lundi, février 26, 2018

LA COURSE AU NID D’AIGLE…



Le 16 avril 1945, le Maréchal de l’armée rouge Gueorgui Joukov, met le siège autour de la ville de Berlin afin de porter le coup de grâce au 3ème Reich allemand. Il installera ainsi autour de la ville à laquelle les chefs nazis promettaient mille ans d’éclat, rien de moins que 41 600 canons, soit un tous les dix mètres, et 6 250 chars, pour mener la bataille décisive…!

Elle prendra fin au 2 mai 1945, après le suicide d’Adolf Hitler le 30 avril, la prise du Reichstag le 1er mai après la reddition des derniers défenseurs de la ville, par des soldats russes qui y hisseront le drapeau de l’Union soviétique, et surtout, après la mort de 92 000 soldats allemands et 81 200 soldats de l’armée soviétique…

Joseph Staline demandant que soit immortalisé l’événement, la prise du Reichstag sera rejouée le 2 mai devant les caméras et les appareils photos qui nous montrerons en gros plan, ces valeureux soldats russes hissant le drapeau soviétique sur les terrasses du Reichstag, et ces images fantastiques feront le tour du monde en consacrant ainsi dans les opinions, la victoire écrasante de l’Union Soviétique sur l’Allemagne nazie…

Cependant, les Américains ayant franchi le Rhin quelques temps auparavant, menaient au travers de l’Allemagne centrale une campagne victorieuse, facilitée par le fait que l’essentiel des forces allemandes demeurait engagé sur le front de l’est, pour faire face à une armée rouge dont la réputation terrifiante avait précipité sur les routes des millions de civils cherchant refuge vers l’ouest. Ceci, de sorte que les Américains ayant à faire face à moins d’opposition, auraient du logiquement parvenir les premiers à Berlin.

Mais, les accords de Yalta conclus le 11 février entre Roosevelt, Churchill, et Staline, prévoyaient que l’est de l’Allemagne à parti de l’Elbe, devait devenir une zone d’occupation soviétique, et c’est alors que trois jours après la mort du président Roosevelt qui entérina cet accord, le général commandant en chef des forces alliées, Eisenhower, fit exécuter cet ordre et imposa aux troupes américaines de s’arrêter sur l’Elbe. Ceci provoquera la colère du fameux général Patton, héros de cette guerre, et qui comme d’ailleurs tous les autres chefs militaires ayant combattu l’armée allemande, se serait volontiers vu arriver en triomphateur à Berlin, et qui l’aurait probablement été sans cet accord…

Cette raison d’état s’imposant à eux provoquera un grand mécontentement et une profonde frustration au sein de l’armée américaine, pour des soldats qui ne se sont pas battus pour se voir ainsi privés de l’événement qui aurait le mieux couronné leur sacrifice et eté le plus significatif de leur victoire, un triomphe à Berlin…

Il fallait absolument leur trouver une compensation pour qu’ils puissent bénéficier eux aussi d’un symbole puissant de leur valeur militaire, et c’est alors que passé la ville de Nuremberg, autre haut lieux du nazisme, qu’ils ont conquise, la préoccupation des militaires américains s’est portée sur la ville de Berchtesgaden qui, autour de la personnalité de Hitler qui y avait sa résidence d’été et y réunissait régulièrement les cadres du parti et les chefs militaires, était la plus symbolique après Berlin, de ce que fut le régime nazis…

Mais ils n’étaient pas les seuls, car les Français, profondément humiliés par la défaite de 1940 et qui avaient absolument besoin de se laver de cet affront, était en quête d’un éclat militaire pour pouvoir se réhabiliter, tant à leur propres yeux qu’à ceux du monde. Ainsi, pour les chefs militaires français, après la libération de Strasbourg selon le serment fait à Koufra par le général Leclerc et ses hommes, Berchtesgaden était le seul objectif ayant une grande valeur symbolique, qu’il leur était possible d’atteindre. Ceci, compte tenu de la zone où ils combattaient selon le dispositif des forces alliées sur le terrain, positionnés qu’ils étaient sur le flanc droit de ce dispositif, et ce, même si cette ville ne se situait pas dans la zone que les forces françaises devaient occuper par la suite…

C’est ainsi que sans avouer clairement leur objectif, ces deux armées pourtant alliées, vont se livrer à une course furieuse avec tous les coups bas permis, pour parvenir la première à Berchtesgaden…

Le course commence déjà sur l’autoroute qui mène de Munich à Salzbourg, chaque armée rendez-vous compte, progresse sur une des voies de l’autoroute de sorte que l’une d’elle emprunte celle-ci à contre sens. Et ceci, en prenant le risque de laisser de dangereuses poches de résistance sur leur arrière, et au milieu de colonnes de dizaines de milliers de prisonniers allemands qui font route dans l’autre sens, de chaque coté de cette autoroute…

Les Américains ont une pointe d’avance et le premier incident va survenir au point de passage de la rivière Paar dont le pont a été détruit par les Allemands. Les Américains vont y installer un pont grâce à leur génie, mais quand les premiers soldats français arrivent, ils se voient fermement refuser le passage sur ce pont. L’incident va alors opposer un général américain à la carrure et au facies de catcheur, le général O’ Daniel, au général français Leclerc. Lorsque ce dernier viendra s’inquiéter auprès de lui de la raison pour laquelle il refuse le passage aux soldats français, loin d’avouer sa volonté de parvenir le premier à Berchtesgaden, il argumentera que les Français ne se situent pas exactement sur la route qui leur était assignée, ce qui était vrai, et que de toutes les façons ce pont avait été construit par eux et que les soldats français ne l’emprunteraient qu’après le passage du dernier américain.

L’altercation fut violente, les deux hommes se gratifiant mutuellement de noms d’oiseau que l’interprète aura la sagesse de ne pas traduire. Lorsque les Français peuvent enfin passer, les Américains ont une bonne avance vers l’objectif que malheureusement pour eux, ils ne connaissaient pas bien. Car il existe en réalité trois niveaux à Berchtesgaden, la ville elle-même qui se situe à 300 m d’altitude, et que les Américains y parvenant les premiers, pensent être l’objectif et s’y arrêtent. Mais les véritables objectifs militaires et symboliques sont en fait tout d’abord l’Obersalzberg avec le Bergoff, situé plus haut à 900 m d’altitude, un véritable sanctuaire nazi qui était le quartier résidentiel d’Hitler et des hauts dignitaires du régime. Il disposait d’importantes installations souterraines, et se trouvait encadré par des casernes de SS. Hitler et ces dignitaires s’y réunissaient régulièrement depuis 1928, et c’est là qu’ils ont pris en séminaire, un bon nombre des décisions les plus importantes.

Enfin, il y a surtout le Khelstein, le fameux “nid d’aigle”, situé à 1800 m de hauteur sur un pic rocheux, plus symbolique encore par rapport à la personnalité mégalomaniaque de Hitler qui devait avoir ainsi le sentiment d’atteindre les cieux, là où il recevait les plus intimes de ses proches, là ou ses rêves de puissance et de domination trouvaient un cadre grandiose adapté pour leur entretien, d’autant qu’il s’agit d’un endroit d’accès particulièrement difficile si on ne peut utiliser le tunnel conduisant à un ascenseur permettant de l’atteindre 120m plus haut…

Les Américains ont donc emprunté la route qui mène à la ville de Berchtesgaden où ils vont s’arrêter un moment avant de prendre conscience que tel n’est pas le véritable objectif. Les français se lançant après eux à marche forcée, en ne respectant donc aucune des consignes habituelles de pause et de vitesse, parviendront seulement quelques heures après, à la gare de Berchtesgaden. C’est alors qu’un officier, le capitaine Touyeras qui, ayant été fait prisonnier en 1940, avait été embarqué dans un train d’où il se souvenait d’avoir aperçu l’Obersalzberg, suggéra au général Leclerc d’emprunter cette voie pour pouvoir accéder plus directement au site qui est éloigné de la ville même, pour le cas où les américains n’y seraient pas encore.

C’est ainsi qu’en compagnie du brigadier Borg, à bord d’une Jeep équipée d’une mitrailleuse, ils prennent la voie ferrée pour tenter de parvenir les premiers à l’Obersalzberg. Quelle ne fut pas leur surprise lorsque dans un tunnel ils découvrent à l’abri dans celui-ci, le fameux train d’Herman Goering, remplis de tableaux et d’œuvres d’art d’une valeur inestimable, pillés dans tous les pays ayant subi l’occupation allemande, et de documents techniques sur les V1 et les V2 qui vont être transférés à Paris.

