vendredi, janvier 11, 2013

Qui était André Aliker ?


Mort à 34 ans, il avait compris l'importance de la presse. Et demeure un personnage moderne. Portrait.

Né en 1900 au coeur de l'âge d'or du colonialisme et mort à trente-quatre ans, André Aliker est le fils d'ouvriers agricoles. C'est un personnage moderne aujourd'hui encore. Il est militant communiste du groupe Jean-Jaurès et un journaliste que la conviction de son travail pousse à se dépasser. André Aliker est l'animateur de Justice, qu'il a fondé. Il est l'homme-orchestre qui combine en lui la gérance, la rédaction, la correction et la diffusion de ce journal dans lequel il révèle ce qu'il découvre d'injustices, les dessous de sombres affaires de fraude et de corruption. Après enquête, il publie dans une édition spéciale du 11 juillet 1933 des pièces d'un dossier prouvant la culpabilité du béké Aubéry dans une affaire de fraude fiscale.

Victime de pressions et de menaces, André Aliker écrit à son frère, à Paris, que sa tête est mise à prix. Il est enlevé par deux inconnus le 1er janvier 1934 et, le 11 janvier, rejeté par la mer, son corps est retrouvé sur une plage de la commune de Schoelcher. Il avait été bâillonné et ligoté avant d'être jeté à l'eau. L'enquête remonte très vite à deux émigrés saint-luciens, Moffat et Mellon, ainsi qu'à une Martiniquaise, soupçonnée d'avoir acheté la corde qui ligotait la victime. Si la femme est rapidement mise hors de cause, les deux compères seront traduits devant la cour d'assises de Bordeaux avant d'être acquittés. Rien d'autre ne viendra plus troubler les affaires du béké Aubéry. Hormis la tentative de Marcel Aliker de venger son frère en tuant le béké. Mais, au moment ultime, le pistolet s'enraye. Arrêté, Marcel Aliker sera libéré après quelques mois de prison. Le drame Aliker a marqué, en Martinique, des générations entières de militants de gauche.

Pour les journalistes d'aujourd'hui, Aliker doit être un modèle. Dans les années trente, il avait compris l'importance de la presse. Il avançait de front dans les deux directions que lui conféraient sa double conscience de journaliste et de communiste. Mais il savait qu'à un moment sa fonction de journaliste primerait sur celle du militant. Qu'il devait être avant tout au service de la vérité. De ces valeurs qui, aujourd'hui, ne sont toujours pas démodées. Comme le souci d'investigation. Et de tout vérifier. Aliker était un personnage exemplaire. Qu'il soit mort comme il est mort, et maintenu dans des ténèbres pendant plus de soixante-quinze ans, est difficilement acceptable. Et le film de Guy Deslauriers, sur un scénario de Patrick Chamoiseau, avec Stomy Bugsy dans le rôle du journaliste, montre que le sujet dérange encore aux Antilles.

Fe. N.

QUAMINA & JACK GLADSTONE


Quamina était un charpentier, né et capturé en Afrique. Lui et son fils Jack Gladstone (qui portait le nom de son maître) ont mené la rébellion de Demerara de 1823, une des plus grandes révoltes d’esclaves dans les colonies britanniques. 

Selon les historiens, Quamina et sa mère étaient capturés en Afrique quand il était encore enfant vers le milieu du XVIIIème siècle; sa mère est morte dans les plantations en 1817. 

Quamina avait fait de son mieux pour apprendre à lire et écrire. Grâce à son intelligence, sa sagesse, et son amour pour le travail, il était respecté par plusieurs esclaves. 

Quamina a fait la rencontre d’une esclave qui a été libéré par son maître nommée Peggy avec qui il eut son fils Jack. Comme Quamina a été sous les ordres de plusieurs maîtres, nombreux le traitaient comme tout esclave, l’humiliaient, le battaient. Une fois il fut battu si fort, qu’il était paralysé et incapable de travailler pendant six semaines, des fois même qu’il ne soit en mesure de travailler, ses maîtres le forçaient à travailler. 

En 1822, quand Peggy est tombée sérieusement malade, on lui forçait toujours de travailler toute la journée, tous les jours et il lui était interdit de prendre ne fût-ce qu’une pause pour prendre soin de sa femme, un soir il rentra à la maison et la trouva morte. 

Après la mort de Peggy, Quamina était devenu très proche de son fils Jack qui avait grandi et aspirait à être un homme libre par tous les moyens nécessaires, préparant donc peu à peu la rébellion. 

Quamina respectait les ambitions de Jack au début mais pensait être logique en conseillant à son fils et aux autres esclaves de ne pas se rebeller violemment mais plutôt faire des grèves dans la non-violence. Jack était écouté par beaucoup d’esclaves, environ 10.000 ! Il les a poussés à se révolter contre leurs maîtres. 

Quamina par amour pour son fils a fini par joindre la cause. L’âge de Jack au moment de la rébellion est estimé à trente ans. La rébellion avait commencé dans la non-violence comme l’avait voulu Quamina, les propriétaires de plantations et leurs familles n’étaient pas tués, ni blessés mais emprisonnés. 

Après la défaite des esclaves dans une très sanglante bataille face aux forces britanniques à « Bachelor’s Adventure », Jack s’enfuit dans les bois, et une récompense était promise à celui qui capturait Jack, son père et environ 20 fugitifs. Jack et sa femme ont été capturés par un capitaine britannique le 6 septembre 1823, après 3 heures de chasse à l’homme. 

Quamina était toujours en fuite jusqu’à ce qu’il ne soit finalement capturé le 16 septembre. Il a été exécuté et son cadavre fut suspendu par des chaînes dans une place publique non loin de la plantation où il travaillait avant la rébellion. Jack et sa femme furent jugés et déportés à Sainte-Lucie. 

Quamina est considéré comme un héros national en Guyane, des avenues à Georgetown portent son nom et un monument a été érigé en son honneur entre les rues Quamina et Carmichael, à Georgetown.

jeudi, janvier 10, 2013

‎--- BUSSA ---


Bussa était un barbadien qui a mené la plus grande révolte d’esclaves en 1816 connu sous le nom de rébellion de Bussa. Bussa est né en Afrique de l’ouest, et il est dit qu’il était soit Igbo ou Akan. Il a été capturé, vendu à des britanniques puis amené à la Barbade vers la fin du XVIème siècle. Il n’y a pas beaucoup d’archives restées à son sujet, vu que les maîtres ne prenaient pas la peine de garder des détails de leurs esclaves. Les archives montrent qu’il travaillait en tant que garde, dans la plantation d’un certain Bayley à Saint Philip peu avant la rébellion. Sa position en tant que garde de plantations lui aurait donné certains privilèges, plus de liberté par rapport aux autres esclaves et lui aurait permis de planifier facilement la rébellion. La rébellion de Bussa a commencé le 12 avril 1816. Elle a été parmi les trois grandes révoltes d’esclaves qui ont eu un impact comme tel sur le public aux Antilles britanniques dans les années qui ont précédé l’émancipation. La rébellion de Bussa a été suivie par la rébellion de Demerara en Guyane et par une plus grande rébellion en Jamaïque de 1831-1832. Les rébellions d’esclaves dans les Antilles britanniques étaient réparties en deux catégories, en fonction de leurs buts, de leur ampleur et du peuple qui se révoltait, il y avait celles qui étaient organisés au tout début par des esclaves venus d’Afrique qui s’organisaient en fonction de leurs ethnies et de leurs traditions, et les deuxièmes rébellions qui étaient organisées par les créoles (peuples nés dans les colonies) et très peu d’africains. Donc vu que Bussa était né en Afrique mais la majorité de ces adeptes étaient créoles, sa rébellion était classée dans la deuxième catégorie.

