mardi, mai 22, 2018

Victor Mazulime député né esclave



Elu représentant du peuple lors des premières élections législatives tenues après l’abolition de l’esclavage dans les colonies, Victor Petit-Frère Mazulime (1789-1854) a été le premier député martiniquais noir. Esclave affranchi, sa vie extraordinaire reste peu connue. Retour sur son parcours, occulté de nos livres d’histoire.

A mesure qu’il sentait monter son dernier souffle, alité dans la chambre de son hôtel particulier parisien, en cet hivernal samedi 28 janvier 1854, le cœur meurtri de n’avoir pas revu sa Martinique, Victor Petit-Frère Mazulime devait se remémorer ses premiers pas de représentant du peuple dans la salle des Quatre colonnes du Palais Bourbon après son élection en Martinique le 9 août 1848. Un souvenir chassant l’autre, au moment de passer de l’autre côté du monde, il devait aussi se rappeler son départ de son Fort-Royal natal, qu’il ne pouvait pas savoir définitif, sur ce navire qui l’emmenait vers les Etats-Unis, âgé d’à peine 13 ans, au service de son maître, le maréchal des logis Mottet, chef de la gendarmerie.



Muté à Paris, Mottet affranchit son esclave domestique. Il est engagé par le général Pernéty qui en fait son cocher et son homme de confiance. Le jeune homme se marie avec la femme de chambre de la fille du général. Le couple aura deux filles, dont l’une meurt jeune. La survivante, Uranie, ouvrira un pensionnat colonial pour jeunes filles au pays natal de son père.

Qu’a donc pu ressentir le représentant Mazulime en traversant la place de la Concorde avant de pénétrer en ce lieu du pouvoir ? De la fierté, certainement, d’avoir été choisi par les électeurs de sa terre natale. La sensation d’être écrasé sous le poids des responsabilités aussi. Et un immense soulagement, lui qui n’a pas ménagé sa peine pour que ses frères et soeurs esclaves soient enfin affranchis. Son entrée au palais abritant l’Assemblée nationale constituante bruisse de mille discussions et de cent discours depuis de longues semaines. Les représentants du peuple élus les 23 et 24 avril ont un programme chargé : la rédaction de la Constitution de la Deuxième République.



Deux mois auparavant, la royauté est chassée. Du 22 au 24 février, les barricades fleurissent à Paris. Le peuple se révolte contre le roi Louis-Philippe et la Monarchie de Juillet, instaurée en 1830. Ce régime a remplacé celui de la Restauration mis en place en 1814 et 1815. Le dernier gouvernement de François Guizot est empêtré dans une crise économique et politique durable. Il choisit d’amplifier la répression des manifestations de l’opposition organisées dans toute la France sous la forme de banquets. En dépit de leurs désaccords, républicains et libéraux s’unissent pour mettre fin au régime de la monarchie constitutionnelle.



L’abdication de Louis-Philippe en faveur de son gendre, le duc Philippe d’Orléans, trop tardive, est vaine. L’un des porte-parole de la rébellion, le célèbre poète Alphonse de Lamartine, proclame la Deuxième République le 24 février à l’hôtel de ville aux côtés de Ledru-Rollin. L’heure du retour des libertés publiques a sonné, dans les colonies aussi. C’est l’effervescence chez les républicains.

Les partisans de l’abolition, natifs des colonies réfugiés ou en exil à Paris exultent. Mazulime est au centre de la bataille pour l’émancipation. Lui qui milite depuis tant de temps en faveur de la libération de ses frères de couleur est sur tous les fronts. Il se tient aux côtés de Cyrille Auguste Charles Bissette, le grand abolitionniste martiniquais condamné au bagne, puis réhabilité, qui tient la victoire de toute une vie.

La monarchie définitivement abolie

Le nouveau régime s’installe. Un gouvernement collégial provisoire de 11 membres signe plusieurs décrets instaurant le suffrage universel, l’interdiction de la peine de mort, le rétablissement de la liberté de réunion et de la liberté de la presse. Sans oublier la suppression de l’esclavage. Les élections législatives se tiendront tout le long de l’année 1848 à des dates différentes dans chacune des colonies. Le calendrier dépend de la prise d’effet du décret d’abolition et transformant les esclaves en citoyens. Ce sera le 9 août en Martinique, le 22 août en Guadeloupe, le 30 octobre en Guyane et au Sénégal. La Réunion et les comptoirs de Madagascar (Nosy-Bé et Sainte-Marie), ne sont pas représentés à l’Assemblée nationale constituante. 

Ce n’est pas la première fois que les colonies disposent de délégués à l’Assemblée nationale. Sous la Révolution, la Martinique a été représentée par Janvier Littée, homme de libre couleur, ou mulâtre. Les Noirs ne pouvaient pas être électeurs ni éligibles. Littée a siégé à la Convention nationale avec Jean Crassous de Medeuil et Michel Fourniols d’octobre 1793 à octobre 1795, puis au Conseil des Cinq-Cents avec ce dernier jusqu’en mai 1797. Arrivé au pouvoir en 1799, Napoléon Bonaparte supprime la représentation parlementaire des colonies. Les protestations des colons, les békés, et de leurs relais parisiens n’y changeront rien. Cette éviction sera prolongée durant trente ans sous la Restauration (1814-1830) et la Monarchie de Juillet (1830-1848).

Désormais, les habitants des colonies ont à nouveau le droit de choisir leurs députés. Il convient au préalable de refondre l’administration coloniale. Le ministre de la Marine François Arago, républicain, astronome et physicien renommé, nomme auprès de lui un sous-secrétaire d’Etat aux Colonies. C’est Victor Schoelcher, républicain, franc-maçon, précipitamment rentré de Saint-Louis du Sénégal où il était en campagne pour l’abolition.

Le lendemain de son arrivée à Paris, le 4 mars, Schoelcher met en place une commission, dont il est le président. Elle est chargée de « préparer, sous le plus bref délai, l'acte d'émancipation immédiate dans toutes les colonies de la République ». Ce qui implique d’accorder le droit de vote aux anciens esclaves et d’attribuer un patronyme à ceux qui n’en ont pas. La commission de 7 personnalités connues pour leur engagement abolitionniste siège sans désemparer dès le 6 mars.



Schoelcher écarte Bissette de la commission pour l’abolition

Hormis son président Schoelcher, le plus connu des membres de la commission pour l’abolition est le Martiniquais François-Auguste Perrinon, commandant dans l’artillerie de marine, premier homme de couleur natif des Antilles admis à l’Ecole Polytechnique, en 1842. En congé de l’armée, il se consacre à la production de sel dans sa propriété de Saint-Martin. Il a pu y démontrer que le salariat devait se substituer au travail gratuit. Il est l’un des plus influents des membres de la commission. Comme le haut fonctionnaire Henri-Joseph Mestro, en poste depuis plusieurs années à la direction des Colonies du ministère de la Marine.

L’avocat parisien Adolphe Gatine en est aussi. Il a défendu les mulâtres martiniquais Cyrille Bissette, Jean-Baptiste Volny et Louis Fabien fils, accusés d’avoir distribué en 1823 une brochure réclamant l’égalité des droits entre Blancs et hommes de couleur. Autre membre important de la commission, Charles Gaumont, ouvrier horloger parisien, militant du mouvement prolétarien. Rédacteur à «L’Union », il avait publié en 1844 la pétition des ouvriers de Paris en faveur de l’abolition de l’esclavage. Deux secrétaires sont chargés de la rédaction des travaux : l’historien Henri Wallon, spécialiste de l’esclavage dans l’Antiquité, et Louis Percin, avocat martiniquais.

Au grand dam de ses amis, Bissette est écarté par Schoelcher, son rival. Les deux hommes poursuivent le même but mais ne s’entendent pas sur les voies et moyens pour y parvenir. Entre autres griefs, Bissette reproche à Schoelcher d’avoir voulu une émancipation progressive des esclaves. Durant une quinzaine d’années, ils échangent invectives et attaques. Rancunier, l’abolitionniste parisien reste insensible à une pétition des amis de l’abolitionniste martiniquais réclamant son insertion au sein de la commission.