Quittant ensuite la voie ferrée, ils vont emprunter une route très sinueuse conduisant à l’Obersalzberg, en constatant qu’il n’y a aucune trace d’une quelconque présence américaine. Ils rencontrent alors une colonne d’une trentaine de jeunes des jeunesses hitlériennes auxquels ils font jeter leurs armes dans le ravin et dont ils apprennent qu’il n’y a personne là haut.

Parvenus devant la porte du bâtiment déjà considérablement dégradé par les bombardements, ils se signalent par deux rafales. Un soldat allemand apparait en brandissant un immense drapeau blanc. Pour se protéger, ils le font s’assoir sur le capot de la Jeep et se rendent jusqu’au poste de garde pour sommer les derniers hommes qui s’y trouvaient encore, de se rendre. Ils étaient 45 et se tenaient parfaitement alignés au garde à vous, mais n’opposèrent pas de résistance, comprenant bien qu’après la chute de Berlin, tout était fini pour eux…

Nos deux gaillards demandent alors du renfort et reçoivent curieusement l’ordre de venir chercher la section, malgré leurs prisonniers. Ils redescendent non sans avoir rendu le chef de ceux-ci chef responsable sur la vie de ses hommes, et ils auront la grande surprise de constater en revenant 1h 30 plus tard avec la section, qu’il n’en manquera pas un seul.

C’est lors de leur deuxième descente qu’ils croisent une colonne d’américains avec des chars, qui visiblement vexés de ne pas être les premiers, les arrête carrément d’une façon très brutale en feignant de ne pas comprendre qui ils sont, avant de finalement les relâcher, ce qui entrainera une seconde explication houleuse entre les chefs.

Félicités par le général Leclerc, celui-ci les envoie dès le lendemain en compagnie du fameux régiment de marche du Tchad qui faisait alors partie de la 2ème division blindée, mais qui se trouvait déjà privé des fameux “tirailleurs” qui avaient été libérés depuis la France, à l’assaut du nid d’aigle où ils ne rencontreront pas de résistance, et où ils planteront à 17h le drapeau français au travers d’une baie…

Il s’en est donc fallu de peu que le sanctuaire d’Hitler ne soit investi par des tirailleurs, ce qui aurait été encore plus spectaculaire, et plus symbolique…

Jusqu’à ce jour la controverse demeure entre Français et Américains qui se réclament comme étant les premiers à être parvenus au sanctuaire d’Hitler. Ces derniers ont même fait un film où ils vantent la bravoure des soldats américains à la conquête de celui-ci, ce qui n’a aucune vérité, puisqu’il ne se trouvait plus un seul soldat allemand dans les lieux quand ils y sont parvenus, et leur préoccupation essentielle fut alors de s’y prendre en nombreuses photos, afin de diffuser celles-ci à travers le monde à la façon dont les Russes l’avaient fait à Berlin…

Richard Pulvar

samedi, février 17, 2018

IL Y EUT AU 18ème SIECLE, ECUMANT LA MER DES ANTILLES, DEUX TERRIBLES FLIBUSTIERES, ANNE BONNY ET MARY READ…


Elles formaient secrètement un couple sanguinaire, aux cotés d’une autre terreur de cette mer, le pirate Jack Rackham ( le Rackham le rouge de Hergé)…

La première, fille illégitime d’un procureur irlandais et de sa servante, fut emmenée par son père condamné à l’exil suite au scandale révélé, vers le nouveau monde, et sera élevée par celui-ci à la dure, comme un garçon, à Charleston en Caroline du sud. Bien que son père soit devenu là-bas le riche propriétaire d’une immense plantation, enfant rebelle, c’est dès l’âge de 13 ans qu’elle commencera à fréquenter les tavernes de pirates.

Las de sa mauvaise conduite le père finira par la déshériter, mais pour se venger de cela, elle mettra le feu à la plantation et dès lors, s’étant mise elle-même hors des lieux, sa vie va définitivement basculer vers la piraterie où elle trouvera refuge…

C’est déguisée en homme qu’elle fera ses premières armes en compagnie du pirate français Pierre Bousquet, et rencontrera plus tard Jack Racham, entretenant avec lui une relation fort fructueuse quant aux nombre de navires pillés, bien qu’elle fut “à couteaux tirés”, et sans que l’on puisse affirmer qu’ils furent amants, d’autant qu’elle demeurait déguisée en homme…

La seconde était la fille d’un capitaine de la marine, disparu en mer. Son frère ainé mourut enfant et pour pouvoir bénéficier de la pension qui était versée pour celui-ci par la famille de son père, sa mère décida de l’habiller et de l’éduquer comme un garçon et c’est sous cette fausse identité masquant sa féminité, que non seulement, elle obtiendra un premier emploi comme valet mais surtout, qu’elle parviendra à s’engager dans l’armée britannique pour s’en aller combattre les français en Flandre…

Elle y rencontrera un bel officier dont elle tombera amoureuse et sera obligée de révéler sa véritable identité pour pouvoir l’épouser, mais le couple sera contraint de quitter l’armée…
Elle et son mari ouvriront une auberge, mais celui-ci décédera au bout de quatre ans. Ne pouvant pas tenir l’auberge toute seule, c’est en se faisant à nouveau passer pour un homme, qu’elle parviendra à se faire engager à bord d’un navire marchand hollandais.

Il se trouve que ce navire sera attaqué et capturé par des pirates anglais, et c’est à cette occasion qu’elle rencontrera la piraterie, et qu’elle s’arrangera pour l’intégrer. C’est au cours des opérations de piraterie qu’elle rencontrera Jack Rackham et Anne Bonny, et c’est la relation inattendue qui s’établira entre elles, qui sera l’occasion de la révélation de leur véritable identité…

En compagnie de Rackham, le couple mènera des campagnes dévastatrices, la légende disant que Mary Read dévoilait son sexe à son adversaire au moment de lui donner la mort, mais au cours d’une de ces campagnes, et malgré sa liaison avec Anne Bonny, elle fera la rencontre d’un captif dont elle fera son amant, et duquel elle aura un enfant…

Comme il se doit selon une fin correcte de cette histoire, après bien des aventures violentes, et d’autres bien plus douces au cours desquelles elles n’ont pas hésité à user de leur charme pour s’attirer la clémence de certains gouverneurs, tout ce monde finira par se faire arrêter, juger, et condamner à être pendu haut et court, les deux femmes ayant pu sursoir à l’exécution de la peine en révélant qu’elle étaient enceintes…

Mary Read décèdera en prison à cause de la fièvre jaune, quant à Anne Bonny, elle fut finalement graciée par le gouverneur, sortit de prison et disparu sans plus laisser aucune trace, certains disant que son richissime père serait parvenu à convaincre ce gouverneur…

Elles auront donc vaincu bien des hommes par leur pistolet et leur sabre, et quelques autres, par leur charme…


Richard Pulvar

mercredi, février 14, 2018

LE CÉLÈBRE CARNAVAL D'ORURO EN BOLIVIE, UN CARNAVAL AUX TRADITIONS ANCESTRALES NATIVES


Le Carnaval d'Oruro en Bolivie classé patrimoine culturel immatériel de l’humanité fait partie des références mondiales en matière de carnavals.

Le ministère de la culture de la République de Bolivie a dit que cette année le carnaval avait drainé entre 400 000 à 413 000 personnes !

La ministre de la Culture et du Tourisme, Wilma Alanoca, a confirmé le 10 février à Los Tiempos "que plus de 400 mille personnes , entre nationaux et étrangers, sont venues à Oruro pour observer le Carnaval" qui selon leurs estimations gouvernementales a généré des migrations d'au moins 106 millions de Boliviens.
La ministre a déclaré aussi que le mouvement des visiteurs au carnaval d'Oruro "est intense", de sorte que la capacité de l'hôtel aurait été dépassée.
Ce carnaval est à ce point célèbre que 15 chaînes internationales suivent le Carnaval d'Oruro dans le monde entier.

