mercredi, octobre 13, 2010

Bienvenue aux parents haïtiens, de retour dans le pays de leurs ancêtres

Si la République d’Haïti est si chère au cœur du monde noir, c’est parce qu’elle incarne un symbolisme incandescent, un modèle admirable de dignité et de courage, d’humanisme et de grandeur, de fierté et d’audace et une continuité historique de résistance et de stoïcisme, qui a su affronter toutes les épreuves, malgré une conspiration internationale sournoise et obstinée, qui a déployé des trésors d’ingéniosité, pour l’empêcher, à tout prix, d’être une référence et un exemple pour l’Afrique et sa Diaspora.



Ce fut le 06 Décembre 1492, que Christophe Colomb, après avoir jeté l’ancre dans l’Île d’Espagnola, y établit l’autorité de l’Espagne. Les premiers africains ont été débarqués à Haïti, dès 1503. Ce processus connut une accélération, à partir de 1515, lorsque le religieux LAS CASAS parvint à convaincre Charles QUINT, de renoncer à utiliser les indiens, qui occupaient l’île avant l’arrivée des espagnols, dans les travaux des mines et des plantations et à les remplacer par la main-d’œuvre noire dans la culture de la canne à sucre, de l’indigo et du tabac et l’exploitation de l’or. 
Dès 1526, des troubles sont signalés dans les rangs des esclaves noirs, à cause des mauvais traitements que leur infligeaient leurs bourreaux blancs. 
Malgré la cruauté de la répression, cette forme de résistance n’a, jamais, cessé. Ce furent les espagnols, qui restèrent les maîtres de l’île jusqu’au début du 17ème  siècle, qui en portent, largement, témoignage. 

Les français ne prirent pied sur cette terre, qu’en 1625. 
40 ans plus tard, Louis XIV y nomma un Gouverneur. 
En 1697, date de la signature du Traité RUYSWICK, consécutive à la guerre de la Ligue d’AUGSBOURG, la France obtint de l’Espagne, la propriété du tiers de l’Île de Saint Domingue. 

Pendant tout le 18è siècle, elle est considérée comme « la perle des Antilles » et contribuera, fortement, à enrichir la Métropole. 
Un pays comme le Sénégal, a d’autant plus de devoirs, vis à vis de Saint Domingue, que, selon Jean FOUCHARD, sur les 355 navires négriers, qui ont jeté l’ancre au cap Haïtien, entre 1783 et 1789, près d’une cinquantaine, au moins, venaient de notre pays, alors que la traite négrière sévissait, à vaste échelle, sur toute la côte occidentale d’Afrique. 
Ce fut un fils de Gorée, Jean Baptiste BELLEY, qui, lors des Assemblées Révolutionnaires, proposa que le mot Fraternité soit ajouté à la Devise française, qui, à l’origine, se résumait à Liberté et Egalité. 

Cet attachement du peuple haïtien à des valeurs cardinales fortes, a poussé le Contre-amiral d’ESTAING, à se porter, avec 800 soldats, au secours des troupes de Georges WASHINGTON, à la bataille de Savannah, mettant, ainsi, en échec la contre- offensive, que le Colonel MAITLAND avait déclenchée, pour couper la retraite de l’Armée américaine et anéantir l’essentiel de ses troupes. 

Ce fut au nom des mêmes valeurs, que, pour mettre fin aux injustices, à l’oppression et aux humiliations infligées par les 30 000 colons blancs à l’écrasante majorité du peuple noir, que la révolte armée éclata en 1791, pour gagner, ensuite, peu à peu, toute l’île, avant de connaître son épilogue, par un pacte de sang, à l’occasion duquel, les révolutionnaires haïtiens s’engagèrent à mettre un terme à l’esclavage et à libérer leur pays de la domination coloniale, fût-ce au prix de leur vie. 

Et, c’est pourquoi, lorsqu’en 1793, les révoltés haïtiens décrètent la suppression de l’esclavage (mesure qui ne sera prise par la Convention, en France, qu’un an après, c’est-à-dire, en 1794), les propriétaires d’esclaves se dressèrent comme un seul homme, pour faire échec à cette décision. 

Le Combat du peuple Haïtien n’en triompha pas moins, puisque, le 14 Décembre 1801, Saint Dominique proclama sa propre Constitution (l’une des plus avancées de l’époque), remplaça le nom de l’île de Saint Domingue, par celui d’Haïti (exemple que N’KRUMAH va dupliquer, en 1957, en remplaçant le nom de Gold Coast, par celui de Ghana), que les Indiens Harawaks, qui occupaient l’île avant l’arrivée de Christophe COLOMB, avaient donné à leur pays et organisa la résistance, pour faire face au projet de reconquête de Napoléon. 

Ce dernier, après le coup d’Etat du 18 Brumaire, qui le nomma 1er Consul, décida d’envoyer plus de 80 vaisseaux, fortement équipés, pour rétablir l’autorité de la France dans l’île, sous la houlette du Général LECLERC. Sa mission consistait à reconquérir Saint Domingue, à y rétablir l’esclavage, par la force, à arrêter tous les meneurs et à les exiler, cela fait, en Métropole. 

Toussaint LOUVERTURE était l’âme de cette insurrection armée. 

Attiré dans un guet-apens, honteusement arrêté, exilé du Fort de Joux, il y meurt en 1803, dans des conditions mal éclairées. 

Sa disparition, loin d’affaiblir la révolution, la radicalisa, au contraire. 
Tour à tour, les Généraux LECLERC, puis ROCHAMBEAU et leurs troupes sont écrasés. 
A la bataille de Vertières, le 18 Novembre 1803, la révolution haïtienne triompha, définitivement, de la colonisation. 

Le 31 Décembre, les Généraux noirs, réunis à Gonaïves, décident de proclamer, le 1er Janvier 1804, l’indépendance d’Haïti. 

Ainsi, non content d’avoir sauvé la Révolution américaine, d’avoir terrassé l’esclavage, le grand peuple noir d’Haïti venait, en plus, à bout de la domination coloniale, dès le début du 19ème siècle, c'est-à-dire, bien avant la Révolution Industrielle et l’entrée en scène des théoriciens de «la mission civilisatrice», «du fardeau de l’homme blanc» et autres niaiseries, qui servaient de justification à l’aventure coloniale et connaîtront leur couronnement à la Conférence de Berlin de 1884-1885. 

On le voit, la trajectoire historique d’Haïti contredisait, dès le début du XIXème siècle, toutes les thèses de légitimation de la colonisation, toutes les théories raciales et racistes et les fausses idées, dont Hegel et Gobineau seront les thuriféraires attitrés sur l’infériorité de la race noire. 
Cela, l’impérialisme ne pouvait le supporter. 

Son exemplarité était d’autant plus inquiétante pour lui, que la nouvelle République d’Haïti avait décidé, dès sa souveraineté recouvrée, d’encourager, à travers Simon BOLIVAR et MIRANDA, la libération de l’Amérique Latine, de la domination espagnole. 

Son action au Venezuela, à Cuba, au Mexique, en Bolivie et ailleurs a été déterminante, dans les succès enregistrés par le Mouvement de Libération Nationale, dans cette partie du monde. 