La rébellion de Bussa a été planifiée par lui-même, et plusieurs de ses collaborateurs dont Washington Franklin, Nanny Grigg, et plusieurs artisans et domestiques. La rébellion était planifiée dans certaines plantations sucrières y compris la plantation de Bayley où elle a commencé. Vers février 1816, il était décidé que la rébellion ait lieu en avril de la même année. Bussa a dirigé tous les combattants pour la liberté, le mardi 16 avril. Il a commandé plus de quatre cents combattants et a perdu la vie durant la bataille. Ses troupes ont continué la guerre jusqu’à ce qu’elles ne soient battues par les forces armées britanniques. La rébellion n’a pas eu l’impact souhaité mais eu un effet considérable sur l’avenir de la Barbade.

Bussa reste populaire et une figure emblématique dans l’histoire de Barbade. En 1985, soit 169 ans après sa rébellion, la statue de Bussa, appelée aussi la statue de l’Emancipation, a été dévoilée au grand public à Haggat Hall à Saint Michael (sur la photo). Par une loi votée au Parlement, Bussa a été nommé parmi les dix héros nationaux de la Barbade, en étant, par ordre chronologique, le tout premier.

mercredi, janvier 09, 2013

L’ORGASME CHEZ LES ÉGYPTIENS ET DANS LE MONDE ANTIQUE




« Dans l’Egypte ancienne on croyait que l'énergie sexuelle et que l'orgasme était la clé de la vie éternelle, et qu'il était intimement lié avec le système des chakras.

Un chakra est un vortex d'énergie reliée au domaine de l'énergie humaine tout entière, et le Chakra du Cœur Universel est le cinquième des chakras. (Il ya aussi un système de huit chakras; Dans ce système, le chakra du coeur est le numéro quatre) Le système égyptien a jugé que l'orgasme était intimement lié à cette organisation du cinquième Chakra du Cœur ou universelle, nous allons vous expliquer la connexion éternelle de la vie. 

Beaucoup de personnes dans le monde sont ignorants au sujet de ce qui arrive à leur énergie sexuelle après avoir eu un orgasme. Généralement, l'énergie se déplace jusqu'à la colonne vertébrale et sur la partie supérieure de la tête directement dans le huitième chakra ou treizième (chakra même système différent). 

Dans quelques rares cas, l'énergie sexuelle est libérée dans le dos dans le centre caché sous les pieds, le point opposé à celui ci-dessus la tête. Dans les deux cas, l'énergie sexuelle - concentre l'énergie vitale appelée Prana dans l'hindouisme - est dissipée et perdue. Il est semblable au déchargement d’une batterie en un fil de terre. Il n'est plus dans la batterie et donc il est allé pour toujours. C'est ce que dans le monde et les systèmes tantrique, dont je suis au courant, de croire que l'orgasme conduit un peu plus près de la mort, parce qu'une personne perd son énergie vitale dans l'orgasme et se fait plus faible.

Mais les Égyptiens trouvé il y a longtemps qu'il n'a pas à être de cette façon.

C'est pour cette raison que les hindous et tibétains systèmes Tantra demander le mâle pour éviter l'éjaculation. Au lieu de cela, ils parlent de ces tubes minuscules invisibles où, quand un étudiant apprend à contrôler l'orgasme et l'écoulement de leur énergie sexuelle, le sperme migre plus jusqu'au deux centres de ces systèmes, ainsi que le système taoïste chinois Tantra, sont tout d'abord préoccupés par le flux d'énergie sexuelle, parfois appelé'' les courants sexuels.'' Ils s'occupent principalement de ce qui se passe dans l'énergie sexuelle est déplacé avant l'orgasme, mais ils ont tous des points de vues totalement différents de cette énergie par rapport à la conception Égyptienne antique.

Les égyptiens croyaient que l'orgasme est sain et nécessaire, y compris la libération des spermatozoïdes chez les hommes, mais que les courants d'énergie sexuelle doivent être contrôlés dans une procédure profondément ésotérique qui ne ressemble à aucun autre système. Ils croyaient que si cette énergie est contrôlée, alors que l'orgasme humain devient une source infinie d'énergie pranique qui n'est pas perdue.

Ils croient que l'ensemble de la Mer-Ka-Ba ou Lightbody (le domaine de l'énergie environnante et s'interpénètrent dans le corps) bénéficie de cette libération sexuelle. Ils croient même que dans de bonnes conditions l'orgasme mènera directement à la vie éternelle, et que l'ankh est la clé. »

Source : “The Ankh and the orgasm taken” de Drunvalo vue sur Voces Armoricas Xoomj

mardi, janvier 08, 2013

‎8 janvier 1912. Naissance de l'ANC.


Le Congrès national africain (ou ANC pour African National Congress en anglais) est un parti politique d’Afrique du Sud membre de l'Internationale socialiste. Fondé en 1912, à Bloemfontein pour défendre les intérêts de la majorité noire contre la minorité blanche, il fut déclaré hors-la-loi par le Parti national pendant l’apartheid en 1960. Il est à nouveau légalisé le 2 février 1990 alors que l'apartheid est aboli en juin 1991.

En 1994, les premières élections multiraciales ont lieu permettant à Nelson Mandela d'être élu président de la République sud-africaine. Depuis, l'ANC domine largement la vie politique sud africaine (60-70 % des voix aux différentes élections générales de 1994, 1999, 2004 et 2009).

Son chef actuel est Jacob Zuma et son quartier général est installé dans la Chief Albert Luthuli House, immeuble de vingt-deux étages situé à Johannesburg et qui portait auparavant le nom de Shell House.

En 1960, l'ANC et les organisations noires sont interdites après le massacre de Sharpeville. Nelson Mandela fonde Umkhonto we Sizwe, « le fer de lance de la Nation », aile militaire de l'ANC, chargé d'effectuer des actions de sabotage. Le chef de l'ANC, Albert Luthuli (photo), obtient en fin d'année le Prix Nobel de la paix.

lundi, janvier 07, 2013

HOUPHOUET-BOIGNY VU PAR FRANTZ FANON


M. Houphouët-Boigny s’est fait le commis-voyageur du colonialisme français et il n’a pas craint de se rendre aux Nations unies pour y défendre la thèse française. 