La ville d'Oruro située dans la partie nord du lac Coipasa a été érigée sur un ancien site de cérémonies amérindiennes à 3700 mètres d’altitude dans les montagnes de l’ouest de la Bolivie.
"La ville d’Oruro a été un important centre minier aux dix-neuvième et vingtième siècles. Refondée par les Espagnols en 1606, elle est restée un site sacré pour les peuples Uru Chipayas, qui venaient parfois de très loin accomplir leurs rituels, en particulier pour la grande fête d’Ito. 
Ces cérémonies ont perduré sous le couvert de la liturgie chrétienne malgré les interdits espagnols au dix-septième siècle. "

Les Uru dont les origines remonteraient à plus de 2500 ans avant JC ont fait comme les peuples de tradition Yoruba déportés dans les Amériques à savoir les communautés mawones Quilombola au Brésil et celles de la Santeria à Cuba. 
En effet les Uru ont usé de la même ruse en dissimulant leurs dieux andins derrières les icônes chrétiennes, devenant ainsi des saints. 
La fête d’Ito pour ne périr de la colonisation a été transformée en rituel chrétien, elle est célébrée à la chandeleur, le 2 février et la traditionnelle llama llama, ou diablada, en l’honneur du dieu Uru Tiw est devenue la danse principale du carnaval d’Oruro.

Tous les ans, pendant six jours, ce carnaval colossal donne lieu au déploiement de tout un éventail d’arts populaires s’exprimant à travers les masques, les textiles et les broderies.

"L’événement principal est la procession, ou entrada, où les danseurs parcourent vingt heures durant, sans interruption, les quatre kilomètres que suit la procession. 
Plus de 28 000 danseurs et 10000 musiciens répartis en une cinquantaine de groupes prennent part au cortège qui a su conserver nombre de caractéristiques empruntées aux mystères médiévaux."

Le déclin des activités minières traditionnelles et de l’agriculture et que la désertification du haut plateau andin sont des menaces pesant sur population d’Oruro, provoquant une émigration massive. En effet ricochet l’urbanisation a généré des phénomènes d’acculturation aux rites ancestraux, creusant un fossé entre les générations. 
Le carnaval néanmoins continu à faire le lien et perpétuer les traditions.

Mais cette année 2018 au premier jour des festivités un drame est survenu faisant 21 morts et 72 blessées dans plusieurs incidents le samedi 10 février, à Oruro (Sud-Est).
Dans l’accident le plus grave, l’explosion d’une bonbonne de gaz a fait huit morts et 47 blessés.

Emmanuelle Bramban (14-02-2018)

J'OUVERT ET MONDAY MAS DU LUNDI GRAS 2018 A TRINIDAD



J'Ouvert (ou Jouvert ) est un rituel de célébration d'expressions les plus anciennes de l'histoire et la culture de l'île. 
Les bandes en hordes nombreuses barbouillées de chocolat, de graisse, d'huile et de peinture, de goudron, de la mélasse, arpentent les rues au petit matin arrivant de leurs cris et leurs musique frénétiques.
Elles imitent diables, démons, monstres et gobelins en oubliant toutes les inhibitions et en exorcisant la peur de l'obscurité en écho à l'expression des célébrations heureuses et festives des anciens esclaves pour leur nouvelle liberté obtenue en 1838. 
C'est le jour de sortie des Jab Molassie.

J'Ouvert est le theatre d'expression de la liberté retrouvée, en bordure des excès dans leur répétition des rites carnavalesques, il est mentionné que dans certaines traditions le J'Ouvert trinidadien "ramenaient à l'esprit des troubles civils de Port of Spain, où les gens se barbouillaient souillés avec de l'huile ou de la peinture ou du goudron pour éviter d'être reconnus. "

Si le mardi est le plus gros jour de la fête carnavalesque à Trinidad et Tobago J'Ouvert pour les trinidadiens est celui de la commémoration joyeuse ainsi que celui de la reconnaissance de leurs racines ancestrales, il est le moment de l'affirmation à l'appartenance à une identité culturelle propre et riche.

Cette année 2018 le Jouvert Morning a eu un large succès dans plusieurs villes trinidadienne comme celui de Chocolate City , il a été suivi dans l'après midi par des défilés Monday Mas.

Emmanuelle Bramban

LE CÉLÈBRE CARNAVAL DE BARRANQUILLA EN COLOMBIE ET SON ILLUSTRE TIGRE


José “El Tigre” Forero comme chaque année a participé au défilé de « La Batalla de las Flores », au Carnaval de Barranquilla 2018, à Barranquilla, en Colombie ce samedi 10 Février 2018.

José “El Tigre” Forero est un personnage illustre de la culture colombienne, originaire de Barranquilla il en est de fait une des personnalités marquantes, ce n'est pas un personnage carnavalesque traditionnel au sens du terme.
C'est un homme, un barranquillero, qui pour créer son personnage a puisé dans les racines natives et afro colombiennes de son pays. Les couleurs nationales de la Colombie sont les couleurs de son costume fort remarquable. 
Et de fait il est devenu une figure incontournable depuis lors.

Cet illustre et très célèbre personnage de la culture colombienne sort de sa ville et se déplace parfois dans le reste du pays et dans monde notamment lors que matchs de foot dont il est un aficionado.
José “El Tigre” Forero s'est une fois confronté à un autre personnage carnavalesque le Peter du carnaval hollandais, ce tristement célèbre personnage à connotation en raciste en raison de son blackface à l'époque et José “El Tigre” Forero l'avait surpassé !
La presse internationale avait titré presque quasi communément "José El Tigre” Forero colombien a mangé Peter "
Et Peter l'an passé en 2017, suite à de très nombreuses années de luttes acharnées des communautés afro et de ses alliées, il a abandonné son blackface pour incarner désormais un mineur hollandais à la figure barbouillé de suie. 
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Mais le clou de son faste à José “El Tigre” Forero reste toujours ses apparitions au très célèbre carnaval de sa ville.

En effet , le Carnaval de Barranquilla est un des carnavals de renommée mondiale, il a été reconnu en 2003 par l'Organisation des Nations Unies de la science et la culture (l'UNESCO) comme chef-d'œuvre du patrimoine oral et immatériel de l'humanité.

Cette année 2018 du dimanche gras au mardi gras soit du 10 au 13 février il a drainé 18 chars et plus de 90 groupes folkloriques y ont défilé.

Emmanuelle Bramban

jeudi, février 08, 2018

CREOLES DE CUBA...


Il existe 400 000 #créolophones à #Cuba, qui font de la langue créole la seconde du pays après l'espagnol, et qui participent à la formidable richesse culturelle de ce pays dont le reste du monde aura malheureusement été privé, à cause d'années d'embargo, mais qu'il nous importe de redécouvrir aujourd'hui...

Ils sont pour la plupart d'origine haïtienne, et se sont installés sur cette île voisine au cours de plusieurs vagues migratoires, dont les principales furent, tout d'abord celle consécutive à l'insurrection qui s'est produite au début du dix-neuvième siècle sur l'île de Saint Domingue et qui allait conduire à la proclamation de la première république noire. Certains colons sont alors partis chercher refuge à Cuba, avec femme, enfants, et esclaves...

Une seconde vague migratoire eut lieu dans les années 1920, quand un ambitieux programme de développement de la production de canne à sucre, nécessitat de faire venir de nombreux travailleurs depuis Haïti...

Enfin une autre grande vague migratoire eut lieu durant la dictature de Duvalier, bien des opposants au régime et de nombreux intellectuels ayant choisi la route de l'exil vers Cuba...

C'est le succès désormais planétaire du "Creole Choir of Cuba", qui nous les a fait redécouvrir ces dernières années...

Je vous propose de découvrir par le lien ci-dessous, un brillant autre groupe, les "Santiago Buenavista Troubadours", qui montre que des migrants sont venus également des Antilles françaises et même de Guyane, dans un morceau qu'ils interprètent justement, en créole...


Richard Pulvar


FESTEJO ET CAJON DU “PERU NEGRO”


Si l’influence culturelle considérable des esclaves africains déportés aux Amériques et de leur descendants, est évidente pour des pays comme le Brésil, dans de nombreux domaines et particulièrement, la danse et le style musical comme sa célèbre Samba, Cuba et sa Salsa, et la Colombie avec sa Cumbia et son Vallenato, dans lequel les descendants d’esclaves ont fait l’adoption de l’accordéon européen, nous manquons souvent de constater que cette influence a été tout aussi importante dans les autres nations de l’Amérique latine.