Pour éviter qu’Haïti ne soit, jamais, un symbole vers lequel, tout le monde noir allait regarder et une référence à imiter, l’impérialisme organisa, systématiquement, son étouffement politique, économique, culturel et diplomatique. 

Pour tuer dans l’œuf, la nouvelle république noire naissante, l’impérialisme occidental décida, en effet, de poser une chape de plomb sur l’Île d’Haïti. 

La France, qui ne la reconnait qu’en 1825, organisa sa faillite économique, par le biais de l’endettement de l’île, auprès de la banque LAFFITE, dès 1826. 

En 1874, ce processus d’endettement s’emballa et permit de mettre le pays en coupe réglée. 

Allant plus loin, elle imposa à la Nouvelle République noire, le paiement de compensations d’un montant de 150 millions de francs or, qui seront, ensuite, ramenés à 60 millions. 

Cet endettement visait la recolonisation du pays, par les banquiers étrangers, la mise sous tutelle de ses douanes et de ses recettes diverses, son appauvrissement durable et sa dépendance économique endémique. 

Ce processus connut son apogée en 1915, avec l’occupation douanière de Haïti, par les Etats-Unis, ouvrant, ainsi, une période de recolonisation, qui s’étendit jusqu’en 1934. On connaît la suite. 

On oublie, souvent, que ce sera la même politique d’endettement en vue de la colonisation, qui sera appliquée, plus tard, en Egypte, à travers les Banques Rothschild, Paribas, Société Générale, Oppenheimer, etc., puis, au Libéria et en Ethiopie et, plus tard, au reste de l’Afrique Noire, au point de nécessiter l’instauration de l’ajustement structurel, qui fut un véritable processus de paupérisation. 

Tous ces mécanismes visaient à plomber l’économie, à retarder le pays, à détruire tout progrès significatif, à promouvoir une culture de sous-développement permanent, de coups d’Etat, de violences institutionnalisées, de violations massives des Droits de l’Homme et de contreperformances invincibles, dans le domaine de l’Education, de la Santé, de l’Emploi, de l’Habitat Social et, en règle générale, du bien-être économique et social, pour culpabiliser la révolution haïtienne, dont l’effet repoussoir serait la démonstration de l’incapacité du monde noir à se gouverner seul et la légitimation de sa mise sous tutelle, par des puissances extérieures. 

Haïti devait être puni d’avoir osé défier et triompher de l’impérialisme colonial. 

Aujourd’hui, encore, pour décourager les noirs des Antilles et de la Guyane, de réclamer l’indépendance, on leur dit, souvent : « Allez voir ce qui passe en Haïti, avant de rêver ». 

Tout ceci s’accompagne, évidemment, d’un processus de falsification délibérée de l’Histoire.

Alors que les haïtiens ont écrasé les troupes de LECLERC et de ROCHAMBEAU, dès 1803 et que les éthiopiens avaient défait les italiens, en 1896, à Adoua, on continue d’enseigner aux écoliers français, par exemple, que, ce n’est qu’en 1905, que, pour la première fois, un peuple blanc a été vaincu par un peuple non blanc, lors de la guerre russo-japonaise, comme si ceux qui avaient triomphé des Anglais, des Espagnols et des Français étaient des extra-terrestres, venus d’une autre planète. 

Malgré la dictature de DUVALIER et les exactions des Tontons Macoutes, les fils d’Haïti n’ont, jamais, baissé la tête, ni courbé l’échine. Debout, fiers, ils ont continué de lutter avec dignité, courage et honneur. 
Adossées à leur culture, ils nous ont donné des personnes comme Antênor FIRMIN, qui réduisit à néant, les thèses de Gobineau sur l’inégalité des races, ainsi que quelques-uns des pères fondateurs du Panafricanisme et de la Négritude. Ce fut FIRMIN, qui, dès 1885, avait annoncé le triomphe d’OBAMA. 
Des haïtiens, comme Benito SYLVAIN établirent, dès le début du siècle, des relations entre leur pays et l’Ethiopie. 

Des haïtiens comptent parmi les premiers, qui ont volé au secours de la Guinée, en 1958 et du Congo, en 1960, à l’ère des indépendances. 
Leur rôle dans le Festival Mondial des Arts Nègres, de 1966 à Dakar et de 1977 à Lagos, a été déterminant. 
Tout cela fait qu’Haïti occupe dans le cœur du monde noir, une place à part, que personne ne pourra lui ravir. 
Nous devons à son peuple, notre indépendance, parce qu’il nous a montré comment vaincre ceux qui « n’ont pas raison », comme le firent, également, Benkos BOHIO, entre 1599 et 1621, en Colombie, dans la Province de Carthagène, ZOUMBI, au Brésil, dans l’Etat de Palmarès, entre 1630 et 1667, Nat TURNER, aux USA, en 1831. 

Il nous a donné les plus belles leçons de dignité, de courage, d’abnégation, de refus de la soumission, de résistance contre toutes les formes de domination. 

Voilà pourquoi, Thabo MBEKI avait tenu à honorer, de sa présence, le bicentenaire de la Révolution haïtienne, en 2004. 

En choisissant de revenir dans la mère-patrie, par le Sénégal, Haïti a honoré notre pays. Il a réconcilié SENGHOR, Cheikh Anta DIOP et Abdoulaye WADE. Il a, définitivement, rétabli le cordon ombilical entre l’Afrique et sa Diaspora, pour écrire, ensemble, les nouvelles pages de l’Histoire du Monde Noir, au seuil du XXIème siècle. 

Le Sénégal doit être, pour les Haïtiens, que nous accueillons ce jour, avec fierté et honneur, une terre de paix, de bonheur, d’amour, de fraternité, de solidarité agissante, de réconciliation, de pardon et de confiance retrouvée ; une seconde patrie, où ils trouveront tout le réconfort auquel, ils ont droit sur la parcelle de ce continent, qui est, aussi, le leur. 

C’est pourquoi, nous leur disons, du fond du cœur, « Bissimillah », comme le veut l’usage au Fouta. 

Professeur Iba Der THIAM 
Agrégé de l’Université 
Docteur d’Etat 

Ancien Ministre 
Député à l’Assemblée Nationale 

dimanche, octobre 03, 2010

Les Juifs et la traite des noirs | Mystère et phénomène inexpliqué .


Post on octobre 2nd, 2010 by bm77

Bien entendu, l’ histoire n’a pas retenu l’ implication des négociants juifs dans la traite des noirs . Et pourtant, l’esclavage des noirs fut importé vers les Amériques par des navires dont les propriétaires étaient bien juifs .

Qui sont les négriers qui amenèrent les esclaves noirs en Amérique du 15ème au 19ème siècle ? L'information ci-dessous se trouve documentée dans les 4 volumes de Elizabeth Donnan. Ils peuvent être trouvés à la Librairie Nationale de Washington (National Library Washington, D.C.) et à la Librairie de l'Institut Technologique de Carnegie à Pittsburg (Carnegie Institute of Technology Library, Pittsburgh, PA.)
Bateau de négriers
Nom du navire – Propriétaires

Abigail - Aaron Lopez, Moses Levy et Jacob Franks

Crown - Isaac Levy and Natham Simpson

Nassau - Moses Levy

Four Sisters - Moses Levy

Anne and Eliza - Justus Bosch et John Adams

Prudent Betty - Henry Cruger et Jacob Phoenix

Hester - Mordecai et Davdi Gomez

Elizabeth - Mordecai et Davdi Gomez

Antigua - Natham Marston et Abram Lyell

Betsy - William De Woolf

Polly - James De Woolf

White Horse - Jan de Sweevts

Expedition - John et Jacob Roosevelt

Charlotte - Moses et Sam Levy ; Jacob Franks

Caracoa - Moses et Sam Levy



L’esclavagisme aux États-Unis commence avec la conquête du nouveau monde.