Lorsqu’un colonisé comme M.Houphouët-Boigny, oublieux du racisme des colons, de la misère de son peuple, de l’exploitation éhontée de son pays en arrive à ne pas participer à la pulsation libératrice qui soulève les peuples opprimés et que, en son nom, tous pouvoirs sont donnés aux Bigeard et autres Massu, nous ne devons pas hésiter à affirmer qu’il s’agit ici de trahison, de complicité et d’incitation au meurtre.


(POUR LA REVOLUTION AFRICAINE (FRANTZ FANON); P.135 et 136)

mercredi, janvier 02, 2013

1ER JANVIER : ANNIVERSAIRE DE DEUX FAITS MAJEURS DANS L'HISTOIRE DE LA DIASPORA NOIRE: L’INDÉPENDANCE D’HAÏTI PROCLAMÉE PAR JEAN-JACQUES DESSALINES et LA PROCLAMATION D’ÉMANCIPATION SIGNÉE PAR LE PRÉSIDENT ABRAHAM LINCOLN


- Le dimanche 1er janvier 1804, Jean-Jacques Dessalines proclame l'indépendance de l'île de Saint-Domingue au terme d'une longue et meurtrière guerre de libération. L'ancienne colonie française devient le premier État noir des Temps modernes et le deuxième État indépendant des Amériques (après les États-Unis). Elle adopte pour l'occasion le nom que lui donnaient les Indiens Taïnos avant l'arrivée de Christophe Colomb : Haïti. 



- Le 1er janvier 1863, le président américain Abraham Lincoln signe la Proclamation d’Émancipation libérant les esclaves dans les états rebelles. Cette proclamation marque la rupture avec la politique de strict respect de la Constitution suivie par le président depuis son élection, et qui tendait, tout en utilisant la force pour maintenir l'Union, à proposer un compromis aux rebelles afin de rétablir la paix. 


Lire le texte de la proclamation : projet Avalon de l'université Yale. Traduction française tirée des Archives diplomatiques d'Amyot, 1863, I, p. 438. 

http://mjp.univ-perp.fr/textes/lincoln5.htm


mercredi, décembre 19, 2012

Le mystère autour de la mort du pharaon Ramsès III s'éclaircit



IRIB- Après 3.000 ans, la lumière est faite sur la "conspiration du harem", qui a coûté la vie au pharaon Ramsès III. Selon une nouvelle série d'analyses, celui-ci a été égorgé.

Grâce à une analyse aux rayons X et à des tests ADN, des chercheurs ont pu lever le voile sur la mort de Ramsès III : le pharaon a eu la gorge tranchée. La "conspiration du harem", comme elle a été appelée, a été organisée par des membres du harem du pharaon comme en atteste des documents d'époque, en particulier le "Papyrus judiciaire" conservé à Turin et qui relate une tentative de coup d'État de la reine Tiyi, l'une des épouses de Ramsès III.
Il y a 3.000 ans, Tiyi souhaitait voir son fils Pentaour monter sur le trône alors que l'héritier légitime de Ramsès III était le fils d'Isis, sa première épouse. La reine Tiyi espérait ainsi mettre à profit l'hostilité croissante du peuple à l'égard du pharaon, qui vivait dans le luxe, alors que les ouvriers n'étaient plus payés et que la famine menaçait. Ce mécontentement donnera d'ailleurs la première grève de l'histoire, rapporte l'AFP. Pour mettre au point son complot, Tiyi, bien que cloîtrée dans son harem, est parvenue à entrer en contact avec des gens à l'extérieur, impliquant ainsi des militaires et même un prêtre.

Une importante blessure à la gorge révélée

Les détails exacts ne seront probablement jamais précisément connus mais, d'après des documents officiels de l'époque, la tentative de coup d'État a échoué en 1156 av. J.-C et une trentaine de coupables ont été condamnés. En revanche, les textes restent flous sur la mort de Ramsès III, alors âgé d'environ 65 ans. La question restait ainsi posée : le pharaon a-t-il été assassiné par les sbires de Tiyi et de Pentaour ou a-t-il été blessé avant de mourir quelques jours plus tard ?

Pour y répondre, le spécialiste allemand des momies, Albert Zink, s'est intéressé à la dépouille de Ramsès III. Avec l'aide d'autres experts, dont Zahi Hawass, ancien responsable du Conseil suprême des antiquités égyptiennes, il a passé la momie à la tomographie assistée par ordinateur. L'autopsie numérique a ainsi permis de révéler une importante blessure à la gorge, sous le larynx, qui était jusque-là passée inaperçue. "La blessure fait environ 70 mm de large et s'étend jusqu'aux os [ ... ] La trachée a été coupée net" à l'aide d'un couteau tranchant ou d'une lame similaire, précise l'étude, publiée par le British Medical Journal.

"L'étendue et la profondeur de la plaie indiquent qu'elle a provoqué la mort immédiate de Ramsès III", révèlent donc les chercheurs. Plus surprenant encore, l'imagerie médicale en 3D a identifié un corps étranger enfoncé dans la plaie : une amulette en pierre. Il s'agit de "l'Oeil d'Horus", auxquels les Égyptiens prêtaient des pouvoirs de guérison. "La gorge tranchée et l'amulette prouvent clairement que le pharaon a bien été assassiné", indique Albert Zink dans un communiqué repris par l'AFP.

La momie de Pentaour retrouvée ?

Mais ce n'est pas tout puisque les experts se sont également intéressés à la momie d'un homme de 18 à 20 ans retrouvée en compagnie de celle de Ramsès III. Celle-ci était enveloppée dans des peaux de chèvre, une matière "rituellement impure". Il s'agirait probablement de Pentaour le parricide, contraint au suicide. Les peaux de chèvre l'auraient privé d'une vie après la mort, suprême humiliation dans l'Égypte antique.

L'analyse ADN a révélé que cette momie est bien celle d'un fils de Ramsès III mais pour être sûr qu'il s'agit bien de Pentaour, il faudrait disposer de l'ADN de la reine Tiyi, dont la momie n'a jamais été retrouvée.

lundi, décembre 17, 2012

La traite déclarée comme illégitime et immorale



Après avoir rappelé comment l’Église avait été silencieuse, complice et avait intégré l’esclavage et comment il avait attisé les conflits en Afrique, la troisième partie de l’article de Reynolds Michel explique comment la traite et l’esclavage furent condamnés.