Ceci tient au fait que le grand métissage qui va se produire en ces pays va faire que les populations au sang mêlé, vont par ce brassage naturellement faire leur cet héritage africain, au point que faisant désormais partie de leur patrimoine national, on en oublie l’origine. Ceci, comme en Argentine où les descendants d’esclaves identifiables son peu nombreux, mais où leurs ancêtres ont laissé un beau témoignage de leur passage en ce pays, son célèbre Tango, né nous dit-on sur les quais de Buenos Aires, mais de l’adoption là aussi par les descendants d’esclaves, de l’accordéon, et dont bien peu se souviennent de son origine africaine…

Ainsi, de la même façon que les si particulières musique et danse des “Caporales”, issues des plantations, seront proclamées héritage culturel intangible de la Bolivie, ce sont les esclaves et leurs descendants qui feront hériter au Pérou, de deux éléments fondamentaux de sa culture, la musique et la danse de “Festejo”, et les percussions du “Cajon”, instrument de leur invention, et dont la mode se répand actuellement dans le monde entier.

La population des descendants d’esclaves est estimée à environ 10% de la population du Pérou. Mais cette estimation de vaut que pour ceux qui sont physiquement identifiables comme tels, parce que demeurés regroupés dans quelques zones côtières après l’abolition, certains de ces descendants se sont moins mélangés au reste de la population. Cependant les Péruviens eux-mêmes reconnaissent volontiers qu’avec leur mélange évident de sang espagnol et amérindien, ils possèdent également pratiquement tous du sang de noirs, et ils en assument parfaitement l’héritage culturel…
Richard Pulvar


Je vous présente ici une partie de celui-ci avec les liens ci-dessous

Le Festejo https://www.youtube.com/watch?v=iB3mrzVfEQc
Le Cajon https://www.youtube.com/watch?v=Mkxv30VbZac

jeudi, février 01, 2018

LA DANSE DES CAPORALES


C’est au 17ème siècle qu’arrivent, emmenés par les Espagnols, des esclaves africains jusque dans les hauts plateaux des Andes, au milieu des Amérindiens qu’ils s’acharnaient à soumettre, sans pourtant parvenir à les mettre en esclavage. Les conditions particulières de cet endroit, dont le grand isolement, vont faire qu’il va se produire très rapidement un grand métissage, d’une part entre les Espagnols et les Amérindiens, dont les métis constitueront l’essentiel des “caporaux”, terme alors employé pour désigner les gardiens des esclaves, et d’autre part entre les Africains et les Amérindiens qui vont constituer là et ailleurs sur le continent, des communautés de ce type de métis regroupées sous le nom de “Zambos”.

Ces derniers n’eurent pas la chance des premiers, car ils furent esclaves tout comme leurs ancêtres africains. Ils avaient coutume de former un cortège pour enterrer leurs morts, en exécutant une danse rythmée à l’aide de tambours, et d’une façon très particulière, selon un rythme très saccadé qui est devenu aujourd’hui celui des musiques andines…

A la fin de l’esclavage, ils firent de cette danse de tristesse, une danse de joie, toujours scandée par ce rythme troublant, mais où les hommes rappelaient selon une chorégraphie très dynamique et spectaculaire, les luttes qui furent menées contre la servitude. Aujourd’hui, dans leurs magnifiques tenues de danse, ils portent accrochées à leurs bottes des clochettes pour rappeler le bruit que faisaient les chaines accrochées aux pieds des esclaves…

Selon une aimable dérision, ils ont prolongé la signification et donc l’usage de cette danse, en remplaçant la soumission qui était la leur sous les ordres des caporaux, par celle qui demeure la leur sous le charme des femmes, les caporaux étant ainsi devenus des “Caporales”. Ceci, en notant qu’en espagnol le mot vaut pour les hommes comme pour les femmes.

Ce sont donc elles désormais qui portent le sifflet, rappelant aux hommes la force d’envoutement dont elles sont capables, en étant vêtues de tenues splendides leur permettant d’exercer au maximum leur séduction, en dansant avec celles-ci. Il est remarquable qu’elles exercent ainsi d’une façon encore plus troublante que les célèbres Cariocas brésiliennes qui en montrent pourtant beaucoup plus, ce qui va assurer la grande popularité de cette danse…


Le métissage s’étant poursuivi pour donner aujourd’hui les populations très bigarrées de cette région des Amériques, cette coutume des Zambos va se généraliser pour devenir dans un pays comme la Bolivie, une véritable tradition nationale. La danse des Caporales sera ainsi codifiée et présentée au public dans ce pays en 1969, et c’est en 1975 qu’y seront formées les premières associations consacrées à la pratique, tant de la danse que de la musique, sur le mode des écoles de samba brésiliennes…

Son succès va faire que cette tradition va se répandre hors de Bolivie, en Argentine, au Chili, et au Pérou, et curieusement, aux Etats-Unis où plusieurs associations d’Amérindiens, auxquelles se joignent volontiers des noirs américains, conscients qu’il s’agit à l’origine d’un fait culturel d’esclaves africains, associations qui disposent bien-sûr de moyens plus luxueux que ceux des associations culturelles sud-américaines, en font depuis quelques années une très grande promotion et avec un grand succès, compte tenu de l’aspect spectaculaire et esthétique de ces manifestations…

Voyant ainsi son pays en quelque sorte dépossédé d’un élément du folklore national, surtout de la part des Etats-Unis avec lesquels il n’entretient pas les meilleures relations, le gouvernement bolivien a proclamé en 2011, les “Caporales”, comme faisant partie d’une façon intangible, de l’héritage culturel de la Bolivie…

Cependant, il n’est pas interdit aux autres de les apprécier…


Richard Pulvar



jeudi, janvier 25, 2018

Cyrille Bissette enfin réhabilité dans notre mémoire collective ?


Plusieurs initiatives permettront de célébrer cette année, le 170e anniversaire de l’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises. Il serait opportun de redonner toute sa place au Martiniquais Cyrille Bissette dans le combat ayant abouti à l’interdiction du travail servile.

Justice sera-t-elle enfin rendue à Bissette, le premier militant martiniquais en faveur de l’abolition de l’esclavage ? L’histoire officielle a retenu le nom de Victor Schoelcher comme artisan de l’interdiction du travail servile dans les colonies françaises. Ce qui peut se comprendre, vu sa participation à ce combat. Membre du gouvernement provisoire, il a signé le décret du 27 avril 1848 déclarant illégale cette abomination.

Toutefois, nul ne doit plus méconnaître le rôle central de Cyrille Bissette dans cette révolution. Espérons qu’à l’occasion du 170e anniversaire de l’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises, sa place éminente soit enfin reconnue. Accusé à tort, en décembre 1823, d’avoir distribué une brochure dénonçant la condition des mulâtres, ou hommes libres de couleur. Ce texte manuscrit, "De la situation des gens de couleur libres aux Antilles Françaises", est anonyme. Pourtant, Bissette est condamné lors d’un procès expéditif, le mois suivant.

L’historienne Stella Pame, auteure de la première biographie de Cyrille Bissette, rappelle que deux riches négociants mulâtres de Saint-Pierre, Monlouis Thébia et Joseph Eriché, ont été soupçonnés d’avoir amené secrètement cette brochure, de retour d’un séjour à Paris. Les preuves n’avaient aucune importance pour la Cour royale, composée de colons et d’alliés. Il leur fallait des boucs émissaires. Ce seront Bissette et deux soi-disant complices, Jean-Baptiste Volny et Louis Fabien.

Dans la foulée, pas moins de 200 hommes libres de couleur furent éloignés, de peur que leur influence ne devînt contagieuse. Békés et mulâtres se livraient alors une lutte politique et économique sans merci. Les premiers craignaient de perdre leur suprématie sur les seconds et leur fermaient toute possibilité d’ascension sociale.

Banni à Paris, Bissette s’attelle, dès 1825, à la fin du système esclavagiste, bien avant Schoelcher. Les deux hommes ne s’entendent pas. Le ministre écarte son rival des travaux de la commission préparant l’émancipation, en mars 1848. Il n’empêche, les faits sont têtus. Bissette est bel et bien l’abolitionniste martiniquais par excellence.