Les navires effectuent alors un triangle entre l’Europe, l’Afrique et les Amériques. Ils vendent des produits manufacturés en Afrique, prennent des esclaves à destination du Brésil, des Caraïbes ou des Etats-Unis et reviennent en Europe avec du sucre et d’autres matières premières.

C’est l’art de l’optimisation des investissements dans lequel on peut rendre hommage au génie créatif en affaires des Juifs. Durant quasiment 4 siècles des millions d’Africains sont « exportés » vers les Amériques. Durant le 18ème siècle, les Juifs participent activement dans le négoce d’esclaves. Certains Juifs contrôlent même les marchés où sont fixés les prix, telle une denrée !

L’esclavagisme des colonies d’Amérique du Sud et des Caraïbes

Les négociants d’esclaves juifs fournissent des Noirs par dizaines de milliers vers les plantations d’Amérique du sud et des Caraïbes. On ne retrouve plus aujourd’hui de trace écrite de protestation contre ce comportement. C’est alors une affaire purement commerciale dans laquelle la religion n’intervient nullement.

Daniel M. Swetschinski estime que la part des négociants juifs dans les affaires internationales est alors disproportionnée. Ils représentent 75% des affaires mercantiles alors qu’ils ne constituent que 10% de la population. Cette domination du marché des esclaves les met en position d’équilibre avec les autres communautés. Les planteurs de sucre au Brésil utilisent abondamment cette main d’œuvre d’esclaves d’Indiens et de Noirs, fournie par les négociants juifs. Dans les années 1600, les plantations qui constituent la majeure partie du réservoir d’esclaves avec quasiment 10.000 Africains et l’exportation du sucre raffiné est dans les mains des négociants juifs.

La compagnie hollandaise d’Inde de l’ouest est créée en 1621 dans le seul but de gagner de l’argent. Les Juifs investissent massivement dans l’entreprise qui se destine à toute forme de commerce, y compris l’esclavagisme. Les dirigeants hollandais, en faisant la promotion du développement économique, encouragent ainsi les Juifs à émigrer [très astucieux...] et la Hollande devient très rapidement le centre du pouvoir et de la fortune juive.

Marcus Arkin écrit « depuis le développement des industries dans lesquels les Juifs investissent : tailleurs de diamants, sucre, soie, textiles, le mélange du tabac, denrées alimentaires,…) sont dépendantes des colonies, il n’est nullement surprenant que de retrouver les Juifs d’Amsterdam concernés par le commerce vers l’Asie et le nouveau monde.

Au 18ème siècle, environ un quart des participations dans les compagnies internationales hollandaises sont détenues par des Juifs et son déclin amène ensuite la ruine de la plupart des familles aisées ».

Le chercheur juif Arnold Wiznitzer est beaucoup plus explicite concernant l’implication des Juifs au Brésil : « A part leur position importante dans l’industrie sucrière, ils dominent le négoce des esclaves . De 1636 à 1645, un total de 23.163 Nègres [dans le texte] arrivent d’Afrique et sont vendus pour 6.714.423 Florins [soit environ 290 Florins par individu, tel est le prix de la vie humaine d'un Noir à l'époque...], Les acheteurs, lors des ventes aux enchères étaient tous Juifs et du fait de ce manque de compétition dans le négoce d’esclaves, ils étaient achetés à vil prix. Par ailleurs, il n’existait pas non plus de compétition pour l’achat des esclaves qui étaient payés à crédit jusqu’à la prochaine saison de vente du sucre. Si les enchères avaient lieu un jour de fête juive, elles étaient automatiquement reportées. ».

Moshe Kahan déclare sans ménagements qu’en 1653-1658, « les négociants Juifs-Marranes possédaient le contrôle du commerce espagnol et portugais , donc détenaient quasiment le contrôle du commerce levantin…avaient d’importantes sommes d’argent à leur disposition ».

Seymour B. Liebman dans le New World Jewry (Nouveau Monde Juif), indique clairement que « les navires n’appartiennent pas seulement aux Juifs, mais sont commandés par des capitaines juifs avec des équipages composés de Juifs ».

samedi, octobre 02, 2010

Les Caraïbes des Petites Antilles. Tenir compte de l’Histoire

L’article que nous proposons est une importante contribution de l’historien caribéen Henry Petitjean Roget à un colloque qui s’est tenu à Porto Rico. 

A son retour du premier voyage, le récit de Christophe Colomb promettait la découverte de telles richesses que dès 1493 le Pape Alexandre VI concédait aux Espagnols, par la Bulle « Inter Coetera » les territoires nouvellement reconnus. Les Traités signés à Tordesillas en 1493 et 1494 entre Espagnols et Portugais sous l’autorité du pape partageaient le monde au seul profit des Espagnols et des Portugais. François 1er demanda à voir, dit-on, « l'article du Testament d'Adam qui faisait la part si belle aux espagnols et aux portugais ».

Dès le début du XVI° siècle, les français, écartés des îles par la présence espagnole, décident de s’implanter au Brésil. Les voyages de Colomb sont tout de suite connus en Europe, mais la première traduction en français de la « Lettre de Colomb », paraît seulement en 1553. Marthyr de Angleria est le premier à écrire une histoire du Nouveau Monde. Ses « Décades, de Orbo Novo », sont publiées en français à Paris en 1532. « L’histoire naturelle et générale des Indes, isles et terres ferme de la grande mer océane », d’Oviedo est traduite par Jean Poleur à Paris en 1536.

Jusqu’à la première moitié du XVII° siècle, des navires français reviendront en France, chargés de bois rouge (2) pour les teintureries de Rouen et de Dieppe et de marchandises troquées avec les indiens. Les voyages français vers le Brésil, et les contacts avec les Tupis expliquent l’origine du nom « Caraïbe » qui a remplacé le véritable nom des Callinagos (3) des Petites Antilles et la présence de nombreux mots tupis dans leur langue qui sont restés en français.




Un peu d’histoire de France

Pour mieux situer l’action des navigateurs français dans le contexte de luttes entre nations pour l’appropriation de l’espace américain nouvellement découvert, un bref rappel des souverains français qui se sont succédés entre 1498 et 1654 s’avère nécessaire. De 1498 à 1654, la France a connu huit souverains et deux régences. Ce sont celles de Catherine de Médicis, épouse d’Henri II, mère du roi Charles IX, de 1560 à 1564 et celle de Marie de Médicis, femme d’Henri IV et mère du roi Louis XIII, de 1610 à 1617. Dès les traités de Tordesillas, les rois de France ont encouragé les voyages des navigateurs et des marchands en direction du Nouveau Monde. Il fallait découvrir des terres à disputer aux Espagnols et aux Portugais.