Plusieurs membres de ce groupe de travail hésitent à accorder le droit de vote immédiatement aux esclaves d’hier. Selon l’historienne Nelly Schmidt, « la représentation des colonies à l'Assemblée par élection au suffrage universel avait provoqué la réticence de nombreux membres de la commission. Mestro, fonctionnaire responsable du Bureau des Colonies au ministère, mais aussi Perrinon et Gatine jugèrent l'octroi de droits politiques aux «nouveaux libres» dangereux, inapplicable dans des colonies où les antagonismes sociaux étaient encore si profonds. »

« les nègres sont de grands enfants, aussi peu capables de connaître leurs droits que leurs devoirs ». 
Froidefonds Desfarges

Il faut ajouter à ces tergiversations le mépris ouvertement affiché par les délégués des colons. «Applicable aux hommes âgés de plus de 21 ans, le suffrage dit universel fit l'objet des tentatives de réduction les plus fantaisistes. Les délégués des planteurs de Guadeloupe, Jabrun et Reizet, souhaitèrent par exemple que seuls « les libres avant l'émancipation générale » fussent admis à l'exercice de ce droit civique. Froidefonds Desfarges, délégué des colons de Martinique qui venait de remplacer Jollivet, récemment décédé, avait estimé que « les nègres sont de grands enfants, aussi peu capables de connaître leurs droits que leurs devoirs » nous dit Nelly Schmidt.

Ces réserves trouvent écho au sein de la commission. Mestro plaide la prudence et la patience. Perrinon craint que les futurs citoyens ne soient pas mûrs pour exercer le droit de vote. Il propose de prendre exemple sur l’expérience des colonies anglaises. L’esclavage y a été aboli en 1833 et le droit de vote appliqué progressivement. Si les anciens esclaves peuvent désormais choisir leurs représentants, ceci ne signifie pas ipso facto que ceux-ci défendront leurs intérêts. Elire des colons nostalgiques de l’esclavage n’est pas exclu.




Voter oui, mais pour quel représentants ?

C’est la crainte exprimée par Mazulime. Venu présenter une « adresse des nègres et d’hommes de couleur » à la commission lors de sa séance du 11 mars, il expose sa crainte que les futurs affranchis, analphabètes et mal informés, soient influencés par les colons. Schoelcher lui rétorque qu’il y a des Blancs et des mulâtres capables de défendre la cause des Noirs. Mazulime est à moitié convaincu. Quelques semaines plus tard, sur les conseils de ses amis, il se porte candidat suppléant à la députation sur la liste républicaine aux côtés de Cyrille Bissette, Pierre-Marie Pory-Papy, le maire de Saint-Pierre, et Victor Schoelcher.

Le rapport final de la commission est adopté par le gouvernement provisoire. Le décret abolissant définitivement l’esclavage est publié au Journal officiel le 27 avril 1848. Il prend effet en Guadeloupe, Guyane, Martinique, Réunion et dans les comptoirs du Sénégal et de Madagascar. L’interdiction de l’esclavage actée, les travailleurs serviles deviendront, du jour au lendemain, des citoyens libres, électeurs et éligibles.

Mazulime se prépare à la bataille, sans pour autant mener campagne dans sa circonscription. Vivant à Paris depuis de longues années, il s’est nourri de l’activisme déployé aussi bien par Bissette que par Schoelcher. Il se reconnaît aisément dans ce courant républicain, réclamant l’égalité des droits et un changement de régime dans les colonies.

D’après l’historien Marc Séfil, le courant républicain des années 1840 
« revendiquait une assimilation complète des colonies à la métropole. Les personnalités marquantes de ce courant étaient des membres de l’élite des gens de couleur comme François-Auguste Perrinon ou des notables comme Pierre Pory-Papy, qui s’étaient déjà illustrés sur le front de l’abolition. Mais on y trouve aussi des hommes de couleur de conditions plus modestes, comme Louisy Mathieu en Guadeloupe ou Victor Mazulime en Martinique. »

Un militant abolitionniste de longue date

Sans être un chef politique, Mazulime milite activement pour l’abolition. Il est trésorier général d’une association, « Les Enfants de l’Afrique », regroupant les partisans de l’émancipation des esclaves. Il participe aux réunions du comité de rédaction de La Revue des colonies, le journal mensuel fondé par Bissette pour propager ses idées. Il fait signer des pétitions aux côtés de Louis Fabien fils, compagnon de lutte de Cyrille Bissette et de Jean-Baptiste Volny. Des activistes efficaces.

Outre le décret d’abolition, un autre texte instaure le suffrage universel, réservé aux hommes de plus de 21 ans. Nelly Schmidt nous apprend que, tant en Guadeloupe qu’en Martinique, «des campagnes électorales particulièrement vives, auxquelles les loges maçonniques prennent une part déterminante, s’ouvrent dès le lendemain de l’abolition. Des clubs politiques, de nouveaux journaux sont créés, la participation électorale dépassant parfois le taux de 70% lors des premiers scrutins des années 1848-1850. (…) Les élections législatives ont lieu dès août 1848 en Guadeloupe et en Martinique, organisées en fonction du décret instaurant le suffrage universel masculin du 5 mars 1848 et des instructions accompagnant le décret d’abolition de l’esclavage ».




La participation est forte. Faute de disposer du nombre précis des électeurs inscrits, Nelly Schmidt la situe entre 52 et 58 %. Cyrille Bissette l’emporte avec 96 % des voix. Pierre Pory-Papy est second avec 93 %. Il est suivi par Schœlcher qui obtient 92 % des suffrages des 33.743 votants. Ce dernier totalise 47% en Guadeloupe, quand François-Auguste Perrinon obtient 48 % et Louisy Mathieu, né esclave comme Mazuline, 34 %.

Elu en Guadeloupe et en Martinique, Schœlcher choisit de représenter la Martinique. Il laisse son siège de Guadeloupe à son suppléant, Louisy Mathieu. L’élection de Bissette est annulée, en raison de son ancienne condamnation au bagne. Il est contraint de laisser son siège au suivant de liste, Mazulime. Vivant à Paris, celui-ci se rend au Palais Bourbon dès qu’il apprend son élection, plusieurs semaines après ce fameux 9 août gravé à jamais dans sa mémoire, ce jour où la Martinique a choisi librement ses députés.

Devenu coutumier des arcanes parlementaires, le citoyen Victor Petit-Frère Mazulime ne cesse de batailler ferme pour défendre la nouvelle Constitution. Le texte adopté le 4 mai consacre, entre autres libertés fondamentales, l’abolition de l’esclavage. Vraisemblablement lassé des joutes politiques incessantes, mais ô combien rassuré quant à la solidité des nouvelles institutions coloniales, il se retire peu à peu de la vie publique.


Rentier, propriétaire d’un hôtel particulier dans le 6 ème arrondissement de Paris, rue Duguay-Trouin, il ne se présente pas aux élections de 1849 destinées à mettre en place l’Assemblée nationale législative. Il rendra hommage au régime en ces termes : «Honneur et reconnaissance à la République française qui a rendu la liberté aux noirs. Je fus nommé en août 1848 le premier de la race noire représentant du peuple par 18 492 nouveaux citoyens à l'Assemblée constituante. Je dois cette reconnaissance à la République seule. Aussi je dis : vivons et mourons pour elle ». C’est ainsi qu’en ce 28 janvier 1854, Mazuline, venu au monde esclave, peut s’en aller la conscience tranquille, la paix intérieure gagnée, la dignité obtenue, la liberté conquise. Né enchaîné, il s’en va en homme libre.

Jean-Marc Party - Publié le 21/05/2018 à 15:33, mis à jour le 22/05/2018 à 09:42

mardi, mai 15, 2018

XVIIe siècle : la traite des Irlandais, esclaves blancs, vers les plantations des West Indies



Il faut remonter au début du XVIIe siècle avec la bataille de Kinsale, puis à Cromwell qui débarque en Irlande en 1649 et perpètre un véritable massacre, pour découvrir une politique d’exil et la traite des Irlandais, d’abord vers le fleuve Amazone puis vers les Antilles , à Antigua, Montserrat, puis la Guyane, la Virginie, la Caroline du Nord, la Géorgie et la Nouvelle-Angleterre. 

Au XVIIe siècle, les troupes de Cromwell ont conquis l’Irlande et pris Drogheda le 11 septembre 1649. Dix mille habitants ont été massacrés. Plus de cent mille hommes, femmes et enfants ont été déportés. Leur crime : être de confession catholique. 30.000 prisonniers militaires, puis 100.000 Irlandais, beaucoup de femmes et d’enfants, seront vendus comme esclaves. 

Le mot ici est à prendre dans sa définition absolue. La monarchie anglaise projette sur l’Irlandais une haine ancestrale, jusqu’à détruire l’aspect social, culturel et religieux de ce pays. On peut parler ouvertement de génocide. 

La Reine Elizabeth Ière, James II, Charles Cromwell ont commis, sous la bannière de Dieu, des horreurs que l’histoire civilisée ne peut oublier. Déportation, colonisation, éradication, la proclamation de 1625 initialise le bannissement outre-mer des prisonniers politiques, vendus comme travailleurs des plantations, autrement dit, comme esclaves. Mais indigents, prisonniers, déserteurs, sans domicile, orphelins, fermiers révoltés, prêtres, professeurs vont suivre. Tout est prétexte à la déportation car la main d’œuvre, là-bas, est nécessaire. 