Jean-Marc Party
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mercredi, janvier 03, 2018

Le code de l'indigénat

" Le Code de l'indigénat fut adopté le 28 juin 1881. Puis c'est en 1887 que le gouvernement français l'imposa à l'ensemble de ses colonies. En général, ce code assujettissait les autochtones et les travailleurs immigrés aux travaux forcés, à l’interdiction de circuler la nuit, aux réquisitions, aux impôts de capitation (taxes) sur les réserves et à un ensemble d’autres mesures tout aussi dégradantes. Il s'agissait d'un recueil de mesures discrétionnaires destiné à faire régner le «bon ordre colonial», celui-ci étant basé sur l'institutionnalisation de l'inégalité et de la justice. Ce code fut sans cesse «amélioré» de façon à adapter les intérêts des colons aux «réalités du pays».

Le Code de l'indigénat distinguait deux catégories de citoyens: les citoyens français (de souche métropolitaine) et les sujets français, c’est-à-dire les Africains noirs, les Malgaches, les Algériens, les Antillais, les Mélanésiens, etc., ainsi que les travailleurs immigrés. Les sujets français soumis au Code de l'indigénat étaient privés de la majeure partie de leur liberté et de leurs droits politiques; ils ne conservaient au plan civil que leur statut personnel, d'origine religieuse ou coutumière.

Tout compte fait, le colonialisme pratiqué en Nouvelle-Calédonie, en Algérie, à Madagascar, etc., s’apparentait à une sorte d’esclavage des populations autochtones: celles-ci étaient dépouillées de toute leur identité. Ce système colonial odieux, qui paraît sans aucun doute honteux aujourd’hui, semblait normal à l’époque et d'autres pays pratiquaient des politiques similaires. Le Code de l'indigénat était assorti de toutes sortes d'interdictions dont les délits étaient passibles d'emprisonnement ou de déportation. Ce système d'inégalité sociale et juridique perdura jusqu’en 1946, soit plusieurs années après que les accords de Genève (le 23 avril 1938) eurent interdit toute forme de travaux forcés.

Après la loi du 7 avril 1946 abolissant le Code de l'indigénat, les autochtones (Nouvelle-Calédonie, Madagascar, Algérie, etc.) purent à nouveau circuler librement, de jour comme de nuit, et récupérer le droit de résider où ils voulaient et de travailler librement. Cependant, les autorités françaises réussirent à faire perdurer le Code de l'indigénat en Algérie pratiquement jusqu'à l'Indépendance (1962). "

DETAILS DE L’HISTOIRE

Très tôt, la colonisation a vu les noirs entre eux s’adonner à certaines formes de dénigrement et de rejet de l’autre, parfois même au sein d’une même ethnie. La première vague d’esclaves arrivée dans les îles étant originaire d’Afrique de l’ouest, Cap-Vert, Casamance et autre haut-Sénégal, ils ne vont pas se gêner de stigmatiser ceux qui venaient après, ces infortunés serviles de la deuxième vague, que les premiers appelaient indifféremment de manière dédaigneuse « nègres-Guinée ». 

Les premiers, qui prenaient un malin plaisir à se désigner comme « créoles », n’hésitaient pas à faire comme le maître, traitant leurs congénères de « bossales », les fustigeant plus souvent que rarement d’un « Sacré vié nèg-djiné !» s’agissant de les remettre à leur place. Plus tard, les Nèg-Djiné feront de même puisqu’à leur tour ils diront méchamment aux Congos, les derniers arrivés, de retourner chez eux, en Afrique (mais cela, c’est pour une toute autre raison). Pire, comme je le disais au début, la stigmatisation, voire le racisme, existait au sein de gens de même ethnie. Les esclaves ne se mariaient pratiquement pas (une explication vous sera donnée dans un prochain post). Mais quand cela arrivait, il était très difficile à un esclave issu de l’atelier de s’unir à une femme venant de la domesticité. Kidonk, un parent qui était domestique voyait très mal sa fille se marier avec un nègre de jardin. À un plus haut échelon, cela se constatait également, puisque le mulâtre se voyait très mal venir dire oui devant monsieur l’abbé avec une « négresse » au bras. Dire que de nos jours certains ont du mal à comprendre le « nèg kont nèg »

 ! Bonne journée à tous !

Josepha Luce

mercredi, décembre 20, 2017

La Compagnie danoise des Indes occidentales et de Guinée


La Compagnie danoise des Indes occidentales et de Guinée s'établit sur l'île de Saint-Thomas en 1672, s'étendant jusqu'à l'île Saint-John en 1683 (une annexion conflictuelle avec le Royaume-Uni jusqu'en 1718), et racheta l'île de Sainte-Croix à la Compagnie française des Indes occidentales le 15 juin 1733. En 1754, les îles furent revendues au roi du Danemark, devenant des colonies royales danoises administrées par un gouverneur.


Pour exploiter les îles avec les plantations de canne à sucre, le royaume du Danemark, comme les autres puissances européennes introduit des esclaves en provenance d'Afrique dès 17631. Les dures conditions entrainèrent une révolte en 1733 très durement réprimée1.

Pendant les guerres napoléoniennes, les îles furent occupées par les Britanniques ; d'abord de mars 1801 jusqu'au 27 mars 1802, puis de décembre 1807 jusqu'au 20 novembre 1815 où elles furent rendues au Danemark.

La traite négrière dans les possessions danoises sera interdite en 1792, le Danemark étant le premier pays à l'interdire2 mais l'esclavage ne sera lui aboli sur les îles antillaises danoises qu'en 18481. L'économie des îles basées sur la culture de la canne à sucre périclite alors1, de nombreux colons quittent les îles et le royaume Danois se désintéresse alors de ses possessions antillaises.

Le 12 décembre 1916, les îles furent vendues contre 25 millions de dollars US aux États-Unis d'Amérique, intéressés par leur position stratégique proche du canal de Panama. L'administration danoise se termina officiellement le 31 mars 19173.

Avant 1917, les langues parlées étaient un créole français proche de celui de Sainte-Lucie, l'anglais et l'espagnol, mais le danois était peu parlé, et surtout utilisé dans l'administration, ou par des Danois. 

dimanche, novembre 26, 2017

En Libye on vend comme esclaves des jeunes africains


En Libye on vend comme esclaves des jeunes africains que la misère a jetés sur les routes .On fait semblant de découvrir l' esclavagisme en Afrique,un peu d'histoire pour rappeler que depuis 652 et même avant cela n'a jamais cessé.
Il est grand temps à ce que l’on ouvre une des pages des plus sombres et plus sanguinaire de l’histoire du monde arabo-musulman : Leur "génocide voilé"
Nous ne devons pas cacher certaines vérités. Les Arabes lors de leurs premières conquêtes en Afrique amenèrent avec eux beaucoup de malheurs. Dix-sept millions, oui 17 millions, d’Africains furent razziés, capturés, massacrés, castrés et déportés vers le monde arabe,et l Afrique du nord dont la Tunisie. Les musulmans tenaient à la fois le Coran d’une main et les couteaux aux nuques de l’autre.

La traite négrière en afrique par les arabes a débuté dès le VIIe siècle et plus exactement en 652 lorsque l’émir et général arabe Abdallah Ibn Saïd a imposé aux Soudanais et au roi nubien Khalidurat, un « bakht » (accord), les obligeant à livrer annuellement des centaines d’esclaves. L’article 5 de ce bakht stipule clairement que les nubiens doivent «livrer chaque année trois cent soixante esclaves des deux sexes, qui seront choisis parmi les meilleurs de votre pays et envoyés à l’imam des musulmans» ! 

Trouvant ce commerce très juteux les arabes poussèrent leurs razzias jusqu’aux confins de l’Afrique noire d’est en ouest et du nord au sud. De Zanzibar (actuelle Tanzanie au bord de l'océan indien) à l'empire du Ghana en passant par l'empire du Mali. 

Bien que l’asservissement des peuples noirs remonte à la nuit des temps pharaoniques, ce n’est hélas, qu’avec les arabes qu’il prend une «dimension industrielle» puisque c’est en 652 donc, que pour la première fois la traite négrière sera inventée et planifiée par les Arabes. 