Les souverains Français. 1498-1643

Louis XII Roi de France de 1498 à 1515
François 1°Roi de France de 1515-1540
Henri II Roi de France de 1547 à 1559
François II Roi de France de 1559-1560
La Régence par Catherine de Médicis épouse d’Henri II de 1560 à 1564
Charles IX Roi de France 1564-1574
Henri III Roi de France 1574-1589
Henri IV Roi de France 1589-1610
Régence de Marie de Médicis de 1610 à 1617
Louis XIII Roi de France de 1610-1643
Régence d’Anne d’Autriche 1643 à 1654, infante d’Espagne, épouse de Louis XIII.
Louis XIV Roi de France 1654- 1715

Les Français en Amérique

Les frères Verrazzano (1) explorent pour le compte de François 1er, les côtes nord américaines en 1523 et la Floride et les Petites Antilles en 1528. 

Girolamo y est tué et "dévoré" par des Callinagos. Le drame se serait probablement déroulé en Guadeloupe (2). 

Jacques Cartier effectue trois voyages en direction des côtes nord américaines avec l’aval du roi de France Henri II entre 1534 et 1542. Sous le règne de Charles IX, Ribault, explore la Floride en 1562 puis René de la Laudonnière en 1564 tente de s’y implanter à son tour. 

Samuel de Champlain, sous Henri IV, est au Canada en 1603. La période qui concerne plus particulièrement l’espace antillais, s’étend de la découverte du Brésil à l’installation officielle des Français à la Martinique et en Guadeloupe en 1635.

Les Français au Brésil au XVI° siècle : L’émergence d’un exotisme américain

Écartés des îles par la présence espagnole, les français se tournent vers le continent, le Brésil en particulier. On sait que, parallèlement aux expéditions qui ont fait l’objet de récits ou de rapports à leurs commanditaires, de nombreux voyages à vocation commerciale ont eu lieu. Tous ces navigateurs ont relâché aux Petites Antilles sur leur route de retour pour éviter les îles espagnoles. Dès 1504, Paulmier de Gonneville avait abordé le Brésil. Il avait ramené avec lui, Essomericq le fils d’un chef indien Carijo. Faute de pouvoir le rapatrier chez les siens, comme il s’était engagé à le faire, il l’adopta et le maria à l’une de ses nièces. (Deschamps 1891 : 5). 

En 1519, Denis de Honfleur revint à Rouen avec « sept sauvages brésiliens » (Deschamps 1891 : 6). Un riche armateur de Dieppe, Jean Ango, organisa en 1522 un voyage au Brésil avec Denis de Honfleur qui s’y était déjà rendu trois ans plus tôt. L’idée d'occuper les territoires que se partagent espagnols et portugais s’impose peu à peu aux Français. En 1531 une centaine de français tentent d’installer un fort non loin de Recife sur l’île Saint Alexis. Au bout de quelques mois, les portugais réussissent à mettre un terme à cette tentative d’implantation étrangère sur leur territoire. En 1546 une flotte française composée de 18 navires quitte le port du Havre pour le Brésil. Quatre ans plus tôt à Rouen, sur les berges de la Seine, avait eu lieu la reconstitution d’une somptueuse fête brésilienne avec des Indiens, des arbres d’Amazonie et des animaux exotiques. (Vidal 2008 : 23). Henri II et Catherine de Médicis, accompagnés par la cour, y assistèrent. Cette fête persuada le roi Henri II d’encourager les voyages en direction du Brésil. En 1556, il envoie au Brésil le cartographe havrais, Le Testu, pour dresser une carte des cotes.

Sur ordre de Coligny, l’Amiral calviniste, Nicolas Durant de Villegaignon, part en 1555 pour implanter une colonie protestante . Il l’installe sur une île de la baie de Guanabara, l’actuelle baie de Rio de Janeiro. Cette tentative de colonisation française, s’achève en 1560. Le moine cordelier André Thevet qui avait accompagné de Villegaignon, résida un an au Brésil. Il écrivit une relation de son séjour et de sa rencontre avec les Indiens(3). Elle est publiée à Paris en 1557. Alors que Thevet avait déjà quitté la colonie protestante, Calvin, pour venir en aide à de Villegaignon en buttes à de nombreuses dissensions au sein de la colonie, lui avait envoyé quelques protestants dont, Jean de Léry, un calviniste convaincu. De Léry débarque en 1557 et reste dix mois sur place. Le récit de son séjour, « Histoire d’un voyage fait en la terre du Brésil » fut publié en 1578. Une autre tentative de colonisation française du Brésil eut lieu dans la région d’Ibiapaba-Ceara entre 1590 et 1604. Henry IV avait décrété en 1604 que le commerce maritime ne dérogeait pas. Tout noble pouvait s’y livrer, sans perdre ses titres et ses qualités. Une telle décision avait pour but de développer des voyages dans des buts commerciaux. En 1604, Daniel de la Touche de la Ravardière effectua une expédition en Guyane pour rejoindre une expédition française qui s’était installée sur l’Oyapock. A son retour en 1605, le roi lui avait concédé, « les Isles et terres du Maragnon et contrées adjacentes ». Ce territoire correspondait à celui où l'Amiral de Villegaignon avait tenté, cinquante ans auparavant, d’implanter sa colonie protestante. Tous les espoirs français d’installation dans la région de São Luis de Maranhão, s’évanouissent entre 1612 à 1615, lors de l’expédition conduite par Daniel de la Touche de la Ravardière qui espérait fonder la « France équinoxiale ». Il était accompagné du moine cordelier Yves d’Évreux. De retour en France, d’Évreux obtint du roi Louis XIII l’autorisation de publier le récit de son voyage « Les Singularités de la France Antarctique » qui paraît en 1557. Pour de raisons politiques, l’ouvrage est saisi et détruit(4). Yves d’Évreux est autorisé à publier en 1615 la seconde partie de sa relation, « La suite de l’Histoire des choses mémorables advenues sur le Maragnon es années 1613 et 1614 ».


Les premiers relations des voyages contribuent peu à peu à changer la mentalité et le goût de l’époque(5). Un allemand, Hans Staden, partit pour le Brésil en 1547 avec des marins . Il effectua un second voyage durant lequel, capturé par les Tupis, il resta prisonnier 9 mois et failli être mangé. Le récit de Staden, publié en allemand en 1557(6), révélait pour la première fois la réalité de l’anthropophagie de Tupinambas. Il rencontra un succès incroyable. Au début du XVII° siècle l’influence des voyages vers le Brésil prit de l’ampleur. Elle se manifesta par un engouement accru pour les objets exotiques. Montaigne, qui avait à son service un domestique qui avait servi de truchement au Brésil, rapporte : « II se void en quelques lieux et entre autres chez moi, la forme de leurs lits, de leurs cordons, de leurs espées et bracelets de bois de quoi ils couvrent leurs poignets au combat et de grandes cannes ouvertes par un bout, dont le son desquelles ils soutiennent la cadence de leurs danses »(7). Les publications de voyages au Brésil ont finit par faire comparer la vie des Sauvages à un âge d'or. « Le bon Indien va paraître réunir en lui toutes les vertus antiques et chrétiennes, c'est de l'Amérique et des Îles que l'on va rêver et c'est des récits de voyages qui abondent avant Rousseau et dont Rousseau s'inspire » (Chinard(8) 1934 : 7).