Fernando Rebello (1546-1608) partage le point de vue de son confrère Luis de Molina sur le caractère injuste de la réduction des Noirs en esclavage. Car pour lui, les marchands mentent en déclarant que les Noirs qu’ils vendent ont été réduits en esclavage de manière licite. Dans un ouvrage publié à Lyon en 1608, il déclare que la traite des Noirs en Afrique est illicite et immorale. En conséquence, les esclaves embarqués injustement doivent retrouver la liberté. Il va jusqu’à dire qu’ils doivent être indemnisés. En outre, ceux qui, s’étant rendu compte de l’injustice de l’origine de leur esclavage, ne les ont pas relâchés sont un état de péché mortel.
D’autre part, avec Enrique de Villalobos, il met en cause une certaine logique chrétienne qui justifie l’esclavage sous couvert d’évangélisation. Si tel est le but, quelle est la légitimité de les maintenir en esclavage lorsqu’ils sont baptisés ? Comme l’Eglise ne peut accueillir en son sein que des hommes libres — la libération des esclaves baptisés était alors la règle en Europe — maintenir les Noirs baptisés en esclavage constitue une faute grave. Fernando Rebello ose prendre comme élément de comparaison l’islam qui accorde la liberté à tout esclave qui se convertit à la foi musulmane.
Il s’est également opposé au baptême donné aux Noirs avant leur embarquement sur les navires négriers. Car une fois débarqués, les maîtres, qui se disent pourtant chrétiens, ne cherchent nullement à les éduquer dans cette foi qu’on leur a imposée, mais a les faire travailler jusqu’à l’épuisement. C’est là une grave offense à la religion.
C’est la raison pour laquelle le jésuite Diego de Avendano (1594-1688) refuse l’absolution aux détenteurs d’esclaves qui ne cherchent pas à éduquer leurs Noirs selon les principes catholiques (1).
Une place à part doit être faite à Fernando Oliveira (1507-1580), dominicain portugais en rupture avec son ordre. Même s’il raisonne également dans le cadre de la « guerre juste », guerre légitimée par des causes très précises, établies par les théologiens-juristes de l’École de Salamanque, donc ne remettant pas en cause l’esclavage sous certaines conditions, Fernando Oliveira, homme de lettres, grammairien et spécialiste d’art nautique, a une position plus tranchée sur la traite des Noirs qu’il condamne radicalement. La traite est une affaire de commerce qui n’a absolument rien à voir avec la « guerre juste ». D’où sa condamnation de l’esclavage qui en découle, un esclavage par transaction mercantile qui « n’a aucune cause raisonnable pour ce qui nous concerne, car ils ne nous offensent pas, ils ne nous doivent rien, et nous n’avons pas de cause juste pour leur faire la guerre. Sans guerre juste, nous ne pouvons pas les capturer ni les acheter à des gens auxquels ils n’appartiennent pas ».
L’être humain libre et pacifique ne peut pas être l’objet d’un commerce« comme qui achète et vend des animaux ». Et il s’emploie à répondre à certaines objections : « ce n’est pas une bonne excuse de dire qu’ils se vendent les uns les autres, car il est assurément coupable celui qui achète ce qui est vendu à tort et les lois humaines de notre pays et d’autres le condamnent, parce que s’il y avait pas d’acheteurs, il n’y aurait pas de mauvais vendeurs et les voleurs ne voleraient pas pour vendre. De sorte que nous leur donnons l’occasion de se tromper les uns les autres, de se voler, de se faire violence et de se vendre en allant les acheter. (…) C’est nous qui avons été les inventeurs d’un commerce aussi pervers, jamais pratiqué ni mentionné parmi les hommes » (2).

Ces théoriciens membres de diverses congrégations ont eu la chance de se rendre en Amérique et de côtoyer la réalité de l’esclavage. Ils découvrent sur le terrain un autre type d’esclavage et l’horrible réalité de la traite : des Noirs bestialisés et martyrisés et des milliers de morts. Ils estiment en conséquence que la plupart des justifications classiques ne peuvent s’appliquer à cette nouvelle réalité. Malgré leur grande prudence, ils finissent par alerter les consciences :

- en dénonçant l’hypocrisie des négriers qui se cachent derrière le motif religieux d’évangélisation pour se livrer à leur trafic ;

- en alertant les autorités sur les traitements infâmes que les maîtres infligent aux esclaves ;

- en contestant la légitimité de la traite ;

- et en désapprouvant l’esclavage tel qu’il est pratiqué.
Ces prises de position ne pouvaient pas ne pas avoir un certain impact sur un certain nombre de missionnaires et de théoriciens chrétiens en les poussant à aller plus loin dans leur condamnation de la traite et de l’esclavage.
(à suivre)
Reynolds Michel
(1) LE BRET Marie, Arguments et pratique de l’anti-esclavagisme catholique dans l’Amérique latine coloniale (XVe-XVIIIe siècles), Colloque 2010, Institut Albert le Grand, IRCOM, pages 18 à 25 pour toutes références sur les Théologiens - juristes de l’Ecole de Salamanque et autres. Également QUENUM Alphone, op.cit, pages 105à 111.
(2) Ibid.

source

vendredi, octobre 26, 2012

25 OCTOBRE 1983, L’INVASION DE GRENADE UNE DATE CLE POUR LA CARAÏBE





LA MANŒUVRE DE RONALD REAGAN POUR ENVAHIR GRENADE

La raison de l’interventionnisme américain est l'avènement au pouvoir Grenade d'un Conseil militaire révolutionnaire, à la fois marxiste et tourné vers la Caraïbe, dirigé par Maurice Bishop puis les relations que celui-ci entretient avec Cuba dérangent fortement la maison Blanche qui voit en outre la construction d'un aéroport à Point Saline d'un très mauvais œil.

Ils iront à dire à la population américaine qu'il s'agissait d'une super base militaire ennemie avec des armes pointées sur eux. C'est le premier mensonge sécuritaire utilisé dans l'histoire par les américains.

Prétextant donc la sécurité d'étudiants américains résidant à la Grenade ils ont fomenté la demande d'intervention.

Cela tombait à pic l’Amérique avait besoin de redorer son blason était en quête d’un succès flamboyant pour effacer l’affront du Viêt-Nam.

Pour ce faire et envahir Grenade, Ronald Reagan est passé par l’OECO (l'Organisation des États des Caraïbes orientales), la demande d’intervention militaire à Grenade est venue d’Eugenia Charles en personne, la dame de fer de la Dominique alors à la tête de l’OECO.

Le critique journaliste écrivain américain, William Blum écrivit à l’époque concernant la demande d’Eugénia Charles que «Même si les craintes étaient fondées, il s'agirait d'un principe jusque-là inconnue en droit international, à savoir que l'État A pourrait demander à l'état B à envahir état C en l'absence de tout acte agressif envers l'État A par l'Etat C. »

Des années plus tard suite aux Etats –Unis des documents déclassifiés ont révélés que la CIA avait rétribué madame Charles en paiement de sa demande de la somme de 100 000 dollars.

LE 25 OCTOBRE 1983 …L’ OPÉRATION FURY : L’ AMÉRIQUE ENVAHIE GRENADE

L’invasion sera favorisée par des évènements intérieurs dans l’ile. En 1983, Maurice Bishop le leader de la Révolution grenadienne, dit l’évêque s’est en butte à une vive opposition dans ses propres rangs et a dû partager le pouvoir avec Bernard Coard pro soviétique, plus «stalinien» et doctrinaire par opposition à la position de Maurice Bishop plus castriste dans son approche, Bishop estimait que pour parvenir à un développement pleinement autonome, les intérêts caribéens primaient par-dessus les politiques antagonistes des deux blocs.