On croyait que ce mal absolu qui a plongé pendant plus de treize siècles des millions de peuples noirs dans les ténèbres s’était « officiellement » arrêté au début du XXe siècle, avec une primeur pour la Tunisie du XIXe siècle qui a aboli en premier l’esclavage en 1846. Mais voila que les libyens retrouvent ces ignominieux réflexes et que de temps en temps, et cela dans un incroyable silence assourdissant des pays africains ,l ONU ,l Europe...Nous entendons qu’ici ou là, au Soudan, en Arabie ,Qatar ,Koweit .. et surtout en Mauritanie, que certains s’adonnent encore à ce rite moyenâgeux. 

Ces derniers auront ainsi ouvert en premier une longue période de tragédies faites d’humiliations, de sang et de morts et ils seront hélas, les derniers à la refermer soit disant officiellement au siècle dernier.

C'est en regardant l histoire en face que nous pourrons guérir de nos tares et intégrer enfin l'Histoire de l'Humanité qui se fait sans nous. Pardon à toutes nos sœurs et à tous nos frères africains. Nous aussi on est en colère !

lundi, octobre 16, 2017

GUADELOUPE : les 4 dépôts d’immigrants arrivés de l'Inde


- DARBOUSIER (MACTe)
- FOUILLOLE (uNIV)
- CARENAGE (Bas-de-la Source)
- FORT-DELGRÈS (Basse-Terre)

Aux points de départ en Inde, Pondichéry par exemple, il existait un dépôt des émigrants. De même, dans les colonies sucrières d’arrivée, la Guadeloupe par exemple, il existait un dépôt des immigrants.

C'était le tout premier endroit de son nouveau pays que foulait l’immigrant indien, son tout premier contact avec son nouvel univers de vie et de travail, le lieu de la transformation du passager de coolie-ship en futur résident indien en Guadeloupe (ou Martinique, Guyane, Réunion).

Ce "sas" était tout d’abord le lieu d’accomplissement de formalités d’arrivée et d’entrée sur le territoire guadeloupéen, formalités administratives et médicales.
Il fallait en effet, livrer au colon qui en avait préalablement "passé commande" à l’Administration de la colonie, une "marchandise" de bras d'Inde franche et loyale...

Dit moins brutalement, on devait évaluer médicalement notamment, que l’immigrant ne serait pas inapte au dur travail pour lequel la filière agricole guadeloupéenne d’alors le faisait venir, de si loin.

Il fallait aussi prémunir la population guadeloupéenne de tout risque de contagion épidémique par des passagers malades ; en cas de suspicion, avant toute autorisation de débarquer pour le dépôt des immigrants, le navire était envoyé en quarantaine, classiquement à Terre-de-Haut, dans l'archipel des Saintes.

Au plan administratif, n'oublions pas que, travailleur immigré, l’Indien avait en Guadeloupe le statut d’étranger, à tout le moins celui qui était en provenance de l’Inde anglaise.

Celui qui était issu de la juridiction de Pondichéry, pour français qu’il était, ne jouissait pas de la qualité de citoyen comme le Guadeloupéen d’après l'abolition de l'esclavage en avril 1848. Sa condition était celle de sujet et travailleur.
Il faudra pour ce cela change, attendre... 1923 ! 

L'aboutissement du long combat politique de Henry Sidambarom pour les droits civiques et la reconnaissance comme citoyen français pour ces "sujets-travailleurs", par le gouvernement de Raymond Poincaré.

A ce double titre, c’est donc dans le dépôt des immigrants que s’enclenchait la procédure de mise en conformité du sujet avec les règles "ad hoc" de la Guadeloupe de l’époque, pour la durée de son engagement et en prévision de son séjour en terre guadeloupéenne.

À partir de la convention franco-britannique du 1er juillet 1861, l’immigration post-abolition réglementée sera désormais uniquement indienne. Mais l’institution de "dépôts" d’immigrants, indépendante de la nationalité, est antérieure.

On trouve trace de sa création dès 1855, pour des immigrants ne provenant pas uniquement de l'Inde (Congo, Chine, Annam...).

Sur l’essentiel, d’après les sources consultées, il semble qu’on puisse scinder en quatre phases l’histoire des dépôts d’immigrants étrangers exclusivement indiens à partir de 1861 soit :
1 — avant 1860 : 
Pas de dépôts d’immigrants clairement identifiés.

S’il est vrai que, dès 1855, les règlements administratifs locaux guadeloupéens évoquent clairement l’obligation de diriger les arrivants vers un lieu d’isolement, désigné ou validé par l’Administration de la colonie... on ne sait rien de la localisation de cet endroit.

Il sera précisé en 1859, qu’il s’agit d’un dépôt, toujours sans qu’on puisse le situer géographiquement ; on comprend cependant qu’il devait nécessairement être aux proches abords de Pointe-à-Pitre puisqu’à cette époque, il était fait obligation aux navires transporteurs d’immigrants de mouiller dans son port.
Il faudra attendre 1860 pour identifier le site dit d’Arboussier comme étant celui de l’installation de ce dépôt (une parcelle constitue aujourd’hui le terrain d’assiette du... MEMORIAL ACTe, eh oui !..)

2 — 1860 à 1867 : le dépôt de DARBOUSSIER
1860 n’est peut-être pas une année totalement neutre sur ces questions : c’est en effet, un an seulement avant que le consul britannique à Pointe-à-Pitre n’obtienne droit de regard (au titre de la convention franco-britannique alors en cours de négociation, qui serait signée le 1er juillet 1861) sur les conditions de débarquement en Guadeloupe de ceux des immigrants indiens qui étaient sujets britanniques.

En 1860, moyennant un loyer annuel de 4.639 francs de l'époque, la colonie de la Guadeloupe louera à son propriétaire un ensemble de terrains et constructions au lieu-dit d’Arboussier à la sortie de Pointe-à-Pitre, sur le chemin de la Source, dans un but explicite : "installer le cantonnement des immigrants à leur arrivée dans la colonie".

En 1867, le propriétaire vendra le site à la compagnie F. Cail & E. Souques, le plus puissant usinier de la Guadeloupe de l’époque, pour y construire la plus grande usine sucrière moderne des petites Antilles : la future usine Darboussier.
3 — 1867 à 1899 : le dépôt de FOUILLOLE.

Ce changement de propriétaire obligera à délocaliser le cantonnement des immigrants. Le Conseil Général de la colonie optera alors pour la pointe Fouillole, à moins d’un kilomètre de l’emplacement initial de Darboussier.
Du point de vue du Conseil Général, ce nouveau site n’offre que des avantages au regard de ce que l’on attend d’un "bon dépôt d’immigrants". De surcroît, le terrain appartient déjà à la colonie.

De fait, jusqu’à la fin de l’immigration réglementée, le dépôt de Fouillole sera le principal dépôt d’immigrants de la Guadeloupe.

De strict dépôt d’immigrants qu’elle est à l’origine, la structure dérivera insensiblement vers une sorte de polyvalence d’activités diverses, toujours plus éloignées de sa vocation initiale que seule préservera d’une dénaturation définitive l’indianité de ses usagers, par ailleurs très divers :
- des immigrants en attente d’un proche rapatriement.
- des immigrants devant être maintenus à disposition de la justice
- des immigrants engagés aux contrats résiliés et sans réengagements
- des immigrants sous le coup d’une décision de rapatriement d’office et en attente d’un navire
- des immigrants en situation de marronnage ou de vagabondage, en attente d’être remis à leurs engagistes
- des immigrants dont l’identité ne pouvait être immédiatement établie...

Après le 31 janvier 1889, il n’y aura plus de nouvelles arrivée d’immigrants indiens en Guadeloupe.

La fonction originelle de dépôt d’immigrants de la structure perdra sa raison d’être avec l’arrivée ce jour-là, des plus de 500 derniers immigrants indiens en Guadeloupe, débarqués du "Nantes-Bordeaux", le 93è et dernier coolie-ship arrivé en Guadeloupe.

En 1897, un rapport décrit une structure de dépôt quasiment vide d’immigrants, pas plus de cinq à dix personnes. Dès lors, autant fermer, orienter vers l’hospice les quelques immigrants indiens dont l’état de santé le réclame, et réaliser des économies budgétaires.

Cependant ce ne sera pas la décision politique, mais la fureur du cyclone du 7 août 1899 qui, en détruisant le dépôt de Fouillole réglera le problème : il ne sera pas reconstruit.

Néanmoins, jusqu’à 1906, ultime année des "convois de rapatriement", des navires continueront d’appareiller de Pointe-à-Pitre.

