"CANDIDAT DES AFRO-EUROPÉENS"
(c) LeMonde 17-02-07
L'histoire et la sociologie de la caraïbe, des antilles et du monde noir. Naviguons dans le passé de la Martinique, de la Guadeloupe, de la Guyane, de la Réunion et de l'Afrique
Mesdames, Messieurs,
Durant la période esclavagiste les représentants de l’Etat français en MARTINIQUE et à SAINTE LUCIE ont pris le 4 août 1766 une ordonnance pour imposer aux propriétaires de vaisseaux de bâtiments et goélettes de ces deux îles un drapeau.
Ce décret prévoit que : "Tous les propriétaires de vaisseaux, bâtiments, goélettes et bateaux de la Martinique et de Sainte-Lucie feront pourvoir leurs bâtiments d’un pavillon bleu avec une croix qui partagera le dit pavillon en quatre ; dans chaque carré bleu, et au milieu du carré, il y aura la figure d’un serpent en blanc, de façon qu’il y aura quatre serpents en blanc dans le dit pavillon, qui sera reconnu dorénavant pour celui de la Martinique et de Sainte-Lucie."
A partir de cette date, ce drapeau a flotté sur les navires de ceux qui se livrait à la traite négrière transatlantique, devenant ainsi l’un des symboles les plus évidents de l’esclavagisme chez nous tout comme la croix gammée est devenue le symbole du nazisme en Europe et dans le monde.
Ce drapeau flotte sur toutes les habitations des descendants des esclavagistes communément appelés békés qui constituent une caste blanche raciste pratiquant l’endogamie et l’apartheid social.
Mais il se trouve également apposés sur les édifices publics de la république française tels celui de la préfecture et de l’hôtel de police où il est même gravé dans le mur. Pire, depuis quelques temps, les gendarmes présents en Martinique portent des costumes spéciaux sur lequel ce symbole honni a été apposé.
On imagine mal la république française offrir à ces représentants de l’ordre un costume comportant une croix gammée symbole du nazisme.
Alors pourquoi cette exception martiniquaise ?
Au nom de quoi, la république française nous impose t-elle de souffrir en permanence la présence sur des édifices et des hommes censés faire régner l’ordre un symbole esclavagiste ?
Pourquoi la république française estime t-elle nécessaire de faire ainsi l’apologie de la traite négrière et de l’esclavage des Noirs qu’elle a reconnu elle-même comme étant un crime contre l’humanité.
Le MODEMAS n’a cessé de dénoncer ces pratiques attentatoires aux droits fondamentaux des Martiniquais quotidiennement insultés, bafoués et néantisés par l’Etat français.
D’ailleurs c’est quand le MODEMAS a demandé le retrait de ce drapeau esclavagiste sur les édifices publics que le Ministre de l’intérieur l’a fait apposer sur l'uniforme des gendarmes présents en Martinique dans le même esprit qui a présidé la loi de la honte sur les effets positifs de la colonisation.
C. DUHAMEL
Secrétaire nationale du MODEMAS
Silence, on commémore. En ce jour d'hommage national aux victimes de la traite négrière et de l'esclavage, la télévision fait preuve d'un recueillement extrême. Au point de faire l'impasse sur cet indigne commerce dans ses programmes phares. Un petit reportage dans le JT de TF1 par-ci, une spéciale du « Jour du Seigneur » sur France 2 par-là... Reconnu crime contre l'humanité en 2001, l'esclavage serait-il encore un thème télévisuel inabordable ? « Les journalistes perdent leurs réflexes professionnels dès qu'on parle des descendants d'esclaves, assène Claudy Siar, journaliste de RFI. Inconsciemment, ils prennent un ton condescendant, comme s'ils admettaient qu'ils n'ont pas affaire à des gens comme les autres. »
Pourtant, coproduit par France Télévisions, le docu Noirs a bénéficié de moyens exceptionnels : 300 000 e de budget, pas de contrainte éditoriale, un dossier de presse classieux pour ce film qui tente de définir l'identité noire à travers l'histoire de l'esclavage et de la colonisation française. Et « un soutien constant de Patrick de Carolis », insiste son réalisateur, Arnaud Ngatcha. Mais aujourd'hui, Noirs n'est diffusé par France 5 que sur le satellite (à 20 h). Il sera bien repris vendredi sur France 3, mais à 23 h 45. « Les conditions de production ne sont pas normales, parce que le sujet lui-même n'est pas considéré comme normal, relève Pascal Blanchard, historien de la colonisation. Pour France Télévisions, ce documentaire est un acte politique et symbolique. On met les moyens pour marquer le coup, mais peu importe la qualité et l'audience du film. »
Aux soupçons de politiquement correct qui pèsent sur les commémorations du 10 mai, Françoise Vergès, vice-présidente du comité pour la mémoire de l'esclavage, préfère opposer un louable effort de vulgarisation : « Les Français doivent apprendre à connaître leurs compatriotes noirs. Il faut créer un tronc incontournable de faits connus de tous, comme pour la Seconde Guerre mondiale. A quand de grandes fictions sur l'esclavage ? » Bientôt peut-être : « Tabous avant les années 1980 », dixit Pascal Blanchard, la Shoah et Vichy ont fait l'objet, depuis, de 650 documentaires francophones.
