mardi, janvier 17, 2017

Le président du CM98 le professeur Serge Romana


Le président du CM98 le professeur Serge Romana s'est lancé dans une grève de la faim pour défendre les dates métropolitaines de commémoration du souvenir de l'esclavage, 10 et 23 mai.

C'est la suppression par le sénat de l'article prévoyant cette disposition dans la loi sur l'égalité réelle qui a poussé le président du CM98 a entamer cette grève de la faim.

En tant qu'humaniste chaque fois qu'une femme ou un homme entreprend une telle grève cela m'interpelle car il s'agit de mettre en cause son intégré physique pour défendre une cause à laquelle il ou elle croit.

Cependant, j'ai toujours considéré que la loi sur l'égalité réelle est une loi d'assimilation culturelle et économique et je ne change pas d'avis sur la question parce qu'une disposition prévoit des dates françaises pour la commémoration des abolitions 10 mai et des victimes de l'esclavage 23 mai.
Nous Guadeloupéens qui militons pour l'émancipation du peuple guadeloupéen, nous estimons que l'heure de nous-mêmes a sonné. 

Nous avons en Guadeloupe une date nationale c'est le 27 mai. 

Pour la France ceux de nos compatriotes qui ont fait le choix d'être une minorité ethnique dans la nation française peuvent mener leur combat en ce sens. Ils ont ma sympathie.

Mais pour moi le combat prioritaire ce déroule en Guadeloupe. C'est le combat pour l'émancipation du peuple guadeloupéen.

Jean-Jacob Bicep
Président de l'Alliance pour la Guadeloupe

lundi, janvier 16, 2017

Désolée Mr Serge Romana

Votre grève de la faim ne me fait ni chaud ni froid.. 

Depuis longtemps vous vouliez de cette date ,parce que c'est la date de votre événement limye ba yo (Je crois)où vous honorez vos ancêtres africains déportés et mis en esclavage,à grand coup de concert sur la place de la Bastille où les nègres dansent jusqu'au bout de la nuit,des conférences dans lesquelles vous faites le *courbé dos challenge *au pouvoir en place..

Mr Romana ce n'est pas pour nous que vous faites cette grève de la faim,mais bien pour vous ,votre association ,vos intérêts personnels.

N'oubliez pas qu'après ma lettre au président vous m'avez répondu , vous avez défendu les juifs alors que ce n'était pas eux que j'attaquais..Romana savez vous que chez tous les peuples dans toutes les religions il y a du bon et du mauvais,qu'on peut dire des vérités sans que cela devienne une attaque contre une communauté entière! Alors maintenant vos *amis*vont vous tendre la main....Je ne vous veux pas de mal mais Ay chié baw!!vous avez fait la guerre à moult associations en région parisienne pour garder le monopole HÉ oui vous étiez à l'époque le chouchou du gouvernement. Romana les politiques ça tourne ça change ca fait et ça défait. Alors permettez moi de vous dire FOUT OU KOUYON ! Il fallait faire en sorte de ne pas être détrôné ou faire en sorte d'être intouchable mais pour cela il faut être un peu intelligent !

Donc aujourd'hui vous voudriez que l'on soit à vos côtés? Mais je sais que vous ne voulez pas mourir Serge !

Que deviendrait Viviane sans vous !

Je ne peux vous aider mais je peux vous dire que si j'étais metteur en scène je vous engagerais de suite ,très très bon acteur (une reconversion?) 

Arrêtez vos conneries ,on ne joue pas avec sa santé et planchez sur le 23 mai prochain avec le CM98 (zut il faut attendre les élections....)
ONE LOVE ❤

Joelle Ursull

A PROPOS DE LA GREVE DE LA FAIM DE SERGE ROMANA


Depuis le 13 janvier 2017, Serge ROMANA, président d’un comité dénommé Comité de Mémoire 98 (CM98), a entrepris de faire une grève de la faim devant le Sénat.

Motifs ? La suppression par le sénat, suite à un amendement d’un sénateur guadeloupéen dans le projet de loi sur l’égalité réelle, d’un article 20A qui prévoyait  de scinder la commémoration de la mémoire de l’esclavage entre le 10 mai journée nationale des mémoires sur la traite de l’esclavage et de leurs commémorations et le 23 mai prévu comme journée des victimes l’esclavage colonial.

Quand on connaît le positionnement résolument révisionniste voire négationniste de Serge ROMANA sur la traite négrière et l’esclavage des noirs, on  comprend très vite que cette grève de la faim ne peut être qu’une mise en scène bien organisée via les réseaux sociaux afin d’occuper les devants de la scène et se faire passer pour le chantre de la mémoire de l’esclavage.

Or, tous ceux qui mènent depuis plus de 30 ans un véritable  combat pour la mémoire et la réparation ne peuvent  que se rendre à l’évidence : M. ROMANA  soutenu par les descendants esclavagistes et les représentants  de l’état français,  met tout en œuvre pour étouffer l’émergence de cette mémoire et la mise en place de la nécessaire réparation des  afro-descendants qui subissent encore les conséquences dramatiques de ce crime contre l’humanité.

Ainsi, dans la fondation qu’il a mise en place avec  des grands blancs créoles,  et quelques créolisés sbires des ministères français, M. ROMANA prône la Réconciliation avec les descendants de nos tortionnaires esclavagistes en affirmant notamment qu’il nous faut  « une mémoire vidée d’accusations contre les blancs.

M. ROMANA une mémoire vidée est une mémoire tronquée !

Vous osez nous demander d’accepter  que ce crime contre l’humanité a été commis  sans criminel !!!  Mais cependant avec des victimes puisque vous faites une grève de la faim pour avoir la date qui vous convient afin de  commémorer la mémoire  des victimes de l’esclavage colonial.

