pas à devenir riche.

La propre éducation de McDonald a pris fin après son baccalauréat du lycée Calumet. Mais il affirme que sa recherche derrière l'histoire des documents l’a rendu fier de l’histoire de Greener.

"Vous vous posez forcément la question: "si Greener n'avaient pas été diplômé de Harvard, Obama aurait-il pu y suivre l'école de droit?" confie-t-il. «Obama aurait-il pu être Président?"

ACCOMPLISSEMENTS DE RICHARD THEODORE GREENER

• Premier  Afro-américain diplômé de Harvard, en 1870.
• Nommé professeur de philosophie à Université de Caroline du Sud, en 1873.
• Admis à exercer le droit devant la Cour suprême de Caroline du Sud, en 1876.
• Nommé doyen de l'école de droit de Howard University en 1879.
• aidé à élire plusieurs présidents républicains et en 1896 contribue à convaincre le Parti républicain de condamner sans appel le lynchage.
• Nommé pour travailler diplomatiquement à Vladivostok, en Russie, en 1898.
• Reçoit l'Ordre du Double Dragon pour ses services en Chine, en 1902.


par KIM JANSSEN Staff Reporter  (traduction Samuel Légitimus)

mercredi, mars 07, 2012

Portia Simpson Miller : "Aucune race n'aurait dû subir ce que nos ancêtres ont subi. C'était cruel et brutal"


La Première Ministre Jamaïcaine Portia Simpson Miller a déclaré à la BBC que le temps était venu pour son pays "d'assumer pleinement notre destin" et d'enlever à la Reine Elisabeth II d'Angleterre le titre de chef d'état.

Ses remarques ont été faites quelques heures avant l'arrivée dans son pays du Prince Harry qui a été acclamé dans ses escales précédentes au Belize et dans les Bahamas alors qu'il effectue une tournée pour marquer les 60 ans de trône de la Reine.

"Aucune race n'aurait dû subir ce que nos ancêtres ont subi. C'était cruel et brutal. Si la Grande-Bretagne souhaite s'excuser, cela nous convient, cela ne pose aucun problème ," a déclaré Simpson Miller en entrevue avec la BBC.

"Nous avons gagné notre liberté grâce à la sueur, au sang et aux larmes de nos ancêtres et nous sommes libres maintenant...Nous avons parcouru un long chemin, de l'esclavage au suffrage universel et à notre indépendance. Nous sommes une nation dont la maturité est à un point qui nous amène à dire aujourd'hui que nous devrions envisager une forme de gouvernement qui à ce moment assumerait la pleine charge de notre destin" , a-t-elle également rappellé.

Des dizaines de milliers d'Africains ont été transportés en bateau en Jamaïque du 17ème au début du 19ème siècle pour travailler dans des plantations au profit de leurs propriétaires britanniques.

Elle n'a pas souhaité déterminer le temps que ce changement constituionnel prendrait. "Je ne sais pas combien de temps cela prendra, je ne veux pas dire un an ou deux ans ".

Simpson Miller répète de manière constante qu'elle aimerait profiter du 50ème anniversaire de l'indépendance de la Jamaïque en Août prochain pour rompre les liens avec la monarchie Britannique. L'ïle de la Caraïbes a obtenu son indépendance de la Grande Bretagne en 1962, mais beaucoup dans le pays pensent qu'il est temps désormais que la Reine soit remplacée par un chef d'état local.

"Il ne s'agit pas de se débarasser de la reine. C'est une dame magnifique, belle. Du point de vue de notre histoire, nous avons des choses à accomplir. Ce n'est pas un manque de respect envers la reine ; elle peut venir en visite n'importe quand," précise cependant la Première Ministre récemment élue.

La Reine Élisabeth II a quant à elle récemment déclaré que cette question est "entièrement l'affaire du gouvernement et du peuple Jamaicain".

À la question de savoir si la Grande-Bretagne devait verser une indemnisation à la Jamaïque pour l'utilisation de centaines de milliers d'esclaves, la Première Ministre a répondu : "Je ne sais pas si la Grande Bretagne serait capable de payer une indemnisation.Nous avons entendu des appels, mais je ne lance aucun appel au Gouvernement Britannique."

La rencontre entre la Première Ministre et le Prince Harry qui s'est déroulée dans un manoir de style plantation ce mardi a tout de même été très chaleureuse, comme on peut le voir sur les images publiées à cette occasion. Côté dinâtoire, au menu : salade au citron, crevettes à la noix de coco et au curry, porc jerk et bananes cuites arrosées de pinot noir.

Ils ont été rejoints par la Ministre de la culture Lisa Hanna, une ancienne Miss World.

Traduit de l'Anglais par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com/

samedi, février 18, 2012

Severiano de Hérédia, Le maire noir de Paris


Un Caribéen noir, Severiano de Heredia, a été ministre des Travaux publics et président du conseil de Paris sous la 3e République. Ce mulâtre cubain, cousin des deux poètes José-Maria de Heredia, a été dénigré de son vivant et effacé des mémoires dès son trépas. Un cas emblématique proposé par les éditions Les Indes savantes, collection Boutique de l’histoire.

Paul Strade, professeur émérite de l’université de Paris VIII, a présenté vendredi dernier à l’Assemblée Nationale son livre, « Sévériano de Hérédia : ce mulâtre cubain que Paris fit maire et la République ministre », préfacé par la 1re députée noire de la capitale, Georges Pau-Langevin.