Le constat est effrayant, la population irlandaise de l’île est réduite alors de moitié en dix ans. L’Angleterre va exploiter ce filon et cette matière première, de traités en accords, de rebellions sanglantes en révoltes brutales, pendant des décennies.Une infime minorité survivra aux douze semaines que nécessite la traversée de l’Atlantique. 

En septembre 1655, Cromwell exige que mille cinq cent jeunes Irlandais de douze à quatorze ans soient envoyés en Jamaïque et dans les Antilles anglaises pour compenser la mortalité des esclaves blancs. Ce plan est adopté par le Conseil d’Etat. Selon "The Curse of Cromwell : A History of the Ironside Conquest of Ireland", les prêtres irlandais sont systématiquement déportés en Amérique avec des vieillards de plus de quatre-vingts ans. 

Le 25 mars 1659, la mise en esclavage de prisonniers politiques blancs est débattue au parlement anglais. Sa pratique s’intensifie après le 16 avril 1746, quand les fantassins du Scottish Highland, Français et Irlandais combattant de l’armée jacobite, perdent la bataille de Culloden. Ils sont déportés à la Barbade à partir des ports de Londres, Plymouth, Southampton, Douvres, Aberdeen. En Angleterre, les protestants les plus démunis sont également victimes de Cromwell qui en février 1656 a ordonné de déporter mille deux cent Anglaises. Deux mille autres les rejoindront le mois suivant. La même année Cromwell fait déporter en Jamaïque tous les Ecossais sans habitation.

On ne peut occulter le rôle actif et déterminant de Cromwell dans l’esclavage sans parler de son appartenance à la franc-maçonnerie primitive, celle qui commence avant Anderson et Desaguliers. Niée par les historiens officiels, cette origine de la franc-maçonnerie n’est jamais relatée...

Source : La traite des esclaves irlandais - Les esclaves "Blancs" oubliés
Les esclaves que l'histoire a convenu d'oublier

par John Martin -2008-

samedi, mai 12, 2018

Pourquoi commémorer l'abolition de l'esclavage


C'était ce matin , un extrait du point de vue d’Évariste Zéphyrin à propos de la cérémonie du 10 mai au jardin du Luxembourg.

Première colonisation des Antilles Françaises (sources)


A propos des sources, et la présence des esclaves lors du début de la colonisation des Antilles au XVII e siècle, sachant que :"Les premiers esclaves noirs sont introduits à Hispaniola dès 1493 dans le sillage des voyages de Christophe Colomb [ Mervyn RATEKIN, « The early sugar industry in Española »,..., en même temps que les premiers plants de canne ramenés des Canaries ou de Madère.

https://www.jstor.org/stable/2509696

Pour ce nous concernant en omettant les grandes Antilles et la période de la flibusterie et de la piraterie, quelques sources concernant le début de la colonisation des petites Antilles, notamment par les Français au 17 e siècle.

Histoire générale des isles de S. Christophe, de la Guadeloupe, de la Martinique, et autres dans l'Amérique (1654) RP Jean Baptiste Dutertre

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9801488s

L'ouvrage de Charles de Rochefort paru en 1658, à la page 55 p2 il est décrit le quartier des esclaves.

Histoire naturelle et morale des iles Antilles de l'Amérique 
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k74105c/f55.image

Pour les guerres caraïbes où maîtres et esclaves combattent côte à côte.

Histoire générale des Antilles habitées par les François 
T1 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1140206
T2 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k114021k
T3 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k114022z
T4 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1140206

Et l'excellent ouvrage du Révérend Père :"J.-B. Delawarde. Les Défricheurs et les petits colons de la Martinique au XVIIe siècle.

http://mediatheques.collectivitedemartinique.mq/…/SY…/191631

Cette bibliographie n'est pas exhaustive...

Bonne lecture !

Evariste Zephyrin

vendredi, mars 16, 2018

Mandela l'accord



Si Mandela n’a jamais donné les détails des négociations qui ont précédé sa libération, c’est parce qu’il a accepté de vendre son combat aux requins de la finance en contrepartie de sa libération et s'est débarrassé de son épouse, Winnie qui a vite compris. Aussitôt sorti de ses 27 années (officiels) de prison, il la trahit, est allé s'incliner sur la tombe de Hendrek Verwoed, l'architecte de l'apartheid qui l'avait, de fait, envoyé en prison. En août 1995 en signe de soumission Mandéla, alla jusqu’à offrir des fleurs à sa veuve (Betsie Verwoerd) au domicile de cette dernière, dans une enclave blanche interdit aux noirs connue sous le nom d'Orania, au nord-est du Cap. Mme Verwoerd, alors âgée de 94 ans, n'a jamais révélé les raisons de cette rencontre. Mais sa petite-fille, Elizabeth, affirma qu'elle aurait préféré que Mandela devienne "le président d'un pays voisin". Dans le même temps, notre frère, le héros Demitrios Tsafendas qui a poignardé à mort ce nazi d’Hendrik Verwored en plein parlement sud-africain en 1966, croupissait en prison. Tandis que Demitrios Tsafendas fut placé dans une prison de haute sécurité où les gardiens urinaient et déféquaient dans sa nourriture en plus de le tabasser pendant 33 ans ; il mourra en prison en 1999 sans qu’aucun membre de l’ANC ne vienne à son enterrement. Apparemment il était plus urgent pour Mandela d’aller conforter la femme du père de l’apartheid que de libérer le mozambicain Demitrios Tsafendas et de tous les militants noirs anti-apartheid. Il n'a jamais visité la tombe de Steve Biko et de Sobukwe, fondateur du Congrès panafricain.


De même on retiendra qu'en accédant au pouvoir en 1994 Mandéla légalisa le mariage homosexuel en l’inscrivant dans la Constitution de ce pays, car visiblement à ses yeux c'était plus importante que la restitution des terres. On oubliera pas non plus la vision politique de Mandela qui consista a fusionner l’ANC avec le Parti Raciste de Van Schalkwyk. Ce parti nazi anglo-franco-hollandais fondateur de l’apartheid, qui a eu à sa tête les fils de Satan comme Verwoerd, Vorster, DeKlerk, Botha et autres Daniel François Malan, rappelons-le reçut officiellement en juin 1953 le diable David Ben Gourion, premier ministre de l’entité coloniale d’Israël, qui n’a manqué de louer la justice et la justesse de l’apartheid.

En 2015, le Professeur Nicolas Agbohou disait:
---<< Pour que Nelson Mandela soit libéré on lui a posé deux conditions : le retour des réacteurs nucléaires vers le Royaume Uni, et la privatisation de la Banque centrale Sud Africaine qui au nom des Afrikaners. Donc ils se sont arrangés pour que les Noirs n'aient pas l'arme pour les tuer par la vengeance et que les Noirs n'aient aucune main mise sur l'économie puisque la banque passait sous le joug privé des colons encore. >>

jeudi, mars 08, 2018

MICAELA BASTIDAS PUYUCAWA



Micaela Bastidas Puyucawa était l'épouse de Tupac Amaru II qui a joué un rôle de premier plan dans la grande révolte anticoloniale de 1780. 

Née en 1745 dans la province Tamburco de Abancay, région Apurimac dans les régions montagneuses du sud du Pérou. Ses parents étaient l'Afro-Péruvien Manuel Bastidas et le natif Josefa Puyucawa.

En 1760, à l'âge de 15 ans, elle épousa le jeune cacique de Cuzco, José Gabriel Condorcanqui le grand Túpac Amaru II, avec qui elle a eut trois enfants: Hipólito, Mariano et Fernando. Elle a eu une position riche dans le viceregal Cusco puisque son mari était un cacique important et un muletier prospère. Cependant, il a vécu dans l'indignation sur les abus subis par les Indiens, l'esclavage des Noirs, l'augmentation des impôts et les abus contre les Indiens.

Lorsque la rébellion éclate en 1780, Micaela Bastidas est le principal conseiller de l'Inca et le tient au courant des mouvements réalistes lorsqu'il fait campagne, elle a carrément occupée un poste de chef de file. 

En outre, de la ville de Tinta (Canchis, Cusco) elle a dirigé les fournitures d'armes et de nourriture pour les troupes rebelles. 
Elle a dirigé des actions préparatoires militaires lorsque Tupac Amaru II était absent et son rôle en tant que chef guerrière a été majeur dans le succès  de la bataille de Sangarará.