N’est ce pas honteux ? Surtout quand nous savons tous que ces descendants d’esclavagistes continuent de nous dominer grâce à la possession des richesses générées par la sueur et le sang de nos ancêtres.

Sous couvert de réconciliation,  vous entendez de nouveau, comme l’a fait l’Etat français après 1848,  organiser l’oubli des victimes du crime que vous sommez de ne pas accuser leurs tortionnaires  toujours bien vivants et actifs.
Vous allez même plus loin que l’Etat français, dans votre démarche négationniste, puisque ce sont les victimes qui sont mis en accusation : d’avoir oublié leur ancêtres de ne pas les commémorer comme il se doit etc….

M. ROMANA c’est trop tard, votre grève de la faim pour la suppression d’un  article dans une loi française,  destinées à retenir une date pour commémorer la mémoire des victimes (de qui puisque pour vous il n’y a pas de criminel), ne trompe plus personne car tout un chacun sait qu’elle n’est destinée qu’à satisfaire votre mégalomanie galopante.

Pour conclure permettez-moi de vous poser ces questions, vous qui êtes associés avec les puissances économiques de nos pays  et qui avez vos entrées dans tous les ministères de la république française :

-  Pourquoi  n’avez-vous pas fait une grève de la faim  quand les magistrats de la cour de cassation nous a rejetés hors humanité en estimant qu’il n’y avait pas lieu de condamner un blanc créole qui avait estimé que l’esclavage avait de bons cotés au motif qu’aucun texte ne le permettait, la loi TAUBIRA n’étant qu’une coquille vide.

- Où étiez-vous quand des avocats de Martinique et de Guadeloupe sont venus à plusieurs reprises plaider à la 17 ème chambre correctionnelle de PARIS pour faire sanctionner les agissements discriminatoires de ces magistrats.

Peut être estimez vous qu’un tel combat ne peut être le vôtre puisqu’il aboutit à mettre en accusation un système raciste fondé sur la domination du….blanc créole ce que vous refusez de faire dans votre démarche de….Réconciliation.

Monsieur ROMANA contrairement aux membres de la communauté des afro- descendants que vous tentez de couillonner nous savons que vos amis députés de l’assemblée nationale française vous accordera votre jouet que vous appelez pompeusement une « arme politique » à savoir l’adoption de la date du 23 mai pour la une commémoration des victimes de l’esclavage colonial.

Et alors vous bénéficierez de l’aura nécessaire  pour accéder au poste que vous souhaitez au sein du pouvoir colonial français puisque  c’est  vous qui avez présidé le comité qui a organisé le 23 mai 1998 cette marche des afros descendants à l’initiative de nombreuses associations dont vous ne semblez nullement vous souciez actuellement.

Ce qui est sur c’est que votre démarche résolument négationniste ainsi que tout le fric que les HAYOT, DE LUCY et DE JAHAM et autres blancs créoles, mettront dans votre fondation pour créer une mémoire expurgée du crime  et orientée dans l’acceptation de la domination du blanc,  ne suffiront pas à arrêter notre marche inexorable pour la reconnaissance pleine et entière de  notre dignité humaine qui implique la réparation.

Le 14 janvier 2017
Pour le MIR Martinique
C. DUHAMEL

dimanche, janvier 15, 2017

contre l'amendement instituant une "Journée nationale en hommage aux victimes de l'esclavage colonial"


"Sans élaborer ici sur la notion d’« esclavage colonial » qui est très critiquable car l’esclavage est un système qui a pu exister en dehors du moment colonial, il faut insister sur un autre aspect qui touche la Nation tout entière. En effet, l’entérinement de ces deux dates acte d’une séparation entre histoire et mémoire de l’esclavage. D’un côté, le 10 mai célébrerait « la traite, l’esclavage et leurs abolitions » c’est-à-dire, premièrement, le système sans les acteurs de l’histoire (et peut-on célébrer un système de violence extrême niant l’être humain ?) et, deuxièmement, les abolitionnistes ; de l’autre, le 23 mai rendrait « hommage aux victimes ». Cette opposition est non seulement artificielle mais aussi anachronique et dangereuse.

Artificielle car la pensée abolitionniste s’est élaborée au croisement de la philosophie humanitariste sur l’égalité du genre humain, d’analyses économiques sur la rentabilité du sucre des colonies de l’Atlantique et de l’Océan Indien et des révoltes d’esclaves qui, à partir surtout de la révolution de Saint-Domingue, entretiennent une forte pression sur les gouvernements.

Anachronique car les esclaves ne se sont pas pensés comme des «victimes », à savoir des personnes totalement soumises à un système. Ils ont résisté en permanence, soit les armes à la main, soit dans la vie quotidienne par le refus et le sabotage des moyens d’exploitation de leur force de travail, par les avortements des femmes, par les empoisonnements, par les incendies des plantations. L'histoire des esclaves est aussi celle de leur résilience, celle de leurs combats et de leurs succès, celle du pouvoir de leurs rêves et de leurs engagements.

Dangereuse car elle construit une identité figée de « victimes de l’esclavage » pour les Ultra-Marins et a fortiori pour la jeunesse que l’on ne peut lester de cette identité pour affronter le monde. Celui-ci doit leur appartenir à égalité. Dangereuse enfin car en entérinant, par un décret, l’opposition, entre « abolitionnistes » (le 10 mai) et « victimes » (le 23 mai), la République française valide une opposition implicite entre «Blancs » et « Noirs ». C’est une vision racialisée de l’histoire de France qui est établie, en catimini.

