jeudi, mai 06, 2010

162ème Commémoration de l’abolition de l’esclavage et des traites négrières : focus sur Haïti


La 162ème Commémoration de l’abolition de l’esclavage et des traites négrières aura lieu les 9 mai et 10 mai 2010 à l’Esplanade Gloriette. Différents événements : village de la mémoire, conférences, visites guidées, expositions, animations ponctueront ces deux journées où Haïti sera à l’honneur.

A l’occasion de la 162ème commémoration de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions, la Ville de Nantes a souhaité rendre hommage au peuple haïtien qui traverse des moments douloureux. La culture haïtienne se nourrit de l’histoire de la traite, des luttes qui ont marqué la naissance du pays jusqu’à aujourd’hui.

Grande figure de la littérature haïtienne, essayiste et romancière, l’invité d’honneur est Yanick Lahens ; elle met au cœur de son art l’histoire de l’esclavage et la question de l’exil ; après un premier roman Dans la maison du père, elle vient de publier La couleur de l’aube qui a reçu le prix Millepages en 2008 et le prix RFO en 2009.

Différents moment fort animeront ces deux journées de commémoration :

Le dimanche 9 mai.
- 11h : une rencontre avec Yanick Lahens aura lieu pour évoquer la question de l’esclavage, de son abolition et de ses subtiles survivances.

- 14h : Danse traditionnelle gabonaise.

- 15h : Lectures du concours de nouvelles et poèmes.

- 16h : Spectacle conté No Missié paroles de femmes esclaves

- à partir de 18h : Appel solennel des Résistants, concerts et arrivée de la marche des esclaves sur le village de la mémoire.

- 19h : projection du documentaire Haïti, le pays du dehors, de Evelyne Jousset et du film Les insurgés de Cayenne en présence de Barcha Bauer (réalisateur), André Bendjebbar (auteur) et Henriette Dorion-Sébéloué (témoin) au Cinématographe de Nantes

- 21h : AKYIO - Concert sous chapiteau.

Le lundi 10 mai

- 16h30 : Danse hip-hop.

- 17h : Les Amis du bélé.

- 17h25 : Chansons pour Haïti.

- 18h15 : Création musicale et mini-concert de jeunes nantais, en présence de l’ensemble vocal de l’Ogooué et Amazing Gospel, sous la direction de Jackson Reed – Casa Africa Nantes.

- 18h50 : Calyps’Atlantique.

- 19h45 : Gospel.

- 20h30 : « Black Fire », Création musicale de Bob Destiny musicien américain, accompagné par 30 jeunes professionnels nantais.

- 22h30 : Cérémonie du Bois Caïman par la troupe Boukman.

Par ailleurs, diverses expositions telles que D’Ayiti à Haïti, la Liberté conquise de Mme Vendryes, La production du rhum au XIXe sièclede AAGLA et Résistances africaines à la traite négrière par le collectif du 10 mai jalonneront ces deux journées de commémoration.

Antoine Bernier

mercredi, mai 05, 2010

Les Africains aussi coupables de la traite négrière que les Américains et Européens


La semaine dernière, le professeur d’Harvard Henry Louis Gates Jr. a fait l’annonce controversée que les Africains noirs étaient autant à blâmer pour l’esclavage que les Européens et Américains blancs. Selon Gates, l’implication des Africains rend la question de réparation pour les descendants d’esclaves encore plus complexe. Mais est-ce là, la question?

Dans l’esprit de Gates, les gens qui ont le plus profité de la traite transatlantique des esclaves (les Européens et les Américains) ne sont pas plus ou moins coupables que ceux qui ont vendu les premiers esclaves en captivité (l’élite africaine). C’est comme dire que les gens qui ont référé des clients à Bernie Madoff sont aussi coupables que l’homme qui fait des milliards en escroquerie.

Dans l’article de Gates parut au New York Times, “Mettre fin au jeu du blâme de l’esclavage », il nous rappelle que 90 pour cent de ceux expédiés vers le Nouveau Monde ont été réduits en esclavage par les Africains et ensuite vendu aux marchands européens. » Pour le débat sur la réparation, Henry Gates soutient qu’il est insoluble parce que les gens noirs étaient tout aussi complices de la traite des esclaves que les Blancs. Mais cette logique est déficiente en deux points : l’identification du coupable d’origine ne dispense pas toutes les autres parties coupables elles aussi, et que les bénéfices en argent tirés de la faute originelle sont seuls motifs d’une certaine forme de compensation.



Pendant des années, Gates tente de faire la lumière sur l’institution de l’esclavage. Selon lui , cela a été rendu possible, en partie, par des Africains, qui mettaient d’autres Africains en esclavage et ensuite les vendaient. Que les motivations de ses allégations sur ce scandale historique ont un caractère purement scientifique ou encore ont été faites pour apaiser la culpabilité de l’Amérique blanche, elles font l’objet de débat. Toutefois, il fournit un contrepoint nécessaire à la vision déformée de l’histoire de nombreux romantiques noirs.

Mais un point de vue prétendument juste et équilibré de l’Histoire ne justifie pas sa nullité de l’argument de la réparation. Si quelqu’un a volé ma voiture et il a vendu, je voudrais que le voleur soit traduit en justice. Je suis plus concerné de reprendre possession de ma voiture que de la personne qui est actuellement en sa possession. Les gens qui ont vendu les Africains en esclavage sont de moindre importance dans cette équation. Si c’était des Martiens qui avaient vendu les Africains aux Américains, est-ce que ça changerait vos idées sur les États-Unis ou les sociétés qui sont nées des capitaux de l’esclavage? Pas du tout. Ils en ont profité amplement.

L’Amérique ne serait pas l’empire capitaliste qu’il est aujourd’hui sans plus de 400 années de travail gratuit, de l’esclavage qui l’ont catapultés au premier rang économique mondial. Beaucoup de grandes sociétés – les compagnies de tabac, les sociétés cotonnières, les compagnies d’assurance, les institutions financières – sont devenues importantes grâce aux bénéfices obtenus par l’esclavage.

Henry Gates estime que la demande de réparations est accablée par les aspects pratiques de déterminer qui doit payer. Mais c’est en fait une opération beaucoup plus simple que ce qu’il peut imaginer : ceux qui ont profité de ce qui n’était pas le leur — la vie humaine des Africains – ont une dette à payer, point final. Le tableau de la justice est incomplet sans cette compensation.

Gates doit se demander s’il est plus en colère avec Lucia Whalen, sa voisine qui a appelé la police pour lui alors qu’il tentait d’entrer dans sa propre maison, ou la police qui lui ont effectivement mis les menottes pour temporairement enlever sa liberté.

L’histoire démarre jeudi 16 juillet 2009, quand une femme s’étonne de voir deux hommes noirs s’acharner autour de la serrure d’une maison voisine, à Cambridge, dans le Massachusetts. Elle alerte la police, qui dépêche le sergent James Crowley sur les lieux. À son arrivée, l’homme soupçonné d’avoir forcé l’entrée de la résidence de cette banlieue chic de Boston est déjà dans l’entrée de la maison. Quand il est interpellé par l’officier, un Blanc, l’homme, qui n’est autre qu’Henri Gates Jr, l’un des universitaires noirs les plus influents du pays, auteur de livres et de documentaires, président du comité de sélection du Prix Pulitzer et directeur du prestigieux Institut W.E. B Dubois sur la recherche africaine et afro-américaine de l’université de Harvard, refuse de présenter ses papiers et affirme qu’il est le propriétaire des lieux. Un policier arrivé en renfort écrit dans son rapport avoir entendu le professeur Gates hurler : « C’est ce qui arrive aux Noirs en Amérique ! »

Après avoir finalement montré ses papiers d’identité et sa carte d’immatriculation de Harvard, Henri Gates est néanmoins menotté et emmené au poste pour « conduite contraire aux bonnes mœurs ». Ces charges seront abandonnées et le professeur rentrera chez lui après quatre heures au poste. Mais l’histoire fait le tour du pays et enflamme la blogosphère. L’universitaire exige des excuses du policier, qui refuse, affirmant n’avoir fait que suivre les procédures en vigueur.

Le tout vient à l’oreille du président Barack Obama qui affirme que « la police a agi de manière stupide ». La police se dit insultée, mais le président Obama garde son point. L’aventure se conclut par une invitation à la Maison Blanche du policier et du professeur par le président américain pour discuter des relations raciales.

Le 9 mars 2010, Gates allègue à l’émission le Oprah Winfrey Show que lui et Sgt. James Crowley, le policier dans l’incident de Cambridge, partagent un ancêtre commun.

Nanny ( 1680- 1730) - Jamaïque


Nanny est fondatrice de la ville qui porte aujourd’hui son nom, Nanny Town.

Membre de la tribu Ashanti dans l’actuel Ghana, amenée en Jamaïque comme esclave, Nanny s’enfuit peu après son arrivée, avec ses cinq frères, dont Cudjoe, grand leader marron.

Ensemble, ils organisent une société de libres, mènent la rébellion, luttent contre les Britanniques et libèrent des esclaves. Traqués dans les montagnes par les chiens, les nègres marrons sont finalement débusqués dans leur quartier général.

La guérilla prend fin en 1734. Cinq années plus tard, en 1739, un traité signé entre le général Cudjoe et le colonel Guthrie accorde le statut d’hommes libres aux marrons, ainsi que six cents hectares de terre.

Des traités analogues seront signés avec d’autres leaders marrons tels que Quao, Johnny ou encore Accompong.

Une clause bien singulière sera néanmoins rajoutée aux traités : les nègres marrons ne continueront à bénéficier des « privilèges concédés » que s’ils collaborent aux recherches d’esclaves en fuite.

Charles Louis de Secondat, baron de Montesquieu (1689-1755) - France


« Si j’avais à soutenir le droit que nous avons eu de rendre les nègres esclaves, voici ce que je dirais :

- Les peuples d’Europe ayant exterminé ceux de l’Amérique, ils ont dû mettre en esclavage ceux de l’Afrique pour s’en servir à défricher tant de terres. […]

- On ne peut se mettre dans l’esprit que Dieu, qui est un être très sage, ait mis une âme, surtout bonne, dans un corps tout noir. […]

- Il est impossible que nous supposions que ces gens-là soient des hommes ; parce que, si nous les supposions des hommes, on commencerait à croire que nous ne sommes pas nous-mêmes chrétiens.