En outre l’éducation du peuple pour Maurice Bishop était une donnée capitale pour le devenir de l’île, ainsi qu’une ré-attribution plus juste des richesses. Bishop fit de Bernard Coard vice premier ministre mais ce dernier était animé d’une jalousie dévorante à l’égard du visionnaire et très charismatique de Bishop.

Élément majeur, Coard avait avec lui l’armée qui lui était fidèle, ainsi le 13 octobre 1983 sous les ordres de Coard, l’armée déposa Bishop, le fit placé en résidence surveillée, mais une foule de partisans le libéra le 19 octobre. Quelques heures plus tard l’armée intervenant tira sur la foule, somma à Bishop et ses partisans de se rendre, ils furent arrêtés et fusillés dans la foulée ainsi que la femme de Maurice Bishop enceinte.

Maurice Bishop physiquement supprimé, le coup d’Etat réalisé, l’OPÉRATION FURY pouvait commencer.


Les opérations étaient placées sous la houlette du général américain Austin. Le 25 octobre 1983 l’offensive débuta à 5h du matin.

Après la débâcle et le bourbier vietnamien les gouvernants américains avaient soif d’une victoire éclatante, aussi cette invasion leur offrait une opportunité de choix. C’est ainsi que la super puissance américaine a envahie l’un des plus petit Etat de la planète.

Les rapports de forces étaient largement disproportionnés, d’un côté les USA forts de 7000 soldats, appuyés par 300 de l’OECO contre tout juste 1 500 soldats de Grenade aidés de 700 cubains en fait des spécialistes du génie civil plus que des chefs de guerre, à cela s’ajoutait une petite soixantaine de conseillers militaires venant pelle mêle de l’URSS, la Corée du Nord, l’Allemagne de l’Est, de la Libye et de la Bulgarie.

L’avantage était en toute logique nettement du côté des envahisseurs, aussi l’opération Fury aurait du être une simple formalité, il n’en fut rien car les habitants ont opposé une résistance héroïque, contraignant les américains à envoyer deux bataillons supplémentaires.

Néanmoins dominant le théâtre des opérations, à la fois sur terre, en mer et dans les airs, la coalition américaine vint à bout de l’opération Fury mais seulement une semaine après le début de l’offensive.

Parmi les pertes on compta 19 tués et 116 blessés côté américain et de l’autre 45 militaires grenadiens morts ainsi que, 358 blessés le nombre de 24 victimes a été annoncé pour la population civile mais à ce jour il n’y a pas de certitude réelle quand a ce chiffre.

Coté cubain les pertes on dénombra 24 morts et 59 blessés. Les prisonniers ont été comptabilisés à 638.

Coût de l’opération Fury 76 millions de dollars valeur d’époque soit 165 millions de dollars en valeur actuelle.

Mais l’invasion de l’île a eu une portée caribéenne des plus impopulaires.

En effet, cette résistance, image du pot de terre contre le pot de fer a retenti dans la caraïbe au lendemain du 25 comme un écho favorable au sein des populations des îles caribéennes.


En Martinique dans les rangs communistes on parla de Grenade comme le bourbier caribéen à l’impérialisme américain.

Car il faut rappeler que cette inimaginable vaillance des habitants de Grenade a fait figure de symbole, même si l’issue militaire ne semblait faire aucun doute, tant le déséquilibre des forces était sans commune mesure, sa résonance dans toute la Caraïbe à l’époque a été importante et synonyme d’une grande fierté populaire, contre toute attente les dirigeants caribéens s’étant engagés au côté des américains comme Eugénia Charles en particulier, ont depuis la traîtrise chevillée au corps.

Les peuples n’ont pas pardonné l’interventionnisme de ces dirigeants, aussi il est important d’avoir en mémoire cette histoire, car pendant cette semaine de l’Enfer pour Grenade, les peuples de la caraïbe ont vibrés dans l’inquiétude, à l’unisson dans leur soutien solidaire, se fiant à leurs bon sens, un exemple à ne jamais oublier … et a reproduire si besoin.

Emmanuelle Bramban

Photo du débarquement aérien. Sources: Les archives de l’université de Sherbrook Operation Urgent Fury , Ronald H Cole Epices et Poudre, Frédérique Morizot ed L'hamatan Cold War mystery plays out in Grenada,DAVID McFADDEN The Grenada Revolution online.com

dimanche, octobre 21, 2012

Qui était João da Cruz e Sousa?


João da Cruz e Sousa (né le 24 novembre 1861 à Nossa Senhora do Desterro, aujourd'hui Florianópolis - mort le 19 mars 1898 dans l'Estação do Sítio) fut un poète brésilien, l'un des précurseurs du symbolisme au Brésil.

Fils des ex-esclaves Guilherme da Cruz, maçon, et Carolina Eva da Conceição, João da Cruz a reçu une éducation distinguée sous la tutelle du Maréchal Guilherme Xavier de Sousa.

Le Maréchal Guilherme Xavier de Souza et sa femme n'avait pas d'enfants alors ils décidèrent de s'occuper de João comme si c'était leur fils.

En 1881, Cruz e Souza a administré le journal Tribune Populaire, où il a combattu l'esclavage et le préjugé racial.

En 1883, il a été récusé comme Promoteur de Justice, parce qu'il était noir.

En 1885, son premier livre a été publié, Tropos e Fantasias, en partenariat avec Virgílio Várzea. 5 ans après, il est allé à Rio de Janeiro, où il a travaillé comme archiviste dans la Estrada de Ferro Central do Brasil (Route de Fer Central du Brésil).

En 1893, il a publié Missal (prose poétique baudelairienne) et un livre de poésie appelé Broquéis.

C'était le début du Symbolisme au Brésil qui a duré jusqu'en 1922 (le démarrage du Modernisme à São Paulo). Cruz e Souza s'est marié en 1893 (l'année de publication de Missal et Broquéis) avec Gavita Gonçalves, (une femme noire comme lui). Ils ont eu quatre enfants qui sont morts prématurément à cause de la tuberculose.

"DES FUNÉRAILLES D’ÉTAT POUR LINCOLN ALEXANDER


L'ancien lieutenant-gouverneur de l'Ontario et premier député noir à la Chambre des communes, Lincoln Alexander, aura droit à des funérailles d'État à Hamilton la semaine proch...Afficher la suite DES FUNÉRAILLES D’ÉTAT POUR LINCOLN M. ALEXANDER

-Radio Canada-

L'ancien lieutenant-gouverneur de l'Ontario et premier député noir à la Chambre des communes, Lincoln Alexander, aura droit à des funérailles d'État à Hamilton la semaine prochaine.

La cérémonie aura lieu au théâtre Hamilton Place. S'il manque de places, le public pourra suivre le service funèbre en direct à l'amphithéâtre Copps Coliseum.

M. Alexander s'est éteint vendredi matin, à l'âge de 90 ans. Il avait été opéré l'hiver dernier, relativement à une embolie de l'aorte. Sa femme a précisé qu'il était mort dans son sommeil à l'hôpital.