On le sait bien la situation actuelle de la France recommande expressément de tendre à l’unité et au partage des valeurs plutôt qu’à la division. Ce n'est pas le dolorisme qui construit ni le respect ni l'égalité; c'est l’affirmation des valeurs; c'est le débat et non l'imposition violente et anti-démocratique car il n’y a eu aucune concertation sur cet amendement qui n’est demandé que par une marge de la population ultra-marine, originaire des Antilles et demeurant dans l’hexagone, et n’est nullement soutenue par la majorité des personnes vivant dans les Outre-Mer. En revanche, il faut œuvrer à l’unité du pays en s’engageant dans un véritable travail sur les problèmes de continuité territoriale, sur les expériences de discrimination et de racisme, il faut construire le futur et n’ont pas entériner une République des identités antagoniques. "

Myriam Cottias

samedi, janvier 07, 2017

C’est arrivé aujourd’hui !… 7 Janvier: Haiti

Roger Lafontant (1931 – 1991)
7 Janvier 1991. Tentative d’un coup d’état orchestré par Roger Lafontant:
Lafontant, un ancien ministre des Duvalier, s’accapara du palais et força le président provisoire, Ertha pascal-Trouillot à lire un message dans lequel elle déclara démissionner. Les partisans de Jean-Bertrand Aristide, président nouvellement élu (16 Décembre 1990) envahirent les rues de Port-au-Prince et forcèrent l’Armée d’Haiti à intervenir et arrêter Roger Lafontant. Ce dernier fut assassiné dans la nuit du 29 au 30 Septembre 1991.

7 Janvier 1946. Début de la Grève des étudiants:
Cette grève amorça la chute de Elie Lescot.

mardi, janvier 03, 2017

3 Janvier: Haiti

Louis-Joseph Janvier (1855 – 1911)

3 Janvier 1908. Arrestation de Louis Joseph Janvier, alors candidat aux élections communales de Port-au-Prince

Louis Joseph Janvier qui était revenu en Haïti après près de trois décades d’absence fut relâché plus tard et échoua aux élections.

Louis-Joseph Janvier commence des études de médecine à Port-au-Prince, puis les poursuit en France à Paris où il obtient le diplôme de Docteur en médecine de l'Université de Paris en 1881. Il entre ensuite à Science Po, d'où il est diplômé deux ans plus tard, avant d'obtenir une licence en droit à Lille.

À Paris, il contribue à des journaux et revues en publiant de nombreux articles sur l'histoire d'Haïti et donne une autre version des faits historiques de ce pays. Il regroupe ses articles dans des recueils qu'il intitule « La république d'Haïti et ses visiteurs » (1882), « Haïti aux Haïtiens » (1884), et « L'Egalité des races » (1884). Il collabora à un volume collectif, « Les Détracteurs de la race noire et de la République d'Haïti » (1884).

Louis-Joseph Janvier est chargé d'affaires puis ministre plénipotentiaire à Londres. Il ne rentre au pays qu'en 1905.

En 1908, il est candidat malheureux à la mairie de Port-au-Prince.
Il retourne diriger la légation d'Haïti dans la capitale anglaise. Enfin il est nommé en poste à Paris ; il y meurt le 24 mars 1911.

Louis-Joseph Janvier (1855 – 1911)

samedi, décembre 31, 2016

31 Décembre : Haiti – Ephéméride du jour

Le Président Fabre Nicolas Geffrard (1806 – 1878)
31 Décembre 1878. Décès à Kingston, Jamaïque, de Fabre Nicolas Geffrard.
Né à Anse-à-Veau le 23 Septembre 1803. 

Geffrard fut président d’Haiti du 18 Janvier 1859 au 13 Mars 1867, quand il prit, avec sa famille, le chemin de l’exil, décédé en exil, à Kingston, Jamaïque. 

Il fut un homme politique haïtien. Il fut également président à vie de 1859 à son abdication en 1867. 

Durant son règne de 8 ans, il offre plus de liberté au peuple et devient le Père de la Patrie. Son règne fut la période geffrardienne. 

À son abdication, le pays sombre dans la crise et la guerre civile. 

Son père, le général Nicolas Geffrard, est l'un des pères de l'indépendance d'Haïti et meurt quelques semaines après sa naissance. 

Fabre Geffrard est alors adopté par son oncle, le colonel Fabre. Geffrard quitte le collège de la ville des Cayes en 1821 et s'enrôle dans l'armée. 

Quand le général Rivière Hérard engage une rébellion contre le président à vie Jean-Pierre Boyer en 1843, il le nomme lieutenant-colonel, et l'envoie dans la ville deJérémie où il bat les troupes de Boyer qu'il poursuit jusque dans la péninsule de Tiburon. 

Après ce triomphe militaire il est élevé au grade de général de brigade en 1844.

Le nouveau président, Jean-Baptiste Riché craint la popularité de Geffrard, et le fait arrêter pour essayer de le traduire en justice, mais la cour martiale l'acquitte faute de charge suffisante. Riché souhaite tout de même le faire assassiner. Mais le président meurt d'une crise cardiaque avant l'assassinat de Geffrard. 


En 1849, sous le règne de Soulouque, Geffrard commande une expédition contre la République dominicaine au cours de laquelle il est blessé à la bataille d'Azua. Il occupe les plus hautes fonctions dans l'armée sous le gouvernement de Faustin Soulouque et sous l'Empire. 

En 1849 Soulouque devenu l'empereur Faustin er le nomme au commandement d'une division de l'armée lors de la première guerre contre Saint-Domingue (aujourd'hui la République dominicaine), dans laquelle il a acquis la renommée par sa victoire à La Tabarra. 

Lors de la deuxième guerre contre Saint-Domingue (1856) le général Geffrard se distingue à plusieurs reprises, notamment grâce à l'habile direction de l'artillerie à Banico. 