- De petits esprits exagèrent trop l’injustice que l’on fait aux Africains. Car, si elle était telle qu’ils le disent, ne serait-il pas venu dans la tête des princes d’Europe, qui font entre eux tant de conventions inutiles, d’en faire une générale en faveur de la miséricorde et de la pitié ? »

Ces citations du savant et philosophe du siècle des Lumières Montesquieu sont extraites De l’esprit des Lois, traité de sociologie politique publié en 1748. Parfois interprétées au premier degré, il s’agit en vérité d’une satire. De l’esclavage des Nègres ridiculise l’esclavagisme en feignant d’être l’avocat de l’esclavage des « noirs ». Montesquieu reprend tous les clichés alors en usage, pour les retourner, et ainsi confronter l’esclavagiste à l’absurdité de ses actes.

Vincent Ogé (18e siècle) - Haïti


Propriétaire et membre de la Société des Amis des Noirs, Vincent Ogé prend position pour l’égalité des libres et des affranchis.

Les colons refusent d’appliquer aux métis le droit de vote, que le décret de l’Assemblée nationale du 28 mars 1790 accorde aux hommes libres âgés de vingt cinq ans. En octobre 1790, Ogé et son ami Jean-Baptiste Chavannes prennent les armes et organisent une troupe armée de près de 300 rebelles dans la partie française de Saint-Domingue (aujourd’hui Haïti), regroupant la majorité des esclaves français.
Repoussés par la garde nationale du Cap Français, constituée de 1500 hommes, ils trouvent refuge dans la partie espagnole, mais sont rapidement capturés et livrés aux autorités françaises coloniales.
Suite à un procès, Ogé et Chavannes sont torturés par le supplice de la roue et exécutés le 25 février 1791.

« Les dits Vincent Ogé jeune, […] et Jean-Baptiste Chavannes, [sont condamnés] à être conduits par l’exécuteur de la haute justice au-devant de la principale porte de l’église paroissiale […], et là, nu-tête et en chemise, la corde au cou, à genoux, et ayant dans leurs mains chacun une torche de cire ardente du poids de deux livres, faire amende honorable, et déclarer à haute et intelligible voix que c’est méchamment, témérairement et comme malavisés, qu’ils ont commis les crimes dont ils sont convaincus, qu’ils s’en repentent et en demandent pardon à Dieu, au roi et à la justice ; […]conduits sur la Place d’Armes […] et d’y avoir les bras, jambes, cuisses et reins rompus vifs, sur un échafaud […], et mis par l’exécuteur de la haute justice sur des roues, pour y rester tant qu’il plaira à Dieu de leur conserver la vie ; ce fait leurs têtes coupées et exposées sur des poteaux ; […]Extrait du procès Ogé / Chavannes

Evariste de Parny (1753-1814) - La Réunion


« Méfiez vous des Blancs, habitants du rivage », c’est ce qu’Evariste de Parny fait dire à un vieux chef malgache dans ses célèbres "Chansons Madécasses".

Né en 1753 à L’Hermitage de Saint-Paul, Évariste de Parny est issu d’une famille originaire du Berry, installée en 1698 à l’île Bourbon, aujourd’hui La Réunion. Il quitte son île natale à l’âge de neuf ans pour la France, puis passe une grande partie de sa vie entre l’île Bourbon et la France, essentiellement Paris, où il fait ses études et où il travaille un temps à la Cour du Roi.

Lors d’un retour provisoire dans l’île, il prend conscience de ce qu’est réellement l’esclavage. Refusant de le cautionner, il décide de repartir pour l’Europe.
Ses "Chansons Madécasses" sont les premiers poèmes en prose de langue française. Dans ce recueil, qui date de 1787, le poète fait entendre la voix des Malgaches luttant contre la colonisation française et contre l’esclavage.

Ces poèmes seront mis en musique par le compositeur français Maurice Ravel en 1926.
La poésie de Parny a été extrêmement populaire au début du XIXe siècle. « Je savais par cœur les élégies du chevalier de Parny, et je les sais encore », écrit ainsi Chateaubriand en 1813.

Mary Prince (1788- ? 1833) - Angleterre


Née esclave aux Bermudes, alors qu’elle est âgée d’une quarantaine d’années Mary Prince est amenée en Grande Bretagne par son dernier propriétaire. Alors mariée à Antigua à un homme libre, elle souhaite obtenir son affranchissement afin de pouvoir retrouver son île et son époux sans retomber dans l’esclavage.
Elle s’enfuit et trouve du travail chez le secrétaire de la Société anti- esclavagiste.

Elle publie en 1831 L’Histoire de Mary Prince, première autobiographie d’une femme « noire » éditée en Angleterre. Mary Prince y raconte comment, à l’âge de douze ans, elle est séparée de sa famille et vendue sur un marché aux esclaves des Bermudes. Elle décrit une vie faite de travail forcé et de sévices quotidiens exercés sur elle ou sur ses compagnons.
C’est sur ce témoignage que Thomas Pringle et ses amis de la société abolitionniste d’Aldermanbury s’appuieront, entre autres, pour obtenir la liberté de Mary Prince.
Le récit de sa vie sera un des témoignages les plus importants pour le mouvement pour l’abolition de l’esclavage en Grande Bretagne.

La Mulâtresse Solitude (1772-1802) - Guadeloupe


Ceux qui la redoutent, c’est-à-dire les partisans de l’esclavage, disent d’elle qu’elle laisse « éclater, en toute occasion, sa haine et sa fureur ! ».

La Mulâtresse Solitude est une figure remarquable de la lutte pour la liberté en Guadeloupe.

La Mulâtresse Solitude (nom qu’elle s’est elle-même donné), s’est battue avec ferveur depuis son enfance pour la liberté. Née à la suite du viol de sa mère captive par un « blanc » sur un navire négrier, elle s’évade de la plantation, dès son adolescence, pour devenir marronne. Elle connaît la première abolition de 1794, votée par la Convention. Mais lorsque Napoléon Bonaparte rétablit l’esclavage, en 1802, elle se rallie à l’appel de Louis Delgrès et combat à ses côtés pour la liberté.
Capturée enceinte lors de la bataille du 8 mai, elle est pendue le 19 novembre 1802, au lendemain de son accouchement.

Anchaing - 18ème siècle - La Réunion

Epris d’une jeune esclave nommée Héva, il surprend le maître en train de la battre violemment. Il s’enfuit alors avec elle. Ensemble ils se réfugient dans le Cirque de Salazie, au sommet d’une montagne réputée inaccessible.
C’est sur ce sommet qu’ils choisissent d’établir leur campement. Héva et Anchaing sont pourchassés, notamment par un chasseur professionnel de marrons nommé Bronchard.
Il existe de nombreuses versions de cette histoire. Selon une première version, Bronchard aurait capturé Anchaing, Héva et leurs enfants, et les aurait ramené chez leur maître.
Selon une seconde, la fille du maître, à la mort de son père, aurait affranchi les deux esclaves et leurs enfants.
Finalement, une version raconte que Bronchard aurait tué Anchaing et ramené en esclavage Héva et ses enfants.
Anchaing et Héva contribuent au récit réunionnais de l’aspiration à la liberté. Un sommet du Cirque de Salazie porte le nom d’Anchaing.

Un poème d’Auguste Lacaussade, dans son recueil “Les Salaziennes”, relate l’histoire d’Anchaing :

« Mais quel est ce piton dont le front sourcilleux
Se dresse, monte et va se perdre dans les cieux” ?
Ce mont pyramidal, c’est le piton d’Anchaine.
De l’esclave indompté brisant la lourde chaîne,
C’est à ce mont inculte, inaccessible, affreux,
Que dans son désespoir un Nègre malheureux
Est venu demander sa liberté ravie…
»

Marie Joseph Angélique - 1710-1734 - Canada

Marie Joseph Angélique est l’une des rares esclaves d’origine africaine à avoir vécu en Nouvelle-France (actuel Québec)

Lorsqu’au printemps 1734, un incendie détruit un hôpital et une quarantaine de maisons de la rue Saint-Paul, à Montréal, un procès criminel est aussitôt intenté contre Marie Joseph Angélique.

Une vingtaine de témoins défilent devant le juge. Tous sont convaincus de la culpabilité de l’esclave, mais aucun ne peut établir de preuve. La rumeur déclare que l’accusée avait l’intention de brûler sa maîtresse.
Marie Joseph Angélique sera finalement jugée coupable sur la seule déclaration, tardive et mystérieuse, d’une enfant de 5 ans. Forcée à admettre le crime sous la torture, elle est exécutée publiquement le 21 juin 1734.

Antigone - 19ème siècle - Maurice

Antigone, dite Marie, joue un rôle important dans le territoire libre des marrons de l’île Maurice. C’est elle qui choisit où et quand attaquer les grandes habitations coloniales afin de subvenir aux besoins des marrons. Elle est arrêtée en 1823.

José Antonio Aponte - ?-1812 (Cuba)

José Antonio Aponte est un affranchi vivant à Cuba, originaire du peuple Yoruba (Afrique de l’Ouest), d’où vient la majorité des esclaves de cette île.

En 1810, Cuba compte environ 600.000 habitants, dont 274.000 “Blancs”, 109.000 “Noirs” libres et 217.000 esclaves. Aponte jouit d’une grande aura auprès des populations de descendance africaine.

Autodidacte, il se passionne pour la révolution haïtienne, ses idéaux, et pour l’action de Toussaint Louverture.

En 1812, José Antonio Aponte organise la plus grande révolte d’esclaves s’étendant d’Holguin à Bayamo. Cette révolte inspirera les générations futures de combattants contre le système colonial et pour l’indépendance.

Effrayés par cette révolte, les colons la répriment violemment. Aponte est pendu et sa tête exhibée à la Havane.

L’esclavage sera aboli à Cuba en 1886.