Monsieur le Président,
Le 15 février dernier, suite au déclassement prononcé par le Conseil Constitutionnel, l’alinéa 2 de l’article 4 de la Loi du 23 février 2005 portant reconnaissance de la Patrie et contribution nationale en faveur des rapatriés a été abrogé.Il est regrettable que la deuxième partie de cet alinéa qui accordait “à l’histoire et aux sacrifices des combattants de l’armée française issus de ces territoires la place éminente à laquelle ils ont droit”, ait été également supprimée.Toutefois, au titre du parallélisme des formes, et par soucis d’égalité de traitement, il conviendrait d’abroger l’article 2 de la Loi n°2001-434 du 21 mai 2001 dite “Loi Taubira” qui précise que “Les programmes scolaires et les programmes de recherche en histoire et en sciences humaines accorderont à la traite négrière et à l’esclavage la place conséquente qu’ils méritent”, ce qui, comme l’a très justement rappelé la décision n°2006-203 L du 31 janvier 2006 du Conseil Constitutionnel, ne relève pas du champ législatif.Vous remerciant par avance de l’intérêt que vous voudrez bien accorder à notre démarche, nous vous prions de croire, Monsieur le Président, à l’assurance de notre plus haute considération.Lionnel LUCA, Député des Alpes-Maritimes
Christian KERT, Député des Bouches-du-Rhône
Jacques REMILLER, Député de l’Isère
Jacques-Alain BENISTI, Député du Val de Marne
Philippe VITEL, Député du Var
Jérôme RIVIERE, Député des Alpes-Maritimes
Olivier DASSAULT,Député de l’Oise
Richard MALLIÉ, Député des Bouches-du-Rhône
Daniel SPAGNOU,Député des Alpes de Haute Provence
Bernard DEFLESSELLES,Député des Bouches-du-Rhône
Maryvonne BRIOT, Député de Haute-Saône
Christophe PRIOU, Député de Loire Atlantique
Jean-Jacques DESCAMPS, Député d’Indre et Loire
Léon VACHET, Député des Bouches du Rhône
Muriel MARLAND-MILITELLO, Député des Alpes-Maritimes
Philippe PEMEZEC,Député des Hauts de Seine
Arlette FRANCO, Député des Pyrénées-Orientales
Daniel MACH, Député des Pyrénées-Orientales
Maryse JOISSAINS-MASINI,Député des Bouches-du-Rhône
Thierry MARIANI,Député du Vaucluse
Georges GINESTA,Député du Var
Jean-Pierre DECOOL,Député du Nord
Jean-Paul GARRAUD,Député de la Gironde
Jean-Marc NUDANT, Député de la Côte d’Or
Paul-Henri CUGNENC, Député de l’Hérault
Jean-Jacques GUILLET, Député des Hauts-de-Seine
Jean-Claude GUIBAL,Député des Alpes-Maritimes
Josette PONS, Député du Var
Jacques MYARD, Député des Yvelines
Jacques DOMERGUE, Député de l’Hérault
François GUILLAUME, Député de Meurthe et Moselle
Christian VANNESTE, Député du Nord
Guy TEISSIER,Député des Bouches-du-Rhône
Bruno GILLES, Député des Bouches-du-Rhône
Dominique TIAN,Député des Bouches-du-Rhône
Michel ROUMEGOUX,Député du Lot
Patrick BEAUDOUIN,Député du Val de Marne
Geneviève LEVY,Député du Var
Loïc BOUVARD, Député du Morbihan
Michèle TABAROT,Député des Alpes-Maritimes”
«1802», une ode à la révolte
Une grosse production sur la sédition d'un colonel mulâtre en Guadeloupe, signée Lara.
Par Antoine de BAECQUE
mercredi 10 mai 2006
e 10 mai 1802, le colonel mulâtre Louis Delgrès fait afficher en Guadeloupe une proclamation protestant contre le rétablissement de l'esclavage que veut imposer dans la Caraïbe le premier consul Bonaparte. C'est un cri «de l'innocence et du désespoir» lancé «à l'univers entier», ce qui vaudra à ce texte sa postérité, symbole de la cause noire et antiesclavagiste. C'est aussi le signal de la révolte d'une petite armée menée par quelques officiers noirs ou métis, rejointe par hommes, femmes et enfants, qui tiendra tête quelques semaines aux bataillons de l'armée menée par le général Richepance. Avant anéantissement, fusillades et massacres.
Le film de Christian Lara raconte ce moment telle une épopée martyre, c'est-à-dire sans trop de nuances mais avec un lyrisme incarné. On y verra surtout un récit de la fierté noire, filmé avec luxe détails, figurants, costumes, «200 coups de canons et 5 000 tirs de fusil», précise le dossier de presse, le tout financé par des sociétés de la Guadeloupe.
1802, l'épopée guadeloupéenne, de Christian Lara. Sortie ce jour.

« Le nègre fait mille efforts inutiles pour s’introduire dans une société
qui le repousse, il se plie aux goûts de ses oppresseurs, adopte leurs opinions
et aspire en les imitant à se confondre avec eux »