16th century image of a Caribbean native house.

Les relations des missionnaires.

Des missionnaires accompagnent les premiers émigrants. Ce sont eux qui, au XVII° siècle, ont contribué à faire connaître les îles et leurs habitants. En outre, comme l’a souligné Chinard, « ces prêtres étaient en même temps des hommes « cultivés et quelques uns des érudits, presque tous en tout cas d'anciens professeurs …. Leur idéal de vie n'est pas purement chrétien, il est en même temps classique ou antique, et les sauvages américains vont leur apparaître sous les traits des Romains de la République, ils leur prêteront la gravité et l'éloquence de Caton ou de personnages de Tite-Live... »(9) (Chinard 1934 : 6). Jésuites, Capucins, dominicains ou laïcs ont rédigé leurs « Relations » en gardant présent à l'esprit un désir de satisfaire le besoin d'exotisme du public français, par la description détaillée de leur voyage, des plantes et des animaux qu’ils ont vus, des « Sauvages » qu’ils ont côtoyé.

L’influence sur les Callinagos des contacts entre indiens tupis du Brésil et Français.

Après les premières tentatives d’implantation au Brésil, les français prennent réellement pied en Amérique sous le règne du Roi Louis XIII. En 1620, Richelieu se fait décerner par le roi la charge de Grand Maître et Surintendant de la navigation et commerce de France. Courant 1625, un flibustier français, Pierre Belain d’Esnambuc, s’était réfugié sur l’île de Saint Christophe. L’île avait été abandonnée par les Espagnols et était occupée par des Anglais et des Callinagos. Anglais et Français s’entendent pour se partager l’île, mettant rudement à l’écart les Sauvages. Dès 1626, Richelieu fonde, avec l'accord papal (Urbain VIII), la Compagnie de Saint Christophe. En 1627, le Cardinal crée la Compagnie des Indes d'Amérique, sur le modèle de la Compagnie des Indes fondée aux Pays Bas en 1621. L'un des buts avoués de ces compagnies était de fonder des colonies et « maintenir la religion catholique à l'exclusion de toute autre » (Deschamps 1891 : 79). Charles Liénard de l'Olive et Jean du Plessis d’Ossonville prennent possession de la Martinique le 25 juin 1635, au nom du Roi de France. La scène se déroule à Fonds Laillet, non loin du village actuel de Belle-Fontaine, devant un groupe de callinagos (10). Effrayés par les serpents, les français se rembarquent précipitamment et se dirigent vers la Guadeloupe. Ils y débarquent le 28 juin.


Plus de 100 ans de contacts entre les Français et les Tupis au Brésil, puis entre les Callinagos et les Français ont laissé des traces dans la culture callinago. Elles sont surtout perceptibles dans la langue caraïbe avec des mots, qui ont été conservés en français et en créole. Dans le domaine de la cuisine, le « migan », à l’origine une sorte de purée de patates douce et de manioc, dans laquelle les tupis délayaient les cendres de leurs parents défunts, est devenu aux Antilles une préparation à base de fruit à pain, d’épices et de porc. Le « coui », une calebasse coupée en deux, qui est un contenant ou une écope pour vider les canots, se nommait « atagle » en caraïbe insulaire. Manioc est le mot tupi pour désigner la racine que les Callinagos consommaient sous le nom de « kiere ». Le mot « tapioca » est tupi. « Ouassou » désigne en tupi une grosse écrevisse. Le mot est resté en créole de la Guadeloupe pour une écrevisse de grande taille (Macrobrachium Holthuis) aux pinces impressionnantes. Le « carbet », la maison des hommes c’est « taboui » en caraïbe. Le nom « Agouti », qui s’applique à un petit rongeur, que l’on peut rencontrer à la Désirade, devenu plus rare sur la côte sous le vent de la Basse terre de Guadeloupe, est tupi. Il a supplanté le mot « picouli » en caraïbe insulaire. « Giraumon », une citrouille, est tupi. « Maringouin », un moustique, et « Sarigue » (Didelphis marsupialis ), un opossum sont aussi tupis. L’expression faire un « caouinage » que l’on retrouve dans les relations de chroniqueurs du XVII° siècle, pour désigner les grandes fêtes durant lesquelles les Callinagos buvaient énormément de bière de manioc, le « ouicou », vient du tupi. C’est enfin un autre mot tupi, « caraïbe », qui désignait le chamane, qui, par confusion avec le mot caribe utilisé par les Espagnols et carib en anglais, a conduit à appeler les « Callinagos », les Caraïbes. On ne devrait pas substituer au nom Callinago, celui de « Caraïbe » pour remplacer le terme « Caribe » des chroniques espagnoles antérieures à la découverte du Brésil. Enfin, l’une des expéditions tardives vers le Brésil, sous la direction d’un certain Capitaine Fleury, s’est effectuée en 1618-1620. Elle est à l’origine de la plus ancienne relation connue sur les Caraïbes. Arrivés à la Martinique avec un navire en piteux état, au terme de nombreuses péripéties, alors qu’ils revenaient vers la France plus pauvres qu’au départ, les français affamés et épuisés furent accueillis dans un village de caraïbes. Parmi l’équipage se trouvait un érudit. Il a relaté son voyage dans la chronique qu’il tenait. C’est ainsi qu’il a décrit dans le détail la vie quotidienne des habitants du village dans lequel il a séjourné dix mois. Ce séjour s’est passé quinze ans avant l’arrivée du père Raymond Breton à la Martinique. Cette « Relation d’un infortuné voyage fait en la terre de Brésil », dont l’auteur n’est toujours pas identifié, a été découverte par Jean Pierre Moreau, dans les manuscrit de la bibliothèque Imguibertine de Carpentras, en France. Il l’a publiée en 1987, sous le titre « Un flibustier français dans la mer des Antilles en 1618/1620 ».

Maisons des Tainos

Il m’a semblé intéressant d’évoquer les liens commerciaux et culturels qui reliaient au 16° et 17° siècles des îles des Petites Antilles au Brésil, par le biais des voyageurs français. Les descriptions des amérindiens brésiliens quoique leur culture soit différente de celle des Caraïbes apportent d’importantes informations qui contribuent à éclairer des aspects des croyances et des pratiques des Caraïbes insulaires relatées par les chroniqueurs qui les ont côtoyés.

H. Petitjean Roget



Notes

(1) Mollat du Jourdin, Michel et Jacques Habert. Giovanni et Girolamo Verrazano navigateurs de François I er. Imprimerie nationale. Paris 1982.

(2) Mollat du Jourdin…1982 : 124.

(3) André Thevet. Le Brésil et les Brésiliens ». Les français en Amérique durant la deuxième moitié du XVI° siècle. Choix de textes et notes par Suzanne Lussagnet. Presses Universitaires de France 1953

(4) La relation n’est connue que par un seul exemplaire qui a été conservé par chance par François de Razilly qui avait participé à l’expédition.