Mirabeau (Honoré Gabriel Riqueti, marquis de Mirabeau) – 1715-1791 (France)



Le 24 novembre 1789, un citoyen de La Rochelle écrit à Mirabeau : « Monsieur le comte, une motion que l’on assure devoir être faite par vous, ou par M. de la Rochefoucauld, à l’Assemblée nationale, met tout le commerce de cette ville en alarme. L’objet de cette motion est, dit on, de faire rendre un décret qui interdise à tout Français la traite des noirs [...] ». En France, le bruit court en effet que Mirabeau s’apprête à prendre la parole à l’Assemblée nationale contre l’esclavage. Les commerçants d’esclaves, surtout ceux des villes portuaires, s’inquiètent donc pour leurs affaires.

Mais le jour où Mirabeau doit présenter sa motion, les membres de l’Assemblée l’empêchent de prendre la parole.

Mirabeau est l’une des grandes voix françaises à s’élever contre la traite négrière et l’esclavage. Le 6 mars 1790, dans un discours prononcé devant le Club des Jacobins, Mirabeau commente les gravures du navire négrier Le Brooks et s’indigne. Parlant des captifs, il déclare : « Comme ils sont entassés les uns sur les autres Comme ils sont étouffés par les entreponts, ne pouvant se tenir debout ni même assis, ils courbent la tête. Bien plus, ils ne peuvent ni mouvoir leurs membres étroitement garrottés, ni leurs corps mêmes [...]. Cet air mesuré par la barbarie, imprégnée de douleur et de sang, n’est plus qu’une homicide atmosphère et malgré vous la mort de la moitié de ces victimes va faire de la place aux autres. [...] ».

Alexandre Monnet -1812-1849 (La Réunion)


Alexandre Monnet est né le 4 janvier 1812 près de Lille, dans une famille catholique. Il entre au petit séminaire de Cambrai en 1829 et est ordonné prêtre en 1837. Monnet se rend au séminaire colonial le 19 février 1840 et quitte la France pour Bourbon le 28 février.

Arrivé à Bourbon le 9 juin 1840, il est nommé vicaire à Saint Denis. Il met en place une nouvelle doctrine missionnaire, la moralisation n’a aucune chance de réussir sans émancipation. Les esclaves ne seront jamais religieux tant qu’ils vivront sous la dépendance des colons. Pour Monnet, la "mission des Noirs" est un tout, foi et morales sont liées.

Monnet va à la rencontre des esclaves, sur les plantations. Sa mission se fait itinérante. Il rédige à leur usage, un catéchisme en créole.

Fervent abolitionniste, Monnet voit dans les esclaves des êtres humains et des êtres dignes de confiance. Les colons de Saint Denis se soulèvent contre lui lors le 12 septembre 1847 et obtiennent du gouverneur Graèb son expulsion de la colonie, le 28 septembre.

Le 8 mars 1848, il devient Supérieur de la Congrégation du Saint-Esprit et l’interlocuteur sur l’île du gouvernement provisoire de Victor Schœlcher. Lorsqu’il apprend que l’esclavage est sur le point d’être aboli en avril 1848, il envoie un courrier aux membres du clergé pour leur demander, en vain, de convaincre les colons d’affranchir leurs esclaves sans attendre l’application du décret sur l’île. L’esclavage sera aboli à La Réunion le 20 décembre 18

Saint-Domingue, été 1773 : « ay. à bord 417 captifs »

Lire le Journal d'un navire négrier en 1773 ? C'est possible depuis la mise en ligne des archives municipales, à l'occasion des cérémonies autour de l'abolition de l'esclavage.


Les ports négriers ont-ils de la mémoire ? Oui. Mais la plupart du temps c'est une mémoire dormante. Journaux de navigation, journaux de traite, bilan comptable des expéditions sur les côtes d'Afrique, etc., le tout dûment empaqueté, ficelé, rangé sur des kilomètres de rayonnages. Et couvert de poussière… À La Rochelle, deuxième port négrier français après Nantes au XVIIIe siècle, on dispose ainsi de tonnes d'archives, municipales, départementales, sans parler des grimoires de la médiathèque.

Mémoire en ligne

Ces documents sont longtemps restés inexploités. Mais aujourd'hui historiens, universitaires, associations, écrivains, artistes, cinéastes, tous se passionnent pour cet épisode mal connu de l'histoire de La Rochelle. Un épisode inscrit dans la pierre des arcades, le pavé des rues, des squares, les façades des hôtels particuliers. C'est pourquoi les manifestations organisées en 2010, à l'occasion de la commémoration annuelle de l'abolition de l'esclavage, ont pour thème « Chairs noires et pierres blanches » (lire ci-dessous).

De son côté, la ville de La Rochelle a pris une initiative originale : la mise en ligne, grâce au fonds des archives municipales, de cinq documents relatifs au commerce triangulaire. Depuis la mi-mars, chaque citoyen intéressé peut consulter les journaux de traite ou de navigation de cinq navires dont les armateurs se livraient au trafic d'esclaves, depuis La Rochelle ou Bordeaux, entre 1772 et 1791.

On ne sait combien de Rochelais ont eu cette curiosité. Toujours est-il que, même si la lecture des documents n'est pas très aisée, elle offre des témoignages passionnants sur ce qu'on a appelé le « noir passage ». Notamment à bord du « Roy Dahomey », qui navigue « en triangle » de La Rochelle au golfe de Guinée, puis à Saint-Domingue et retour.

Extraits du « Journal de navigation à l'usage de J. Crassous-Medouïl, lieutenant sur le navire "Le Roy Dahomey", capitaine Corby, pour le voyage qu'il va faire à la Coste de Guinée, armé à La Rochelle et expédié en décembre 1772 » (sources : archives municipales de La Rochelle) :

- 16 février 1773, au mouillage, devant le fort de Chama. « On a arrêté des prix et des conditions à terre pour une pirogue et 17 canotiers […] pour franchir la barre qui est tout le long de la côte où nous devons aller faire notre traite […] On a coutume d'agir un peu politiquement dans la conduite qu'on tient avec ces nègres canotiers et patrons, vu le besoin qu'on en a […] »

- 17 février, Chama. « En débarquant, on trouve une espèce de grand village divisé en deux parties par un fort […] qui appartient aux Hollandais […] Toute la partie du village située à l'ouest du fort n'est occupée que par les nègres, canotiers, piroguiers ou pêcheurs, tandis que l'autre […] n'est habitée que par ceux qui cultivent la terre ou emploient d'autres ressources que celles de la navigation. Il règne depuis longtemps entre ce peuple, qui vraiment en fait deux, une haine difficile à détruire […] ils ont vraiment la cruauté et la folie de se déclarer la guerre et de s'entretuer […] Les Hollandais ne paraissant point éloignés d'entretenir ces petites guerres civiles qui leur font vendre beaucoup de poudre, eau de vie, fusils et autres marchandises […] Qu'il est surprenant de voir des hommes vendre leurs libertés, leurs vies, leurs concitoyens aussi étourdiment que font tous ces malheureux noirs. Passions, passions, ignorance ! Que de mal vous faites au genre humain. »

- 5 mars 1773, Le Cap Blanc. « Présents au Roy : une pièce de satin, un chapeau bordé en or et deux plumets, un quart de bœuf, quatre dames-jeannes dont deux de vin et deux de bière, un jambon, total 67 onces ». Suit le prix des « captifs » : 78 onces.

- 1er juin 1773, en mer, cap sur Saint-Domingue. Notation en marge : « Fait donner de l'eau-de-vie aux nègres hier au soir et ce matin pour les réjouir et réchauffer. »

- 21 juin. En marge : « Un nègre mort dans la nuit […] c'est le cinquième en tout ici. » Il en mourra 16, plus un nourrisson et un enfant mort-né, entre « la relâche » et Saint-Domingue.

- 2 juillet, relâche à Saint-Thommé (Sao Tomé). « On a traité ce jour un homme à terre pour 5 onces et demie d'or. »

- 26 août. En marge : « Un enfant né hier au soir à 3 heures et baptisé et appelé Bossou. »

- 3 septembre, arrivée à Saint-Domingue. En marge : « 211 devant. 206 derrière. 417 total. » Dans le journal, ces quelques mots : « Arrivant dans la Grande Rade ay. à bord 417 captifs. »

Puis le journal s'interrompt jusqu'au 3 novembre, date à laquelle, toutes voiles dehors, « Le Roy Dahomey » repart pour La Rochelle.

christiane poulin

mardi, mai 04, 2010

Les marrons du Morne - 18ème siècle (Maurice

A l’île Maurice, dès les premiers temps de l’esclavage, entre le XVIIème et le XVIIIème siècle, de nombreuses femmes et de nombreux hommes se font marrons.
Parmi eux, une vingtaine d’anciens esclaves décident de se réfugier sur le haut plateau ainsi que dans les grottes du Morne Brabant.
D’après la mémoire populaire mauricienne, les vingt marrons du Morne, poursuivis par des chasseurs d’esclaves munis de fusils et de chiens, préfèrent tous se donner la mort plutôt que de se laisser capturer et ainsi redevenir des esclaves.
Le Morne est devenu pour les Mauriciens le symbole de la résistance et le lieu symbolique où se déroule, en février de chaque année depuis 1835, la commémoration de l’abolition de l’esclavage. Il est inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco depuis le 7 juillet 2008.

Louisy Mathieu - 1817-1874 (Guadeloupe)


Né à Basse-Terre, en 1817, Louisy Mathieu apprend à lire, dans le cadre de son éducation religieuse et contre la volonté de ses maîtres.

Ouvrier ébéniste, il est, en 1836, initié par une Loge maçonnique, La Clémente Amitié.
Excellent orateur, il est rapidement remarqué par les progressistes de la Guadeloupe. En 1848, le gouvernement provisoire vote les lois abolitionnistes : la Guadeloupe peut élire au suffrage universel ses représentants à l’Assemblée Constituante. Les abolitionnistes guadeloupéens, conscients de sa popularité, proposent Louisy Mathieu comme candidat.

Il est largement élu, le 22 août 1848, suppléant de Victor Schoelcher pour la Guadeloupe à l’Assemblée nationale. A l’issue des votes, Schoelcher, également élu en Martinique, lui laisse le siège de la Guadeloupe.
Louisy Mathieu devient le premier esclave affranchi à siéger à l’Assemblée Nationale.