Se dissociant de ce régime devenu impopulaire, il est menacé par l'empereur Faustin 1 er d'arrestation et d'exécution. Il s'échappe et organise une révolution, qui conduit à la chute de l'empire soulouquien.

Le 15 janvier 1859, quelques minutes après l'abdication de l'empereur Faustin er, il est proclamé président à vie avec droit de succession à Port-au-Prince. 


31 Décembre 1913.- Prise d’armes à Thomazeau.
Cette prise d’armes contre le président Michel Oreste fut matée le lendemain. Mais elle inspira d’autres, surtout dans le Nord, qui s’insurgèrent contre le gouvernement de Port-au-Prince. 


jeudi, novembre 24, 2016

Colonisation et esclavage : pour François Fillon, un « partage de culture »



Le dimanche 28 août 2016, à Sablé-sur-Sarthe, dans le parc du château, François Fillon, candidat à la primaire de la droite et du centre pour l'élection présidentielle de 2017, a choisi de réviser la définition communément admise de la colonisation et de dégager la responsabilité de la France dans la pratique de l'esclavage d’État, déclarant à l’emporte-pièce :
"Non, la France n'est pas coupable d'avoir voulu faire partager sa culture aux peuples d'Afrique, d'Asie et d'Amérique du Nord ! Non, la France n'a pas inventé l'esclavage !"

Cette saillie de François Fillon n’était par tout à fait conforme à l'héritage de son mentor, Philippe Seguin, qui avait demandé en juin 2002 au conseil de Paris de remettre en place la statue, place du général-Catroux, d’un ancien esclave, le général Dumas. Elle marquait également un certain décalage par rapport aux valeurs léguées par Joël Le Theule, ministre de l’outre-mer, auquel Fillon doit sa carrière. 

D'aucuns ont d’ailleurs jugé que le lieu choisi par François Fillon pour faire cette déclaration n'était pas un hasard : Sablé-sur-Sarthe, ville natale de Joël Le Theule, est en effet la commune dont Raphaël Elizé, un descendant d'esclaves de la Martinique, fut le maire socialiste de 1929 jusqu'à sa destitution par les autorités de Vichy en 1941 et sa déportation à Buchenwald, où il mourut en 1944, ce que François Fillon ne pouvait ignorer, puisqu'il a succédé à Raphaël Élizé et à Joël Le Theule à la mairie de Sablé-sur-Sarthe, où il fut élu de 1983 à 2001.

La date du 28 août est proche de celle du 23 août, fixée par l'UNESCO pour commémorer la traite et l'esclavage. C'est en effet le 23 août 1791 que les esclaves de Saint-Domingue (depuis république d'Haïti) se sont soulevés contre la colonisation esclavagiste française, accélérant l'abolition générale de l'esclavage, entérinée le 4 février 1794 par la Convention.

Même si François Fillon, lorsqu'il était Premier ministre, avait signé une circulaire tendant à affaiblir le caractère solennel de la journée du 10 mai -la date choisie par Jacques Chirac en 2006 pour la commémoration de l'esclavage, et devenue depuis institutionnelle-  il ne pouvait ignorer qu’une loi de 2001 reconnaît que l’esclavage tel que la France l’a pratiqué officiellement aux dépends de six millions d’Africains de 1635 à 1848, est un crime contre l’humanité.

La déclaration de François Fillon du 28 août 2016 lui a sans doute valu la sympathie et les voix de la droite extrême et de l'extrême droite, qui lui ont permis de passer en quelques jours, dans les semaines qui ont suivi son discours de Sablé-sur-Sarthe, d’une estimation de 12 % dans les sondages à 44 % de suffrages exprimés et de devancer Alain Juppé, jugé plus ouvert sur ces questions.

Mais elle a été sanctionnée, le 20 novembre 2016, par les Français des anciennes colonies esclavagistes au premier tour de la primaire de la droite et du centre. Les suffrages se sont en effet massivement portés sur Alain Juppé, le maire de Bordeaux, vainqueur en Guyane (avec 47,6 %), en Guadeloupe (43,4 %), en Martinique (35,36 %) et en Seine-Saint-Denis (35,8 %).

Outre l’indignation de l’outre-mer et des Français issus de la colonisation de l’Afrique, cette proclamation du 28 août 2016 n’a pu que susciter des interrogations dans les 47 pays qui, durablement ou non, partiellement ou en totalité, subirent la colonisation française :  Algérie, Anguilla, Antigua, Bénin, Brésil, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Canada, Chine, Comores, Côte d’Ivoire, Djibouti, Dominique, Égypte, États-Unis,  Gabon, Gambie, Grenade, Guinée, Haïti, Inde, Laos, Liban, Madagascar, Mali, Malte, Maroc, Mauritanie, Montserrat, Niger, République centrafricaine, République du Congo, Saint-Christophe, Saint-Domingue, Sainte-Croix, Sainte-Lucie, Saint-Eustache, Saint-Vincent, Sénégal, Syrie, Tanzanie, Tchad, Tobago, Togo, Tunisie et Vietnam.
Pour presque toutes ces nations, la colonisation française, qui a imposé le travail forcé aux indigènes de 1900 à 1946, fut violente et criminelle. Pour ne prendre qu'un exemple, à Madagascar, de 1883 à 1960, elle a occasionné plus de 500 000 morts : 17 % de la population initiale. Les Malgaches, traumatisés par cet épisode, n'y ont jamais vu aucun "partage de culture" et il leur arrive de le reprocher encore à leurs plus proches voisins français : les Réunionnais.
Est-il besoin de rappeler par ailleurs les horribles épisodes qui ont accompagné la colonisation française en Afrique ?