Ses lettres adressées à Tupac Amaru II pendant la guerre montrent son extraordinaire dévouement à la cause révolutionnaire. Beaucoup pensent que si l'Inca avait pris le Cusco dans les premiers jours du soulèvement, comme l'exigeait Micaela, il aurait été presque impossible aux royalistes de le récupérer.

Lorsque le soulèvement a échoué, elle a été capturée et emmenée à Cusco, où elle a été condamnée à l'étranglement. Le 18 mai 1781, sur la place d'armes de Cusco, les bourreaux lui coupent la langue et lui appliquent l'ignoble garrotte. Quand elle était encore en train de mourir, ils lui ont donné des coups de pied dans le ventre et la poitrine. Quelques minutes plus tôt, elle avait vu la pendaison de son fils Hipolito. Les deux décès ont été constatés par Tupac Amaru II, qui a été exécuté le même jour.

Elle est considérée comme la mère de l'identité culturelle inca Kichwas, elle incarne la force, la lutte et la rébellion contre l'oppression coloniale.

Emmanuelle Bramban 

lundi, février 26, 2018

LA COURSE AU NID D’AIGLE…



Le 16 avril 1945, le Maréchal de l’armée rouge Gueorgui Joukov, met le siège autour de la ville de Berlin afin de porter le coup de grâce au 3ème Reich allemand. Il installera ainsi autour de la ville à laquelle les chefs nazis promettaient mille ans d’éclat, rien de moins que 41 600 canons, soit un tous les dix mètres, et 6 250 chars, pour mener la bataille décisive…!

Elle prendra fin au 2 mai 1945, après le suicide d’Adolf Hitler le 30 avril, la prise du Reichstag le 1er mai après la reddition des derniers défenseurs de la ville, par des soldats russes qui y hisseront le drapeau de l’Union soviétique, et surtout, après la mort de 92 000 soldats allemands et 81 200 soldats de l’armée soviétique…

Joseph Staline demandant que soit immortalisé l’événement, la prise du Reichstag sera rejouée le 2 mai devant les caméras et les appareils photos qui nous montrerons en gros plan, ces valeureux soldats russes hissant le drapeau soviétique sur les terrasses du Reichstag, et ces images fantastiques feront le tour du monde en consacrant ainsi dans les opinions, la victoire écrasante de l’Union Soviétique sur l’Allemagne nazie…

Cependant, les Américains ayant franchi le Rhin quelques temps auparavant, menaient au travers de l’Allemagne centrale une campagne victorieuse, facilitée par le fait que l’essentiel des forces allemandes demeurait engagé sur le front de l’est, pour faire face à une armée rouge dont la réputation terrifiante avait précipité sur les routes des millions de civils cherchant refuge vers l’ouest. Ceci, de sorte que les Américains ayant à faire face à moins d’opposition, auraient du logiquement parvenir les premiers à Berlin.

Mais, les accords de Yalta conclus le 11 février entre Roosevelt, Churchill, et Staline, prévoyaient que l’est de l’Allemagne à parti de l’Elbe, devait devenir une zone d’occupation soviétique, et c’est alors que trois jours après la mort du président Roosevelt qui entérina cet accord, le général commandant en chef des forces alliées, Eisenhower, fit exécuter cet ordre et imposa aux troupes américaines de s’arrêter sur l’Elbe. Ceci provoquera la colère du fameux général Patton, héros de cette guerre, et qui comme d’ailleurs tous les autres chefs militaires ayant combattu l’armée allemande, se serait volontiers vu arriver en triomphateur à Berlin, et qui l’aurait probablement été sans cet accord…

Cette raison d’état s’imposant à eux provoquera un grand mécontentement et une profonde frustration au sein de l’armée américaine, pour des soldats qui ne se sont pas battus pour se voir ainsi privés de l’événement qui aurait le mieux couronné leur sacrifice et eté le plus significatif de leur victoire, un triomphe à Berlin…

Il fallait absolument leur trouver une compensation pour qu’ils puissent bénéficier eux aussi d’un symbole puissant de leur valeur militaire, et c’est alors que passé la ville de Nuremberg, autre haut lieux du nazisme, qu’ils ont conquise, la préoccupation des militaires américains s’est portée sur la ville de Berchtesgaden qui, autour de la personnalité de Hitler qui y avait sa résidence d’été et y réunissait régulièrement les cadres du parti et les chefs militaires, était la plus symbolique après Berlin, de ce que fut le régime nazis…

Mais ils n’étaient pas les seuls, car les Français, profondément humiliés par la défaite de 1940 et qui avaient absolument besoin de se laver de cet affront, était en quête d’un éclat militaire pour pouvoir se réhabiliter, tant à leur propres yeux qu’à ceux du monde. Ainsi, pour les chefs militaires français, après la libération de Strasbourg selon le serment fait à Koufra par le général Leclerc et ses hommes, Berchtesgaden était le seul objectif ayant une grande valeur symbolique, qu’il leur était possible d’atteindre. Ceci, compte tenu de la zone où ils combattaient selon le dispositif des forces alliées sur le terrain, positionnés qu’ils étaient sur le flanc droit de ce dispositif, et ce, même si cette ville ne se situait pas dans la zone que les forces françaises devaient occuper par la suite…

C’est ainsi que sans avouer clairement leur objectif, ces deux armées pourtant alliées, vont se livrer à une course furieuse avec tous les coups bas permis, pour parvenir la première à Berchtesgaden…

Le course commence déjà sur l’autoroute qui mène de Munich à Salzbourg, chaque armée rendez-vous compte, progresse sur une des voies de l’autoroute de sorte que l’une d’elle emprunte celle-ci à contre sens. Et ceci, en prenant le risque de laisser de dangereuses poches de résistance sur leur arrière, et au milieu de colonnes de dizaines de milliers de prisonniers allemands qui font route dans l’autre sens, de chaque coté de cette autoroute…

Les Américains ont une pointe d’avance et le premier incident va survenir au point de passage de la rivière Paar dont le pont a été détruit par les Allemands. Les Américains vont y installer un pont grâce à leur génie, mais quand les premiers soldats français arrivent, ils se voient fermement refuser le passage sur ce pont. L’incident va alors opposer un général américain à la carrure et au facies de catcheur, le général O’ Daniel, au général français Leclerc. Lorsque ce dernier viendra s’inquiéter auprès de lui de la raison pour laquelle il refuse le passage aux soldats français, loin d’avouer sa volonté de parvenir le premier à Berchtesgaden, il argumentera que les Français ne se situent pas exactement sur la route qui leur était assignée, ce qui était vrai, et que de toutes les façons ce pont avait été construit par eux et que les soldats français ne l’emprunteraient qu’après le passage du dernier américain.

L’altercation fut violente, les deux hommes se gratifiant mutuellement de noms d’oiseau que l’interprète aura la sagesse de ne pas traduire. Lorsque les Français peuvent enfin passer, les Américains ont une bonne avance vers l’objectif que malheureusement pour eux, ils ne connaissaient pas bien. Car il existe en réalité trois niveaux à Berchtesgaden, la ville elle-même qui se situe à 300 m d’altitude, et que les Américains y parvenant les premiers, pensent être l’objectif et s’y arrêtent. Mais les véritables objectifs militaires et symboliques sont en fait tout d’abord l’Obersalzberg avec le Bergoff, situé plus haut à 900 m d’altitude, un véritable sanctuaire nazi qui était le quartier résidentiel d’Hitler et des hauts dignitaires du régime. Il disposait d’importantes installations souterraines, et se trouvait encadré par des casernes de SS. Hitler et ces dignitaires s’y réunissaient régulièrement depuis 1928, et c’est là qu’ils ont pris en séminaire, un bon nombre des décisions les plus importantes.

Enfin, il y a surtout le Khelstein, le fameux “nid d’aigle”, situé à 1800 m de hauteur sur un pic rocheux, plus symbolique encore par rapport à la personnalité mégalomaniaque de Hitler qui devait avoir ainsi le sentiment d’atteindre les cieux, là où il recevait les plus intimes de ses proches, là ou ses rêves de puissance et de domination trouvaient un cadre grandiose adapté pour leur entretien, d’autant qu’il s’agit d’un endroit d’accès particulièrement difficile si on ne peut utiliser le tunnel conduisant à un ascenseur permettant de l’atteindre 120m plus haut…

Les Américains ont donc emprunté la route qui mène à la ville de Berchtesgaden où ils vont s’arrêter un moment avant de prendre conscience que tel n’est pas le véritable objectif. Les français se lançant après eux à marche forcée, en ne respectant donc aucune des consignes habituelles de pause et de vitesse, parviendront seulement quelques heures après, à la gare de Berchtesgaden. C’est alors qu’un officier, le capitaine Touyeras qui, ayant été fait prisonnier en 1940, avait été embarqué dans un train d’où il se souvenait d’avoir aperçu l’Obersalzberg, suggéra au général Leclerc d’emprunter cette voie pour pouvoir accéder plus directement au site qui est éloigné de la ville même, pour le cas où les américains n’y seraient pas encore.