(5) « C’est Rabelais, avec son « Pantagruel » publié en 1552 qui reflète le plus la pensée des français de l’époque. « Il n’a pu connaître que les explorations portugaises et espagnoles et les premières explorations françaises. Marthyr de Angleria, Oviedo, les relations de Colomb, de Vespuce, Jacques Cartier ont été à peu près ses seules sources d’informations » (Deschamps 1891 : 22)

(6) Staden Hans , véritable histoire et description d’un pays habité par des hommes sauvages, nus et anthropophages , situé dans le nouveau monde nommé Amérique, inconnu dans le pays de Hesse avant et depuis la naissance de Jésus-Christ jusqu’à l’année dernière. Hans Staden de Hombourg, en Hesse, l’a connu de sa propre expérience et le fait connaître actuellement par le moyen de l’impression. Marbourg, chez André Kolben, 1557 Traduction française . Éditions AM Métaillé. Paris 1979

(7) Essais 1. 31, cité par Deschamps 1831 : 37

(8) Chinard, Gilbert. L’ Amérique et le rêve exotique dans la littérature française au XVII° et au XVIII° siècle. Paris Librairie E. Droz. 1934

(9) Chinard, Gilbert. L’ Amérique et le rêve exotique dans la littérature française au XVII° et au XVIII° siècle. Paris Librairie E. Droz. 1934.

(10) Un tableau du peintre Théodore Gudin (1802-1880), a évoqué de façon très romantique sur fond de cocotiers en bord de plage, la scène de prise de possession de l’île.


Orientations bibliographiques

Chinard, Gilbert. L’Amérique et le rêve exotique dans la littérature française au XVII° et au XVIII° siècle. Paris Librairie E. Droz. 1934

De Dampierre, Jacques. Essai sur les sources de l’histoire des Antilles françaises (1492-1664) : Mémoires et documents publiés par la société de l’École de Chartres VI. Paris. A picard et fils, Éditeurs. 1904.

Deschamps, Louis. Histoire de la question coloniale en France. Plon. Paris 1891

Gannier, Odile. Les derniers indiens des Caraïbes ; Images mythe et réalité. Ibis rouge éditions. 2003.

Moreau, Jean-Pierre. Un flibustier français dans la mer des Antilles en 1618/1620. Manuscrit inédit du début du XVII° siècle publié par Jean-Pierre Moreau. Éditions Jean-Pierre Moreau. 56 rue Emmanuel-Sarty, 92140, Clamart. 1987

Mollat du Jourdin, Michel et Jacques Habert. Giovanni et Girolamo Verrazano navigateurs de François I er. Imprimerie nationale. Paris 1982.

Staden, Hans. Nus féroces et anthropophages. 1557. Éditions A.M. Métailié. Paris 1979


Pointe-à-Pitre Mercredi 29 septembre 2010

mardi, septembre 28, 2010

En Afrique, ce sont les colonisateurs qui ont mis fin à la traite négrière

Le géographe Yves Lacoste vient de publier « La question post coloniale » chez Fayard.

Il analyse les différents aspects de la colonisation depuis la première, la colonisation américaine au XVe siècle,
— les différents types de conquêtes coloniales, les différentes pratiques coloniales
— les différentes luttes contre la colonisation, les différentes décolonisations, les différentes indépendances qui en ont découlées,
— les différentes luttes pour le pouvoir au sein de ces nouveaux pays indépendants et leurs conséquences...
— les conséquences qui en résultent pour les anciens pays colonisateurs, les émigrations des anciens colonisés vers l'ancienne métropole, leur condition et leur situation « géopolitique », celle de leurs enfants qui y sont nés...
— Et enfin, notre rapport à ces populations de cette autre origine, notre rapport à notre propre histoire coloniale.
C'est un ouvrage très riche qui modifie le regard et la compréhension que nous pouvions avoir sur ce sujet.

L'esclavage.
La pratique guerrière et commerciale qui consiste à capturer des hommes, des femmes et des enfants pour les vendre a été le fait durant des millénaires, de la quasi-totalité des sociétés, quel que soit leur niveau de développement philosophique.

Les cités grecques de l'Antiquité, même celles qui furent le berceau de la démocratie, furent des sociétés guerrières et esclavagistes: la population d'Athènes était composée aux 3/4 d'esclaves, dont certains venaient d'autres cités grecques vaincues.

L'Empire romain donne encore plus d'envergure à ce système de production.
Les magnifiques constructions grecques et romaines que nous admirons ont été bâties par des esclaves.

La diffusion du christianisme ne fera que très progressivement disparaître l'esclavage qui perdura, selon certains, jusqu'à la fin du Moyen-âge.

Mais des ordres religieux catholiques sous l'égide de la Vierge ont durant des siècles capturé des hommes, femmes et enfants qui étaient des « païens » ou des Slavoni (d'où le mot esclave, qui vient de slavus) — chrétiens orientaux —, pour les vendre aux Ottomans...

Le terme et la notion d'esclave ont eu 2 significations complexes et contrastées :
— les esclaves-marchandises, producteurs ou domestiques dont l'achat coûte relativement cher dans bien des cas
— les esclaves-guerriers appartenant à un appareil d'État ou à un chef de guerre.
Ces 2 aspects de l'esclavage ont existé durant des siècles en Afrique comme ailleurs, et ils fonctionnaient l'un par rapport à l'autre, car dans bien des cas, c'étaient les esclaves-guerriers qui capturaient les esclaves-marchandises.

À partir du 17e siècle, en Afrique, l'esclavage commercial est apparu :
Le puissant royaume yoruba d'Ife (Nigeria aujourd'hui), situé au contact des savanes du nord et des forêts côtières a développé ses activités esclavagistes à la demande de « clients » du Nord, qui ne voulaient pas aller en forêt avec leurs chevaux capturer des esclaves.

L'esclavage commercial s'ajouta à la servitude domestique ; ce commerce multiplia la richesse du Roi et de son entourage.

Pour les sociétés africaines n'ayant pas de produit naturel attrayant comme l'or à exporter, mais où un processus de centralisation était en cours, les esclaves constituaient le meilleur article d'exportation.

La traite.
La traite d’esclaves a existé depuis les 7/8e siècles vers le Maghreb, l'Égypte, l'Arabie et le Golfe Persique, par millions. Bien que convertis à l'islam, ils restaient esclaves. Aussi à la fin du 9° siècle, déclenchèrent-ils une terrible révolte, celle des Zendj, qui est restée célèbre.

À cette traite orientale, s'est ajoutée la traite occidentale à partir du 16e siècle pour les besoins de main-d’œuvre des Européens en Amérique où la population indigène a disparu sous l'effet des épidémies.

Elle commence en 1519, dès la conquête du Mexique, et prend de plus en plus d'importance aux 17e et 18e siècles. Le maximum est atteint entre 1775 et 1800 avec 2 millions d'esclaves transportés en Amérique (principalement au Brésil), sur un total de 11 millions de 1519 à 1860, selon les chiffres récemment calculés d'après les archives...

La traite ne résulte pas tant des entreprises privées, que de puissantes compagnies « à charte » qui ont obtenu un privilège auprès de l'État dont chacune dépend.

Ce fut d'abord le Portugal, l'Angleterre, la France, enfin les Pays-Bas qui supplantèrent les Portugais. 

Du côté africain, la traite était aussi l'affaire des souverains, qui fixaient le prix des captifs, et le volume des marchandises obtenues en échange.

L'analyse des livres de comptes des compagnies montrerait que très peu d'esclaves auraient été capturés par les négriers européens: les souverains africains s'opposaient à cette concurrence déloyale qui les privait de leurs bénéfices.