L’auteur a épluché les archives de la police de Paris, de la Bibliothèque nationale, du Grand orient de France, ainsi que les archives cubaines afin de rétablir l’histoire. « En France, seul l’archiviste du Grand orient de France avait remarqué son nom clinquant et son rang éminent au sein de la hiérarchie maçonnique. Mais il ne s’avait pas qu’il était noir. » Severiano de Hérédia a été élu conseiller municipal du quartier des Ternes en 1873, puis président du conseil de Paris en 1879 et député de la Seine en 1881. Il devient en 1887 le premier ministre noir des Travaux publics. Un ministère de plein pouvoir dans le gouvernement Rouvier. « Severiano de Hérédia était un grand réformiste social et laïc », résume l’auteur.

samedi, février 11, 2012

Quand les Afro-américains se révoltaient

Des soldats afro-américains se sont mutinés en Australie, pendant la Seconde guerre mondiale, en représailles aux brimades que leur infligeaient leurs officiers blancs, faisant un mort et des dizaines de blessés.
Ray Holyoak, chercheur à l’université James Cook, a fait cette découverte en s’intéressant à la visite éclair de Lyndon B. Johnson, élu du Congrès américain, futur locataire de la Maison blanche, dans le nord de la province australienne du Queensland (nord-est du pays), en 1942.
«Pendant 70 ans, la rumeur a couru à Townsville que des soldats noirs américains s’étaient mutinés. Depuis un an et demi, j’ai exhumé des documents prouvant que cela s’était effectivement produit en 1942», a-t-il confié à la radio ABC.
Depuis l’entrée en guerre des Etats-Unis, le Queensland était une base arrière importante pour les troupes américaines servant dans le Pacifique.
Selon Ray Holyoak, des archives de la police locale témoignent que 600 soldats noirs américains du 96e régiment du génie envoyés à Townsville pour y construire un aérodrome ont tourné leurs armes contre leurs officiers blancs.
«Après une série de brimades infligées par deux Blancs, des meneurs ont décidé de mitrailler les tentes des officiers blancs» à l’aide de mitrailleuses et de batteries anti-aériennes, a-t-il relaté, faisant un mort et des dizaines de blessés graves.
Les forces américaines ont dû demander le renfort de soldats australiens pour rétablir l’ordre après huit heures de fusillade. L’incident a été étouffé et l’article d’un journaliste américain accrédité auprès du régiment probablement censuré.
«Les gouvernements australiens et américains n’auraient pas voulu que les détails sortent. Les politiques raciales à l’époque marginalisaient les gens de couleur», a commenté le professeur Holyoak.
Ce dernier a souligné qu’il allait continuer ses recherches pour connaître le sort des mutins et leurs condamnations éventuelles.

vendredi, février 10, 2012

DECRET D'ABOLITION DE L'ESCLAVAGE



Le Gouvernement provisoire,
Considérant que l'esclavage est un attentat contre la dignité humaine ; qu'en détruisant le libre arbitre de l'homme, il supprime le principe naturel du droit et du devoir ; qu'il est une violation flagrante du dogme républicain : Liberté, Egalité, Fraternité.
Considérant que si des mesures effectives ne suivaient pas de très près la proclamation déjà faite du principe de l'abolition, il en pourrait résulter dans les colonies les plus déplorables désordres,

Décrète :
article 1er :

L'esclavage sera entièrement aboli dans toutes les colonies et possessions françaises, deux mois après la promulgation du présent décret dans chacune d'elles. A partir de la promulgation du présent décret dans les colonies, tout châtiment corporel, toute vente de personnes non libres, seront absolument interdits.

article 2
Le système d'engagement à temps établi au Sénégal est supprimé.

article 3
Les gouverneurs ou commissaires généraux de la République sont chargés d'appliquer l'ensemble des mesures propres à assurer la liberté à la Martinique, à la Guadeloupe et dépendances, à l'île de la Réunion, à la Guyane, au Sénégal et autres établissements français sur la côte occidentale d'Afrique, à l'île Mayotte et dépendances et en Algérie.

article 4

Sont amnistiés les anciens esclaves condamnés à des peines afflictives ou correctionnelles pour des faits qui, imputés à des hommes libres, n'auraient point entraîné ce châtiment. Sont rappelés les individus déportés par mesure admistrative.

article 5
L'Assemblée nationale réglera la quotité de l'indemnité qui devra être accordée aux colons.

article 6
Les colonies, purifiées de la servitude, et les possessions de l'Inde seront représentées à l'Assemblée nationale.

article 7
Le principe que le sol de la France affranchit l'esclave qui le touche est appliqué aux colonies et possessions de la République.

article 8
A l'avenir, même en pays étranger, il est interdit à tout Français de posséder, d'acheter ou de vendre des esclaves, et de participer, soit directement, soit indirectement à tout trafic ou exploitation de ce genre. Toute infraction à ces dispositions entraînera la perte de la qualité de citoyen français.
Néanmoins les Français qui se trouvent atteints par ces prohibitions, au moment de la promulgation du présent décret, auront un délai de trois ans pour s'y conformer. Ceux qui deviendront possesseurs d'esclaves en pays étrangers, par héritage, don de mariage, devront, sous la même peine, les affranchir ou les aliéner dans le même délai, à partir du jour ou leur possession aura commencé.

article 9
Le ministre de la Marine et des Colonies et le ministre de la guerre sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du présent décret.

Fait à Paris, en Conseil du Gouvernement, le 27 avril 1848