L'actuel lieutenant-gouverneur de la province, David Onley, a annoncé la nouvelle publiquement, tout en offrant ses condoléances à la famille. « Il était, dit-il, un excellent Canadien et un grand homme ».

« C'est avec une grande tristesse que j'ai appris le décès de Lincoln Alexander, un grand Canadien et un fier conservateur.» — Stephen Harper, premier ministre du Canada

Pour sa part, le premier ministre ontarien, Dalton McGuinty, est « profondément attristé ». Dans un communiqué, il a rendu hommage à M. Alexander. « Il a fait tomber des barrières, dit-il. Il a fait de l'Ontario une meilleure province ».

Les drapeaux sont en berne devant l'édifice de l'Assemblée législative de l'Ontario à Toronto.

UN « NÈGRE »

M. Alexander s'était fait élire pour la première fois dans la circonscription d'Hamilton Ouest, en 1968. À l'époque, on annonce sa victoire à la télévision en le qualifiant de « premier nègre » à être élu député aux Communes.

Né en Ontario, Lincoln Alexander a grandi dans le quartier dur de Harlem, à New York. Contre toute attente, il était revenu étudier au Canada pour devenir avocat.

Le titre de ses mémoires, écrites en 2006, "Go To School, You're A Little Black Boy" est la phrase que la mère d'Alexandre lui lançait souvent pendant son enfance.

"Ces mots, ses paroles, ont été au cœur de ce que j'ai accompli dans ma vie, dit-il. Ma mère a été la personne qui m'a encouragé à aller à l'école. Elle avait raison, bien sûr. Mon éducation a toujours été mon émancipation".

"Va à l'école, tu es un petit garçon noir" raconte la remarquable série d'événements qui ont conduit Alexandre à devenir l'un des chefs de file les plus novateurs et les plus influents du Canada.

Le livre retrace ses premières années à Toronto en tant qu'enfant de parents antillais de la classe ouvrière - sa mère était une femme de ménage et son père était un porteur de chemin de fer - jusqu'à nos jours.

Alexander écrit avec affection à propos de sa mère, qui était une simple femme de ménage, "mais ses connaissances et sa prévoyance transcendaient sa position dans la vie, elle savait que la défaite était facile à accepter, mais que le succès était possible et l'éducation le véhicule pour vous y conduire".

Lincoln Alexander a entre autres été ministre à Ottawa dans le gouvernement conservateur de Joe Clark, avant de démissionner en 1980 pour prendre la tête de la Commission ontarienne de la sécurité professionnelle et de l'assurance contre les accidents du travail.

Son parcours impressionnant a contribué à faire tomber les préjugés à l'endroit des personnes de minorités visibles. Il s'était, par ailleurs, directement pris part au débat épineux, il y a 10 ans, entourant des allégations de profilage racial à la police de Toronto. M. Alexander avait organisé un sommet de leaders communautaires.

Il était marié et avait un fils.

19/10/12

L'Afrique de René Vautier


Un reportage sur l'Afrique des années 50 par René Vautier, cette vidéo mérite d'être visionnée.

vendredi, octobre 12, 2012

ESCLAVAGE ET RÉPARATIONS 500 ans de désastre environnemental

Vendredi 12 Octobre à 18h-22h30 Bourse du Travail - Salle Ambroise Croizat à 3 rue du Château d'eau, Paris 10e

En écho à l'appel pour un DÉBAT NATIONAL sur les réparations liées à l'esclavage colonial, lancé par Louis-Georges TIN (à paraître le 12 octobre dans le Journal Le Monde), et en partenariat avec la CGT, le Mouvement International pour les Réparations et le magazine DOM-HEBDO organisent à la Bourse du Travail à Paris, le Vendredi 12 octobre 2012, de 18h à 22h30, une rencontre-débat sur l'esclavage et les réparations.

En présence notamment de Maître Claudette Duhamel, de Luc reinette et du Professeur Linn Washington

(Au terme de sept ans de procédures, la première assignation d'un État colonial en réparation a été jugée recevable en mai 2012)

samedi, septembre 15, 2012

Les Calbanons, système de domination créé par le maître, lieux de vie des engagés

Sainte-Suzanne, terre d’esclaves mais aussi terre d’engagés. Après la période de l’esclavage, les gros propriétaires ont plus que jamais besoin de main d’œuvre et de bras pour cultiver la terre et travailler sur les exploitations agricoles. Se développe alors une nouvelle forme d’esclavage. Il s’agit de l’engagisme.


Les travailleurs recrutés sont, pour la plupart d’entre eux, des engagés indiens. Ces derniers sont logés dans des camps ou dans des kalbanons (il en existe toujours à Jacques Bel Air, Bellevue, Bagatelle…) ce sont des petites cases en dur de fortune, sans confort, sans intimité.

Selon les recherches effectuées par l’historien Réunionnais Sudel Fuma, 389 esclaves ont vécu dans les kalbanons de Bel Air avant de laisser leur place dès 1848 à 397 engagés. Toute une famille habitait dans une seule pièce d’environ 13 m2.

La vie dans les kalbanons était très pénible marquée par un taux de masculinité très élevé (80% d’hommes et 20% de femmes), la promiscuité, la prostitution, autant de facteurs, qui réunis, débouchaient parfois sur des crimes passionnels, selon l’historien Sudel Fuma.

Maurice GIRONCEL rejoint Paul VERGES lorsqu’il déclare que « Les kalbanons étaient un système concentrationnaire créé par le maître. C’était donc un instrument de l’esclavage. Il faut aussi se rappeler que, dans cet univers carcéral, en perpétuant un rituel culturel venu de leur pays d’origine tel que le maloya, le servis kabaré, les esclaves ont su résister. Nous devons lutter contre cette volonté délibérée qui consiste à occulter cette page de notre histoire et en même temps à dissimuler les instruments liés à l’esclavage. Il est scandaleux, qu’aujourd’hui encore, on n’ait pas retrouvé une seule chaîne d’esclave. Il est donc urgent de mettre en place une véritable politique de protection de tous les kalbanons ».

Ces kalbanons font partie intégrante de l’histoire de Sainte Suzanne et de notre pays. Menacés à un moment de destruction par le propriétaire, ils ont pu être finalement conservés sous l’impulsion du Grather, soutenu par la municipalité. L’objectif est de faire de ces vestiges du passé des lieux de mémoires, des lieux chargés d’histoire qui permettent à tous de se remémorer ces traces d’eux-mêmes.

vendredi, août 10, 2012

VOICI LA VRAIE CARTE DE L´AFRIQUE CACHÉE AUX AFRICAINS DEPUIS 600 ANS


Afin que nul ne l´ignore plus.