Si la France n'a évidemment pas inventé l'esclavage en général, elle a néanmoins été l’une des premières nations à développer l'esclavage d'État, subventionné par des primes, et légalisé par le code noir. C'est cette forme officielle et institutionnelle d'esclavage (et non l'esclavage en général) qui est commémorée tous les 10 mai.

L'esclavage a été rendu possible par la propagation du racisme. Et la France n'a aucune leçon à donner à cet égard, puisqu'elle compte malheureusement des théoriciens qui, les premiers, ont mis en doute l'unité de la nature humaine. C’est ce que fit Isaac La Peyrère en 1655. Et peu après, en 1684, c’est François Bernier, un médecin français, qui inventait l'idée absurde de prétendues « races » humaines. C’est la République française, prise en otage par Napoléon, qui a rétabli l’esclavage dans un bain de sang en 1802, après l'avoir aboli (ce qu'aucun pays au monde n'a jamais osé faire). C'est en outre un Français qui a inventé le mot de racisme en 1892, non pas pour dénoncer ce préjugé, mais pour en faire un mot d'ordre positif. Et nombreux sont les intellectuels français, comme Vacher de Lapouge, qui ont directement inspiré ou approuvé l'idéologie nazie.

Le passé colonial et esclavagiste de la France, même s'il est très déplaisant, fait partie intégrante de son histoire. Évoquer de tels faits sans les édulcorer n'a rien à voir avec une quelconque demande d'une prétendue "repentance". C'est un préalable nécessaire pour dépasser cette histoire et en effacer les séquelles, dont le racisme, qui fait peser aujourd’hui une lourde hypothèque sur l’avenir de la France, est le plus évident et le plus dangereux.

Nicolas Sarkozy, après avoir inauguré son quinquennat en déclarant d’entrée de jeu à Dakar, alors que François Fillon était son Premier ministre, que l’homme africain n’était «pas suffisamment entré dans l’histoire», a tenté, au cours de la campagne de la droite et du centre, de faire admettre aux Français de toutes origines qu'ils descendaient de "Gaulois". François Fillon est bien resté dans cette voie en flattant les préjugés de l'électorat ultraréactionnaire de la droite extrême et la mouvance identitaire, qui se reconnaît en lui, comme en témoigne le soutien affiché du raciste et eugéniste Henry de Lesquen.

En une période de troubles et d'attentats, il faut prendre garde à ne pas dresser les Français les uns contre les autres, à ne pas mettre en danger l'outre mer, les banlieues et le pays tout entier. Et il faut aussi s’attacher à ne pas blesser les anciennes colonies françaises, qui sont aujourd’hui des partenaires économiques essentiels, par des propos dédaigneux.

"L'homme de l'avenir est celui qui aura la mémoire la plus longue", écrivait Nietzsche. La courte mémoire condamne à être longtemps confronté à ce passé qu'on ne veut pas admettre.

Le 3 novembre 2016, sur France 2, lors du second débat de la primaire, François Fillon est revenu malgré lui sur sa déclaration du 28 août. Il a dû reconnaître que l'esclavage et la colonisation étaient bien des crimes. Il a cependant maintenu ses propos, adoptant, face à Élie Domota, qui lui reprochait le caractère raciste d'une phrase relevant, selon le syndicaliste, de l'apologie de crime contre l'humanité, une attitude où certains observateurs originaires d'outre mer et d'Afrique n'ont vu qu'arrogance et mépris.

Fillon a évoqué, pour se dédouaner, un discours prononcé à propos de la mort d'Aimé Césaire à l'assemblée nationale, le 13 mai 2008. Mais, dans cette allocution, il est surtout question de poésie, comme si Césaire n'était pas aussi l'auteur du Discours sur le colonialisme. Et les mots d'esclavage et de colonisation y sont soigneusement évités. L’ancien maire de Sablé-sur-Sarthe y fait allusion au "passé douloureux et enchaîné des peuples noirs" auquel Césaire était, selon lui, « fidèle ». Mais l'ancien Premier ministre ne semble pas directement concerné : comme si cette histoire n'était pas la sienne, comme s'il y avait bien eu des victimes, mais jamais de bourreaux. Et comme si les victimes, les "peuples noirs", du seul fait de leur couleur, étaient destinées de toute éternité à l'enchaînement et à la douleur.



Claude Ribbe 

 écrivain et réalisateur, auteur d’Une Autre Histoire (2016, le cherche midi éditeur)

mardi, novembre 22, 2016

22 Novembre – Ephéméride du jour


22 Novembre 1987. Incendie du marché Salomon.


Un acte entrant dans la série d’actions par un secteur hostile aux élections du 29 Novembre. Parmi ces actions on peu citer:
L’incendie criminel qui détruisit le magasin d’Emmanuel Ambroise, un membre du CEP (3 Novembre);
– L’incendie à l’Imprimerie le Natal. Cette Imprimerie était chargée de préparer les bulletins de vote (4 Novembre);
– Le tirs répétés provenant d’armes automatiques la veille des élections etc…

22 Novembre 1891. Inauguration du Marché Vallière.

Communément appelé « Marché En-bas », ce marché demeure le centre commercial névralgique de Port-au-Prince. « Fabriqué à Paris, aux usines Bandit, Donon et Cie, ce marche qui rappelle l’architecture des Anciennes Halles parisiennes, comporte deux immenses hangars métalliques reliés par un pavillon central de style mauresque flanqué d’une tourette à chaque angle et orné d’une horloge. Il a coûté au gouvernement haitien ( Florvil Hyppolite ) 130.000 dollars. »
Détruit lors du tremblement de terre du 12 janvier 2010, il a été immédiatement reconstruit.