Juan Francisco Manzano - 1797-1854 (Cuba)


Juan Francisco Manzano est né de parents esclaves à Matanzas (Cuba) en 1797.
En échange de la promesse de sa libération, il écrit ses mémoires entre 1835 et 1839.
A travers son “Autobiographie”, il décrit sa vie d’esclave, et les humiliations subies. La deuxième partie de l’“Autobiographie” disparaît entre les mains de ses premiers lecteurs (“blancs”) et est brûlée.
Enfin affranchi, Manzano veut dire plus haut et plus fort ses convictions, à travers une pièce de théâtre : “Zafira”. Mais l’indifférence face à sa pièce met un terme à ses écrits.
La partie conservée de son “Autobiographie” sera publiée en Angleterre, et deviendra, à titre de témoignage poignant, un instrument de la campagne abolitionniste.

François Makandal - (?)-1758 (Haïti)


François Makandal, esclave, travaille dans une plantation de Saint-Domingue (Haïti). Alors qu’il enfourne des cannes dans une presse, il perd son bras gauche, broyé entre deux rouleaux. Il disparaît alors de la plantation, et rejoint des marrons qui vivent dans les montagnes.
Prêtre vaudou, il devient très rapidement le grand leader des marrons haïtiens, et organise de nombreux raids contre les plantations de l’île.
Dans les mornes (montagnes), il organise la résistance et met en contact marrons et vaudouïsants.
Principal artisan d’un complot d’empoisonnement, il planifie la destruction de la société coloniale.
En 1758, Mackandal conduit une violente insurrection qui marquera longtemps les esprits. Capturé, il sera brûlé vif en place publique par les esclavagistes.
Il marquera l’imaginaire du peuple haïtien et inspirera les révolutionnaires qui mèneront le pays à l’indépendance.

Marianne – 18ème siècle (La Réunion)

Compagne de Cimendef, elle participe aux luttes des marrons.
Le poète réunionnais Boris Gamaleya en fait l’un des personnages principaux de son texte poétique “La Mer et la mémoire”. Elle y devient le symbole de la résistance des marrons et de la lutte pour la liberté.

Elijah Parish Lovejoy 1802-1837 Etats-Unis


Le 7 novembre 1837, à Alton dans l’Illinois, une foule s’active aux abords d’une imprimerie. Elle tente de s’emparer du bâtiment et d’y mettre le feu. Mais un homme s’y oppose farouchement : Elijah Parish Lovejoy.
Journaliste et éditeur, Elijah Parish a toujours défendu les idées abolitionnistes. Ces idées dérangent, et la ferveur et la ténacité du journaliste irritent profondément les esclavagistes.
Ce n’est donc pas tant pour se débarrasser de l’imprimerie que de Lovejoy qu’ils se rendent tous ainsi, en novembre 1837, à l’entrepôt. Lorsqu’un homme muni d’une torche, à l’aide d’une échelle, tente de mettre le feu au toit du bâtiment, Lovejoy en sort. Il reçoit cinq balles dans le corps, et meurt sur le coup.
La nouvelle fait instantanément le tour des Etats-Unis : un combattant pour la liberté, un journaliste abolitionniste venait de mourir en martyr.

Louise et Jouan 18e siècle La Réunion

Louise est une esclave d’origine malgache et Jouan est un esclave originaire de l’actuel Mozambique. Refusant de vivre dans la servitude, ils s’enfuient trois fois de leur plantation, afin de vivre libres et marrons.
Trois fois ils sont retrouvés, fouettés, et marqués au fer rouge de la fleur de lis. Pendant trois ans Louise portera une chaîne de 18 kg, et Jouan une chaîne de 28 kg.

lundi, mai 03, 2010

Invitation pour la commémoration de l'éruption du mont pelé

L'APM, vous souhaite une excellente journée

ASSOCIATION PIERROTINE MAI 1902
Avenue du plein midi
95140 GARGES LES GONESSE
06 37 80 18 55 /06 79 54 92 51 (à partir de 20H)
PRESIDENTE - Guylaine GENOT-BABIN
http://apm1902.hi5.com


09H00- Messe à l église St Martin

10h30- dépôt de gerbe au cimetière de Garges

12h00 pot de l’amitié salle Pasteur

14H00- TREMPAGE GEANT

Journée Mondiale de port d'une Tenue Traditionnelle Africaine

La commémoration internationale de la traite négrière, de l’esclavage et leurs abolitions

ARCAAD LANCE LE PORT D’UNE TENUE TRADITIONNELLE AFRICAINE LE 9 MAI, A L’ECHELLE NATIONALE ET INTERNATIONALE, avec une pensée pour HAÏTI.

A l’ère de la mondialisation, où l’échange libéral profite encore aux grandes puissances du Nord, nous observons une volonté de croissance de plus en plus affirmée de pays économiquement marginalisés, exploités pour leurs ressources minières et autres, dont les anciennes colonies africaines. Une volonté qui a porté ses fruits, en considérant la déclaration de M. ZOELLICK, Président de la Banque Mondiale : « il n’y a plus de Tiers-Monde ».

On constate, également, un intérêt à l’Afrique encore aujourd’hui. Des millions de regards se tournent vers l’Afrique, notamment en cette année 2010, à l’occasion de la Coupe du Monde en Afrique du Sud. Nous savons que de nombreuses collectivités territoriales françaises et d’autres pays se sont prêtés au jeu de la mise en valeur de l’Afrique par l’organisation de semaines thématiques, comme « L’Afrique en Marche », et d’autres ont créé des partenariats avec certains pays africains, le Mali par exemple, pour donner un nouveau souffle à l’économie agricole, d’autres pour la valorisation de leurs patrimoines culturels… Cette forme de solidarité internationale, dans certains cas on parle de co-développement, gagne du terrain. Aussi, a-t-on pu voir l’une et l’autre se mettre en œuvre pour reprendre en main l’avenir d’Haïti. C’est dans ce contexte, qu’ARCAAD, à l’approche de la commémoration de la traite négrière, de l’esclavage et leurs abolitions, le 10 mai 2010, propose et lance en partenariat avec certaines organisations en France, Angleterre (Londres), Allemagne, Haïti, Etat d’Alabama… le 9 mai 2010, la « Journée Mondiale du port de la tenue traditionnelle africaine ».

Dans quel but ?
- Pour rendre hommage aux origines africaines qui ont été au centre d’une histoire dramatique et encourager les efforts de réconciliation, d’intégration et de lisibilité, faits par certains pays africains ;
- Pour commémorer en donnant plus d’importance et d’ampleur à cette célébration ;
- Pour que les commémorations aient du sens aux yeux du plus grand nombre et s’inscrivent dans les mœurs des pays ;
- Pour changer les comportements et renfoncer l’unité, la solidarité entre les peuples.

Qui sont les personnes concernées ?
Tout le monde. Ceux et celles qui sont intéressés par le devenir mondial, qui croit à un destin commun des hommes, ceux et celles qui souhaitent librement s’exprimer au travers d’une expression silencieuse, ceux et celles qui approuvent et souhaitent encourager cette action volontaire, ceux et celles qui, même sans conviction particulière, aiment la culture africaine, ceux et celles qui ont envie de vivre quelque chose de particulier et de se laisser prendre au jeu de l’événement.

Pourquoi faire ?
Il s’agit de porter la tenue traditionnelle africaine de son choix, sans rien changer à ses habitudes, pendant une journée de l’année. Chacun étant libre de se rassembler, de rester en famille, de discuter, d’échanger… Cette journée peut se vivre, au bureau, dans la rue, à la maison partout où l’on souhaite.

Et après ?
Cet acte simple sera répété d’année en année, d’autant que son impact culturel et social attendus, son aspect innovant et sa caractéristique s’inscrivant dans une démarche volontaire, lui assureront sa pérennité.

Pourquoi le 9 mai ?
C’est une journée précurseur du 10 mai, dans le sens où elle prépare à vivre la journée du 10 mai.

Où trouver ces tenues africaines ? France, Londres, Allemagne, USA ?
Dans les magasins spécialisés dans les confections et artisanat africains.

A propos d’ARCAAD : http://www.facebook.com/l/f38f1;www.arcaad.com

PS : Nous vous proposons de vous joindre à nous, pour un déjeuner prévu chez Moussa l’Africain 27, avenue Corentin Cariou Paris 19è

Contact : arcaad.info@gmail.com / contact presse : http://www.facebook.com/l/f38f1;arcaad.communication@gmail.com

Commémoration de l’abolition de l’esclavage et de la traite négrière : débat à Nantes


Dans le cadre de la Commémoration de l’abolition de l’esclavage et de la traite négrière le 10 mai 2010, l’association Afrique Promoculture organise une nouvelle conférence-débat.

L’année dernière le thème traité " le voyage forcé des Africains vers des territoires inconnus d’eux" avait beaucoup interessé de nombreux auditeurs.

Cette année, nous allons découvrir un thème encore peu étudié : "la résistance africaine à la déportation et à l’esclavage (XV°-XIX°) -Autres figures de l’histoire". On a beaucoup écrit sur les abolitionnistes blancs (qui, aujourd’hui, en France, ne connait pas Victor Schoelcher !) mais très peu sur les Noirs qui ont lutté dès le début de la traite contre le sort qui leur était réservé : la déportation, l’esclavage. Des luttes qui ont pris des formes nombreuses et diverses : suicide, l’infanticide, marronnage, révolte... Les intervenants que nous avons réunis vous permettront d’être mieux informés. Ils répondront à vos questions. Grégoire Biyogo est professeur des universités, directeur de thèses à l’université Paris XII, fondateur et directeur de l’institut Cheikh Anta Diop de Libreville. Il a écrit de nombreux ouvrages et dirige des collections aux éditions L’harmattan. Il a choisi pour thème "Résister avec Cheikh Anta Diop aux descriptions erronnées sur l’Afrique" Jean-Philippe Omotunde est chercheur en histoire, enseignant à l’Institut Africamaât à Paris. Ses ouvrages sont publiés aux éditions Menaibuc. Il nous parlera de "Résistance africaine at abolitions de l’esclavage aux Antilles".