Ils faisaient pratiquer la chasse aux esclaves par des esclaves-soldats ou par des « seigneurs de la guerre » qui organisaient des campagnes pour fournir des esclaves au souverain avec lequel ils avaient passé accord.

Un autre système consistait à obliger un peuple jusqu'alors soumis aux captures, à aller en capturer chez un peuple voisin pour les remettre à des intermédiaires du souverain.

Le développement des « exportations » vers l'Amérique entraîna une extension des territoires « exploités ». De plus en plus de peuples furent impliqués, soit en tant que chasseur, soit en tant que gibier.
Les Mossi (au Burkina) sont semble-t-il, le seul grand peuple africain qui n'y ait pas participé, il aurait même protégé ses voisins...
La fin de la traite.

En 1807, en pleine guerres napoléoniennes, le Premier Ministre anglais William Pitt promulgue un décret interdisant à tout sujet britannique d'acheter ou de vendre des esclaves.

Un courant d'idées prenait conscience que « l'esclavage des noirs » ne se justifiait sur les plans ni religieux, ni philosophique. En Angleterre et en France, des Sociétés des amis des noirs luttaient pour l'abolition de l'esclavage.

En 1792, à Londres, 400 000 personnes signèrent une pétition dans ce sens !
Pour abolir l'esclavage, il aurait fallu des sommes considérables pour indemniser les propriétaires d'esclaves. C'est seulement l'interdiction de la traite qui fut décidée en 1807.

Après la défaite de Napoléon, l'Angleterre imposa au congrès de Vienne l'interdiction de la traite.

L'interdiction fut appliquée avec rigueur par la marine britannique chargée d'intercepter les navires négriers.

L'interdiction d'exporter des esclaves provoqua de véritables guerres entre les Britanniques et les Achanti.

Ces « guerres achanti » se soldèrent par la conquête coloniale du pays.
L'effet de cette interdiction fut la propagation de la « traite intérieure » en Afrique, car les chefs de guerre continuèrent leurs chasses aux esclaves pour les vendre à des acheteurs africains qui les revendaient sur un marché local. Comme ceux-ci payaient moins que les Européens, on augmenta les captures pour compenser le manque à gagner.

La valeur des esclaves s'effondra. Alors qu'à Cuba, au début du 19e, un esclave valait le prix d'un petit camion d'aujourd'hui, on tomba à des prix dérisoires : un âne valait le prix de 3 ou 4 femmes...

Dans la première moitié du 19e siècle, les nouveaux conquérants européens de l'Afrique tropicale n'avaient ni le désir, ni le droit de faire fortune, comme ça se faisait au temps du commerce négrier.

Les Français arrivèrent à Saint-Louis du Sénégal en 1852 avec le capitaine Louis Faidherbe qui étudia les structures sociales et géopolitiques de son territoire.

En 1841, El-Hadj Omar Tall, un chef de guerre qui est aussi un prédicateur lance un djihad contre des royaumes qui ne sont pas musulmans, fonde sa capitale à Dinguiraye (Guinée), s'empare du royaume de Bambouk et de ses gisements aurifères. Cela lui permet, outre la vente de nombreux esclaves, d'acheter des fusils à des trafiquants.

Les Français refusent de lui en vendre, il les attaque, mais ne l'emporte pas. Il dirige alors ses attaques contre des royaumes animistes, mais aussi musulmans, tout cela lui fournissant nombre d'esclaves pour payer ses achats d'armes. Il meurt en 1864.

Samory Touré.
En 1852 au cours d'une guerre, sa mère est capturée par un chef de clan, celui des Cissé. Pour la libérer, il s'engage dans leur armée, y devient un guerrier réputé qui rapporte beaucoup de butin et d'esclaves. Au bout de 7 ans, il s'enfuit avec sa mère. Deux ans plus tard, le peuple de sa mère, les Camara, le nomme chef de guerre pour les défendre.

Samory crée une armée de métier, et un empire qui peut être défini comme un « État guerrier et marchand » : une commerçante devait pouvoir circuler librement avec ses marchandises... qui étaient le plus souvent des esclaves.
Vers 1878 il a conquis tout le haut Niger, mais à l'ouest, vers le Sénégal, il prétend prendre des esclaves sur des peuples qui, depuis Faidherbe, se sont mis sous la protection des Français.

Samory est battu, fait la paix avec les Français, et dirige ses attaques vers la ville de Sikasso d'un autre État guerrier et marchand. Mais les Français ne veulent pas qu'il s'en empare.

Samory est obligé d'aller vers l'est face au royaume de Kong, à qui les Français assurent leur soutien.

En 1889 commence contre Samory, et au sein même de son empire, ce qui pour beaucoup d'Africains a été la « guerre du refus », car les animistes et nombres de musulmans ne supportaient plus les livraisons d'esclaves qu'il leur imposait.
En 1898, Samory est enfin fait prisonnier et déporté au Gabon.

Malgré les razzias et massacres qu'il a fait subir à des peuples dont il a vendu une partie comme esclaves, Samory est considéré comme un grand homme d'État africain, et résistant anticolonialiste.

Pourtant, c'est au contraire la « guerre du refus » des peuples africains qui était révolutionnaire,
— avec l'aide des Français colonisateurs (intéressés),
— contre l'esclavagisme de Samory !

Jean-Pierre Bernajuzan

vendredi, septembre 17, 2010

«Du passeport du sous-développé, de la Guadeloupe et du mépris français» - Posts Afrique

«Du passeport du sous-développé, de la Guadeloupe et du mépris français» - Posts Afrique: "– Envoyé à l'aide de la barre d'outils Google"

L’esclavage revu et corrigé

Gilles Gauvin, docteur en histoire contemporaine et professeur en collège en ZEP depuis une quinzaine d’années en métropole, a été l’un des membres du Comité pour la mémoire de l’esclavage (2004-2009) et référent national des écoles associées de l’Unesco (Reseau) pour le thème des droits de l’Homme (2008-2010). Il signe ici un nouvel ouvrage de référence pour battre en brèche “les idées reçues” véhiculées sur le thème de l’esclavage. Un mot qui projette la mémoire collective immédiatement dans le XVIIIe siècle. Réflexe conditionné. Pour nombre de personnes, l’esclave est noir et le maître est blanc.

Les clichés ont la vie dure. Et combien sont-ils à penser que le phénomène est éradiqué de nos jours ?… Dans son ouvrage intitulé tout simplement “L’esclavage”, Gilles Gauvin rappelle que la pratique de la servitude remonte à l’Antiquité, que les blancs n’en ont pas l’apanage (les Arabes ne s’en sont pas privés non plus) et qu’il existe, de nos jours encore, une pratique de la traite et de l’esclavage, notamment dans certains pays d’Afrique, tels que la Mauritanie et le Soudan. “On estime à 27 millions le nombre de personnes soumises aujourd’hui à un esclavage traditionnel, et entre 250 et 300 millions les enfants réduits en esclavage, dont près d’un million, majoritairement des filles, contraints à la prostitution”, souligne l’auteur. 

Au fil d’une centaine de pages, Gilles Gauvin analyse ces idées toutes faites que l’on peut entendre aujourd’hui encore à propos de l’esclavage, idées réactivées en France par les nombreuses polémiques suscitées par les violences urbaines de novembre 2005. 