C’est ainsi qu’en compagnie du brigadier Borg, à bord d’une Jeep équipée d’une mitrailleuse, ils prennent la voie ferrée pour tenter de parvenir les premiers à l’Obersalzberg. Quelle ne fut pas leur surprise lorsque dans un tunnel ils découvrent à l’abri dans celui-ci, le fameux train d’Herman Goering, remplis de tableaux et d’œuvres d’art d’une valeur inestimable, pillés dans tous les pays ayant subi l’occupation allemande, et de documents techniques sur les V1 et les V2 qui vont être transférés à Paris.

Quittant ensuite la voie ferrée, ils vont emprunter une route très sinueuse conduisant à l’Obersalzberg, en constatant qu’il n’y a aucune trace d’une quelconque présence américaine. Ils rencontrent alors une colonne d’une trentaine de jeunes des jeunesses hitlériennes auxquels ils font jeter leurs armes dans le ravin et dont ils apprennent qu’il n’y a personne là haut.

Parvenus devant la porte du bâtiment déjà considérablement dégradé par les bombardements, ils se signalent par deux rafales. Un soldat allemand apparait en brandissant un immense drapeau blanc. Pour se protéger, ils le font s’assoir sur le capot de la Jeep et se rendent jusqu’au poste de garde pour sommer les derniers hommes qui s’y trouvaient encore, de se rendre. Ils étaient 45 et se tenaient parfaitement alignés au garde à vous, mais n’opposèrent pas de résistance, comprenant bien qu’après la chute de Berlin, tout était fini pour eux…

Nos deux gaillards demandent alors du renfort et reçoivent curieusement l’ordre de venir chercher la section, malgré leurs prisonniers. Ils redescendent non sans avoir rendu le chef de ceux-ci chef responsable sur la vie de ses hommes, et ils auront la grande surprise de constater en revenant 1h 30 plus tard avec la section, qu’il n’en manquera pas un seul.

C’est lors de leur deuxième descente qu’ils croisent une colonne d’américains avec des chars, qui visiblement vexés de ne pas être les premiers, les arrête carrément d’une façon très brutale en feignant de ne pas comprendre qui ils sont, avant de finalement les relâcher, ce qui entrainera une seconde explication houleuse entre les chefs.

Félicités par le général Leclerc, celui-ci les envoie dès le lendemain en compagnie du fameux régiment de marche du Tchad qui faisait alors partie de la 2ème division blindée, mais qui se trouvait déjà privé des fameux “tirailleurs” qui avaient été libérés depuis la France, à l’assaut du nid d’aigle où ils ne rencontreront pas de résistance, et où ils planteront à 17h le drapeau français au travers d’une baie…

Il s’en est donc fallu de peu que le sanctuaire d’Hitler ne soit investi par des tirailleurs, ce qui aurait été encore plus spectaculaire, et plus symbolique…

Jusqu’à ce jour la controverse demeure entre Français et Américains qui se réclament comme étant les premiers à être parvenus au sanctuaire d’Hitler. Ces derniers ont même fait un film où ils vantent la bravoure des soldats américains à la conquête de celui-ci, ce qui n’a aucune vérité, puisqu’il ne se trouvait plus un seul soldat allemand dans les lieux quand ils y sont parvenus, et leur préoccupation essentielle fut alors de s’y prendre en nombreuses photos, afin de diffuser celles-ci à travers le monde à la façon dont les Russes l’avaient fait à Berlin…

Richard Pulvar

samedi, février 17, 2018

IL Y EUT AU 18ème SIECLE, ECUMANT LA MER DES ANTILLES, DEUX TERRIBLES FLIBUSTIERES, ANNE BONNY ET MARY READ…


Elles formaient secrètement un couple sanguinaire, aux cotés d’une autre terreur de cette mer, le pirate Jack Rackham ( le Rackham le rouge de Hergé)…

La première, fille illégitime d’un procureur irlandais et de sa servante, fut emmenée par son père condamné à l’exil suite au scandale révélé, vers le nouveau monde, et sera élevée par celui-ci à la dure, comme un garçon, à Charleston en Caroline du sud. Bien que son père soit devenu là-bas le riche propriétaire d’une immense plantation, enfant rebelle, c’est dès l’âge de 13 ans qu’elle commencera à fréquenter les tavernes de pirates.

Las de sa mauvaise conduite le père finira par la déshériter, mais pour se venger de cela, elle mettra le feu à la plantation et dès lors, s’étant mise elle-même hors des lieux, sa vie va définitivement basculer vers la piraterie où elle trouvera refuge…

C’est déguisée en homme qu’elle fera ses premières armes en compagnie du pirate français Pierre Bousquet, et rencontrera plus tard Jack Racham, entretenant avec lui une relation fort fructueuse quant aux nombre de navires pillés, bien qu’elle fut “à couteaux tirés”, et sans que l’on puisse affirmer qu’ils furent amants, d’autant qu’elle demeurait déguisée en homme…

La seconde était la fille d’un capitaine de la marine, disparu en mer. Son frère ainé mourut enfant et pour pouvoir bénéficier de la pension qui était versée pour celui-ci par la famille de son père, sa mère décida de l’habiller et de l’éduquer comme un garçon et c’est sous cette fausse identité masquant sa féminité, que non seulement, elle obtiendra un premier emploi comme valet mais surtout, qu’elle parviendra à s’engager dans l’armée britannique pour s’en aller combattre les français en Flandre…

Elle y rencontrera un bel officier dont elle tombera amoureuse et sera obligée de révéler sa véritable identité pour pouvoir l’épouser, mais le couple sera contraint de quitter l’armée…
Elle et son mari ouvriront une auberge, mais celui-ci décédera au bout de quatre ans. Ne pouvant pas tenir l’auberge toute seule, c’est en se faisant à nouveau passer pour un homme, qu’elle parviendra à se faire engager à bord d’un navire marchand hollandais.

Il se trouve que ce navire sera attaqué et capturé par des pirates anglais, et c’est à cette occasion qu’elle rencontrera la piraterie, et qu’elle s’arrangera pour l’intégrer. C’est au cours des opérations de piraterie qu’elle rencontrera Jack Rackham et Anne Bonny, et c’est la relation inattendue qui s’établira entre elles, qui sera l’occasion de la révélation de leur véritable identité…

En compagnie de Rackham, le couple mènera des campagnes dévastatrices, la légende disant que Mary Read dévoilait son sexe à son adversaire au moment de lui donner la mort, mais au cours d’une de ces campagnes, et malgré sa liaison avec Anne Bonny, elle fera la rencontre d’un captif dont elle fera son amant, et duquel elle aura un enfant…

Comme il se doit selon une fin correcte de cette histoire, après bien des aventures violentes, et d’autres bien plus douces au cours desquelles elles n’ont pas hésité à user de leur charme pour s’attirer la clémence de certains gouverneurs, tout ce monde finira par se faire arrêter, juger, et condamner à être pendu haut et court, les deux femmes ayant pu sursoir à l’exécution de la peine en révélant qu’elle étaient enceintes…

Mary Read décèdera en prison à cause de la fièvre jaune, quant à Anne Bonny, elle fut finalement graciée par le gouverneur, sortit de prison et disparu sans plus laisser aucune trace, certains disant que son richissime père serait parvenu à convaincre ce gouverneur…

Elles auront donc vaincu bien des hommes par leur pistolet et leur sabre, et quelques autres, par leur charme…


Richard Pulvar

mercredi, février 14, 2018

LE CÉLÈBRE CARNAVAL D'ORURO EN BOLIVIE, UN CARNAVAL AUX TRADITIONS ANCESTRALES NATIVES


Le Carnaval d'Oruro en Bolivie classé patrimoine culturel immatériel de l’humanité fait partie des références mondiales en matière de carnavals.

Le ministère de la culture de la République de Bolivie a dit que cette année le carnaval avait drainé entre 400 000 à 413 000 personnes !

La ministre de la Culture et du Tourisme, Wilma Alanoca, a confirmé le 10 février à Los Tiempos "que plus de 400 mille personnes , entre nationaux et étrangers, sont venues à Oruro pour observer le Carnaval" qui selon leurs estimations gouvernementales a généré des migrations d'au moins 106 millions de Boliviens.
La ministre a déclaré aussi que le mouvement des visiteurs au carnaval d'Oruro "est intense", de sorte que la capacité de l'hôtel aurait été dépassée.
Ce carnaval est à ce point célèbre que 15 chaînes internationales suivent le Carnaval d'Oruro dans le monde entier.