L’Administration de la colonie logera les Indiens en attente de rapatriement dans une petite maison qu’elle louait au CARÉNAGE à Pointe-à-Pitre.

4 — de 1890 à la 1è guerre mondiale, le dépôt de BASSE-TERRE
Un peu moins d’un an après la destruction par le cyclone du dépôt de Fouillole, il est décidé, le 30 juin 1890, de créer un dépôt d’immigrants à... Basse-Terre.
Ce choix peut surprendre eu égard à la décision déjà ancienne de faire de Pointe-à-Pitre le terminal portuaire guadeloupéen des ‘convois indiens’.
De façon exceptionnelle en 1881, les passagers du "Latona" et du "Syria" avaient été débarqués à Basse-Terre. Faute de sources, on suppose qu’à cette occasion l’actuel Fort Delgrès a pu faire office de dépôt d’immigrants.
On trouve trace du fonctionnement du dépôt de Basse-Terre jusqu’au début de la première guerre mondiale.

Au sortir du conflit il avait définitivement disparu et, avec lui, l’un des derniers témoins institutionnels de l’immigration réglementée en Guadeloupe.
À quand cette histoire dans les livres scolaires ?
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D'après les recherches de M. Jack Caïlachon, chercheur indépendant. Cf. son article publié le 15 octobre 2016.

mardi, août 22, 2017

MYTHE DE L’ECLIPSE SOLAIRE EN ÉGYPTE ANTIQUE

fresque du tombeau de Ramsès Ier (Père de Séthi Ier) montant le serpent Apophis (registre du bas) qui tente chaque nuit de s'opposer à la course de Rê sur sa barque solaire (registre du haut). Mais le dieu du Soleil est protégé par un autre serpent (Méhen) qui l'entoure sur sa barque et ici Râ étant Atoum durant la nuit combat Apophis.

Le périple de Râ sur sa barque solaire

La mythologie égyptienne est une abondance de cycles, la création du monde est un recommencement perpétuel en quelque sorte. Ré ou Râ, le dieu solaire, incarne ce principe fondamental de la vie qui naît, vieillie, meure et se régénère chaque jour. Il explique comment le soleil revient chaque jour éclairer le monde des hommes et le combat qu'il doit mener contre le puissant dieu serpent Apophis, dieu de la nuit et du chaos originel.

Suite à la création du monde, Râ s’était installé sur terre et la déesse Nout occupait le ciel. Chaque matin, Râ s’installait dans sa barque magique, et se lançait alors dans un long voyage de 12 heures durant la journée autour du monde afin d’apporter la lumière sur terre.

Sur son périple diurne il existe plusieurs versions, mais toutes s’accordent sur le fait que Râ passe par plusieurs phases durant son voyage. Tout d’abord il naît et sa naissance matinale Ré est représenté en tant que Khépri, un dieu à tête de scarabée qui est aussi appelé Khéper. Sa barque matinale est nommée barque-âdtet il navigue dans cette barque céleste jusqu'à l'heure de midi où il arrive au point culminant de sa course, son zénith. A ce moment-là il a évolué pour devenir Ré-harakhti ou Ré-Horus, le dieu à tête de faucon.

Le soir, après avoir parcouru son empire et le monde, il devient Atoum, un vieillard sur sa barque-meandjet, il arrive à la fin de son voyage de jour. 

Pour entamer son voyage nocturne périlleux il abandonne la barque solaire pour celle de la lune (mesketet) et c’est alors qu’il est absorbé par Nout qui l’avale littéralement avec sa bouche.

Ainsi, Râ est chaque soir absorbé par Nout, les rayons du soleil ne parviennent plus jusqu’aux humains et l’obscurité enveloppe la Terre. Durant son périple de nuit dans les ténèbres de la voie lactée et du monde des morts, Ré passe dans plusieurs royaumes, chacune de ces étapes marquent les heures de la nuit et les phases de la régénérescence de Râ. 

Juste avant le lever du jour c’est le moment fatidique de la lutte !

Tout d’abords Ré doit échapper au piège des anneaux d’Apophis, puis Apophis sous la forme d’un puissant serpent de de 450 coudées boit toute l'eau du Nil. Ré aidé de ses défenseurs et de la ruse d’Isis (selon les versions) emprunte une route secrète pour échapper à Apophis et triompher de la bataille et renaître au monde en laissant luire ses rayons solaire et reprendre sa barque solaire pour son voyage de jour.

Apophis perd chaque fois la bataille mais il arrive qu’a certaines occasions qu’Apophis attaque Râ en pleine journée, et parvient à renverser la barque magique. C’est ainsi que les Egyptiens de l’Antiquité expliquaient les éclipses de soleil.

Le voyage et les périples du dieu suprême Ré règle le cours des heures, des jours, des mois, des années et des saisons. Ce lui qui apporte l’ordre dans l’univers et rend la vie possible.


Emmanuelle Bramban

LÉGENDE DE L’ECLIPSE SOLAIRE CHEZ LE PEUPLE SHUAR (Amazonie)


Les amours d'Etsa et Nantu

"Dans un mythe des Indiens shuars d'Amazonie, Etsa, le soleil, est fils du Créateur. Celui-ci prend de la boue qu'il souffle, depuis sa bouche, sur Etsa endormi. Cette boue devient une femme, la Lune (Nantu), à qui Soleil désire s'unir.

Mais Nantu, effarouchée, reste insensible aux avances d'Etsa. Profitant d'un instant de distraction de celui-ci (il est en train de décorer son visage pour mieux la séduire), elle s'envole comme une flèche vers le monde supérieur.
Là, elle peint aussi son visage, mais avec des traits noirs, avant d'escalader la voûte du ciel en grimpant comme un jaguar. Etsa, pour la rejoindre, obtient l'aide de deux perroquets et de deux perruches, qu'il attache à ses poignets et genoux. Les oiseaux s'envolent et l'emmènent jusqu'à Nantu. Une violente dispute éclate entre eux.

Sous l'empire de la colère, Etsa finit par frapper Nantu: c'est une éclipse de lune.

Puis Nantu reprend le dessus: c'est une éclipse de soleil. Mais le résultat de cette querelle, destinée à se reproduire, est la soumission de Lune à Soleil. 
Nantu, vaincue, pleure, et son visage devient rouge: c'est la pluie, qui survient quand la lune est rouge.

Etsa et Nantu finissent par se marier et s'unir sur les bords du fleuve Kanusa.
Enceinte de Soleil, Lune croît. Elle donne naissance à un enfant, Uñushi («le Paresseux»), ancêtre des Shuars, bientôt accompagné de toute une suite de frères et des dont le dauphin amazonien, le pécari, et surtout une jeune fille, Manioc, amie et compagne intime des shuars."

Source : Les cahiers de l’Unesco, Le Soleil mythes anciens et technologies nouvelles

LÉGENDE DE L'ECLIPSE SOLAIRE DANS LES CIVILISATIONS INCAS


Le Puma céleste et La chute de la Lune

Les peuples incas, tout comme les peuples mayas et aztèques vouent de véritables cultes au soleil, des temples, des prières lui sont dédiés. 

Dans la mythologie inca le soleil est la divinité suprême, la plus importante, c’est l’inti. Source de chaleur et de lumière, l’inti est le protecteur du peuple inca. Les empereurs incas se réclamaient d'ailleurs de sa descendance, ils étaient les représentants d’inti sur terre. 

Mama Killa la déesse lune, des fêtes et des mariages est aussi célébrée chez les Incas et selon les légendes est soit la femme d’Inti, sa sœur ou sa fille. Aussi les éclipses solaires et lunaires anciennement plongeaient les peuples dans la peur voire la terreur.

La légende La chute de la Lune 

C’est la légende de l’éclipse de lune chez les incas.
Selon la culture populaire, les éclipses de Lune ont lieu quand la lune trop profondément endormie sort de son chemin habituel et risque soit de tomber, soit de se perdre ou d’être mangée par un monstre affamé.

Lors des éclipses le but était de de faire revenir le soleil ou la lune au plus vite en faisant le maximum de bruit en tapant sur les tambours, les casseroles, en faisant les chiens aboyer et crier les enfants pour réveiller la lune.

La légende du Puma céleste 

Le moment de l’éclipse solaire est le moment fatidique ou le fils de Viracocha, Inti le dieu Soleil est dévoré par le représentant des dieux des montagnes le Puma céleste, un félin monstrueux dont la colère et les rugissements provoquent orage et tonnerre. Ses yeux déclenchent les éclairs. Le Puma céleste dans les peuples andins incarne également la force et le courage des êtres surnaturels.