Djazoup-Djaze Ngassa est directeur de Regards Croisés (Centre d’études et de recherches sur l’histoire de l’Afrique et de sa diaspora). Il est co-auteur de "La nécessaire refondation du Panafricanisme" édité par le Monde Panafricain. Son thème "Quelle place pour la mémoire dans la reconstruction d’Haïti".

Infos pratiques : La conférence aura lieu le 7 mai à 18 heures , salle Jules Vallès, Médiathèque de Nantes. (ligne de tram n°1, arrêt Médiathèque). Elle sera animée par Jean Ngapa, membre fondateur de Afrique Promoculture et directeur de la librairie Le Monde Panafricain. conctact 02 51 72 06 70 lemondepanafricain@yahoo.fr

Jean Ngapa

Le 10 mai du MIR à Paris

Le Mouvement international pour les réparations (MIR) organise comme chaque année depuis 2004 son konvwa pou reparasyion. Théo Lubin, membre du MIR France a indiqué que cette marche avait trois revendications en ligne de mire: faire du 10 mai, journée nationale du souvenir de l’abolition de l’esclavage et de la traite négrière un jour férié ; débaptiser toutes les rues portant le nom de négriers ; et obtenir la reconnaissance par le conseil de l’Europe que la traite et l’esclavage sont des crimes contre l’humanité. Cette année, le thème de la marche sera la résistance avec en sus, une mise à l’honneur de Haïti, pays pilote de l’antiesclavagisme et de l’anticolonialisme, « précurseur de la pensée des droits humains». Cette année, le MIR est parvenu à fédérer une vingtaine d’associations et la CGT. Le Martiniquais Camille Largent, dirigeant syndical de la CGT à Paris, s’explique : « Nous soutenons la démarche pour faire du 1er mai un jour férié et payé ; nous demandons des excuses publiques du président de la République ; et nous voulons l’extension à tous les peuples d’outre-mer des droits spécifiques comme les congés bonifiés. » Philippe Cook, un Guadeloupéen, représente l’association des Couleurs qui entend défiler le 10 mai. L’Association franco-brésilienne sera là aussi. Martia Moraes entend rappeler qu’au Brésil (où l’esclavage n’a été aboli qu’en 1880), « nous sommes arrivés à la paix grâce à la démocratie raciale ». Parmi les autres associations marcheuses, notons entre autres celle de l’Haïtien Claudy Myrtil, Soutien sans frontière, ou celles de Réunionnais dans la mouvance du PCR. Jusqu’alors, avec plus ou moins de succès, mais de façon régulière et tenace, le MIR oirganisait chaque année sa marche entre République et Nation. Cette fois, pour avoir plus de visibilité, le départ se fera du Champ de Mars à 11 heures pour arriver environ deux heures plus tard au Jardin du Luxembourg où aura eu lieu juste avant la cérémonie officielle et fermée au public non invité. Sera-ce une marche unitaire ? Cette année, pas question de CRAN, ni de Collectifdom qui n’ont encore pas indiqué ce qu’ils feraient chacun ce 10 mai. Quant au CM98, on sait désormais qu’il n’honore que le 23 mai, jour consacré à la mémoire des esclaves. D’autres manifestations ont été annoncées comme celle autour de la statue symbolisant le général Dumas dans le 17e arrondissement de Paris. Le MIR organisera en Martinique une marche en huit étapes du 14 au 21 mai, de Sainte-Anne au Prêcheur et se joindra à la commémoration du 10 juin en Guyane. En Guadeloupe, le MIR s’était associé à la marche du LKP sur les traces d’Ignace, le 27 mai 2009. Cette fois, rien ne semble encore prévu.

François-Xavier Guillerm (Agence de presse GHM)

Le Musée du Nouveau Monde présente "Etre noir en France au 18e siècle"

Le 10 mai 1848 l'abolition de l'esclavage allait marquer l'histoire. La Ville tient, année après année, à souligner cet événement par un ensemble de manifestations. Le musée du Nouveau Monde présentera "Etre noir en France au 18e siècle", une exposition qui aura lieu du 21 avril au 12 juillet prochain.

Des sculptures, tableaux, livres et documents d'archives relateront cette période. Le 9 mai, Erick Noël - historien-, ponctuera l'exposition avec des commentaires et des lectures, répondant à la trentaine d'oeuvres ainsi exposées au Musée du Nouveau Monde.

Matières à réflexion
Du 21 avril au 12 juillet, le musée du Nouveau Monde portera sa réflexion sur une exposition intitulée "Etre noir en France au XVIIIe". Une trentaine d'oeuvres dont des tableaux, des sculptures, des livres et des documents d'archives jalonneront son parcours. Le 9 mai, les commentaires de l'historien Erick Noël feront écho aux oeuvres. L'exposition a été précédée d'un colloque organisé par l'Université de La Rochelle, en mars dernier. Une vingtaine d'intervenants de métropole et d'outre-mer y ont souligné l'importance de protéger et valoriser le patrimoine issu de l'esclavage.

Rens. Musée du Nouveau Monde, 05 46 41 46 50

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Le Musée du Nouveau Monde, voulu et inauguré en 1982 par Michel Crépeau, maire de La Rochelle, est installé dans un hôtel particulier du XVIIIe siècle, l'hôtel Fleuriau, qui porte le nom de la famille qui l'habita de 1772 à 1974.

Dans cet édifice emblématique des liens privilégiés entre La Rochelle et la perle des Antilles (Saint-Domingue, actuelle Haïti), les collections évoquent les relations du Vieux Continent avec le Nouveau Monde. Elles explorent les rêves et illusions que chaque siècle s'inventera et font de ce musée un agréable outil de connaissance, un support à l'imagination et un lieu d'interrogation sur les civilisations.

Invitation au JCNMTEA du dimanche 9 mai 2010 au Port


JOURNÉE DE COMMÉMORATION NATIONALE DES MÉMOIRES DE LA TRAITE NÉGRIERE, DE L'ESCLAVAGE ET DES ABOLITIONS

Lo dimansh 9 mé 2010 dann "Parc boisé, parc Laurent Vergès" o Port 9vèr ziska 13 zèr lo groupaz MCUR-CRA i invit zot tout pou la zourné souvnans trafik zesklav, lesklavaz, ek tout bann zabolisyon. Zourné-la partou dan Lafrans i ansouvnans ali konm i fo. Nou kont si zot tout pou èt anparmi. Nora : Fonnkèr, kont, shan, dans, moring, slam, maloya, lektir 100 non bann konbatan la liberté. Ariv azot ekzot manzé nou va mèt ansanm

L'association MCUR-CRA vous invite à participer à la journée de commémoration nationale des mémoires de la traite négrière, de l'esclavage et des abolitions, le dimanche 9 mai 2010 au parc boisé du Port de 9h à 13h. Au programme : Fonnker, contes, chants, danse africaine, poèmes, moringue, slam, maloya, hip-hop, lecture de 100 noms de combattants pour la liberté et pique-nique de partage sur place....

L'entrée est gratuite.

Alé di partou - Alé fann partou !!!

10 mai 2010

Commémoration de l’abolition de l’esclavage à Paris
16 h 30 – 21 h
place du général-Catroux Paris 17e

(métro Malesherbes ligne 3, bus 94)
ville de Paris, ambassade des USA, Unesco, association des amis du général Dumas

www.claude-ribbe.com

Le 4 avril 2009, était inauguré à Paris un monument exceptionnel (5 m de haut, 5 tonnes) les fers conçus par Driss Sans Arcidet (musée Khômbol) à la mémoire du général Alexandre Dumas (1762-1806), père de l’écrivain, héros de la Révolution française, né esclave en Haïti. Outre la figure emblématique du général Dumas, l’œuvre évoque l’abolition de l’esclavage, créant ainsi, dans la capitale, un lieu de mémoire digne, consensuel et majestueux. Le conseil de Paris ayant décidé que le 10 mai sera célébré chaque année à Paris, sur proposition de l’association des amis du général Dumas, la mairie de Paris célèbre désormais officiellement, tous les 10 mai, la commémoration de l’abolition de l’esclavage devant le monument au général Dumas, figure majeure de l’histoire de France issue de l’esclavage.

L’association des amis du général Dumas, dont le président, l’écrivain Claude Ribbe, a été à l’origine du monument, est associée aux manifestations et coordonne la participation d’autres organismes (institutions officielles, associations liées à la mémoire de l’esclavage).

En 2010, la cérémonie officielle est précédée de la projection en avant première d’un film produit par l’Unesco et prolongée par un spectacle mis en scène par Stany Coppet, comédien d’origine guyanaise.

Cette journée sera prolongée par la diffusion, sur France 2 (jeudi 13 mai à 23 50, case Infrarouge) du film de Claude Ribbe, Le Diable noir, qui évoque la vie du général Dumas et l’installation du monument à sa mémoire, place du général Catroux, avec Stany Coppet dans le rôle du général Dumas, Aimé Césaire, Driss Sans Arcidet, Patrice-Flora Praxo, Benoît Hopquin.

Organisation :

Ville de Paris, délégation générale à l’outre mer de la ville de Paris, mairie du 17e arrondissement, Ambassade des USA, Unesco.

Coordination :

Association des amis du général Dumas.

Lieu de la cérémonie : place du général Catroux Paris 17e.

Devant le monument au général Dumas et grand auditorium du Centre Malesherbes (entrée 108 boulevard Malesherbes).

Le programme de la commémoration

16 h 30 Projection en avant-première du film produit par l’Unesco Routes de l’esclave, une vision globale (54’)

Grand auditorium du centre Malesherbes (entrée 108 boulevard Malesherbes)

UNESCO/Projet la Route de l’esclave
Documentaire: « Routes de l’esclave: une vision globale »
« Routes de l’esclave: une vision globale » est un documentaire informatif, de sensibilisation et éducatif, produit par l’UNESCO. Il présente la diversité des histoires et des patrimoines issus de la tragédie de la traite négrière et de l'esclavage. Destiné au grand public, il donne un aperçu de la déportation massive des populations africaines vers différentes parties du monde (Amériques, Océan Indien, Moyen-Orient, Asie).