La ville d'Oruro située dans la partie nord du lac Coipasa a été érigée sur un ancien site de cérémonies amérindiennes à 3700 mètres d’altitude dans les montagnes de l’ouest de la Bolivie.
"La ville d’Oruro a été un important centre minier aux dix-neuvième et vingtième siècles. Refondée par les Espagnols en 1606, elle est restée un site sacré pour les peuples Uru Chipayas, qui venaient parfois de très loin accomplir leurs rituels, en particulier pour la grande fête d’Ito. 
Ces cérémonies ont perduré sous le couvert de la liturgie chrétienne malgré les interdits espagnols au dix-septième siècle. "

Les Uru dont les origines remonteraient à plus de 2500 ans avant JC ont fait comme les peuples de tradition Yoruba déportés dans les Amériques à savoir les communautés mawones Quilombola au Brésil et celles de la Santeria à Cuba. 
En effet les Uru ont usé de la même ruse en dissimulant leurs dieux andins derrières les icônes chrétiennes, devenant ainsi des saints. 
La fête d’Ito pour ne périr de la colonisation a été transformée en rituel chrétien, elle est célébrée à la chandeleur, le 2 février et la traditionnelle llama llama, ou diablada, en l’honneur du dieu Uru Tiw est devenue la danse principale du carnaval d’Oruro.

Tous les ans, pendant six jours, ce carnaval colossal donne lieu au déploiement de tout un éventail d’arts populaires s’exprimant à travers les masques, les textiles et les broderies.

"L’événement principal est la procession, ou entrada, où les danseurs parcourent vingt heures durant, sans interruption, les quatre kilomètres que suit la procession. 
Plus de 28 000 danseurs et 10000 musiciens répartis en une cinquantaine de groupes prennent part au cortège qui a su conserver nombre de caractéristiques empruntées aux mystères médiévaux."

Le déclin des activités minières traditionnelles et de l’agriculture et que la désertification du haut plateau andin sont des menaces pesant sur population d’Oruro, provoquant une émigration massive. En effet ricochet l’urbanisation a généré des phénomènes d’acculturation aux rites ancestraux, creusant un fossé entre les générations. 
Le carnaval néanmoins continu à faire le lien et perpétuer les traditions.

Mais cette année 2018 au premier jour des festivités un drame est survenu faisant 21 morts et 72 blessées dans plusieurs incidents le samedi 10 février, à Oruro (Sud-Est).
Dans l’accident le plus grave, l’explosion d’une bonbonne de gaz a fait huit morts et 47 blessés.

Emmanuelle Bramban (14-02-2018)

J'OUVERT ET MONDAY MAS DU LUNDI GRAS 2018 A TRINIDAD



J'Ouvert (ou Jouvert ) est un rituel de célébration d'expressions les plus anciennes de l'histoire et la culture de l'île. 
Les bandes en hordes nombreuses barbouillées de chocolat, de graisse, d'huile et de peinture, de goudron, de la mélasse, arpentent les rues au petit matin arrivant de leurs cris et leurs musique frénétiques.
Elles imitent diables, démons, monstres et gobelins en oubliant toutes les inhibitions et en exorcisant la peur de l'obscurité en écho à l'expression des célébrations heureuses et festives des anciens esclaves pour leur nouvelle liberté obtenue en 1838. 
C'est le jour de sortie des Jab Molassie.

J'Ouvert est le theatre d'expression de la liberté retrouvée, en bordure des excès dans leur répétition des rites carnavalesques, il est mentionné que dans certaines traditions le J'Ouvert trinidadien "ramenaient à l'esprit des troubles civils de Port of Spain, où les gens se barbouillaient souillés avec de l'huile ou de la peinture ou du goudron pour éviter d'être reconnus. "

Si le mardi est le plus gros jour de la fête carnavalesque à Trinidad et Tobago J'Ouvert pour les trinidadiens est celui de la commémoration joyeuse ainsi que celui de la reconnaissance de leurs racines ancestrales, il est le moment de l'affirmation à l'appartenance à une identité culturelle propre et riche.

Cette année 2018 le Jouvert Morning a eu un large succès dans plusieurs villes trinidadienne comme celui de Chocolate City , il a été suivi dans l'après midi par des défilés Monday Mas.

Emmanuelle Bramban

LE CÉLÈBRE CARNAVAL DE BARRANQUILLA EN COLOMBIE ET SON ILLUSTRE TIGRE


José “El Tigre” Forero comme chaque année a participé au défilé de « La Batalla de las Flores », au Carnaval de Barranquilla 2018, à Barranquilla, en Colombie ce samedi 10 Février 2018.

José “El Tigre” Forero est un personnage illustre de la culture colombienne, originaire de Barranquilla il en est de fait une des personnalités marquantes, ce n'est pas un personnage carnavalesque traditionnel au sens du terme.
C'est un homme, un barranquillero, qui pour créer son personnage a puisé dans les racines natives et afro colombiennes de son pays. Les couleurs nationales de la Colombie sont les couleurs de son costume fort remarquable. 
Et de fait il est devenu une figure incontournable depuis lors.

Cet illustre et très célèbre personnage de la culture colombienne sort de sa ville et se déplace parfois dans le reste du pays et dans monde notamment lors que matchs de foot dont il est un aficionado.
José “El Tigre” Forero s'est une fois confronté à un autre personnage carnavalesque le Peter du carnaval hollandais, ce tristement célèbre personnage à connotation en raciste en raison de son blackface à l'époque et José “El Tigre” Forero l'avait surpassé !
La presse internationale avait titré presque quasi communément "José El Tigre” Forero colombien a mangé Peter "
Et Peter l'an passé en 2017, suite à de très nombreuses années de luttes acharnées des communautés afro et de ses alliées, il a abandonné son blackface pour incarner désormais un mineur hollandais à la figure barbouillé de suie. 
.
Mais le clou de son faste à José “El Tigre” Forero reste toujours ses apparitions au très célèbre carnaval de sa ville.

En effet , le Carnaval de Barranquilla est un des carnavals de renommée mondiale, il a été reconnu en 2003 par l'Organisation des Nations Unies de la science et la culture (l'UNESCO) comme chef-d'œuvre du patrimoine oral et immatériel de l'humanité.

Cette année 2018 du dimanche gras au mardi gras soit du 10 au 13 février il a drainé 18 chars et plus de 90 groupes folkloriques y ont défilé.

Emmanuelle Bramban

jeudi, février 08, 2018

CREOLES DE CUBA...


Il existe 400 000 #créolophones à #Cuba, qui font de la langue créole la seconde du pays après l'espagnol, et qui participent à la formidable richesse culturelle de ce pays dont le reste du monde aura malheureusement été privé, à cause d'années d'embargo, mais qu'il nous importe de redécouvrir aujourd'hui...

Ils sont pour la plupart d'origine haïtienne, et se sont installés sur cette île voisine au cours de plusieurs vagues migratoires, dont les principales furent, tout d'abord celle consécutive à l'insurrection qui s'est produite au début du dix-neuvième siècle sur l'île de Saint Domingue et qui allait conduire à la proclamation de la première république noire. Certains colons sont alors partis chercher refuge à Cuba, avec femme, enfants, et esclaves...

Une seconde vague migratoire eut lieu dans les années 1920, quand un ambitieux programme de développement de la production de canne à sucre, nécessitat de faire venir de nombreux travailleurs depuis Haïti...

Enfin une autre grande vague migratoire eut lieu durant la dictature de Duvalier, bien des opposants au régime et de nombreux intellectuels ayant choisi la route de l'exil vers Cuba...

C'est le succès désormais planétaire du "Creole Choir of Cuba", qui nous les a fait redécouvrir ces dernières années...

Je vous propose de découvrir par le lien ci-dessous, un brillant autre groupe, les "Santiago Buenavista Troubadours", qui montre que des migrants sont venus également des Antilles françaises et même de Guyane, dans un morceau qu'ils interprètent justement, en créole...


Richard Pulvar


FESTEJO ET CAJON DU “PERU NEGRO”


Si l’influence culturelle considérable des esclaves africains déportés aux Amériques et de leur descendants, est évidente pour des pays comme le Brésil, dans de nombreux domaines et particulièrement, la danse et le style musical comme sa célèbre Samba, Cuba et sa Salsa, et la Colombie avec sa Cumbia et son Vallenato, dans lequel les descendants d’esclaves ont fait l’adoption de l’accordéon européen, nous manquons souvent de constater que cette influence a été tout aussi importante dans les autres nations de l’Amérique latine.