La carte géographique officielle du monde est celle réalisée en 1569 selon la projection dite de Mercator (du nom de son auteur, le Belge Gerardus Mercator), est une carte fausse. Lorsqu’il a fallu trancher pour utiliser par exemple la carte géographique de Gall ou celle de Peter plus proche de la réalité, et corrigeant les erreurs de Mercator, le gouvernement américain a choisi la carte erronée et pour cause : c’est celle qui fait la part belle à l’Occident et endommage les pays non occidentaux, comme l’Afrique, l’Amérique du Sud et l’Asie. Sur les cartes officielles utilisées partout dans le monde y compris en Afrique, voici quelques exemples de malignités :

Le Groenland apparait plus grand que l’Afrique alors que cette dernière est 15 fois plus grande dans la réalité. Le Cameroun semble avoir la même grandeur que la Suisse alors qu’en réalité, le Cameroun est 11,5 fois plus grand que la Suisse qui avec ses 41.277 km2 n’atteint pas la dimension de l’une des 10 provinces du Cameroun (475.000 km2) La Finlande et tous les pays scandinaves semblent plus grands que l’Inde alors qu’en réalité, l’Inde avec ses 3.287.263 km² (2,3% des terres émergées) est 10 fois plus grande que la Finlande avec ses 338.424 km2 (0,23% des terres émergées) L’Allemagne semble le double du Mozambique, alors que dans la réalité, l’Allemagne avec ses 357.114 km² est moins de la moitié du Mozambique qui a 801.590 km2 La Belgique semble plus grande que le Sénégal. Mais en réalité, le Sénégal avec ses 196.722 km² est presque 6 fois et demi supérieur à la Belgique qui n’a que 30.528 km².

La France semble avoir la même dimension que le Mali. Pourtant, dans la réalité, avec ses 1.241.238 km², le Mali a une superficie double de celle de la France qui n’en compte que 640.294 km².

L’Europe semble plus grande que la Chine alors qu’en réalité, avec ses 9.596.961 km2 la Chine est presque le double de toute l’Europe d’est en ouest et représente 6,4% des terres.

L’Afrique est un très grand continent, avec ses 30.418.873 km², représentant les 6% de la terre et 20,3% des terres émergées. Alors que les 46 pays de l’Europe totalisent une superficie de 5.917.619 km², c’est-à-dire que l’Europe entière, du Portugal à l’Ukraine est 4,4 fois plus petite que l’Afrique. Pourtant, dans l’imaginaire collectif, les Africains sont convaincus d’être 10 fois plus petits que l’Europe, de disposer moins d’espace vital que les Européens, ce qui n’est pas vrai du tout, comme nous venons de le voir. Voilà pourquoi en plus d’un climat très favorable, c’est à l’Afrique de nourrir l’Europe et d’en tirer un profit conséquent et non l’inverse.

CONSEQUENCES POUR L'AFRIQUE

Grâce à cette carte à première vue anodine, l'Europe a réussi à installer dans la tête des africains une acceptation de leur supposée supériorité. L'enfant africain qui regarde une carte géographique sur laquelle l'Europe est au dessus et l'Afrique en dessous, intériorise l'infériorité africaine vis-à-vis de l'Europe. Parce qu'il est naturel que l'instinct de cet enfant le pousse à comprendre que l'aspiration d'une personne c'est de grandir et grandir veut dire partir du bas vers le haut, grandir veut dire quitter la marche sur les 4 pattes pour se mettre debout, grandir veut aussi dire, partir de ce Sud prétendument pauvre, démuni, meurtri en bas vers le nord en haut, symbole de réussite et du bien-être.

Pour défendre un continent, il faut l'aimer et pour aimer l'Afrique, il faut avoir la capacité intellectuelle de mettre comme priorité la déconstruction du conditionnement mental dans lequel presque toute la population se trouve.

Lorsque j'étais étudiant en Italie, en 1987, j'avais réalisé un test avec mes camarades italiens. J'avais pris une carte du monde que j'avais retournée et réinscrit les noms des pays à l'endroit, sur la carte renversée. Tous m'ont dit que ce n'était pas normal et quand je leur faisais remarquer que la terre était ronde, presque tous sans réfléchir me répondaient que "mais l'Afrique ne peut pas être au dessus de l'Europe" et lorsque je demandais "pourquoi ?" la réponse était tout aussi surprenante "parce que l'Afrique est plus pauvre". Ce qui veut dire que pour un jeune européen, avoir une carte du monde où l'Europe est placée au-dessus de l'Afrique est une confirmation de sa conviction profonde selon laquelle, la forte Europe ne peut que dominer la pauvre Afrique et donc avoir son trophée même sur la carte géographique et être mise en haut et l'Afrique en dessous.

Quelques années plus tard, lorsque j'ai créé ma première entreprise en République Populaire de Chine, en 1998, j'ai fait une découverte qui, à première vue, n'avait rien de spécial, mais à force d'y penser m'a été tout aussi bouleversante. Et c'est que la carte géographique que nous utilisions n'avait rien à voir avec celle utilisée en Europe. Elle avait été revisitée avec la Chine au centre du globe terrestre et tout le reste autour, de simples satellites. Et lorsque j'ai tenté de demander à mes collaborateurs chinois s'ils ne croyaient pas que cette carte était un peu bizarre, ils m'ont candidement répondu que c'est le contraire qui aurait été bizarre parce que selon eux, la Chine était au centre du globe terrestre, à équidistance de l'Afrique et l'Europe à gauche et les deux Amériques à droite. J'ai passé 10 ans en terre chinoise pour comprendre que ma prétendue bizarrerie de la carte géographique montrait l'importance des symboles, même les plus insignifiants, dans la construction mentale de la fierté d'un peuple. Donner la fierté à un peuple n'est pas le résultat d'un simple slogan répété plusieurs fois, mais un sérieux travail de géostratégie pour comprendre en quoi nous sommes le souffre-douleur d'un autre peuple et en quoi nous sommes le paravent du bonheur et de la fierté d'un autre peuple. Ensuite nous devons prendre les décisions qui s'imposent pour, d'abord, démonter le pessimisme que l'autre nous a imprimé, avant même de mettre sur pied les mécanismes devant porter à la noblesse tout un peuple. La pédagogie de cette déconstruction peut se révéler salutaire dans la prise de conscience effective, dès lors que les bénéficiaires sont associés à tous les niveaux du démontage, parce que convaincus du bien fondé de leur naïveté.

QUELLES LEÇONS POUR L’AFRIQUE ?