Il met également en évidence la présence africaine à travers les continents, les importantes contributions de la diaspora africaine à la société d'accueil dans différents domaines (arts, religions, connaissances, agriculture, comportement, linguistique, etc.) ainsi que le racisme et les discriminations hérités de ce passé tragique. Au-delà du traumatisme de l'esclavage, ce film vise à d'illustrer la résistance et la résilience des victimes qui ont leur permis non seulement de survivre à ce système déshumanisant mais aussi d’influencer culturellement les sociétés esclavagistes. Grâce à la compilation d'images, aux narrations historiques et aux entrevues avec des experts de tous les continents, le film montre comment les esclaves africains et leurs descendants ont contribué à façonner le monde moderne, en remettant en question les théories erronées sur les « races ».

Son principal objectif est de donner une vision globale des différentes dimensions de cette tragédie et de poser des questions cruciales sur la gestion de cette mémoire collective et de ses conséquences dans les sociétés modernes.

18 h 00 Cérémonie officielle de la ville de Paris place du général Catroux devant le monument au général Dumas pour l’abolition de l’esclavage, place du général-Catroux, en présence de M. Bertrand Delanoë, maire de Paris, de Catherine Vieu-Charrier, maire adjoint chargé de la mémoire et du Monde combattant, de Brigitte Kuster, maire du 17e arrondissement, et de nombreuses personnalités.

18 h 30 Animations et prises de parole (Place du général-Catroux)

19 h 30 Discours et poèmes sur le colonialisme et l’esclavage un spectacle de Stany Coppet avec Stany Coppet, Thierry Desroses, Stomy Bugsy, urée 80’. Grand auditorium du centre Malesherbes (entrée par le 108 boulevard Malesherbes).

STANY COPPET

Fin 2003, il foule les planches new yorkaises du Repertory Theatre dans une pièce originale de David Amito BarShlomo Love & Lamb et dans Taste Of Honey de Delaney Shelagh au Century Center for the Performing Arts de New York. Lors de ces années passées aux Etats-unis, Stany produit et conduit des interviews publiques de personnalités du cinéma et du théâtre afro-américain sur les scènes du Marilyn Monroe de New York, et du Fine Arts Theatre de Beverly Hills. Au théâtre Bootle de Los Angeles, Stany co-produit aux cotés de Steven Adams et Steven Soderbergh, un seul en scène de Roger Guenveur Smith intitulé Who Killed Bob Marley? De retour en France, avec le metteur en scène Caroline Ducrocq et l'auteur Alain Foix, il présente Duel D'Ombres au Festival d'Avignon, une comédie en musique présentant la rencontre du Chevalier de Saint George (Stany Coppet) et du Chevalier d'Eon. En 2008 il joue dans Orpailleur, aux cotés de Julien Courbey et Sara Martins. En Novembre 2009 il met en scène Discours et Poèmes sur le Colonialisme et l’Esclavage au CENT-QUATRE à Paris avec à ses cotés sur scène les comédiens Édouard Montoute et Stomy Bugsy. Le 13 mai 2010, il incarnera sur France 2 le rôle général Dumas, père du célèbre auteur et premier général d’origine afro-antillaise, dans le film Le Diable noir, de Claude Ribbe.

THIERRY DESROSES

Il débute dans le métier de comédien en enchaînant les pièces de théâtres : Le pont des soupirs (1986) d'après Offenbach ou La Cerisaie de A. Tchekhov. Au cinéma, on le voit dans dans Les Keufs en 1987 aux cotés de Josiane Balasko et Isaac de Bankolé ou dans L627 de Bertrand Tavernier en 1992. Après de nombreux films et téléfilms, Thierry se verra proposer en 1999 le rôle de Alain Porret dans la série P.J. de France 2, rôle qu'il tiendra pendant plus de 5 ans. Puis il découvre le plaisir de la mise en scène. Il travaillera pour le One Man Show de Fabrice Eboué à l’écriture et à la mise en scène et pour la comédienne Naho dans Le monde selon Madame Adjobi. Il réalise son premier documentaire en collaboration avec Gilles Oddos Nou Gen Fôs, Nou Gen Couraj (26 minutes) sur la reconstruction d'Haïti après le passage du cyclone Jeanne en septembre 2004. Parrain de l'association Aide et Action, Thierry renouvellera cette opération pour un deuxième chapitre qui sera tourné courant Février 2008.
Nous connaissons aussi Thierry de par sa voix grave et chaude qu’il prête aux acteurs américains tels que Samuel L Jackson, Lawrence Fishburne, Eriq La Salle dans la série Urgences ou encore Ice T, Wesley Snipes, Louis Gossett Jr et occasionnellement Forest Whitaker ou Cuba Gooding Jr.

STOMY BUGSY

De son vrai nom Gilles Duarte, au cinéma dans Ma 6-T va crack-Er en 1997, 3 zéros en 2001, Le Boulet en 2002, Gomez et Tavares en 2003, Nèg marron en 2005. Il joue également dans la série télévisée Anna Meyer, assistante de choc en 2006. Après avoir tourné dans un nouvel opus de Gomez et Tavares: Gomez vs Tavares, il joue le rôle du journaliste communiste martiniquais des années 1930 André Aliker dans le film Aliker.

21 h 00 Cocktail offert par l’ambassade des États-Unis, l’association des amis du général Dumas et la mairie du 17e arrondissement, Centre Malesherbes

Association des amis du général Dumas


Contacts presse : KEYZA agence KS Communication 06 76 28 49 19
keyza_agenceks.com

Commémoration de l'abolition de l'esclavage


samedi 8 mai 2010, à 10:00
Heure de fin :
mardi 11 mai 2010, à 00:45
Lieu :
St Brès / Montpellier

" Depuis 2006, le Collectif d'associations et d'individus de Montpellier réunis pour la Commémoration de l'abolition de l'esclavage se mobilise pour donner sa place à cet évènement culturel, historique et surtout humain.

Chaque année nous espérons que nous serons de plus en plus nombreux pour rendre hommage à nos ancêtres qui se sont battus pour la liberté et pour faire valoir les droits des Hommes pour tous.
Le combat continue!
Artistes, acteurs culturels, peuple de tous les continents vous proposent à cette occasion différentes manifestations (gratuites) : café littéraire, poésie, musique, danse, marche mémorielle... Il ne manque plus que votre présence pour donner un élan d'espoir à notre humanité!

A bon entendeur ...

liberté - égalité - fraternité ..."
Elsa Guiraudou
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* SAMEDI 8 MAI 2010 à St Brès, dans le parc situé face au n°3 rue de la Cascade :

STAGE PERCUSSIONS avec TONY SAVANNAH http://tonysavannah.over-blog.fr/

Pour commencer ce week-end, venez pénétrer l'univers des percussions afro-caribéennes, accompagné par un grand artiste montpelliérain, musicien multi-instrumentiste, conférencier et peintre... Bon voyage!


Ce stage de percussions est proposé par l'Association "Musique Etude Recherche" et Animé par Tony Savannah : percussionniste.

Il s'adresse à tous à partir de 10 ans et propose la découverte, l'initiation ou le perfectionnement de toutes percussions...

Horaires : De 10H à 18H / Tarif : 50 €
(prévoir un pique-nique et/ou vos spécialités à partager pour la pause repas).
La journée sera clôturée par un petit concert.

Informations et inscriptions au 06.64.30.16.33


* DIMANCHE 9 MAI à la Salle Belvédère du Corum :

- 14 h : Projection de film

- 15 h 30 : Café littéraire avec Dominique Monotuka, écrivain et juriste martiniquais qui partagera exceptionnellement avec nous le propos de ses ouvrages : "A Dieu! Le Code Noir!" et "Ne m'appelez pas créole".

La poésie musicale sera également à l'honneur avec la représentation de "Cyclone", extrait de "Quatre siècle et demi de jours" du même auteur.

- 17 h 30 jusqu'à Minuit : Musiques et Veillée mémorielle


* LUNDI 10 MAI

- 14 h 30 : Inauguration de l'Allée AIME CESAIRE par Mme Le Maire (Esplanade Charles de Gaulle, angle allée Missak Manouchian et Allée de Lattre de Tassigny)

- 18 h : Marche de la Mémoire. Venez nombreux ! Tous en blanc si possible. Départ : Place ALBERT 1er.

- 21 h 30 : Veillée Mémorielle et Chant Gospel à la Salle F.Peloutier "ex maison des syndicats" à Antigone.


>Pour tous renseignements, vous pouvez me contacter au 06 38 32 54 54
Elsa Guiraudou.

Le 10 MAI avec Edouard Glissant aux Métallos


1848-2010
Commémoration
De l’Abolition de l’esclavage dans les colonies françaises
Des Antilles, de l’océan Indien, d’Afrique et d‘Algérie

LA MAISON DES MÉTALLOS
L’INSTITUT DU TOUT MONDE
ET LES ÉDITIONS GALAADE

présentent

LE LUNDI 10 MAI 2010 À 20H00, À LA MAISON DES MÉTALLOS

10 MAI
les textes qui ont fait et défait les esclavages

SPECTACLE ET LECTURE DE TEXTES
AVEC EDOUARD GLISSANT, MICHAEL LONSDALE, ALEX DESCAS, ALEXANDRA FOURNIER, MIKE LADD, CLAIRE NEBOUT, LAÏKA FATIEN, …

AVEC LA PARTICIPATION DE RAZERKA BEN SADIA-LAVANT
ASSISTÉE D’ALEXANDRA FOURNIER

L’ouvrage 10 MAI. MÉMOIRES DE LA TRAITE NÉGRIÈRE, DE L’ESCLAVAGE ET DE LEURS ABOLITIONS
Edité par Edouard Glissant
Documentation Sarah Frioux-Salgas
publié à cette occasion par les éditions Galaade
en coédition avec l’Institut du Tout-Monde
Sera signé et mis en vente pendant la soirée

Entrée libre
Réservation conseillée

La Maison des Métallos
94, rue Jean-Pierre Timbaud, 75011 Paris
Métro : Couronnes ou Parmentier
Réservation : 01 47 00 25 20
reservation@maisondesmetallos.org

Avec le soutien de la Maison de l’Amérique latine
Et de la Région Île-de-France

www.tout-monde.com
www.maisondesmetallos.org
www.galaade.com

dimanche, mai 02, 2010

Aphra Behn - 1640-1689 (Angleterre)


La vie d’Aphra Behn, née Aphra Johnston en Angleterre en 1640, est peu connue. Ecrivaine particulièrement prolifique du XVIIe siècle, elle est pourtant la première femme à vivre de sa plume.