Ceci tient au fait que le grand métissage qui va se produire en ces pays va faire que les populations au sang mêlé, vont par ce brassage naturellement faire leur cet héritage africain, au point que faisant désormais partie de leur patrimoine national, on en oublie l’origine. Ceci, comme en Argentine où les descendants d’esclaves identifiables son peu nombreux, mais où leurs ancêtres ont laissé un beau témoignage de leur passage en ce pays, son célèbre Tango, né nous dit-on sur les quais de Buenos Aires, mais de l’adoption là aussi par les descendants d’esclaves, de l’accordéon, et dont bien peu se souviennent de son origine africaine…

Ainsi, de la même façon que les si particulières musique et danse des “Caporales”, issues des plantations, seront proclamées héritage culturel intangible de la Bolivie, ce sont les esclaves et leurs descendants qui feront hériter au Pérou, de deux éléments fondamentaux de sa culture, la musique et la danse de “Festejo”, et les percussions du “Cajon”, instrument de leur invention, et dont la mode se répand actuellement dans le monde entier.

La population des descendants d’esclaves est estimée à environ 10% de la population du Pérou. Mais cette estimation de vaut que pour ceux qui sont physiquement identifiables comme tels, parce que demeurés regroupés dans quelques zones côtières après l’abolition, certains de ces descendants se sont moins mélangés au reste de la population. Cependant les Péruviens eux-mêmes reconnaissent volontiers qu’avec leur mélange évident de sang espagnol et amérindien, ils possèdent également pratiquement tous du sang de noirs, et ils en assument parfaitement l’héritage culturel…
Richard Pulvar


Je vous présente ici une partie de celui-ci avec les liens ci-dessous

Le Festejo https://www.youtube.com/watch?v=iB3mrzVfEQc
Le Cajon https://www.youtube.com/watch?v=Mkxv30VbZac

jeudi, février 01, 2018

LA DANSE DES CAPORALES


C’est au 17ème siècle qu’arrivent, emmenés par les Espagnols, des esclaves africains jusque dans les hauts plateaux des Andes, au milieu des Amérindiens qu’ils s’acharnaient à soumettre, sans pourtant parvenir à les mettre en esclavage. Les conditions particulières de cet endroit, dont le grand isolement, vont faire qu’il va se produire très rapidement un grand métissage, d’une part entre les Espagnols et les Amérindiens, dont les métis constitueront l’essentiel des “caporaux”, terme alors employé pour désigner les gardiens des esclaves, et d’autre part entre les Africains et les Amérindiens qui vont constituer là et ailleurs sur le continent, des communautés de ce type de métis regroupées sous le nom de “Zambos”.

Ces derniers n’eurent pas la chance des premiers, car ils furent esclaves tout comme leurs ancêtres africains. Ils avaient coutume de former un cortège pour enterrer leurs morts, en exécutant une danse rythmée à l’aide de tambours, et d’une façon très particulière, selon un rythme très saccadé qui est devenu aujourd’hui celui des musiques andines…

A la fin de l’esclavage, ils firent de cette danse de tristesse, une danse de joie, toujours scandée par ce rythme troublant, mais où les hommes rappelaient selon une chorégraphie très dynamique et spectaculaire, les luttes qui furent menées contre la servitude. Aujourd’hui, dans leurs magnifiques tenues de danse, ils portent accrochées à leurs bottes des clochettes pour rappeler le bruit que faisaient les chaines accrochées aux pieds des esclaves…

Selon une aimable dérision, ils ont prolongé la signification et donc l’usage de cette danse, en remplaçant la soumission qui était la leur sous les ordres des caporaux, par celle qui demeure la leur sous le charme des femmes, les caporaux étant ainsi devenus des “Caporales”. Ceci, en notant qu’en espagnol le mot vaut pour les hommes comme pour les femmes.

Ce sont donc elles désormais qui portent le sifflet, rappelant aux hommes la force d’envoutement dont elles sont capables, en étant vêtues de tenues splendides leur permettant d’exercer au maximum leur séduction, en dansant avec celles-ci. Il est remarquable qu’elles exercent ainsi d’une façon encore plus troublante que les célèbres Cariocas brésiliennes qui en montrent pourtant beaucoup plus, ce qui va assurer la grande popularité de cette danse…


Le métissage s’étant poursuivi pour donner aujourd’hui les populations très bigarrées de cette région des Amériques, cette coutume des Zambos va se généraliser pour devenir dans un pays comme la Bolivie, une véritable tradition nationale. La danse des Caporales sera ainsi codifiée et présentée au public dans ce pays en 1969, et c’est en 1975 qu’y seront formées les premières associations consacrées à la pratique, tant de la danse que de la musique, sur le mode des écoles de samba brésiliennes…

Son succès va faire que cette tradition va se répandre hors de Bolivie, en Argentine, au Chili, et au Pérou, et curieusement, aux Etats-Unis où plusieurs associations d’Amérindiens, auxquelles se joignent volontiers des noirs américains, conscients qu’il s’agit à l’origine d’un fait culturel d’esclaves africains, associations qui disposent bien-sûr de moyens plus luxueux que ceux des associations culturelles sud-américaines, en font depuis quelques années une très grande promotion et avec un grand succès, compte tenu de l’aspect spectaculaire et esthétique de ces manifestations…

Voyant ainsi son pays en quelque sorte dépossédé d’un élément du folklore national, surtout de la part des Etats-Unis avec lesquels il n’entretient pas les meilleures relations, le gouvernement bolivien a proclamé en 2011, les “Caporales”, comme faisant partie d’une façon intangible, de l’héritage culturel de la Bolivie…

Cependant, il n’est pas interdit aux autres de les apprécier…


Richard Pulvar



jeudi, janvier 25, 2018

Cyrille Bissette enfin réhabilité dans notre mémoire collective ?


Plusieurs initiatives permettront de célébrer cette année, le 170e anniversaire de l’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises. Il serait opportun de redonner toute sa place au Martiniquais Cyrille Bissette dans le combat ayant abouti à l’interdiction du travail servile.

Justice sera-t-elle enfin rendue à Bissette, le premier militant martiniquais en faveur de l’abolition de l’esclavage ? L’histoire officielle a retenu le nom de Victor Schoelcher comme artisan de l’interdiction du travail servile dans les colonies françaises. Ce qui peut se comprendre, vu sa participation à ce combat. Membre du gouvernement provisoire, il a signé le décret du 27 avril 1848 déclarant illégale cette abomination.

Toutefois, nul ne doit plus méconnaître le rôle central de Cyrille Bissette dans cette révolution. Espérons qu’à l’occasion du 170e anniversaire de l’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises, sa place éminente soit enfin reconnue. Accusé à tort, en décembre 1823, d’avoir distribué une brochure dénonçant la condition des mulâtres, ou hommes libres de couleur. Ce texte manuscrit, "De la situation des gens de couleur libres aux Antilles Françaises", est anonyme. Pourtant, Bissette est condamné lors d’un procès expéditif, le mois suivant.

L’historienne Stella Pame, auteure de la première biographie de Cyrille Bissette, rappelle que deux riches négociants mulâtres de Saint-Pierre, Monlouis Thébia et Joseph Eriché, ont été soupçonnés d’avoir amené secrètement cette brochure, de retour d’un séjour à Paris. Les preuves n’avaient aucune importance pour la Cour royale, composée de colons et d’alliés. Il leur fallait des boucs émissaires. Ce seront Bissette et deux soi-disant complices, Jean-Baptiste Volny et Louis Fabien.

Dans la foulée, pas moins de 200 hommes libres de couleur furent éloignés, de peur que leur influence ne devînt contagieuse. Békés et mulâtres se livraient alors une lutte politique et économique sans merci. Les premiers craignaient de perdre leur suprématie sur les seconds et leur fermaient toute possibilité d’ascension sociale.

Banni à Paris, Bissette s’attelle, dès 1825, à la fin du système esclavagiste, bien avant Schoelcher. Les deux hommes ne s’entendent pas. Le ministre écarte son rival des travaux de la commission préparant l’émancipation, en mars 1848. Il n’empêche, les faits sont têtus. Bissette est bel et bien l’abolitionniste martiniquais par excellence.

Jean-Marc Party
source

mercredi, janvier 03, 2018

Le code de l'indigénat

" Le Code de l'indigénat fut adopté le 28 juin 1881. Puis c'est en 1887 que le gouvernement français l'imposa à l'ensemble de ses colonies. En général, ce code assujettissait les autochtones et les travailleurs immigrés aux travaux forcés, à l’interdiction de circuler la nuit, aux réquisitions, aux impôts de capitation (taxes) sur les réserves et à un ensemble d’autres mesures tout aussi dégradantes. Il s'agissait d'un recueil de mesures discrétionnaires destiné à faire régner le «bon ordre colonial», celui-ci étant basé sur l'institutionnalisation de l'inégalité et de la justice. Ce code fut sans cesse «amélioré» de façon à adapter les intérêts des colons aux «réalités du pays».