22 Novembre 1791. Les troupes du Beauvais attaquèrent Port-au-Prince.

En peu de temps, ces troupes composées d’hommes de couleur, s’emparèrent de la ville détruisant ou brûlant tout sur leur passage. Cette attaque s’inscrit dans le contexte de la révolte des hommes de couleur qui réclamaient la jouissance des droits égaux avec les colons blancs.

22 Novembre 1960. Établissement de la loi martiale sur tout le territoire.


Le mois de novembre 1960 fut particulièrement turbulent. Une grève d’étudiants initiée deux mois plus tôt et soutenue par les franges les plus en vue de la société haitienne se solda par un échec avec l’arrestations de plusieurs chefs de file et la ferméture de l’université. Par la suite, plusieurs personnalités qui avaient montré une certaine sympathie pour les étudiants furent également expulsées dont Mgr. Poirier, archevêque de Port-au-Prince, le 24 novembre.

22 Novembre 1968. Transfert des restes du président Dumarsais Estimé.

Cérémonie à laquelle participèrent le président François Duvalier, les membres du corps diplomatique et de la famille de l’ancien président. Les restes furent transférées dans un mausolée construit spécialement pour la circonstance à la cité de l’Exposition. A titre posthume, le diplôme et les insignes de l’Ordre militaires Jean-Jacques Dessalines au grade de Grand Collier lui furent conféré. Soulignons que François Duvalier, fut ministre de la Santé Publique et du Travail sous l’administration d’Estimé.

jeudi, novembre 10, 2016

10 Novembre – Ephéméride du jour


10 Novembre 1908. Antoine Simon pris les armes contre le président-général Nord Alexis.

Délégué militaire du gouvernement dans le département du Sud, Antoine Simon fut révoqué par le président Nord Alexis. Pour protester contre cette révocation, ses partisans dans le Sud le poussèrent à prendre les armes contre le régime de Port-au-Prince.

lundi, novembre 07, 2016

7 Novembre – Ephéméride du jour


7 Novembre 1914.- Davilmar Théodore devint président d’Haïti.

Chef d’une armée insurrectionnelle qui avait, en février 1914, subit une défaite face aux troupes d’Oreste Zamor, il finit, comme ses prédécesseurs par s’imposer à Port-au-Prince et se faire élire par l’Assemblée Nationale. Son gouvernement prit fin quelques mois plus tard, le 22 Février 1915.

7 Novembre 2009.- Ratification de la nomination de Jean-Max Bellerive, premier ministre désigné, par la Chambre des Députés.

Ministre des deux gouvernements précédents nommé au poste de premier ministre et mommé par le président René Préval quelques heures seulement après la motion de censure du Sénat à l’encontre de Michel Pierre-Louis (30 Octobre), il fut ratifié avec une majorité confortable de 52 voix.

dimanche, novembre 06, 2016

6 Novembre – Ephéméride du jour


6 Novembre 1987.- Henri Namphy, alors chef du Conseil national de gouvernement (CNG), s’autoproclame commandant-en-chef des Forces armées d’Haiti (FADH).

On est en pleine période électorale, et le général Henri Namphy qui devrait en principe abandonner le pouvoir à l’avènement du nouveau président (prévu au 7 février 1988) veut encore s’y agripper en se nommant le chef des FADH, l’armée étant, à ce moment là, incontournable.

6 Novembre 2009.- Le Sénat de la République ratifie Jean-Max Bellerive, premier ministre désigné.

Nommé par le président René Préval quelques heures seulement après la motion de censure du Sénat à l’encontre de Michel Pierre-Louis (30 Octobre), cette ratification constitue à date, un record dans les annales des nominations des chefs de gouvernement haitiens. Le vote a été obtenu à la majorité des sénateurs présents lors d’une courte séance. 

6 Novembre 1883.- Décès du général Louis Dufresne.
Ministre de la guerre et de la marine du 9 avril 1848 jusqu’à la fin de l’Empire de Daustin 1er., le général Dufresne, sous la présidence de Geffrard, commanda l’arrondissement de Port-au-Prince.

jeudi, novembre 03, 2016

La Martinique et la Première Guerre mondiale en 100 questions-réponses


La Martinique et la Première Guerre mondiale en 100 questions-réponses
(éditions ORPHIE)

Un ouvrage de Sabine ANDRIVON-MILTON
Exemples de questions :
Pourquoi les soldats martiniquais ont-ils participé à la guerre ?
Combien sont morts ?
Ont-ils servi de chair à canon ?
Quels ont été les effets de la guerre sur la Martinique ?
Quels sont les lieux de mémoire de la guerre en Martinique ?

Cet ouvrage apporte les réponses à une centaine de questions et permet de mieux comprendre cette période de l’histoire de la Martinique qui est restée longtemps peu connue.


SOMMAIRE

  • La Martinique à la veille du conflit
La Martinique pendant la guerre
La mobilisation des soldats martiniquais
Les soldats martiniquais dans la guerre
La fin de la guerre et le retour des soldats
L’après-guerre et les lieux de mémoire
Documentaires, colloques, ouvrages, expositions


Un ouvrage indispensable pour tous ceux qui veulent connaître cette histoire.

RENCONTRES AVEC LE PUBLIC- DEDICACES


SAMEDI 5 NOVEMBRE 2014

9h-11h :
Librairie antillaise la Galléria

16h-18h
librairie antillaise le Rond Point

JEUDI 10 NOVEMBRE
18H
PREFECTURE DE FORT-DE-France (séminaire CANOPE)


L’AUTEUR


LE LABEL CENTENAIRE


Cet ouvrage a obtenu le label national Centenaire qui permet de distinguer les projets les plus innovants et les plus structurants pour les territoires. Avec ce label l’ouvrage est répertorié dans le programme national officiel des commémorations du Centenaire.