Il reste beaucoup à faire dans le domaine de la recherche universitaire, de l’enseignement, mais aussi de la vulgarisation pour tenter peu à peu de faire disparaître des stéréotypes comme “les Européens sont à l’origine de l’esclavage des Noirs”,”tous les esclaves africains ont été déportés à partir de Gorée”,”c’est grâce à la République que l’esclavage a été aboli en France”,”l’esclavage est la cause de la guerre de Sécession aux États-Unis” ou encore “le créole, c’est du français déformé”

- “L’eslavage” : ouvrage paru dans la collection Idées reçues, pour pointer ces clichés issus de la tradition ou de l’air du temps, mêlant souvent vrai et faux, et polluant toutes les têtes. L’auteur les prend pour point de départ et apporte ici un éclairage distancié et approfondi sur ce que l’on sait ou croit savoir.

jeudi, septembre 16, 2010

Facebook

Facebook: "– Envoyé à l'aide de la barre d'outils Google"

samedi, août 28, 2010

Traite négrière: Elikya Mbokolo évoque l’apport des vestiges africains dans la diversité culturelle

Le monde entier a célébré, lundi 23 août, la douzième journée internationale du souvenir de la traite négrière et son abolition. Plus d’un siècle après son abolition, l’historien Elikya Mbokolo estime que l’humanité enregistre beaucoup de vestiges africains dans plusieurs pays d’Amérique et d’Asie. 

Elikya Mbokolo a souligné l’importance de ces vestiges. Il a déclaré:
«Lorsque les esclaves sont arrivés aux Amériques, on a vu que c’était des hommes avec des cultures, avec des savoir-faire. Et regardez aujourd’hui à Cuba, au Brésil, à Haïti: dans beaucoup de ces pays, les religions africaines sont très vivantes. Ça, je crois que c’est un premier apport qui est important.»
L’autre apport qu’on connaît bien, c’est sur le plan musical. On sait que les rythmes de l’Afrique centrale ont été reproduits très largement dans les pays de l’Amérique latine, a-t-il enchaîné.

L’historien Elikya a ajouté:
«Regardez aussi la cuisine de ces pays. Et si vous regardez encore l’organisation des familles. Vous savez que dans beaucoup de nos pays, c’est le régime matrilinéaire qui l’emporte. Et vous verrez qu’en Haïti, dans les Antilles françaises, la mère joue un rôle important. Et souvent la filiation des enfants se fait par la mère.»

Le thème retenu pour cette douzième journée, c’est justement: «Les effets bénéfiques de la diversité culturelle, en reconnaissant l’importance des transferts et des échanges incessants entre les cultures et les liens tissés depuis l’aube de l’humanité.»

La traite négrière, c’est cette déportation massive des Africains vers d’autres parties du monde, notamment les Amériques.

C’est dans la nuit du 22 au 23 août 1791, qu’a commencé à Saint-Domingue (aujourd’hui Haïti et République dominicaine), l’insurrection qui joua un rôle déterminant dans l’abolition de la traite négrière transatlantique.

dimanche, août 22, 2010

Six siècles d'histoire et un occupant tristement illustre - Pornic

Il ne reste pas grand-chose, aujourd'hui, de la fière demeure de Gilles de Rais. Incendié en 1792, pendant les guerres ayant marqué la période révolutionnaire, le château de Machecoul a fini par servir de carrière de pierres pour construire routes et maisons au début du XIX e siècle.

Son histoire avait commencé au XIII e siècle, avec l'édification d'une forteresse qui venait remplacer un édifice primitif érigé à la fin du XI e siècle, en bordure du Falleron. La bâtisse est confortée à plusieurs reprises, jusqu'à constituer une enceinte carrée, entourée de douves avec six tours crénelées, donjon, herse et pont-levis. L'essor de la ville de Machecoul accompagne la montée en puissance du château.

Plusieurs familles des seigneurs de Rais s'y succèdent au fil des siècles. Mais la période qui reste dans toutes les mémoires est bien entendu celle de l'occupation du château par Gilles de Rais. Plus que ses faits d'armes aux côtés de Jeanne d'Arc pendant la Guerre de cent ans, ou ses titres de maréchal de France, puis conseiller et chambellan du roi Charles VII, l'Histoire a retenu de lui ses actes de magie, sorcellerie, ses débauches et agressions envers les enfants. En 1440, il est arrêté dans son château de Machecoul où il était né trente-six ans plus tôt. Jugé à Nantes pour sorcellerie, hérésie et meurtres, il est condamné à être pendu et brûlé.

Journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition

La Journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition est célébrée chaque année le 23 août. En décidant de proclamer cette date en 1998, l'UNESCO a voulu contribuer à inscrire la tragédie de la traite négrière et de l'esclavage dans la mémoire de tous les peuples.

A cette occasion de nombreuses manifestations sont organisées à travers le monde par des associations militantes pour la promotion des droits de l’homme et des organisations internationales.



Le message d’il y a dix ans, du Directeur général de l'UNESCO d'alors, Mme Koïchiro Matsuura, destiné au monde entier garde encore toute son actualité.

" En décidant de proclamer le 23 août de chaque année " Journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition ", l'UNESCO a voulu rendre universelle par le devoir de mémoire une tragédie oubliée et méconnue, et rendre hommage au combat inlassable des esclaves pour leur libération. L'insurrection qu'a connue l'île de Saint-Domingue (aujourd'hui Haïti et République dominicaine) dans la nuit du 22 au 23 août 1791 a ébranlé de façon radicale et irréversible le système esclavagiste, et a été à l'origine du processus d'abolition de la traite négrière transatlantique.

La journée du 23 août est l'occasion de rappeler le souvenir d'une tragédie longtemps occultée et de lui restituer, eu égard à son caractère universel, la place qui doit être la sienne dans l'histoire de l'humanité. Le projet de l'UNESCO " La route de l'esclave " vise à créer un espace collectif de réflexion et d'analyse des causes profondes de la traite négrière, de ses modalités et de ses conséquences, notamment les interactions qu'elle a générées entre l'Afrique, l'Europe, les Amériques et la Caraïbe.


Cette célébration, dont les enjeux sont tout à la fois la vérité historique, le développement, la solidarité et les droits de l'homme, doit donc mobiliser toutes les nations et la société civile dans son ensemble.

C'est dans cet esprit que je vous invite à organiser, à susciter et à soutenir toutes les activités - en particulier avec les jeunes, les enseignants, les artistes et les intellectuels - qui pourront être de nature à mieux faire connaître la traite négrière et l'esclavage, à favoriser la réflexion éthique sur sa portée et ses conséquences, notamment les formes nouvelles de l'esclavage, et à stimuler la solidarité avec les peuples qui en ont été victimes ".
Extrait du message du directeur général de l'UNESCO prononcé le 22 août 2000.

vendredi, août 20, 2010

Santé et société esclavagiste à la Martinique 1802-1848

La plupart de ces pois sont inconnus en Martinique, il y a eu une perte de la diversité alimentaire, du moins la consommation antillaise tend à se calquer sur celle  de sa métropole ce qui contribue à une forte acculturation  se faisant au détriment de ses intérêts sociétaux et de son émancipation alimentaire.

EZ