Le Code de l'indigénat distinguait deux catégories de citoyens: les citoyens français (de souche métropolitaine) et les sujets français, c’est-à-dire les Africains noirs, les Malgaches, les Algériens, les Antillais, les Mélanésiens, etc., ainsi que les travailleurs immigrés. Les sujets français soumis au Code de l'indigénat étaient privés de la majeure partie de leur liberté et de leurs droits politiques; ils ne conservaient au plan civil que leur statut personnel, d'origine religieuse ou coutumière.

Tout compte fait, le colonialisme pratiqué en Nouvelle-Calédonie, en Algérie, à Madagascar, etc., s’apparentait à une sorte d’esclavage des populations autochtones: celles-ci étaient dépouillées de toute leur identité. Ce système colonial odieux, qui paraît sans aucun doute honteux aujourd’hui, semblait normal à l’époque et d'autres pays pratiquaient des politiques similaires. Le Code de l'indigénat était assorti de toutes sortes d'interdictions dont les délits étaient passibles d'emprisonnement ou de déportation. Ce système d'inégalité sociale et juridique perdura jusqu’en 1946, soit plusieurs années après que les accords de Genève (le 23 avril 1938) eurent interdit toute forme de travaux forcés.

Après la loi du 7 avril 1946 abolissant le Code de l'indigénat, les autochtones (Nouvelle-Calédonie, Madagascar, Algérie, etc.) purent à nouveau circuler librement, de jour comme de nuit, et récupérer le droit de résider où ils voulaient et de travailler librement. Cependant, les autorités françaises réussirent à faire perdurer le Code de l'indigénat en Algérie pratiquement jusqu'à l'Indépendance (1962). "

DETAILS DE L’HISTOIRE

Très tôt, la colonisation a vu les noirs entre eux s’adonner à certaines formes de dénigrement et de rejet de l’autre, parfois même au sein d’une même ethnie. La première vague d’esclaves arrivée dans les îles étant originaire d’Afrique de l’ouest, Cap-Vert, Casamance et autre haut-Sénégal, ils ne vont pas se gêner de stigmatiser ceux qui venaient après, ces infortunés serviles de la deuxième vague, que les premiers appelaient indifféremment de manière dédaigneuse « nègres-Guinée ». 

Les premiers, qui prenaient un malin plaisir à se désigner comme « créoles », n’hésitaient pas à faire comme le maître, traitant leurs congénères de « bossales », les fustigeant plus souvent que rarement d’un « Sacré vié nèg-djiné !» s’agissant de les remettre à leur place. Plus tard, les Nèg-Djiné feront de même puisqu’à leur tour ils diront méchamment aux Congos, les derniers arrivés, de retourner chez eux, en Afrique (mais cela, c’est pour une toute autre raison). Pire, comme je le disais au début, la stigmatisation, voire le racisme, existait au sein de gens de même ethnie. Les esclaves ne se mariaient pratiquement pas (une explication vous sera donnée dans un prochain post). Mais quand cela arrivait, il était très difficile à un esclave issu de l’atelier de s’unir à une femme venant de la domesticité. Kidonk, un parent qui était domestique voyait très mal sa fille se marier avec un nègre de jardin. À un plus haut échelon, cela se constatait également, puisque le mulâtre se voyait très mal venir dire oui devant monsieur l’abbé avec une « négresse » au bras. Dire que de nos jours certains ont du mal à comprendre le « nèg kont nèg »

 ! Bonne journée à tous !

Josepha Luce

mercredi, décembre 20, 2017

La Compagnie danoise des Indes occidentales et de Guinée


La Compagnie danoise des Indes occidentales et de Guinée s'établit sur l'île de Saint-Thomas en 1672, s'étendant jusqu'à l'île Saint-John en 1683 (une annexion conflictuelle avec le Royaume-Uni jusqu'en 1718), et racheta l'île de Sainte-Croix à la Compagnie française des Indes occidentales le 15 juin 1733. En 1754, les îles furent revendues au roi du Danemark, devenant des colonies royales danoises administrées par un gouverneur.


Pour exploiter les îles avec les plantations de canne à sucre, le royaume du Danemark, comme les autres puissances européennes introduit des esclaves en provenance d'Afrique dès 17631. Les dures conditions entrainèrent une révolte en 1733 très durement réprimée1.

Pendant les guerres napoléoniennes, les îles furent occupées par les Britanniques ; d'abord de mars 1801 jusqu'au 27 mars 1802, puis de décembre 1807 jusqu'au 20 novembre 1815 où elles furent rendues au Danemark.

La traite négrière dans les possessions danoises sera interdite en 1792, le Danemark étant le premier pays à l'interdire2 mais l'esclavage ne sera lui aboli sur les îles antillaises danoises qu'en 18481. L'économie des îles basées sur la culture de la canne à sucre périclite alors1, de nombreux colons quittent les îles et le royaume Danois se désintéresse alors de ses possessions antillaises.

Le 12 décembre 1916, les îles furent vendues contre 25 millions de dollars US aux États-Unis d'Amérique, intéressés par leur position stratégique proche du canal de Panama. L'administration danoise se termina officiellement le 31 mars 19173.

Avant 1917, les langues parlées étaient un créole français proche de celui de Sainte-Lucie, l'anglais et l'espagnol, mais le danois était peu parlé, et surtout utilisé dans l'administration, ou par des Danois. 

dimanche, novembre 26, 2017

En Libye on vend comme esclaves des jeunes africains


En Libye on vend comme esclaves des jeunes africains que la misère a jetés sur les routes .On fait semblant de découvrir l' esclavagisme en Afrique,un peu d'histoire pour rappeler que depuis 652 et même avant cela n'a jamais cessé.
Il est grand temps à ce que l’on ouvre une des pages des plus sombres et plus sanguinaire de l’histoire du monde arabo-musulman : Leur "génocide voilé"
Nous ne devons pas cacher certaines vérités. Les Arabes lors de leurs premières conquêtes en Afrique amenèrent avec eux beaucoup de malheurs. Dix-sept millions, oui 17 millions, d’Africains furent razziés, capturés, massacrés, castrés et déportés vers le monde arabe,et l Afrique du nord dont la Tunisie. Les musulmans tenaient à la fois le Coran d’une main et les couteaux aux nuques de l’autre.

La traite négrière en afrique par les arabes a débuté dès le VIIe siècle et plus exactement en 652 lorsque l’émir et général arabe Abdallah Ibn Saïd a imposé aux Soudanais et au roi nubien Khalidurat, un « bakht » (accord), les obligeant à livrer annuellement des centaines d’esclaves. L’article 5 de ce bakht stipule clairement que les nubiens doivent «livrer chaque année trois cent soixante esclaves des deux sexes, qui seront choisis parmi les meilleurs de votre pays et envoyés à l’imam des musulmans» ! 

Trouvant ce commerce très juteux les arabes poussèrent leurs razzias jusqu’aux confins de l’Afrique noire d’est en ouest et du nord au sud. De Zanzibar (actuelle Tanzanie au bord de l'océan indien) à l'empire du Ghana en passant par l'empire du Mali. 

Bien que l’asservissement des peuples noirs remonte à la nuit des temps pharaoniques, ce n’est hélas, qu’avec les arabes qu’il prend une «dimension industrielle» puisque c’est en 652 donc, que pour la première fois la traite négrière sera inventée et planifiée par les Arabes. 

On croyait que ce mal absolu qui a plongé pendant plus de treize siècles des millions de peuples noirs dans les ténèbres s’était « officiellement » arrêté au début du XXe siècle, avec une primeur pour la Tunisie du XIXe siècle qui a aboli en premier l’esclavage en 1846. Mais voila que les libyens retrouvent ces ignominieux réflexes et que de temps en temps, et cela dans un incroyable silence assourdissant des pays africains ,l ONU ,l Europe...Nous entendons qu’ici ou là, au Soudan, en Arabie ,Qatar ,Koweit .. et surtout en Mauritanie, que certains s’adonnent encore à ce rite moyenâgeux. 

Ces derniers auront ainsi ouvert en premier une longue période de tragédies faites d’humiliations, de sang et de morts et ils seront hélas, les derniers à la refermer soit disant officiellement au siècle dernier.

C'est en regardant l histoire en face que nous pourrons guérir de nos tares et intégrer enfin l'Histoire de l'Humanité qui se fait sans nous. Pardon à toutes nos sœurs et à tous nos frères africains. Nous aussi on est en colère !