QUESTIONS A L’AUTEUR

  1. Pourquoi ce titre ? Pourquoi 100 questions et pas plus ?
Nous avons retenu cent questions pour correspondre au Centenaire 14-18. Nous avons aussi constaté que la formule questions-réponses plaisait aux lecteurs.

  1. Pourquoi avez-vous écrit un ouvrage de plus sur la Grande Guerre ?
Au cours de mes interventions auprès des scolaires et du grand public, il revenait les mêmes questions concernant la participation de la Martinique et des soldats martiniquais dans la Grande Guerre. Il m’a donc semblé opportun, avec le Centenaire, de réaliser cet ouvrage qui apportera des réponses simples aux questions les plus fréquemment posées. Il deviendra ainsi un outil indispensable pour les personnes désirant s’informer sur le sujet. Cet ouvrage fait un peu la synthèse des ouvrages précédents.

  1. N’a-t-on pas déjà tout dit sur cette guerre?
Pas du tout. Au contraire. Il reste plusieurs sujets à étudier, comme le rôle des soldats martiniquais dans la bataille de Verdun, leur implication dans le Chemin des dames et la bataille de la Somme… Avec le Centenaire, plusieurs thématiques sont mises en lumière et permettent d’approfondir cette histoire sous divers angles. Ce qui n’avait pas encore été fait à ce jour.

  1. Quel public visez-vous pour cet ouvrage ?

Je vise en premier lieu les scolaires car le sujet de la Première Guerre mondiale est étudié au CM2, en 3e et en 1ère. Cet ouvrage est aussi destiné aux enseignants qui pourront réaliser leurs cours et au grand public.

  1. Pensez-vous que les Martiniquais s’intéressent à l’histoire militaire?

Les Martiniquais s’intéressent à leur histoire et sont de plus en plus avides de connaissances. Cela se ressent pour l’intérêt qu’ils portent à la découverte du patrimoine. Lors de la journée du patrimoine, les sites militaires sont très fréquentés. Nous avons encore dans notre société, une grande partie des adultes qui ont fait leur service militaire. Celui qui ne s’intéresse pas à l’histoire militaire veut quand même connaître le rôle joué par la Martinique et les Martiniquais dans les différents conflits car cela n’avait pas été étudié autrefois.

  1. Peut-on savoir quel sera votre prochain ouvrage ?

Si l’ouvrage se rapportant à la Première Guerre mondiale retient l’attention des lecteurs, je réaliserai celui se rapportant à la Seconde Guerre mondiale.




mardi, novembre 01, 2016

1er Novembre – Ephéméride du jour


1er Novembre 1919. Mort de Charlemagne Péralte

Trahi par Jean-Baptiste Conzé, un de ses lieutenants, Charlemagne Péralte reçut deux balles au dos de Hermann Hanneken, un commandant américain. 
Pour l'histoire :
François Borgia Charlemagne Péralte (1885-1919) fut un révolutionnaire nationaliste haïtien et chef du mouvement Cacos, opposé à l'occupation d'Haïti par les États-Unis, capturé et exécuté par l'armée américaine près de Grande-Rivière-du-Nord.

Charlemagne Péralte est né le 10 octobre 1885 dans la ville de Hinche au sein d'une famille aisée et cultivée. En 1915, les forces militaires des États-Unis débarquent en Haïti et occupent le pays jusqu'en 1934.

Les forces américaines se déploient dans le pays sans d'incident majeur sauf à Léogâne, où Charlemagne Péralte, commandant de la sécurité militaire de la région, refuse de déposer les armes et le drapeau national sans en avoir reçu l'ordre officiel des autorités haïtiennes. Sa carrière militaire et administrative brisée, il démissionne et retourne dans sa ville natale de Hinche pour s’occuper des terres familiales.

Les États-Unis font élire un Président, le président du Sénat Philippe Sudre Dartiguenave et signer un traité, base légale de l’occupation, par lequel ils prennent le contrôle des douanes et de l’administration. L’administrateur américain a le pouvoir de veto sur toutes les décisions gouvernementales d’Haïti et les officiers des Marines servent dans les provinces. Ainsi, 40 % des recettes de l'État passent sous le contrôle direct des États-Unis. L'armée est dissoute au profit d'une gendarmerie, destinée à maintenir l'ordre intérieur. Les officiers sont américains. Les institutions locales, cependant, continuent à être dirigées par les Haïtiens.

En 1917, le Président Philippe Sudre Dartiguenave demande la dissolution de l’Assemblée qui avait refusé d’approuver une Constitution inspirée par le secrétaire à la Marine des États-Unis : Franklin D. Roosevelt. Ceci fut fait par la gendarmerie, commandée par le Marine Smedley Butler.

Les occupants américains manifestent du racisme. Cette attitude consterne et indigne en particulier l'élite mulâtre, francophone et éduquée.

En 1918, des routes sont construites sous le système de la corvée. La réaction populaire est violente. À la fin de l’année, le pays est en état d’insurrection. Les paysans armés, surnommés « cacos », sont jusqu'à 40 000. Leurs chefs les plus connus sont Charlemagne Péralte et Benoît Batraville qui attaquent la capitale, Port-au-Prince, en octobre 1919. Charlemagne Péralte entreprend le harcèlement des forces américaines. Avec un armement limité à quelques vieux fusils et des machettes, les Cacos opposent une telle résistance que les effectifs des Marines sont augmentés, et les États-Unis en viennent à utiliser leur aviation pour contrôler le territoire et mater la guérilla.