En 1688, elle publie “Oronoko, ou L’Esclave royal”. Une histoire vraie, l’histoire d’un Africain envoyé au Surinam comme esclave.

Oronoko est un prince qui refuse l’esclavage. Puni, il ne cède pas, gagne sa liberté, et retourne en Afrique. Sa noblesse de caractère force l’admiration d’Européens opposés à l’esclavage et contraste avec la brutalité des esclavagistes.

Le roman, fondé sur une réalité vécue par la narratrice, connaît un immense succès. Traduit en français en 1745, le récit aura une grande influence.

Pour la première fois, un premier personnage “noir” apparaît dans la littérature anglaise, sinon européenne.

“Oronoko” inaugure un genre littéraire politique où les contradictions profondes de l’esclavage telles qu’elles se posent en Europe sont mises pour la première fois en lumière dans un roman.

Jean-Baptiste Mars Bellay - 1746-1798 (Saint-Domingue)


Né à Gorée, Jean-Baptiste Mars Bellay est vendu à l’âge de 2 ans à un négrier faisant voile vers Saint-Domingue. A une date indéterminée, il rachète sa liberté grâce à ses propres économies.

En 1777, il fait partie des volontaires qui suivent l’amiral d’Estaing dans la campagne de Savannah. C’est sans doute là qu’il acquiert son surnom de « Mars » (dieu romain de la guerre), en récompense de sa valeur militaire.

Son rôle dans les événements de Saint-Domingue jusqu’en 1793 est peu connu, si ce n’est qu’il s’engagea dans l’armée dès que le décret du 4 avril 1792, qui donnait les droits civiques et politiques aux hommes “noirs”.

Elu député à la Convention lors des élections du 24 septembre 1793, il s’embarque pour la France. Lors d’une escale à Philadelphie, aux émigrés qui l’insultent et contestent son grade dans l’armée en raison de sa couleur, il répond : « quand on sait sauver les “blancs” et les défendre, on peut bien les commander ».

Arrivé à Lorient en janvier 1794, il est accusé par Victor Hugues d’être un complice des Girondins, et incarcéré à titre préventif. Une lettre à la Convention le fait rapidement libérer, et le 3 février 1794, il prend siège officiellement à l’Assemblée. Son entrée est saluée par des acclamations et, dès le lendemain, l’abolition de l’esclavage est votée à l’unanimité. Belley se préoccupe de l’application du décret, et propose l’abolition partout où elle n’est pas encore faite.

Belley siège par la suite à la Convention sans y jouer un rôle important. En 1801, il reprend sa carrière militaire. Mais il est bientôt arrêté pour avoir tenu des « propos séditieux », mis aux fers et déporté dans la forteresse de Belle-Isle-en-Mer. La date de sa mort est inconnue.

Anthony Benezet - 1713-1784 (Etats-Unis)


Jean-Étienne de Bénézet, sa femme Judith de la Megenelle et leurs quatre enfants sont chassés de France par la révocation de l’Édit de Nantes. Ils fuient aux Pays-Bas en 1715, puis s’établissent à Londres.

Antoine Bénézet est alors âgé de deux ans. C’est à Londres qu’Anthony fait plus tard la connaissance des quakers, dont il devient membre vers 1727. La famille Bénézet émigre en 1731 aux États-Unis, à Philadelphie. Parlant l’anglais, le français et l’allemand, convaincu de l’utilité de l’éducation, Antoine, devenu Anthony, devient enseignant en 1739. Il fonde en 1755 la première école publique pour filles aux Etats-Unis et se fait connaître en étant également un précurseur de l’instruction des sourds-muets. Un des premiers défenseurs de la cause des “noirs”, il crée pour eux une école du soir en 1750, puis la Negro School en 1770 où il enseignera jusqu’à sa mort.

Opposant à l’esclavage, il publie articles et livres, et travaille à convaincre les quakers de Philadelphie d’affranchir leurs esclaves. Il s’adresse directement aux puissants dont l’archevêque de Cantorbéry, et déclare que « l’idée que les “noirs” seraient inférieurs est un préjudice vulgaire, basé sur l’ignorance et l’arrogance des maîtres ». Son premier écrit, “The Epistle of 1754”, est une courte, mais claire déclaration contre l’esclavage.

Anthony Bénézet est enterré, selon ses vœux, dans une tombe anonyme du coin Quaker à Philadelphie. Dans son testament, il demande que son legs serve à l’éducation des « Noirs, des Indiens et des Métis ».

Bernardin de Saint-Pierre - 1737-1814 (France)


Bernardin de Saint-Pierre voyage en Martinique, à Malte, en Russie, et à l’Île de France (actuelle île Maurice). C’est sur cette île que se déroule l’action de “Paul et Virginie”.

Ce roman, publié en 1787, dessine le rêve de l’auteur d’une société républicaine idéale, sans esclavage, « dont tous les habitants seraient unis par une mutuelle bienveillance… ». Mais c’est surtout dans le “Voyage à l’île de France” qu’il dénonce la violence du système esclavagiste :

« Voici comment on les traite. Au point du jour, trois coups de fouet sont le signal qui les appelle à l’ouvrage. Chacun se rend avec sa pioche dans les plantations, où ils travaillent, presque nus, à l’ardeur du soleil. On leur donne pour nourriture du maïs broyé, cuit à l’eau, ou des pains de manioc ; pour habit, un morceau de toile. A la moindre négligence, on les attache, par les pieds et par les mains, sur une échelle ; le commandeur, armé d’un fouet de poste, leur donne sur le derrière nu cinquante, cent, et jusqu’à deux cents coups. Chaque coup enlève une portion de la peau. Ensuite on détache le misérable tout sanglant ; on lui met au cou un collier de fer à trois pointes, et on le ramène au travail. Il y en a qui sont plus d’un mois avant d’être en état de s’asseoir. Les femmes sont punies de la même manière ».

Et Bernardin de Saint-Pierre ironise, ajoutant :

« Le soir, de retour dans leurs cases, on les fait prier Dieu pour la prospérité de leurs maîtres ».

Ramon Emeterio Betances y Alacan - 1827-1898 (Puerto Rico)


Né le 8 avril 1827 à Porto Rico, Ramón Emeterio Betances est la principale figure du mouvement indépendantiste portoricain.

Aux côtés de Segundo Ruiz Belvis, il s’engage en faveur de l’abolition de l’esclavage et fonde, en 1858, la Sociedad Secreta Abolicionista (Société Secrète Abolitionniste), organisation clandestine qui organise des baptêmes catholiques des enfants esclaves.

Durant ces cérémonies de baptême, connues sous le nom de « aguas de liberté » (eaux de liberté), Betances donne aux parents des enfants baptisés de l’argent afin que ces derniers l’utilisent pour acheter leur liberté auprès de leurs maîtres.

Betances a aussi une activité d’écrivain. Il rédige essais, manifestes politiques (« proclamas »), et ouvrages littéraires, souvent en français.

Le gouvernement espagnol, qui administre alors Porto Rico, condamne Betances au bannissement et le contraint à l’exil, ceci en violation de ses propres engagements.

C’est pendant ces années d’exil que fut aboli l’esclavage à Porto Rico, le 22 mars 1873.

Cyrille Bissette - 1795-1858 (La Martinique)


Né en 1795 à Fort-Royal (actuel Fort de France) d’un père mulâtre et d’une mère métisse libre fille de béké, Cyrille Bissette, homme politique martiniquais, a été l’un des grands partisans de l’abolition de l’esclavage en France.

En 1823 circule à la Martinique un opuscule dont il est l’auteur, intitulé “De la situation des gens de couleur libres aux Antilles Françaises”. Il y dénonce le système esclavagiste en exposant les injustices dont sont victimes les esclaves. Outre l’obtention des droits civiques pour les “noirs” libres des colonies antillaises, il propose le rachat progressif des esclaves, des écoles gratuites pour les affranchis et la suppression des châtiments corporels.

Un esclavagiste, Morando, dénonce Bissette auprès du Procureur du Roi. Après perquisition, Bissette est arrêté et écroué à Fort-Royal.

Condamné à la marque des lettres GAL et aux galères perpétuelles, il est marqué au fer rouge et exposé en public. Bissette est alors transporté avec quarante-six autres condamnés pour le fort de Brest où il se pourvoit immédiatement en Cassation. La Cour de Cassation casse l’assignation au territoire métropolitain de la Cour Royale de la Martinique et renvoie Bissette et ses complices devant la Cour Royale de la Guadeloupe. Cette même Cour le condamne à dix ans de bannissement des colonies françaises.

En 1834, Bissette fonde la Société des Hommes de Couleur, ainsi que la “Revue des colonies” dont il devient le directeur. Cette revue, dont le but est de combattre l’esclavage par une abolition immédiate dans les colonies françaises, paraîtra jusqu’en 1843.

Après l’abolition de 1848, Bissette sera député de la Martinique de 1849 à 1851.

Edward Blyden - 1832-1912 (Libéria)



Edward Wilmot Blyden est né de parents libres à Saint-Thomas dans les Iles Vierges (Caraïbes) le 3 août 1832.


Il fréquente l’école locale, puis va habiter au Venezuela où réside temporairement sa famille.

En 1850, à l’âge de 18 ans, il pose sa candidature au Rutgers Theological College (Etats-Unis), mais à cause de sa couleur, sa candidature est rejetée. Il postule également dans d’autres établissements universitaires américains, sans succès.

Ces expériences du racisme le conduisent à se rapprocher des idées de l’American Colonization Society, une organisation défendant l’idée du retour en Afrique des Afro-Américains. La colonisation du Libéria par les “noirs” libres venant des Etats-Unis avait pour but de résoudre la question de l’esclavage par le retour en Afrique.