Quand se produit l’éclipse du soleil, les runas, les paysans andins et toutes les personnes du peuple devaient faire le plus de vacarme possible pour effrayer et chasser le Puma céleste, afin qu’il retourne dans ses contrées et laisse l’inti tranquille.

L’éclipse du soleil dans les croyances des peuples incas est un moment de bataille entre Inti et le Puma céleste, entre le Ciel et la Terre.


Emmanuelle Bramban

samedi, mai 27, 2017

Le 27 mai 1848 - Abolition de l'esclavage en Guadeloupe...



Le 27 mai 1848, l'abolition de l'esclavage en Guadeloupe est décrétée en Guadeloupe...

dimanche, mai 21, 2017

Jardin-nègre, ça correspond à quoi ?


"Je vous avais dit ci-devant, parlant du grage, que le code noir avait interdit en 1685 la pratique des jardins que le maître donnait aux nègres, énumérant plutôt une liste d’aliments à fournir aux esclaves chaque semaine. Seulement constatant qu’en général les maîtres ne donnaient pas suffisamment à manger aux esclaves et voyant que de toute manière cette tradition du jardin-nègre sur l’Habitation avait fini par prendre aux yeux de ces derniers une importance considérable, le gouvernement royal du Roi-soleil avait généralisé cette mode plutôt que de continuer de l’interdire, d’autant qu’elle symbolisait en outre l’illusoire idée d’une perpétuation de la petite paysannerie africaine sous les tropiques. L’ordonnance du 17 octobre 1786 finit par rendre obligatoire l’existence de ce jardin. « Il sera distribué à chaque nègre ou négresse une petite portion de l’habitation pour être par eux cultivée à son profit, ainsi que bon leur semblera». Mais, s’entend, cela ne dédouanait pas le maître du devoir de nourrir ses différents ateliers d’esclaves.


Les nègres ont toujours été attachés à leur petit bout de terre comme à la prunelle de leurs yeux. Les propriétaires d’esclaves le comprirent bien vite et s’en servirent comme d’un outil de chantage, une espèce de soupape de sécurité, menaçant presque quotidiennement d’enlever le lopin de terre à ceux des esclaves qui n’étaient pas sages et obéissants. Et vu qu’à l’époque rien n’était plus dégradant que de se faire punir de la sorte, cela contribua de la tranquillité du maître.

Maintenant il y a une nouvelle évolution puisque la loi de 45 prévoit que chaque esclave devra disposer d’un jour dans la semaine pour travailler à son compte. Je déduis que cela réaffirme implicitement qu’il ait un jardin."

Josépha Luce

vendredi, mai 19, 2017

Connaissons-nous vraiment l'histoire du pays Martinique?



Date : dimanche 26 mars 1848 – Lieu : St Pierre – Contexte : arrivée de nouvelles fraiches de France. C'est en effet le dimanche 26 mars 1848 que la Martinique apprend que le roi Louis-Philippe a abdiqué en France, la République est proclamée là-bas. L'espoir d'une abolition prochaine de l'esclavage renaît. Le 2ème fait le plus important qui va déclencher les évènements du 22 mai date du lundi 10 avril : c’est ce jour-là en effet qu’arrive en Martinique le décret du 4 mars de Victor Schœlcher stipulant que « nulle terre de France ne peut plus porter d’esclaves ». À compter de cette date, les esclaves ne tiendront plus en place.

Jeudi 18 mai 1848 - Lieu : Habitation Laguigneraye (Robert) - Contexte : Le béké Laguigneraye essaie de renvoyer tous ses esclaves qui ne veulent plus obéir - Extrait : " - Il veut bien, mais les esclaves refusent catégoriquement de quitter l’Habitation.

- Il les avait donc congédiés ? Tu veux dire que ces derniers se comportent maintenant en maîtres des lieux ? 
- Ce n’est pas exactement cela, mon cher Jacques. Chez lui, les esclaves essayent d’obtenir quelques attributs de liberté avant l’heure. La semaine dernière, ils ont donc décidé de ralentir la cadence, le temps de négocier. Laguigneraye a refusé tout préalable. Et dans la foulée, il a cherché à réquisitionner les troupes pour une intervention d’envergure.
- Tout comme Duclary…
- Exact ! Mais au gouvernement, la solution ne passe toujours pas. La troupe n’a donc pas été envoyée. Il a ensuite essayé de se débarrasser de trois ou quatre fortes têtes, ceux qu’il considère comme étant les meneurs, en prononçant leur exclusion de l’atelier et leur expulsion définitive de l’Habitation. Toujours niet. Ceux-là n’ont pas voulu partir. Ils ont le soutien des autres. Et maintenant, tous les esclaves roulent au diapason. Ils revendiquent la case et le jardin, disant que Schœlcher a fait cette promesse, et que d’ailleurs, Perrinon arrive bientôt pour leur rendre justice en ce sens... Lundi matin, Laguigneraye leur a laissé entendre, reprend l’employé du gouvernement, qu’il allait se débrouiller sans eux, et qu’ils pouvaient aller se faire voir ailleurs ! 
- Drôle d’attitude pour une drôle d’histoire. Je ne vois pas comment il pourra se débrouiller, s’il renvoie ses esclaves. À part en essayant de tout faire lui-même !
- Une autre idée lui trottait dans la tête. Il est simplement descendu au bourg, au Robert, a ratiboisé toutes les rues et a dégoté presque une trentaine de journaliers, des gens de manœuvre. Entre autres des esclaves en location, des libres de fait, ou autres hommes de couleur libres de modeste condition. Il a ensuite rappliqué à l’Habitation et a distribué les tâches. Durant tout ce temps, les esclaves de son atelier restèrent bien sagement dans leur case...Laguigneraye croyait s’en tirer à bon compte. Pourtant quand les ouvriers s’avancèrent vers la cannaie, les esclaves sortirent tous et les approchèrent. 
« - Que faites-vous ? », demandèrent-ils.
« - Nous nous apprêtons à couper la canne pour monsieur Laguigneraye. »
« - Vous allez couper les cannes ? »
« - Oui ! »
« - Faîtes ! Mais nous, qui sommes là, vous promettons de vous couper tous tant que vous êtes, pareillement que les cannes pour lesquelles vous êtes venus. On vous coupe les jambes, comme on fait avec le pied de canne, et la tête, comme on fait avec l’amarre de la canne. Vous serez sans pieds, sans tête. »

 Date : vendredi 19 mai 1848 - Lieu : Habitation Laguigneraye (Robert) - Contexte : Le béké Laguigneraye essaie de renvoyer tous ses esclaves qui ne veulent plus obéir. 

En réponse à une question posée par Emmanuel Clément à propos du jeudi 18 mai 1848 (« Comment cette histoire a-t-elle finie ? ont-ils pu tenir jusqu'à l'abolition ? »), il faut savoir que les esclaves de l’habitation Laguigneraye ont tenu bon jusqu’à la fin. D’ailleurs le lendemain vendredi 19 mai 1848, ils ont passé leur journée à diligenter des émissaires sur les habitations proches en vue d’une action commune. C’est ainsi qu’ils ont pu faire cesser le travail à l’habitation de Sanois sur les hauteurs de Trinité, mais également sur deux autres habitations de la région du François et une au Gros-Morne. Ce sont ces mêmes esclaves qui vont lancer une opération le 23 mai depuis le Robert en vue d’une descente sur Fort de France en passant par le Vert-Pré et le Lamentin, avec comme objectif final de rejoindre d’autres esclaves venant de Trinité et Gros-Morne (qui les attendraient sur les hauteurs de Redoute), tout cela pour aller libérer l’esclave Bouliki. 

Autre fait important en ce vendredi 19 mai, les esclaves de l’habitation Ste Philomène (habitation appartenant à Duchamp) vont passer leur journée à extraire des maniocs du jardin-nègre de Romain (Romain était un esclave de l’atelier), avec comme objectif d’organiser un « grage » le lendemain soir (samedi). Dans le 4ème volet de demain samedi, nous verrons comment cette opération de « grajage » des maniocs de Romain va être l’élément déclencheur des émeutes de la journée du lundi 22 mai 1848.


Josepha Luce