Après deux ans de combats, fort du soutien de la population, Charlemagne Péralte proclame un gouvernement provisoire dans le Nord d’Haïti, en 1919.
Charlemagne Péralte est trahi, et tué par les Américains le 31 octobre 19191. Un cliché du cadavre de Charlemagne Péralte, pris par les Américains, montre le corps du héros révolutionnaire attaché à une porte et accompagné du drapeau bicolore haïtien. Cette photographie est reproduite à des milliers d’exemplaires pour être distribuée dans tout le pays.

Benoît Batraville, lieutenant de Péralte, reprend le flambeau de la lutte. Le 2 décembre 1919, un congrès organisé par les forces rebelles révolutionnaires désigne Benoît Batraville commandant des forces Cacos en remplacement de Péralte. Quelques mois plus tard, trahi à son tour, il est arrêté par les soldats américains et exécuté sommairement par eux le 20 mai 1920. Son corps est enterré au cimetière de Mirebalais.

Il fallut deux ans aux Marines américains pour mater la révolte au prix de plus de deux mille morts haïtiens.

La mort de Charlemagne Péralte a pris pour les Haïtiens la dimension d’un martyre. Après le départ des forces américaines en 1934, le corps de Péralte fut déterré, identifié par sa mère et enterré avec les honneurs au cimetière de Cap-Haïtien. Après la mort de ses chefs guérilleros, le mouvement révolutionnaire Cacos va faiblir et finalement sera éliminé en 1921.

1er Novembre 1845. Transfert du siège du gouvernement au Cap-Haitien.
Le président Louis Pierrot (16 Avril 1845 – 28 Février 1846), originaire du Nord, qui dédaignait les Port-au-Princiens, les accusant de traites, décida de retourner dans son patelin et obligea son entourage et les membres de son gouvernement à le suivre. Après son renversement, Port-au-Prince reprit son titre de capitale et ses fonctions de siège de gouvernement

lundi, octobre 31, 2016

31 Octobre – Ephéméride du jour


31 Octobre 1906.- Mariage de Louis Borno et de Hélène Saint-Macary:

Cette dernière fut la troisième épouse de Borno qui devint président d’Haiti le 15 Mai 1922. De ce mariage naquirent Madeleine, Henri et Simone.

31 Octobre 1929.- Début de la grève des étudiants de l’École d’Agriculture de Damien:

« Les étudiants de Damien, « frappés dans leur poche » autant que dans leur orgueil et « leur amour-propre » sont furieux » (Leconte, Frantz-Antoine. Jacques Roumain et Haïti: la mission du poète dans la cité. La grève prit une tournure politique quand des étudiants d’autres établissements du pays commencèrent à se solidariser des élèves agriculteurs.

Cette première grève d’étudiants Haitiens et le massacre de Marchaterre du 6 décembre suivant portèrent les occupants à créer une commission dite Commission Forbes pour évaluer sur place la situation et proposer d’éventuelles solutions.

31 Octobre 1941.- Décret-loi créant le Bureau d’Ethnologie de la République d’Haïti:

Conçu comme un établissement de recherche, de vulgarisation et de sauvegarde du patrimoine devant œuvrer dans les domaines de l’ethnographie et de l’archéologie. Cinq tâches lui sont assignées:
Inventorier, classer et conserver les pièces ethnographiques et archéologiques;
Investigation méthodique et la protection des sites archéologiques;
Mise sur pied d’un musée où seront conservés les objets provenant directement de la « campagne de rejeté »;

Développement de l’enseignement de l’ethnologie;
Publication d’un bulletin comportant le résultat des recherches du Bureau et les travaux d’ethnologues haïtiens et étrangers

samedi, octobre 29, 2016

29 Octobre – Ephéméride du jour


29 Octobre 1918.- Décès à New York de Michel Oreste

Président d’Haiti du 4 mai 1913, Michel Oreste, né à Jacmel le 8 avril 1859, dut démissionner le 27 janvier 1914 sous la pression d’une insurrection.

Michel Oreste-Lafontant dit Michel Oreste (8 avril 1859 - 29 octobre 1918), fut président de la république d'Haïti du 4 mai 1913 au 27 janvier 1914. Durant sa présidence, se profile à l'horizon un futur conflit mondiale, Oreste ne cache pas qu'il soutient l'Allemagne. Ses convictions parfois dictatorial vont causer sa chute le 27 janvier 1914, quelques mois avant le début de la Première Guerre Mondiale. Il finit ses jours en exil à New York.

Michel Orest est élu le 4 mai 1913 Président de la République par l'Assemblée nationale avec 72 voix contre 17 voix pour le sénateur Cauvin, 5 voix pour le géneral François Beaufossé Laroche et 1 voix pour le sénateur M. Morpea, dans une période de trouble faisant suite à la mort du président Tancrède Auguste. Selon Oreste, le pays ne peut sortir de la crise que si le pouvoir législatif et exécutif appartienne à une seule et unique personne pour diriger Haïti. 

Certains craignent alors une dictature. Oreste dut donc démissionner le 27 janvier 1914 sous la pression d'une insurrection. Il s'enfuit à bord du croiseur allemand SMS Vineta, puis du paquebot Prinz Eitel Friedrich en direction de la Colombie, où il se rend en exil. Il meurt d'urémie à New York.

Après sa démission et son départ, un comité civilo-militaire a été chargé d'assurer l'ordre; c'est le Comité de Salut Public dirigé par Edmond Polynice qui dura jusqu'au 8 février 1914 et l'élection de Oreste Zamor, ancien commandant militaire du département de l'Artibonite, qui triompha facilement de ses rivaux du Nord et se fit élire président par l'Assemblée nationale.