Blyden arrive au Libéria en 1850. Il publie “A Vindication of the Negro Race” en 1857 et créé en 1872 un journal intitulé “Negro”, destiné à servir « la cause de la race noire ». C’est un des premiers journaux à destination d’un lectorat africain, caribéen et afro-américain.

Blyden est le penseur “noir” le plus important de son époque et l’un des tout premiers avocats du panafricanisme, mouvement visant à la réhabilitation des “noirs” par l’égalité des droits avec les “blancs”, et l’indépendance économique et politique. Sa pensée influencera les grandes figures “noires” du 20ème siècle.

Paul Bogle - 1822-1865 (Jamaïque)


Paul Bogle est né en 1822 à Stony Gut, St. Thomas, en Jamaïque. C’est pendant sa jeunesse que l’esclavage est aboli en Jamaïque, en 1833. Paul Bogle fait partie des rares “noirs” à obtenir le droit de vote et le droit de posséder un peu de terre.

En 1864, Bogle devient diacre de l’Eglise Baptiste, et s’investit beaucoup dans l’enseignement et l’aide aux plus défavorisés.

En 1865, deux hommes de Stony Gut sont jugés au Tribunal de Morant Bay. Bogle et ses hommes s’y rendent pour les soutenir. Un homme crie dans la salle, les policiers essaient de l’arrêter, Bogle et ses hommes s’interposent. L’homme s’enfuit.

La police vient alors à Stony Gut pour arrêter Bogle, mais ses hommes ne les laissent pas faire et les renvoient à Morant Bay. Commence la révolte de Morant Bay.

Bogle et ses hommes se rendent au Tribunal où a lieu une audience.

Une bataille éclate, les policiers armés et les soldats font 20 morts parmi les hommes de Bogle. Les rescapés retournent à Stony Gut. Le Gouverneur Edward Eyre envoie des troupes à Portland et St Thomas pour mater la rébellion qui se répand, et met la tête de Bogle à prix.

Le 24 octobre 1865, Bogle est capturé, arrêté, emmené à Morant Bay, et jugé par les colons anglais. Il sera pendu, parmi 438 autres personnes victimes.

Bogle est aujourd’hui en Jamaïque un héros national. Une statue est érigée à son effigie au Morant Bay Square.

Dutty Boukman - ?-1791 (Haïti/Saint-Domingue)


Né à la Jamaïque, Dutty Bookman est esclave de l’habitation Turpin dans la plaine du Nord de Saint-Domingue (actuel Haïti). Dans la nuit du 14 août 1791, au Bois-Caïman, lieu reculé de l’habitation Lenormand de Mézy, ce prêtre vaudou organise une cérémonie pour un grand nombre d’esclaves. Un cochon noir est sacrifié et les assistants boivent son sang afin de devenir invulnérables.


Boukman ordonne alors le soulèvement général.

Celui-ci a lieu la nuit du 22 août et dure une dizaine de jours.

Les révoltés enflamment les habitations.

Boukman, accompagné de 200 autres esclaves, s’avance jusqu’au Cap-Français. Il périt au combat, à la tête de ses troupes. Pour faire mentir l’idée qu’il était invulnérable, les colons exposent sa tête au Cap.

D’autres chefs succèdent à Boukman, ses lieutenants Jean-François et Biassou, ainsi que Toussaint, qui ne s’appelle pas encore Louverture.

La révolte de Bookman ouvre la voie à la Révolution haïtienne qui conduira à l’indépendance le 1er janvier 1804. Haïti sera le premier Etat “noir” indépendant qui proclame dans sa Constitution l’égalité de tous, quelle que soit la couleur de peau.

Duc de Broglie (Achille Léonce Victor Charles de Broglie) - 1787-1870 (France)



Achille Léonce Victor Charles de Broglie, prince puis 3ème duc de Broglie, est un homme politique français né à Paris le 29 novembre 1785.

Plusieurs fois ministre, sous différents régimes, il devient président du Conseil sous la monarchie de Juillet.

À la fin de sa vie, il devient membre de l’Académie française, ainsi que président de la Société Française pour l’Abolition de l’Esclavage.

La Société Française pour l’Abolition de l’Esclavage (SFAE) est fondée à Paris en 1834, au moment où l’Angleterre commence à appliquer son plan d’abolition progressive de la servitude dans ses colonies. Ses fondateurs et ses membres les plus actifs sont des libéraux comme Tocqueville, Charles de Rémusat, Lamartine, De Broglie, Passy ; ou des républicains comme Ledru-Rollin, Garnier- Pagès, Victor Schoelcher... La SFAE jouera un rôle important dans l’abolition définitive de l’esclavage, décrétée par le Gouvernement provisoire de la République le 27 avril 1848.

De Broglie meurt à Paris, le 25 janvier 1870.

John Brown - 1800-1859 (États-Unis)



« Le corps de John Brown gît dans la tombe. Son âme, elle, marche parmi nous », dit une célèbre chanson populaire américaine.

Le 2 décembre 1859, l’un des grands abolitionnistes des États-Unis d’Amérique, John Brown, prédicateur “blanc”, est exécuté par pendaison. Quelques semaines plus tôt, il avait tenté de provoquer une révolution d’esclaves, mais avait échoué. Ayant vécu quelque temps, pendant son enfance, dans la demeure d’un homme violent possédant un esclave, John Brown avait été témoin des mauvais traitements et les châtiments subis par ce dernier. Ces scènes l’avaient traumatisé, et il s’était juré de lutter toute sa vie contre l’esclavage. À partir de 1855, il avait, avec cinq de ses fils, décidé de sillonner les États du Sud pour s’en prendre physiquement aux esclavagistes. Quelque temps avant l’exécution de John Brown, Victor Hugo avait fait parvenir aux autorités américaines une lettre dans laquelle il demandait — en vain — sa grâce.

« [...] Au point de vue politique, le meurtre de Brown serait une faute irréparable. Il ferait à l’Union une fissure latente qui finirait par la disloquer. Il serait possible que le supplice de Brown consolidât l’esclavage en Virginie, mais il est certain qu’il ébranlerait toute la démocratie américaine. Vous sauvez votre honte, mais vous tuez votre gloire. Au point de vue moral, il semble qu’une partie de la lumière humaine s’éclipserait, que la notion même du juste et de l’injuste s’obscurcirait, le jour où l’on verrait se consommer l’assassinat de la Délivrance par la Liberté ».

Victor Hugo, Hauteville-House, 2 décembre 1859

Antonio Federico De Castro Alves - 1847- 1871 (Brésil)

Antônio Federico de Castro Alves est né à Fazenda, Cabaceiras, Curralinho, en 1847. Il est l’un des plus grands représentants du romantisme et de la poésie “condoreira”. Dans son écriture, il magnifie avec fougue l’amour charnel et la cause abolitionniste, à travers des textes lyriques et dramatiques.

De Castro Alves meurt très jeune, à 24 ans. La plupart de ses écrits ne seront publiés qu’après sa mort (“Espumas flutuantes”, 1870 ; “Gonzaga ou a revolucão de Minas”, 1875 ; “A cachoeira de Paulo Afonso”, 1876 ; “Vozes d’África” et “Navio negreiro“, 1880 ; “Os escravas”, 1883).

C’était un songe dantesque… le pont
Baigné de sang rougissait l’éclat des fanaux…
Tintement des fers… claquement du fouet…
Des légions d’hommes noirs comme la nuit
En une horrible danse !
Des femmes noires, tenant à leur sein
De maigres enfants, à la bouche noire
Arrosée du sang de leurs mères…
D’autres, jeunes, nues, épouvantées,
Dans ce tourbillon de spectres entraînées,
Angoisse et douleur vaines !

Antônio Federico de Castro Alves (Bahia) 1847-1871

Extrait de “Navire Négrier, chant IV”

Henry Brown - 1815-1878 (?) (Etats-Unis)



Henry Brown est né esclave en 1815 dans le comté de Louisa, en Virginie. En 1830, il est envoyé à Richmond travailler dans une usine de tabac. Il se marie avec une autre esclave, Nancy, avec laquelle il aurait eu trois enfants.


En 1848, sa femme et ses enfants sont vendus à un marchand d’esclaves et envoyés en Caroline du Nord. Henry Brown est décidé à obtenir sa liberté. Il élabore alors un plan qui lui vaudra le surnom de « box » (boîte) : « j’eus soudain l’idée de me faire enfermer dans une boîte et de me faire livrer comme une marchandise vers un État libre ».

Brown est enfermé par C. A. Smith, un sympathisant “blanc”, en échange de toutes ses économies, dans une boîte de bois. Dans cette boîte de 1,50 mètre de profondeur, 1,20 mètre de large et de moins d’un mètre de long, Brown va parcourir 442 kilomètres, de Richmond à Philadelphie, soit 26 longues heures de voyage. Sa boîte transite de nombreuses façons : voie ferrée, bateau à vapeur, ferry, chariot de livraison. Elle est violemment manipulée, retournée… mais Brown reste impassible et jamais ne trahit sa présence. A son arrivée, la boîte contenant Brown est reçue par deux abolitionnistes, Miller McKim et William Still.

Plus tard, Henry Brown écrira l’histoire de sa vie et créera un panorama appelé “Miroirs de l’esclavage” où il décrira sa vie d’esclave et sa fuite. Il deviendra un porte-parole célèbre de la Société anti-esclavagiste américaine.

samedi, mai 01, 2010

Pour la commémoration de l'abolition de l'esclavage


Le 10 mai 2010, la ville de Sainte-Geneviève-des-Bois commémore l'abolition de l'esclavage et de la traite négrière, une cérémonie se déroulera place Toussaint Louverture, se situant sur l'avenue de la République,près de l'école élémentaire Diderot, en présence du maire M. Olivier Léonard.

A cette occasion sera posée deux stèles, l'une en l'honneur de Victor Schoelcher et l'autre à la mémoire de Jean Kina.

A 18 heures, discours du maire, suivi de celui de Hugues Louison.

Dépôt de gerbe, puis un vin d'honneur.

A l'initiative du Collectif Mémoire et de FDOM

Contact Max Laventure 06 34 69 54 20