Il y a 25 ans que j’ai adopté Giordano Bruno, philosophe de la renaissance italienne, comme mon maître à penser. Ses écrits m’ont permis de grandir intellectuellement, son courage d’assumer ses actes m’a convaincu d’oser aller contre la vague, pour faire accéder l’Afrique à un lendemain juste ; sa persévérance à transmettre ses connaissances contre vents et marrées m’a insufflé l’audace morale d’affronter la compromission de la médiocrité généralisée pour communiquer aux jeunes les facettes cachées d’un monde construit sur le mensonge. Pour accéder à la connaissance au XVème siècle, il fallait se faire prêtre. Bruno l’a fait. Mais dans sa chambre d’étudiant, d’emblée, il enlève toutes les images de saints, recevant les foudres de l’administration ecclésiastique. Il fait pire : il conteste la virginité de Marie, il fustige la Sainte Trinité, base doctrinale de l’Eglise catholique. Ce qui n’empêchera pas qu’il soit ordonné prêtre en 1573 . Il fait alors semblant d’être un dominicain modèle, mais parallèlement, il se cultive, il lit tout, surtout les textes interdits par l’Eglise, il retient beaucoup. Pour arriver à sa lucidité dans la critique, il a rencontré un homme qui l’a aussi façonné, Giordano Crispo, son maître en métaphysique, à qui, il rendra un hommage exceptionnel : il va se défaire de son prénom chrétien de Filippo pour adopter définitivement celui son maître Crispo, devenant ainsi Giordano Bruno et non plus Filippo Bruno. A la lecture de sa sentence, d’être brûlé vif sur le bûcher, il va déclarer : « Vous éprouvez sans doute plus de crainte à rendre cette sentence que moi à la recevoir ». En effet, un autre italien qui a 36 ans au moment des faits prendra le flambeau de la rébellion scientifique et intellectuelle : Galilée, à partir des travaux de Bruno, osant soutenir que la Terre tourne autour du Soleil et non l’inverse. « Et pourtant elle tourne » dira-t-il à sa condamnation à vie à 70 ans en 1633 .

Au XXIème siècle, l’Afrique se trouve dans la même situation idéologique de l’Europe du XVIème siècle. Le système dominant a fait de l’Afrique une victime désignée. Et la propagande distillée contre l’Afrique prend des chemins insoupçonnables. La renaissance africaine viendra des Bruno, de beaucoup de Bruno, capables de se former et se cultiver à outrance, hors des sentiers tracés par le système dominant et sans limite pour avoir enfin l’intelligence d’entrer en dissidence, d’entrer en rébellion culturelle et indiquer la vraie voie du progrès humain en Afrique et non ce cirque permanent de la mesquinerie intellectuelle et de l’insuffisance morale.

Lorsqu’en Afrique, dans toute l’Afrique sans aucune exception, des enseignants transmettent aux jeunes les informations fausses d’une carte géographique faite sur mesure pour empêcher l’émergence d’une fierté africaine et sud-américaine, ils commettent une faute grave sur le plan de l’éthique avant même de l’être sur le plan historique.

Lorsqu’un enseignant dit à ses élèves et étudiants que l’Afrique est un continent pauvre alors même qu’il sait que ce n’est pas vrai en absolu, il participe à transmettre le virus de la destruction de la fierté africaine, en faisant le jeu d’aider d’autres peuples endettés, très endettés à continuer à revigorer leur population en s’autoproclamant pays riches, pays développés, pays démocratiques etc… alors que tous ces mots sont tout aussi relatifs qu’ insignifiants.

Jean-Paul Pougala

N.B : Des accords très positifs ont été conclus avec des Ministères de l’éducation de certains pays africains pour introduire dès septembre 2012 prochain dans les écoles primaires et secondaires de ces pays, une carte du monde de la projection de Gall-Peters et retournée pour donner au continent africain la place qu’il mérite même dans une discipline en apparence anodine comme la géographie. Pour les autres, elle sera très probablement livrée avec le Tome 2 de ce Manuel de Géstratégie africaine.

VIDÉO DE PRÉSENTATION

 

VIDÉO DÉBAT: 


jeudi, août 02, 2012

Origine du nom Baie des Flamands à Fort de France (les Flamands étant les officiers et soldats hollandais )



Par son ordonnance du 10 juin 1670, Colbert, ministre de Louis XIV, interdit aux puissances étrangères de faire du commerce avec les Antilles (on n'est jamais si bien servi que par soi-même.) La Martinique, qui n'a eu à repousser jusqu'alors que 2 tentatives d'invasion de la part des Anglais en 1666 et 1667 va être vraiment en danger. Dès 1672, un millier d'hommes de troupe y restent en permanence et l'on accélère la construction du Fort St Louis.

La guerre éclate entre la France et la Hollande le 7 avril 1672, et le 8 juin 1674, l'amiral hollandais Michel Adrien Ruyter se lance à la conquête de la Martinique à la tête d'une armada composée de 18 vaisseaux de ligne, d'une vingtaine de flûtes (navires affectés au transport des troupes et du matériel) et de 6 brûlots (bâtiments chargés de matières inflammables et explosives destinées à incendier les navires ennemis.)



Le 19 juillet 1674, la flotte hollandaise est aperçue aux Anses d'Arlets, mais sa progression vers Fort Royal est ralentie par le manque de vent. Cela a peut-être sauvé la Martinique, car les Français, pris par surprise, ont eu une journée pour s'organiser. 

Pour bloquer les vaisseaux ennemis, le Marquis de Baas, gouverneur général de la Martinique, fait couler plusieurs navires à l'entrée de la Baie du Carénage, et réunit une troupe de 161 hommes, composée des marins du vaisseau royal "les Jeux", de miliciens venus de St Pierre et de Fort-Royal, et de quelques colons, dont le plus célèbre est Guillaume d'Orange, qui a naguère combattu les Caraïbes aux côtés de Du Parquet. 

Le 20 juillet, la brise matinale pousse les navires hollandais vers la Baie de Fort-Royal. Comme ils ne peuvent approcher, l'amiral Ruyter fait tirer au canon sur la savane envahie de roseaux qui s'étend sur la gauche du Fort pour couper toute résistance de ce côté-là et fait débarquer 4.000 hommes sur le rivage.
 
Côté Français, on fait défiler les 161 hommes disponibles sur le chemin de ronde, pour faire croire à une garnison plus importante. La ruse fonctionne, et les officiers hollandais, estimant que leurs hommes affaiblis par 40 jours de mer ont besoin de repos avant de se lancer à l'assaut d'un fort aussi bien défendu, leurs donnent quartier libre pour la journée. Les soldats hollandais trouvent les entrepôts du port ouverts comme par hasard et se jettent sur les barriques de rhum... 

Un peu plus tard, les officiers flamands, ne connaissant pas encore l'alcootest, envoient à l'assaut des hommes ayant plus de 0.5 grammes d'alcool par litre de sang. C'est un carnage. Sous le feu croisé des Français embusqués derrière les palissades du Fort, des canons du Fort et de ceux du vaisseau royal "les Jeux" ancré dans la Baie du Carénage, les Hollandais laissent 1500 hommes à terre, morts ou ivres-morts. 

Dans les rangs français, on déplore seulement 6 tués, dont le Marquis d'Orange. Cette bataille restera à jamais gravée dans la mémoire collective sous le nom de "Bataille du Rhum".

mardi, juillet 31, 2012

Underwater Sculpture Honoring Africans Thrown Overboard...during the slave trade ....(3 centuries !)

This is located in the Caribbean Sea off the coast of Grenada under water... Pass it along so more people will know about this wonderful work of art in honor of those who perished so tragically. Artist, Jason De Caires Taylor. 




Underwater sculpture, in Grenada, in honor of our African Ancestors who were thrown overboard the slave ships during the Middle Passage of the African Holocaust. 

--Artist, Jason DeCaires Taylor